1.3 Les défis du monde musulman

Publication en ligne : mardi 5 juillet 2005, par Maître Simozrag

Dans la plupart des pays musulmans, la situation est encore plus asphyxiante et plus corrompue. Le monde musulman n’a jamais connu autant de défis tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. L’un des défis majeurs auquel ce dernier est confronté est la division.

En dépit des multiples recommandations du Coran et du Hadith sur la nécessité de l’Unité, les musulmans ne sont pas parvenus à concrétiser un minimum d’unité, celle qui est pratiquement possible, à l’exemple des ensembles régionaux européen, américain, africain, asiatique. Pire encore, leurs dirigeants n’ont pas réussi à trouver un terrain d’entente sur des questions fondamentales comme la question d’Israël. Pourtant, cette question concerne tout le monde musulman, gouvernants et gouvernés, dans la mesure où il s’agit d’un lieu sacré classé troisième lieu saint de l’Islam. Israël ne cesse de défier les Arabes et les musulmans avec ses pratiques coloniales ininterrompues.

La Turquie a conclu un traité militaire avec Israël, ce rapprochement inattendu renforce la position de ce dernier et représente une menace contre les pays musulmans. D’autres pays musulmans ont des relations diplomatiques et commerciales avec l’Etat hébreux, ce qui a accentué la division au sein du monde musulman. Fort heureusement la division affecte les dirigeants, les régimes et non pas les peuples, bien que ce soit une pierre d’achoppement pour l’unité et la rencontre des masses musulmanes.

Les conflits frontaliers, religieux, ethniques sont autant de problèmes qui divisent le monde musulman.

Au Maghreb, il y a la question du Sahara occidental qui est revendiqué par le Maroc et dont une partie des habitants réclament l’indépendance. Certain pays musulmans soutiennent le Maroc et d’autres soutiennent les Sahraouis. Les Kurdes qui sont éparpillés dans plusieurs pays notamment la Turquie, l’Irak, l’Iran et la Syrie réclament la reconnaissance de leur autonomie. Les pays musulmans concernés ne veulent pas entendre parler de la question kurde et ils ne sont pas d’accord entre eux à ce sujet.

Des problèmes de frontières plus ou moins graves existent entre le Yémen et l’Arabie Saoudite, l’Irak et le Koweït, l’Arabie Saoudite et le Qatar, l’Iran et les Emirats Arabes, l’Algérie et le Maroc, l’Algérie et la Libye. On peut parler aussi du conflit sunnite-chiite qui est à l’origine d’affrontements sanglants entre musulmans dans certains pays, tels l’Irak, le Pakistan, l’Afghanistan , le Nigeria et plus ou moins dans d’autres pays. Les musulmans du continent noir sont totalement coupés du reste du monde, si bien que beaucoup d’événements leur échappent. S’agissant de l’islam, tout se passe comme si l’Afrique subsaharienne ne fait pas partie de notre planète. Un rideau de fer sépare les musulmans blancs et les musulmans noirs. La dictature est un des graves problèmes dont souffrent les peuples musulmans malgré le progrès scientifique et technique, ainsi que l’intensité des luttes pour le respect des droits de l’homme.

Dans la plupart des pays musulmans, la liberté de la presse laisse à désirer ; la répression et la torture sont des pratiques courantes, l’opposition n’est pas autorisée dans certains pays, tandis qu’elle est marginalisée, réprimée, voire écrasée dans d’autres. L’alternance au pouvoir est quasiment impossible dans la plupart des pays arabes.

La volonté et le choix des peuples ne sont pas respectés, l’armée a passé outre le verdict des urnes à maintes reprises. Les musulmans ont gagné les élections en Tunisie, en Algérie en Turquie, au Nigeria, mais on les a renversés et confisqué leurs victoires.

Les activités islamiques de bienfaisance sont interdites. Dans certains pays, la dictature tire sa légitimité d’une survivance du nationalisme en porte-à-faux avec la réalité, c’est le cas par exemple de la Libye, de la Syrie, du Yémen. L’Islam n’est utilisé que comme couverture pour justifier certaines exactions. On s’évertue à appliquer les dispositions pénales de la Charia juste pour terroriser les gens, occultant les aspects de tolérance, de justice et de miséricorde de l’Islam.

La femme est injustement opprimée dans le monde musulman, alors que l’Islam l’a libérée et défini sa responsabilité et ses droits. Dans une bonne partie de l’espace géographique musulman, on assiste à des pratiques abusives de l’excision, de la polygamie, du mariage forcé et des divorces, la discrimination envers les femmes. Outre les pratiques abusives, la femme est privée d’une partie de ses droits, tels le droit à l’éducation, le droit au travail, le droit au vote etc. Ce faisant, la communauté musulmane se trouve amputée de plus de la moitié de sa force vive.

Il est important de rappeler que l’islam recommande de traiter les femmes convenablement et de respecter leurs droits. Dieu dit dans le Coran : « Et comportez-vous convenablement envers elles » s4 v19

« Les femmes ont des droits équivalents à leurs obligations et conformément à l’usage » s2 v228

Le prophète (psl) a dit : « Les meilleurs d’entre vous sont ceux qui sont les meilleurs envers leurs épouses ». Rapporté par Abu Hurayra, recensé par Tirmidhi