Accueil du site > Alternative et voies du changement > 1- Nécessité et perspectives du changement > 1.3.8 Les défis du monde musulman : Le chaos généralisé & le (...)
      

1.3.8 Les défis du monde musulman : Le chaos généralisé & le ras-le-bol

Publication en ligne : mardi 5 juillet 2005, par Maître Simozrag

1.3.8 Le chaos généralisé

En conséquence, il n’est pas besoin de démontrer le fiasco des systèmes actuels. Les dirigeants et leurs modes de gouvernement ont conduit les peuples musulmans au chaos dans tous les domaines. Pauvreté, misère, maladies, ignorance, injustices, conflits meurtriers sont le résultat de leur gestion malsaine, catastrophique. Ils ont pillé les richesses nationales, hypothéqué l’avenir de leurs peuples et introduit un néocolonialisme dévastateur.

Ils s’avèrent incapables de redresser la situation du fait de leur rejet du projet islamique. Cet échec s’explique également par l’absence de légitimité, l’absence d’une vision, l’absence d’une idéologie, l’absence d’un programme. La laïcité (la fausse) utilisée comme système de gouvernement s’est révélée incompatible avec la nature et l’identité des peuples musulmans, inadaptée à leur mode de vie et incapable de résoudre leurs problèmes.

L’islam, rejeté et piétiné par les uns, est instrumentalisé, mal appliqué par les autres. Au moment où l’unité devient une nécessité vitale pour les nations, voire la condition de leur survie dans un monde polarisé où des anciennes puissances ont ressenti le besoin de s’intégrer dans des grands ensembles régionaux. Le monde musulman demeure désintégré, fragmenté, semblable à des troupeaux dispersés dans la brousse, sans bergers. Il devient le refuge de tous les maux ? L’impunité, chassée de l’Europe et des Amériques, trouve refuge dans le monde musulman !

1.3.9 Le Ras-le-bol !

Les dirigeants se sont imposés par la force, ils ont foulé aux pieds les principes, la bienséance, les usages, la pudeur, le respect de la personne humaine. Ils ont bouché leurs oreilles pour ne pas entendre les cris d’alarme et les pleurs des enfants, des veuves, des orphelins et des vieillards affamés, dénudés, sans-abri, vivant au milieu des rats, des insectes, des scorpions, des reptiles dans les bidonvilles, les parcs et les ruines. Un ras-le-bol généralisé se fait sentir, des mouvements protestataires sont en train de naître partout dans le monde arabe à l’image de « kifaya » en Egypte s’écriant : ça suffit ! Kifaya ! ça suffit ! Y en a marre de voir les mêmes têtes au sommet de l’Etat ! ça suffit l’injustice, la dictature, la répression, le mépris des peuples, l’arrogance, la terreur, les états d’urgence, de siège et d’exception indéfiniment prolongés, la mise à sac des richesses, ça suffit cette soumission aux forces du mal, ça suffit la police politique, les tortures, les détentions arbitraires, sans inculpation et sans procès, les exécutions sommaires, les dénis de droits et de liberté, ça suffit cette omniprésence du chef dans les médias, sur les billets de Banque, dans les carrefours et les places publiques, ce monopole du son et de l’image, des magazines, revues, journaux, radios, télé, ça suffit les slogans creux, l’imposture, l’hypocrisie, la démagogie, nous ne voulons plus de ces dirigeants immuables, à vie, imposés par la fraude électorale, les coups d’Etat, les mitrailleuses et les chars et dont le pouvoir se perpétue à travers les générations, ceux qui ont transmis le pouvoir et les richesses ou s’apprêtent à les transmettre à leurs descendants, à leurs épouses, à leurs familles, privant des générations de leurs droits de participer à la gestion de leurs propres affaires, de choisir leurs gouvernants [1].

Partout des cris de colère retentissent, et partout s’élèvent des slogans traduisant l’angoisse, la détresse, le désarroi des peuples. Plus grave est l’impasse dans laquelle se trouve le monde musulman. Tous les horizons sont fermés devant lui. Il souffre de sclérose. Il n’a ni projet ni perspective.

Toutes les tentatives d’intégration ont échoué. L’Union du Maghreb arabe, l’OPEP, l’OCI, la Ligue des Etats arabes, le conseil de coopération du Golfe, toutes ces expériences ne sont que de vaines tentatives, sans résultats concluants. Elles n’ont apporté aucune solution aux nombreux problèmes économiques et politiques du monde musulman.

Il est incontestable que le changement s’impose à tous points de vue et de manière urgente, car il y va de l’existence même de la communauté musulmane. Cette dernière a besoin d’un sang nouveau et d’une direction nouvelle.


Notes

[1] ces idées sur le mouvement ‘‘Kifaya’’ ont été exprimées par l’écrivain et journaliste Yahia Abu Zakariya dans le quotidien arabophone al-Qods du lundi 9 mai 2005

2 Messages de forum

  • Je suis un vieux monsieur et, tout au long de ma vie, j’ai constaté que l’humanité ne pense pas ; elle mange, elle pète et elle dort. Elle est consciente, ça oui, mais elle ne pense pas, elle laisse ce soin à quelques uns, scientifiques, politiques ou philosophes. - Les scientifiques progressent en en suivant d’autres dont ils constatent les manques ; la science pratique l’autocensure et le commun des mortel avale tout rond ses produits dans les universités. C’est ce qu’on appelle "Le progrès collectif de la conscience individuelle". - Les politiques n’ont aucun complexe, ils se servent des philosophes, religieux ou laïcs, pour s’imposer aux masses qui avalent les yeux fermés la bouillie qu’on leur sert ; ici il y a blocage, le progrès collectif est interdit. - Il ne faut surtout pas réfléchir, c’est épuisant. Comment trouver le bon chemin ? si on suit n’importe qui (le système dans lequel on est né). - Il y a de bons et de mauvais systèmes politiques, les démocraties et les dictatures. Il y a de bons et de mauvais systèmes philosophiques, l’ouverture d’esprit et la contrainte par des règles (soient-elles saintes). - Il est temps que l’homme pense au lieu de suivre le troupeau. - Ça me fait penser à un parti politique de mon pays qui prône la solidarité et chante l’Internationale, mais se garde bien de la faire au niveau européen, car c’est au niveau national qu’on partage le gâteau ; et pourtant, ces gens ont toujours autant de succès. - L’humanité ne pense pas, elle mange, elle pète, elle dort et, j’oubliais, elle b.... - Cordialement, Guy ROGER