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10.Peut-on parler de démocratie en Islam ?

Publication en ligne : lundi 23 septembre 2013, par Maître Simozrag

Peut-on parler de démocratie en Islam ?

Qu’est-ce que la démocratie ? La démocratie ou gouvernement du peuple est définie comme un système fondé sur le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales, le multipartisme, l’admission de l’opposition politique, l’égalité devant la loi, le respect des minorités, des droits de la femme, l’alternance au pouvoir, le suffrage universel qui donne droit à l’ensemble des citoyens majeurs d’exprimer leur volonté et leur choix dans les décisions politiques et la désignation de leurs dirigeants, etc. Ces principes sont quasiment partout les mêmes en théorie mais en pratique leur application diffère d’un pays à l’autre. Dans tous les cas, une application correcte de ces principes n’existe nulle part. On peut dire, en effet, que la démocratie n’est rien d’autre que le pouvoir de l’argent, des élites, des médias, des multinationales, des groupes de pressions (lobbies), que l’administration et la justice sont entre les mains des riches, que la majorité des masses vit dans la pauvreté et la misère. Une démocratie où il n’y aurait ni exclusion ni discrimination, où il y aurait une véritable justice, une juste application de la loi, un vrai gouvernement du peuple, cela relève du domaine de l’utopie. Le peuple n’exerce ni de près ni de loin le pouvoir, même si périodiquement il est amené à élire ses soi-disant représentants ; combien de fois le peuple manifeste contre telle position ou telle politique, combien de fois le peuple est descendu dans la rue pour condamner une telle décision ou une intervention militaire dans un pays étranger et il n’a jamais été entendu ? La démocratie occidentale en tant que système de pouvoir est certes inconnue de l’Islam, mais son contenu et ses mécanismes, notamment les libertés fondamentales, les élections, la consultation, l’opposition, le pouvoir que détient la communauté de choisir ses dirigeants et ses représentants, y sont appliqués de manière plus correcte et plus rigoureuse. L’Islam est socialement plus juste, moralement plus honnête, économiquement plus humain et plus partageur. En un mot, le système musulman est cette façon de gouverner avec justice. Appelez ce système comme vous voulez : Démocratie, Etat de droit, Autorité islamique, Emirat, Califat, système de Justice, peu importe. Dans tous les cas, la ‘‘démocratie islamique’’ se distingue de la démocratie occidentale par les points suivants :

1-La démocratie islamique n’est pas laïque, elle tient compte des principes et des valeurs de la religion. Elle ne nie pas ni n’exclut les croyances des sociétés qu’elle gouverne. Faute de quoi, une telle démocratie serait indigne de ce nom.

2-La démocratie islamique ne se résume pas en un système binaire : majorité/opposition. Elle ne se borne pas à servir les 51 % de la majorité au détriment des 49 % de la population non représentée.

3-La démocratie islamique ne tolère jamais un coup d’Etat contre un pouvoir et des institutions démocratiques légitimes. Ni l’armée ni les forces de police ne peuvent renverser un Chef d’Etat démocratiquement élu par le peuple.

Le propre de la démocratie islamique est l’impartialité et la justice lesquelles commandent que l’on doit s’inquiéter du sort de tout un chacun, attribuer à chaque citoyen son droit et sa part dans la gestion et les ressources du pays. Cette façon de gouverner consiste tout simplement à faire le bien et à éviter le mal, à respecter les droits et les libertés, à ne pas commettre des injustices, à assurer une bonne gestion des richesses, à en faire une répartition équitable, à ne pas truquer les élections pour se maintenir au pouvoir. En bref, c’est servir honnêtement le peuple, répondre à ses attentes et développer le pays.