1.3.3 Les défis du monde musulman : le surarmement

Publication en ligne : mardi 5 juillet 2005, par Maître Simozrag

1.3.3 Le surarmement

Les pays arabes sont considérés comme le premier client de l’industrie d’armement mondiale, loin devant l’Asie, l’Amérique latine et l’Afrique subsaharienne. Les dépenses consacrées à l’achat des armes se multiplient à mesure que les revenus pétroliers augmentent. Les pays d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient ont acheté pour près de 12 milliards de dollars d’armement pour la seule année 2003. L’Algérie dépense plus de 2,3 milliards de dollars chaque année pour ses achats d’équipements militaires.

Le Maroc dépense 1,4 milliard de dollars annuellement. [1]

En mai 2005, la Russie vend à l’Algérie de nouveaux équipements militaires comprenant entre autres 50 Mig 29, 300 chars T-90 pour un montant de 2,5 milliards de dollars. Le prince Abdallah d’Arabie a conclu, lors de sa visite en France du 13 au 15 avril 2005, un contrat d’achat de 48 rafales à 6 milliards d’euros.

A titre d’exemple, en 2004, les seuls pays du Golfe ont engrangé 180 milliards de dollars en recettes d’exportations de pétrole, représentant une augmentation de 35 milliards de dollars par rapport à 2003. Même cas pour l’Algérie qui a vu ses recettes d’exportations des hydrocarbures passer de 24 milliards de dollars en 2003 à plus de 31 milliards en 2004, permettant la conclusion de plusieurs contrats d’achat d’armements pour renouveler son arsenal de répression et de « lutte antiterroriste ».

Certains pays n’ayant pas de richesses pétrolières comme La Syrie, l’Egypte et la Jordanie parviennent eux aussi à mobiliser des ressources importantes pour l’achat de nouvelles armes. De même pour l’Irak, sous occupation américaine, qui renoue avec l’achat massif d’équipements militaires pour faire face à une résistance virulente. Les principaux vendeurs d’armes aux pays arabes sont les cinq membres permanents du Conseil de sécurité, à savoir les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la Russie, la France et la Chine.

A quoi servent ces armes, sinon à la répression, aux massacres de leurs peuples ou à des guerres fratricides ? Cela a été démontré en Algérie, au Pakistan, en Egypte, au Yemen, en Arabie saoudite et dans d’autres pays. Il n’est jamais question que cet armement soit utilisé pour la défense des territoires ni des peuples musulmans. Il est présentement utilisé dans la lutte antiterroriste, c’est-à-dire contre leurs propres ressortissants.

Il arrive même que des pays musulmans financent et soutiennent militairement des guérillas anti-islamiques. C’est le cas de l’ex- FPLS du Général John Garang qui était financé et approvisionné en armement par un pays arabe. Cela s’explique par le fait que le pays en question était militairement, économiquement et politiquement sous domination américaine. Or, en livrant des armes à la guérilla anti-islamique au Soudan, il ne fait qu’exécuter les ordres de son maître.

Au nom de la lutte antiterroriste, ces pays font la guerre à des franges de leurs populations. A cette fin, ils n’hésitent pas à employer toutes sortes d’armement y compris les armes prohibées comme le gaz moutarde et les balles à fragmentation. Parfois, ils font appel à des puissances étrangères pour les aider à combattre les présumés terroristes parmi leurs ressortissants.

Cela s’est passé dans de nombreux pays entre autres le Pakistan, le Yemen, l’Arabie Saoudite, sans compter les pays sous occupation étrangère tels l’Irak et l’Afghanistan où les populations civiles subissent des massacres au quotidien.

Les émeutes sont réprimées dans le sang en Algérie, en Tunisie, en Syrie, en Egypte, en Arabie Saoudite, au Yémen, en Turquie, en Ouzbékistan et dans d’autres pays.

Le nombre de victimes dans les rangs de l’opposition islamiste avoisine les 200 000 en Algérie, tandis que ce chiffre macabre ne cesse de croître chaque jour et les mêmes dégâts peuvent se reproduire dans d’autres pays.


Notes

[1] e jeune-indépendant 10.02.2004