Accueil du site > Histoire de l’Islam politique > IV- Les Califes et le système du califat
      

IV- Les Califes et le système du califat

Dernier ajout : 21 octobre 2004.

A première vue on peut considérer que le décès du prophète n’a pas entraîné de grands bouleversements au sein de la communauté. Cela est dû, d’une part à la stabilité du système grâce à l’organisation politique et sociale mise en place par le prophète, et d’autre part à l’absence de rivalités ouvertes parmi les compagnons qui pouvaient prétendre au pouvoir. A l’exception de la réunion précipitée de la Saqifa, décriée par les uns et justifiée selon les autres par l’urgence de combler le vide créé par le décès du prophète, il y avait une sorte de désintérêt qu’on peut attribuer à deux facteurs :

1) l’état de consternation lié à la mort du prophète.

2) l’existence d’un hadith selon lequel il est interdit d’accorder le commandement à celui qui le demande.

On peut également expliquer cette situation par l’état d’impréparation des ennemis de l’Islam qui n’avaient pas hésité à entrer en action dès l’assassinat de Omar pour semer la discorde au sein de la communauté et fomenter des troubles ayant débouché sur l’assassinat des deux autres Califes. Néanmoins, le calme relatif de cette courte période ne doit pas nous faire oublier les grands soubresauts de la périphérie provoqués par le mouvement d’apostasie et de désobéissance. Il y avait, à l’origine de ce mouvement, les faux prophètes et les tribus nomades qui avaient refusé de payer la Zakât.

La plupart des penseurs et des experts musulmans ont considéré le refus de payer la zakât au jeune Etat musulman comme une rébellion et une tentative de déstabilisation de l’Etat islamique. De ce fait, nombre de savants musulmans, à l’exception des Chiites, ont approuvé la méthode musclée de la riposte du Calife Abu Bakr. Car, priver le jeune Etat d’une ressource aussi importante que la Zakât, équivaut à la destruction de cet Etat et, à travers lui, du message de l’Islam. C’est pourquoi, les Califes avaient d’emblée déclaré que l’Etat avait pour fonction essentielle de protéger la religion, c’est-à-dire le message de l’islam. Si l’Etat venait à s’effondrer, la religion à son tour ne pourrait pas échapper à l’effondrement. Il s’ensuit que le Calife Abu Bakr, en menant le combat contre les partisans de la rébellion, n’a fait que sauvegarder l’intégrité de l’Islam. Il est à noter que, en dépit de la gravité de la situation, le Calife n’a pas agi sans rappeler à l’ordre et inviter les rebelles au repentir et ce, avant de donner des instructions fermes aux chefs militaires leur rappelant leur devoir de craindre Dieu et d’éviter les abus dans le combat.