13.Une actualité émouvante

Publication en ligne : lundi 23 septembre 2013, par Maître Simozrag

Une actualité émouvante

L’occident a réussi à dresser les musulmans les uns contre les autres. Il les a plongés dans la fitna [1] alors qu’ils sont censés connaître mieux que quiconque le concept de la fitna, contre laquelle le Coran les met sévèrement en garde. Les Musulmans s’entretuent en Irak, en Syrie, au Liban, en Lybie, au Pakistan, en Afghanistan, en Algérie, en Egypte et dans d’autres pays encore.

Comment se fait-il qu’une communauté qui possède le Coran tombe dans ce piège ? Allah a donné à cette communauté tant de moyens pour lui permettre d’occuper le devant de la scène en matière de démocratie, d’humanisme, de respect des droits, de paix, de justice... Grâce aux enseignements du Coran, elle peut faire régner la paix dans le monde. Elle détient d’énormes richesses capables d’enrayer une bonne partie de la pauvreté au niveau de la planète. Elle est parmi les mieux placées pour comprendre ce que c’est que l’ignorance et parmi les mieux équipées pour lutter contre ce fléau. Son système de valeurs, le plus riche de la planète, est susceptible de faire d’elle un modèle de vertu et de bonne conduite à l’échelle mondiale. Elle porte l’étendard de la dernière mission divine et à ce titre elle est sensée servir de bon exemple sur le plan social, moral, politique, économique... Malheureusement, il n’en est rien. Non seulement, elle est incapable de jouer le moindre rôle ou d’exercer la moindre influence positive sur le plan international, mais en plus, elle est incapable de trouver une issue à la crise qui l’ébranle. Elle est déchirée, noyée dans les conflits, livrée à des fléaux tels la violence, la pauvreté, l’ignorance contre lesquels elle devrait être hors d’atteinte.

Ses richesses sont en partie spoliées et en partie déposées en occident qui s’en sert d’une part pour ses propres besoins sociaux et de développement et d’autre part pour détruire l’unité, les constantes et les fondements de cette communauté. Les fonds dont elle a besoin, ses propres fonds, lui sont distillés au compte goûte et avec des intérêts exorbitants, c’est-à-dire tantôt elle mendie en faisant des courbettes, tantôt elle achète son argent. C’est avec les capitaux arabes que l’occident divise le monde musulman.

Le processus démocratique a été interrompu en Egypte par un coup d’État militaire. Le premier président démocratiquement élu de ce pays, Mohammed Morsi, a été renversé le 3 juillet 2013 par son ministre de la défense, le général Abdel Fattah Al-Sissi. Ce coup de force s’est déroulé avec l’accord de certaines personnalités dont le cheikh de l’institut Al-Azhar, le pape de l’église orthodoxe des coptes, Mohammed al-Baradei un des chefs de l’opposition égyptienne, et le leader du parti salafiste an-Nour. Cette salafia soi- disant ‘‘scientifique’’ est prête à toutes les compromissions contre leurs frères en lutte.

Les putshistes ont désigné comme président intérimaire le président de la cour constitutionnelle, celui-là même qui devrait défendre la légitimité constitutionnelle en s’opposant au coup d’Etat.

L’opposition prétend que ‘‘la destitution’’ du chef de l’Etat a été revendiquée par les manifestants de la place tahrir ‘‘plus nombreux que les partisans de Morsi’’. Il existe deux camps, partisans et opposants du président Morsi. Chaque camp prétend être plus nombreux que l’autre. Quoi qu’il en soit, rien ne permet un tel assaut contre la légitimité. Une manifestation de masse ne peut jamais l’emporter sur ce qui a été décidé démocratiquement par les urnes. Sinon ce sera le chaos et l’anarchie. En réalité, plusieurs millions d’Egyptiens, toutes tendances confondues, ont condamné le coup d’Etat et rejoint le camp des frères musulmans. Sorties par vagues successives, les masses populaires ont investi les rues et les places publiques pour protester contre ce coup d’Etat. Des manifestants ont été « massacrés » en pleine prière devant le siège de la Garde républicaine.

C’était le début d’un carnage qui va se poursuivre lors des assauts lancés par les forces de sécurité contre les places de Rabia El Adawiyah et Nahda où campaient les partisans du président Morsi et contre les mosquées où ils s’étaient retranchés avec femmes et enfants. Le général Sissi a mis de l’huile sur le feu en appelant les Egyptiens à organiser des contre- manifestations le Vendredi 26 juillet. Son appel est perçu comme une véritable déclaration de guerre contre les Frères musulmans. D’autres qualifient cet appel de tentative de dresser les égyptiens les uns contre les autres. « J’appelle tous les Egyptiens honnêtes à descendre dans la rue… Je veux que les Egyptiens montrent, au monde entier, leur volonté comme ils l’ont fait le 30 juin » a déclaré le général putschiste. Les défenseurs de la légitimité contre le coup d’Etat sont sortis par millions. Des affrontements ont eu lieu partout, soit entre les manifestants des deux camps, soit entre les partisans du président Morsi et les forces de police. Déjà, plus de cent vingt morts et des milliers de blessés ont été signalés vendredi soir. Il faut ajouter à ce chiffre macabre le massacre du siège de la garde républicaine où plus d’une centaine de personnes ont été tuées en pleine prière. Il y eut des affrontements sanglants, certains parlent de massacres devant le siège de la Garde républicaine, des arrestations de centaines de cadres et militants parmi les frères musulmans, la fermeture de sièges de leur parti et de leurs médias, le gel de leurs comptes, l’interdiction de sortie du territoire et de se déplacer. Le Président est détenu dans un lieu tenu secret. Pire, des poursuites ont été engagées contre lui sur les circonstances de son évasion de la prison de Wadi Natroun pendant la révolte contre l’ancien président Hosni Moubarek et pour espionnage avec le Hamas. Ainsi, d’un revers de la main, on balaye sa haute fonction, son immunité, les millions de voix qui l’ont plébiscité. Le mercredi 14 août était une des plus sanglantes journées de l’histoire de l’Egypte. Le bilan est de plusieurs milliers de morts et plus de dix milles blessés.

Les tirs de snipers et d’hélicoptères sur les manifestants fusaient de toutes parts. Les médias ont présenté des images horribles de corps sans vie abattus par balles, asphyxiés ou écrasés par des blindés. Mais cela n’a pas dissuadé les masses qui ont continué à manifester avec plus de constance et de fermeté, exigeant le retour à la légitimité. Pour les disperser, les forces de sécurité ont employé de gros moyens, notamment les bombes de gaz lacrymogènes et les tirs à balles réelles, effectués parfois du haut des immeubles par des civils inconnus, les baltagias. Les manifestations, les marches et les sit-in continuent de plus belles malgré la violence de la répression, les arrestations, l’état d’urgence et le couvre-feu. On ne peut pas se taire face à une « armée fasciste qui destitue et séquestre un président élu, qui suspend la constitution et dissout le parlement, qui arrête les dirigeants du parti majoritaire, ferme ses stations de télévision et tire sur ses partisans » [2]

« Le coup d’État militaire, qui a renversé le premier président démocratiquement élu de l’Égypte et qui a conduit à l’arrestation de dirigeants des Frères musulmans à travers le pays, représente un énorme danger non seulement pour la transition démocratique en Égypte, mais aussi pour les espoirs démocratiques du monde arabe tout entier. » [3]

Certains médias font état de la préparation de ce coup d’Etat par l’armée égyptienne avec la complicité de la CIA et du Mossad israélien une année auparavant ; cette dernière aurait même organisé les pénuries d’électricité et de carburant et fourni la logistique des manifestations du 30 juin 2013.

« La chaîne Al Hayat a diffusé la troisième semaine de juin une interview du candidat malheureux Ahmed Chafik et il avait presque en filigrane annoncé la chute de son ex adversaire Morsi comme si l’armée l’avait informé de ce qui se passera début juillet » [4]

En attendant de "nettoyer" le Sinaï des islamistes palestinien, le Jihad islamique et Hamas, le pouvoir de la junte militaire a non seulement ordonné la fermeture du terminal de Rafah mais en plus la destruction des tunnels sur ordre d’Israël pour asphyxier les palestiniens. Ce coup d’Etat est, selon Bou’az Besmout, un expert israélien, une grande victoire pour Israël, une victoire plus importante que celle de 1967 car obtenue sans combat.

L’Arabie Saoudite a soutenu le coup d’Etat. Elle s’est empressée de reconnaître le nouveau régime des putschistes en lui accordant une aide de cinq milliards de dollars. Les Emirats arabes unis ont donné, eux aussi, trois milliards de dollars. Les monarchies du Golf ont peur d’être balayées par le vent de la démocratie. C’est pourquoi, elles font des mains et des pieds pour barrer la route à cette démocratie porteuse d’un islam authentique, un islam de justice visant à libérer les peuples opprimés du joug de la dictature, du néo-colonialisme et des puissances de l’argent. Un islam de vérité qui aura à faire face aux injustices des systèmes corrompus et des puissances occultes. Ce qui explique aussi pourquoi les salafis du parti An-Nour, ont rejoint le camp des militaires. Ils sont, eux aussi, hostiles à cette démocratie qui véhicule un islam dans lequel ils ne peuvent se reconnaître.

L’ambassadeur d’Israël au Caire a dit que le peuple d’Israël considère le général Abdul-Fattah Al-Sisi comme un « héros national ». Selon Radio Israël, l’ambassadeur a téléphoné au ministre de l’Agriculture Ayman Abou-Hadid pour le féliciter de son nouveau poste et lui a dit, "Al-Sisi n’est pas un héros national pour l’Egypte, mais pour tous les Juifs en Israël et dans le monde. Connaissant les connivences de toutes ces personnalités avec l’ancien régime et leur ferme nostalgie pour son retour, la manipulation des jeunes de Tamarrod est fort probable. Il faut dire que de nombreux signes de manipulation ont apparu à la veille de la grande manifestation du 30 juin. On peut citer entre autre, les coupures d’électricité, qui étaient dans certains endroits permanentes avant les manifestations pour chauffer à blanc la population, ont disparu le jour même de la destitution du président Egyptien." [5]

Enfin, ce coup d’Etat a plongé l’Egypte dans l’horreur et la violence. Les morts se comptent déjà par milliers. C’est le scénario algérien qui semble se reproduire. Aucune solution ne se profile à l’horizon à part un éventuel redressement par un autre coup d’Etat dont les auteurs seraient motivés par la restauration de la légitimité, c’est-à-dire la restitution du pouvoir au peuple. Mais là, on risque de répéter les mêmes erreurs concernant la militarisation du régime.

Ces coups d’Etat à répétition doivent normalement inciter les élites et les responsables politiques à revoir la doctrine militaire des forces armées. Le rôle de l’armée doit se limiter à la défense du territoire, des institutions et des citoyens contre les dangers et les menaces d’origine étrangère. L’Armée ne doit pas avoir le droit de suspendre la constitution, dissoudre les assemblées et destituer le président de la république.

En Irak, la confrontation sunnite/chiite est de plus en plus sanglante. Il ne se passe pas un jour sans qu’il y ait un ou des attentats à la bombe ou aux voitures piégées. Les cibles sont des mosquées, des cafés, des stades de football, des marchés, des cortèges, des rassemblements de population. Il existe une sorte d’équilibre de la terreur entre Sunnites et Chiites : bombe contre bombe, voiture piégée contre voiture piégée. Le bilan est de dizaines de morts chaque jour, à l’exception du mois de juillet qui enregistre 450 morts. Les Sunnites réclament la démission du Premier ministre chiite, Nouri al-Maliki, qu’ils accusent d’accaparer le pouvoir et de marginaliser leur communauté. Peu de temps auparavant, l’agression américaine a ruiné ce pays où plus d’un million d’Irakiens sont morts. Les statistiques concernant le nombre d’orphelins et de veuves, les infrastructures détruites, sont effrayantes. L’Irak est un pays en miettes, rapportent les médias. L’Irak a été l’objet d’une ‘‘destruction programmée’’ dans tous les domaines. L’occupation de l’Irak par les Etats-Unis en mars 2003, a bouleversé de fond en comble la vie dans ce pays. D’un berceau de civilisation, l’Irak est devenu un pays arriéré, délabré insalubre, sans vie. « Le coût humain de l’infamie étasunienne en Irak est extraordinaire : 4,5 millions d’Irakiens déplacés, au moins un million de civils tués, laissant des veuves et des orphelins, une classe professionnelle qualifiée qui a déserté le pays, une infrastructure en ruine, une cohésion sociale détruite par le conflit entre sunnites et chiites provoqué par Washington et sa destruction du gouvernement de Saddam Hussein (…) Dire que les États-Unis ont amené la liberté et la démocratie en Irak est une plaisanterie de très mauvais goût. Les criminels de guerre de Washington n’ont apporté que la mort et la destruction du pays." [6]

« Selon l’UNESCO, entre 1991 et 2003, un million d’Irakiens, dont la moitié étaient des enfants, ont perdu la vie suite aux sanctions économiques imposées au pays. Cela n’était que le prélude. Entre l’invasion étasunienne en mars 2003 et mars 2013, 1,5 million d’Irakiens de plus ont été tués. Le nombre de personnes disparues est actuellement estimé entre 250.000 et plus d’un million. Pour les seules familles expatriées, presque 100.000 enfants sont portés disparus. L’invasion et l’occupation qui a suivi ont été à l’origine d’une des plus grandes migrations de peuples provoquée par un conflit dans l’histoire du Moyen-Orient. Un rapport des NU datant de 2008 rapportait 2,8 millions de personnes déplacées à l’intérieur de l’Irak. La Croix Rouge irakienne rapportait, en juillet 2007, qu’au moins 2,5 millions d’Irakiens avait fui à l’étranger. Au total, il s’agissait donc de 5,3 millions de réfugiés sur une population de 31 millions, soit une personne sur six. Parmi ces réfugiés en Irak, 80% sont des femmes et des enfants de moins de 12 ans. Entre l’invasion étasunienne en mars 2003 et mars 2013, jusqu’à 1,5 million d’Irakiens ont été tués. Un irakien sur six est en fuite (...) Pour la énième fois, Bagdad a été proclamée « ville moins vivable de la planète », suite à la destruction systématique par l’armée étasunienne d’usines, d’écoles, d’hôpitaux, de musées, de centrales d’énergie et d’installations de purification des eaux. Pourtant, selon les dispositions de la Convention de Genève, lorsqu’une force d’occupation opère par le biais d’un gouvernement qu’elle a installé, elle est responsable de la protection et du bien-être de la population civile. Ces règles et obligations ont été systématiquement ignorées...Selon la Croix Rouge, la crise humanitaire en Irak après l’invasion étasunienne est une des pires du monde. Aujourd’hui, 11 millions, soit presque la moitié des citadins irakiens, habitent dans des bidonvilles. En 2000, ils n’étaient même pas 3 millions. Selon Oxfam, 8 millions d’Irakiens ont un besoin d’aide urgente, et 4 millions manquent de nourriture. 70% de la population n’ont pas accès à une infrastructure d’électricité fiable. Les bas niveaux d’eau des lacs et rivières ont provoqué une catastrophe car la canalisation défectueuse a empoisonné l’eau potable, rendue ainsi inapte à la consommation humaine et animale. Par conséquent, 70% des Irakiens n’ont pas accès à l’eau potable. La contamination par l’uranium appauvri et d’autres pollutions liées aux opérations militaires ont engendré une augmentation de déformations génétiques et de cancers qui ont rendu le pays quasi invivable...En Irak, 44.000 enfants de moins de cinq ans meurent chaque année, ce qui est deux fois trop élevé. Ça veut dire que chaque jour 60 enfants meurent inutilement. L’Irak est devenu le pays des orphelins. On estime à 5 millions le nombre d’orphelins dont plus d’un demi-million vivent dans la rue. En Irak, 44.000 enfants de moins de cinq ans meurent chaque année, ou 60 par jour, soit plus que la normale. Un demi-million d’enfants sont mal nourris et 800.000 jeunes irakiens, entre cinq et quatorze ans, sont mis au travail. L’Irak est aussi le pays des veuves. En 2007, le Ministère irakien des Affaires des Femmes rapportait qu’il y avait environ 3 millions de veuves, suite à la guerre avec l’Iran, la guerre du Golfe de 1991, et l’occupation de l’Irak depuis 2003. Plus de la moitié des veuves ont perdu leur mari après l’invasion de 2003, avec des conséquences dramatiques pour elles. 8% d’entre-elles seulement perçoivent une pension, 55% sont déplacés, et un nombre équivalent sont victimes de violences. » [7]

« Les raffineries de pétrole sont sous le contrôle des forces spéciales et des armées américaines et britanniques. Les dommages aux infrastructures civiles sont énormes et mettront du temps à être résorbés : les services de santé ont été pillés, les équipements détruits. C’est le cas aussi des routes, des centrales électriques. Les hôpitaux sont surchargés et les médecins manquent cruellement. C’est véritablement l’âge de pierre promis par George Bush père.

De nombreux centres historiques ont été détruits par les bombardements américains, les combats et les pillages. Le Musée national d’Irak a été pillé au moment de l’entrée des troupes américaines dans Baghdad. Tout ce qui représente Saddam ou son régime a été saccagé par les populations chiites et kurdes. C’est la fin de la paix religieuse permise par le régime laïc du parti Baas de Saddam Hussein.

La résurgence des anciens conflits religieux entre chiites et sunnites pour la prise du pouvoir et l’installation d’un régime religieux, après la chute de Saddam...

Pour rappel, l’Irak avait un système éducatif et de recherche performant. Le niveau de développement était de loin le plus important du Monde arabe. Les infrastructures étaient développées et un célèbre dicton permet de situer le niveau intellectuel héritier de « Dar El Hikma » « La Maison de la Sagesse ». « Les livres étaient rédigés en Egypte, imprimés à Beyrouth et lus en Irak », le taux d’analphabétisme en Irak était le plus bas du Monde arabe, ce pays constituait un danger pour le « monde libre et civilisé »... L’Irak, une des plus brillantes civilisations que l’humanité ait connues, sombre dans un chaos qui, à moins d’un miracle, semble être parti pour longtemps. Tout ceci pour une mainmise sur des matières premières et imposer Israël comme « rempart contre la barbarie » selon la prophétie formulée par Théodore Herzl. Ainsi va le monde. » [8]

« Le démantèlement de l’Irak et de la Syrie en plusieurs états suivant les communautés ethniques est un des objectifs de la politique israélienne. » La destruction de Baghdâd et de Damas est le parachèvement de l’extinction de la civilisation islamique. Ces deux capitales, celles des Abbassides et des Omeyyades, étaient les centres de rayonnement d’une civilisation millénaire qui a rayonné sur les trois quarts de la planète. « Vous dites : Comment avons-nous mérité cette disgrâce ! Dis-leur : vous ne devez vous en prendre qu’à vous-mêmes ! » s3 v165 En Syrie, ce qui était un soulèvement pacifique contre une dictature, devient finalement une guerre fratricide au sein d’une même communauté. L’occident et Israël sont les premiers bénéficiaires de cette guerre ayant pour objectif de détruire la puissance potentielle de l’Islam et d’affaiblir les Musulmans. Les Musulmans n’ont pas encore compris qu’ils sont instrumentalisés et que cette guerre ne les sert nullement. Impérialistes, sionistes, colonialistes, athées, tous s’acharnent contre les Musulmans, soit directement par le soutien logistique, soit par la propagande, le véto et l’incitation au combat. Que ces musulmans soient appelés takfiris, jihadistes, mercenaires, islamistes, salafistes, sunnites, chiites, peu importe, dans cette guerre les musulmans font la guerre par procuration au profit de l’occident et d’Israël. Comment est-on passé d’un soulèvement populaire pacifique à une guerre dévastatrice, où l’on tue des innocents, des femmes et des enfants dans les maisons, les écoles et les crèches, où l’on massacre des hommes en prière dans les mosquées, où l’on détruit des mausolées et des tombes, où la haine s’exprime par des comportements cruels et inhumains sans précédent ? Pire, des attaques aux armes chimiques ont été perpétrées ces jours-ci à El Ghouta (banlieue de Damas) faisant plus de 1300 morts dont 545 femmes et 426 enfants. Les structures médicales de la Ghouta ont pris en charge 9 838 personnes dont 3 041 cas graves. Des scènes horribles d’enfants asphyxiés ont été diffusées par les médias. Il y eut un véritable carnage qui a suscité l’indignation du monde entier. Des dizaines de cadavres dans des morgues sans aucune trace de blessure visible. On parle d’hécatombe. « Les images choquantes tournées en boucle montre la monstruosité de la tuerie. Des corps par dizaines d’enfants, de femmes gisent recouvert de draps. Des vidéos diffusées par les opposants au régime montrent dans des morgues improvisées, sans trace de blessure visible. « Ne pouvant déployer ses forces terrestres pour reprendre le contrôle des territoires qu’il a perdus, le régime use de son artillerie et de son aviation pour écraser les foyers de la rébellion. » [9]

Pour l’ex-président Rafsandjani, il n’y a aucun doute sur la responsabilité du régime syrien dans les attaques chimiques de la nuit du mercredi 21 août. « Le peuple (syrien) a été la cible d’attaques chimiques de son propre gouvernement et maintenant il doit attendre une attaque étrangère. » Avant d’ajouter : « Le peuple syrien a beaucoup souffert ces deux dernières années. »... les images de ces corps d’enfants inanimés, sans le moindre signe d’égratignure, sont terriblement familières...l’ex-président a prédit à tout gouvernement recourant aux armes chimiques « de lourdes conséquences, comme Saddam Hussein (…) et l’horrible fin qu’il a endurée ». Il va sans dire qu’une telle sortie, peu appréciée des ultras du régime iranien, dont certains voient dans l’attaque du 21 août contre la Ghouta la main des rebelles syriens, s’inscrit aussi dans le cadre d’une lutte politique interne, Rafsandjani se plaçant du côté du nouveau président modéré Hassan Rohani. » [10]

Selon les conclusions d’un rapport des renseignements français, « l’attaque dans la nuit du 21 août dans la banlieue de Damas était de nature chimique et ne peut avoir été perpétrée que par le régime de Bachar al-Assad… Le document va plus loin et accuse Damas d’avoir mené au moins trois attaques chimiques depuis le mois d’avril 2013. « Les services compétents français ont récupéré des échantillons biomédicaux (sang, urine), environnementaux (sol) et matériel (munitions), prélevés sur des victimes ou sur les sites des attaques de Saraqeb, le 29 avril 2013, et de Jobar, à la mi-avril 2013. Les analyses conduites ont confirmé l’emploi de [gaz] sarin. » [11]

Le président Bachar al-Assad déclare qu’il n’a rien à voir dans cette attaque. « Selon des écoutes de l’armée allemande révélées dimanche par le journal Bild, Bachar al-Assad n’aurait vraisemblablement pas approuvé personnellement l’attaque du 21 août. De hauts gradés de l’armée syrienne "réclament régulièrement depuis environ quatre mois des attaques chimiques au palais présidentiel à Damas (mais) ces demandes ont été toujours refusées, et l’attaque du 21 août n’a vraisemblablement pas été approuvée personnellement par Bachar al-Assad", rapporte le Bild, s’appuyant sur des écoutes effectuées par un navire allemand près des côtes syriennes. » [12]

« L’utilisation d’armes chimiques, par qui que ce soit, pour quelque raison que ce soit, dans quelques circonstances que ce soit, serait une atroce violation des lois internationales », a déclaré, Ban Ki-moon, le Secrétaire général des Nations unies. Pour les pays occidentaux, à leur tête les Etats-Unis, le coupable est le régime de Bachar el Assad. Ce dernier en accuse l’opposition d’avoir utilisé l’arme chimique pour ‘‘provoquer une intervention militaire étrangère’’.

Les Etats-Unis menacent de mener des frappes militaires contre le régime syrien. Pendant que certains pays européens s’opposent à toute action militaire, des pays arabes s’empressent de rendre effectives lesdites sanctions contre la Syrie. A l’exception de l’Algérie, l’Irak, l’Egypte et le Liban qui ont exprimé des réserves, la Ligue arabe apporte un soutien diplomatique aux Etats-Unis en souhaitant faire subir des frappes au régime syrien.

Après sa résolution du 1er septembre appelant la communauté internationale à « assumer ses responsabilités afin de prendre les mesures de dissuasion nécessaires contre les auteurs du crime odieux dont le régime syrien porte la responsabilité », les membres influents de la ligue arabe n’iront pas par quatre chemins pour exiger une action militaire contre la Syrie sans même attendre les conclusions des inspecteurs de l’ONU.

Pour le ministre égyptien des Affaires étrangères, Nabil Fahmy, la campagne militaire « acharnée menée contre la Syrie et les projets militaires occidentaux contre ce pays s’inscrivent dans le cadre d’un plan visant la destruction des armées arabes dont l’armée égyptienne » [13]

Selon une proposition russe approuvée par Washington, la Syrie pourrait éviter les frappes contre le démantèlement de son arsenal chimique. Le président Assad accepte sans dire un mot. Il est clair que ce qui intéresse les occidentaux, c’est la sécurité d’Israël. Ils craignent que les armes chimiques soient utilisées contre leur allié. Mais les milliers d’innocents assassinés, les femmes et les enfants syriens, cela n’a aucune importance à leurs yeux.

Bref, toutes les nations, tous les pays sont unis à l’exception des pays arabes et musulmans. Et parce qu’ils sont divisés, ils dépensent des centaines de milliards de dollars chaque année pour les achats d’armement afin de s’entretuer. Sans compter les meurtres et les frappes sur commande adressée aux occidentaux : Venez, frappez-nous, tuez-nous !

Des massacres de musulmans par des musulmans dans des pays musulmans, c’est honteux. Cette situation tragique ne peut s’expliquer que par le courroux d’Allah contre cette communauté. Nous avons totalement oublié les enseignements de l’Islam, les vertus du dialogue, de la réconciliation, de l’indulgence, de la Rahma…

« Notez que les commanditaires américano-sionistes interdisent aux rebelles d`engager tout dialogue avec le pouvoir. Car le but est de détruire la Syrie avant de renverser le pouvoir… Apres cette destruction, le futur gouvernement se trouvera dans une position de faiblesse qui exigera une aide internationale à travers laquelle les commanditaires pourront imposer leur volonté sadique » [14]

Dans ce conflit, on peut noter quatre erreurs successives, à savoir : l’intransigeance du pouvoir syrien, l’ingérence étrangère, l’emploi des armes lourdes et chimiques et l’appel au Jihad

Tout d’abord, le Président Assad a manqué de bon sens dans ce conflit. Au lieu de chercher à écraser la révolte, il aurait pu se comporter avec sagesse et régler le conflit par la concertation et le dialogue. Il aurait dû accepter les revendications des masses et opérer le changement désiré.

Or, il a non seulement fait usage d’une violence inouïe contre son peuple, mais plus grave encore, il a transformé cette contestation démocratique, légitime en un conflit sectaire, confessionnel. Il fit croire aux siens, les alaouites, qu’il s’agit d’une révolte sunnite qui les menaçait en tant que minorité et qu’il allait employer tous les moyens pour les protéger. Il a d’emblée travesti la réalité en faisant croire que les contestataires réclamaient la tête des Alaouites et non la démocratie, ce qui a mené à la dépolitisation des affrontements et à leur confessionnalisation.

C’était la première erreur aggravée d’une part par l’arrivée de jihadistes, « mercenaires étrangers » dont l’engagement était facilité par les pays européens et la Turquie avec l’aide financière de Qatar et de l’Arabie Saoudite et d’autre part par le soutien du régime d’Assad par la Russie, la Chine et l’Iran. L’intervention du Hezbollah, bien que tardive, a non seulement modifié les rapports de force en faveur du pouvoir syrien mais aussi accentué le caractère confessionnel du conflit. Selon certains quotidiens dont alquds alarabi, la CIA aurait poussé le Hezbollah à combattre le Front al-Nosra. Au sujet d’Hassan Nasrallah, le frère Abdoulmadjid m’a envoyé une vidéo en précisant : « Maitre, bien que je ne suis pas un chiite comme Nasrallah, mais écoutez cependant ce qu`il dit en tant qu`arabe… (Voir ce lien :

J’ai écouté cette vidéo, elle contient le discours ci-après de Hassan Nasrallah : « Ils ont un vrai problème : la Syrie. Mais pas n’importe quelle Syrie. La Syrie d’Abdoulhalim Khaddam ne leur pose aucun problème. La Syrie de Bachar Al-Assad est (pour eux) le vrai problème, bien sûr. La Syrie a connu un développement important ces dernières années. Il est possible que les Syriens ne veulent pas l’étaler, donc parlons de leurs responsabilités. Premièrement, une nouvelle position stratégique militaire a été élaborée durant ces dix dernières années. Une vision stratégique évidente. La Syrie s’est transformée ces dix dernières années en une force militaire réellement capable d’être une menace stratégique pour Israël avec tout ce que cela implique...Et je sais bien de quoi je parle. Ceci spécialement au niveau de leurs missiles dans le développement militaire industriel et dans sa créativité touchant plus d’un domaine. Par ailleurs, Israël voit la Syrie ces dernières années bien plus inquiétante et effrayante qu’auparavant car elle est devenue une puissance militaire dont la force est désormais très élevée et surtout dans le domaine des missiles. Et aujourd’hui, la force de frappe des missiles est la force déterminante. Quelle était la force du Hezbollah en 2006 ? Avions-nous des armes aériennes ? Non. Ils n’ont aucune solution face à cette force de frappe. Il leur faut trouver une solution. Deuxièmement…la Syrie…Très bien, des gens disent que la Syrie est un point de passage de la résistance, qu’elle est un pont de ravitaillement entre la résistance et l’Iran que ce soit pour le Liban ou pour la Palestine…et c’est vrai ! Mais permettez-moi aujourd’hui de vous dire que la Syrie est bien plus que cela. Elle n’est pas qu’un point de passage, elle est le réel appui de la résistance. Et pas seulement au niveau politique, moral, social, voire même militaire…Et deux choses en témoignent. La première…Ce n’est pas un secret puisqu’Israël l’a elle-même annoncé durant la guerre de 2006, les armes les plus importantes qui ont bombardé Hayfa ( en réponse à l’agression israèlienne) et ce qui se trouve après Hayfa jusqu’au centre d’Israël en Palestine occupée étaient des armes de fabrication syrienne. Des armes qu’elle a données à la résistance libanaise. La Syrie n’a pas été un aéroport, un port d’escale ou une douane, pas du tout. La Syrie est un soutien qui a donné à la résistance libanaise les armes qui l’ont amené jusqu’à sa position en 2006. Et je vous le dis sincèrement. La plupart des armes avec lesquelles nous avons combattu en 2006 étaient des armes syriennes. Et pas seulement pour le Liban…Mais aussi à Gaza, dans la bande de Gaza, ô mes frères et sœurs…Les armes qui sont parvenues jusqu’à Gaza, les missiles qui sont parvenus jusqu’à Gaza. Maintenant on va dire les choses..Aujourd’hui Israël a peur de la bande de Gaza ! La bande de Gaza pour la première fois de son histoire fait descendre un million et demi de juifs (israéliens) dans les abris ! Israël a peur de la bande de Gaza jusqu’à Tel Aviv ! Et elle a bien raison d’avoir peur ! Ces roquettes ! Comment sont elles arrivées à Gaza et d’où sont-elles arrivées ? Ont-elles été envoyées par le pouvoir saoudien ? Ont-elles été envoyées par le pouvoir égyptien ? Ou bien par les états arabes ? Non ! Mais ces missiles sont syriens et transitent par la Syrie. Ce commandement syrien tout au long de ces dernières années a risqué ses intérêts, son gouvernement et son existence pour que les résistances au Liban et en Palestine soient fortes. Amenez-moi un seul pouvoir arabe prêt à prendre ce risque ! Tous les états arabes savent bien ce qu’implique pour l’Amérique le fait de donner des armes au Hezbollah…au Hezbollah ! Le sujet se termine sur la liste des organisations terroristes. Que signifie de donner des armes au Hamas et au Jihad islamique en Palestine ! Dans les deux cas, cela signifie d’être inscrit sur la liste des organisations terroristes (des USA). Lorsque les états arabes interdisaient la nourriture, le pain, et même l’appui financier à Gaza…l’Arabie Saoudite avait même interdit les collectes de dons pour Gaza ! Lorsqu’ils interdisaient même la nourriture à Gaza. La Syrie envoyait des armes…et de la nourriture à Gaza ! Et le peuple de Gaza sait tout cela…la Syrie s’est mise en danger à cause de cela ! Oui…Cette Syrie ! la Syrie de Bachar Alassad ! la Syrie des martyrs du commandement Daoud Rajha, Assef Chaoukat et Hassan Turkmani…C’est cette Syrie qui a soutenu la résistance du Liban et la résistance en Palestine ! Et aujourd’hui ceux qui prétendent sauver le Liban, la Palestine et la Syrie..Où étaient-il à l’époque ? Ils étaient aux côtés de l’ennemi ! Ils étaient avec l’Amérique ! Ils étaient avec Israël ! Ils étaient avec l’occident ! Pourquoi ignorez-vous toutes ces vérités ? Pourquoi ? En un tel jour, nous devons prononcer la vérité ! Que ces paroles surprennent ou non. Et que nous insultent ceux qui veulent insulter ! Personne ne se fait mal soi-même ! ô mes frères et sœurs, à la base se trouve un projet américano-israélien qui s’appelle : ‘‘interdiction qu’il y ait des armées puissantes dans la région’’. Et ce uniquement pour Israël ! Pour Israël ! L’acceptable se sont des forces de sécurité en tenue de l’armée. Regardez au Liban, notre armée est une force de sécurité intérieure, mais habillée en tenue de l’armée ! Ce qui est acceptable pour les pays frontaliers (d’Israël) et ce qu’il y a autour, ce sont des armées qui sont en fait des polices intérieures. Mais s’il y a une armée, il faut que son armement, ses munitions, son entrainement soient alimentés par les américains. Et alors elle sera une armée capable de tout sauf de combattre Israël. Voilà le plan américain. Vous voyez bien ce que sont les armées arabes…Concernant l’occupation américaine de l’Irak, j’ai une question Quelle est la première chose qu’ont fait les américains en Irak ? Ils ont dissout l’armée iraquienne. Pourquoi ? L’armée peut suivre n’importe quel pouvoir politique. Peut-être allait elle suivre le nouveau pouvoir politique. Que reste-t-il des armées de la région ? Une armée…arabe..forte, de conviction…dont l’armement, l’entrainement, la tactique, les écoles et la force ne soient pas aux mains des américains…Que reste-t-il …L’armée syrienne…et c’est tout ! Est-ce vrai ou non ? Bien sûr que c’est vrai ! Et c’est pour ça qu’après la guerre de 2006 (Liban) il leur fallait détruire cette armée…Détruire cette armée…Peu importe comment…Oui ce qui se passe iici, c’est que l’Amérique, l’Occident et leurs instruments dans le monde arabe ont exploité les justes revendications du peuple syrien, le Président Assad lui-même le reconnaît. Donc des demandes légitimes de réformes démocratiques pour finalement amener la Syrie dans une guerre éprouvante, car ils (les USA) ont interdit le dialogue. On interdit à l’opposition syrienne, même celle qui est patriote de dialoguer (avec le gouvernement) car ce qui est demandé, ce n’est pas les réformes en Syrie mais sa destruction…La destruction de son armée, de son peuple, son émiettement, son déchirement, comme ils le voulaient pour l’Irak s’il n’y avait pas eu la résistance irakienne et sa détermination politique. Je voyais la situation en Irak s’empirer bien plus que cela. Et bien voilà ce qui se passe maintenant. Et Israël a bien raison d’être heureuse. Oui, aujourd’hui Israël est heureuse, bien contente…Aujourd’hui nous invitons à nouveau à préserver la Syrie, ce peuple que nous aimons, cette armée que nous estimons. Et la solution ne viendra que par le dialogue et en l’acceptant rapidement. Oui cette armée, ces généraux tombés en martyrs sont grandement estimés au sein des résistances libanaises, palestiniennes et celles de la région. Il est certain qu’ils nous manqueront. Nous présentons au gouvernement syrien, à l’armée syrienne, au peuple syrien ainsi qu’à leurs nobles familles…Nous leur présentons nos condoléances. Nous condamnons cette agression qui ne sert que les intérêts de l’ennemi (Israël). Pour les résistants, à plus d’un endroit, ces généraux étaient des compagnons d’armes. Nous demandons les bénédictions sur leur martyr. Nous nous attristons de leur meurtre et de leur départ parce qu’ils sont nos compagnons d’armes, nos compagnons de guerre durant toute l’histoire de notre lutte contre Israël depuis des dizaines d’années. Cependant nous sommes convaincus que cette armée arabe syrienne qui a supporté l’insupportable a la force, la grandeur et la stabilité pour continuer (dans cette voie). Et elle a un leadership fidèle, patriote, combattant et prêt à se sacrifier pour l’aider à faire échouer tous les espoirs de l’agression. Ce qui se passe en Syrie…A qui profite ce qui se passe en Syrie ? Très bien, hier Hilary Clinton est venue dans la région, en Egypte puis auprès des israéliens. A-t-elle posé des questions sur le peuple palestinien ? La Palestine n’est même pas calculée ! Le peuple palestinien n’est même pas calculé ! Tout ce qui se dit se résume en une seule expression et même en deux mots. Mais en tant qu’analystes, nous devons bien nous concentrer dessus. Nous sommes dans une ‘‘période incertaine’’. La région dans une ‘‘période incertaine’’. Même l’Egypte, où elle va…ce qu’elle veut faire…personne n’en sait rien…Clinton est venue pour rassurer Israël sur les positions de l’Egypte ! Et pour dire aux Egyptiens que ‘‘les USA sont avec vous, nous vous aidons, vous appuyons, nous sommes à votre service et même si vous avez un gouvernement islamique…Mais ce qui nous importe c’est la paix avec Israël. Clinton est venue pour Israêl et non pour l’Egypte, ni pour le peuple égyptien ni pour la Palestine. Est-ce que l’Amérique pleure sur ceux qu’on assassine en Syrie parmi les généraux, les officiers, les soldats ou les civils des deux camps…des deux côtés ? Ou plutôt est-ce qu’ils trinquent sur le sang du peuple syrien et de l’armée syrienne ? Cela ne nous impose-t-il pas de regarder le sujet d’une manière différente ? » Fin du discours

En réalité qu’il s’agisse de pays, de groupes, de partis ou d’individus, rien ne saurait justifier l’ingérence dans les affaires intérieures de la Syrie. L’argument du Jihad ne repose sur aucun fondement. Il ne peut y avoir de Jihad entre musulmans. En effet, c’est cette ingérence qui a fait d’un petit conflit interne une guerre dévastatrice en passe de dépasser les frontières de la Syrie. Ce fut la deuxième erreur.

Les pays occidentaux tardaient à acheminer leur aide logistique à l’opposition syrienne [15] arguant de la présence de groupes islamistes radicaux tel que le Front al-Nosra, mais en réalité le vrai mobile des occidentaux est de faire perdurer la guerre afin que les belligérants, tous des musulmans, s’autodétruisent. Pendant la dernière guerre Irak/Iran, les Etats-Unis ont agi de la même façon pour faire durer la guerre. Lorsque l’armée iranienne avance, les Américains viennent en aide aux troupes Irakiennes et lorsque ces dernières avancent, les Américains aident l’armée iranienne, et ainsi la guerre pouvait durer le plus longtemps possible.

Outre les dégâts humains, la Syrie est quasiment détruite, et l’Iran sera affaibli économiquement, que pourrait-t-il y avoir de mieux pour Israël ? « Laissez-les s’entretuer tranquillement », affirment des dirigeants et experts israéliens ». [16]

La troisième erreur est l’emploi de l’artillerie lourde, de l’aviation de guerre et des armes chimiques. Le gaz dont l’emploi est partout interdit, le président syrien n’a pas hésité à l’employer contre son peuple. Quoi qu’il en soit, il en demeure responsable même s’il a nié toute implication dans cette attaque.

La quatrième erreur est l’appel au Jihad par les dignitaires sunnites. Les Sunnites ont lancé un appel au jihad contre le gouvernement « confessionnel syrien et ses alliés chiites du Hezbollah libanais et d’Iran », qui ont, disent-ils, « déclaré la guerre à l’islam et aux musulmans ». Ils demandent que les pays musulmans envoient des contingents de combattants en Syrie.

Le communiqué précise que le Jihad est nécessaire pour porter secours à « nos frères en Syrie », dans une autre version « sauver le peuple syrien », un jihad avec la personne, l’argent et les armes. Dans le même communiqué, on a demandé l’arrêt de toute coopération avec la Russie et la Chine et le boycott des produits iraniens. Ce Jihad est purement et simplement illégitime et infondé. Les auteurs de cette fatwa ont agi dans la précipitation et sans réfléchir sur les conséquences de leur décision qui constitue une dérive dangereuse, un appel au meurtre et une aggravation de la fitna au sein de la communauté.

Comment pourrait-il être légitime un Jihad adoubé par Israël et l’occident ?

« Où est la légitimité du pseudo jihad en Syrie des pseudos oulémas de l`Arabie Saoudite lorsqu`on sait que ces derniers n`ont jamais appelé les musulmans au jihad contre les américains partout où ils nous tuent quotidiennement ou encore au jihad contre les juifs en Palestine ? » [17]

La communauté musulmane doit prendre soin de ses minorités et les protéger. Une communauté qui tue sa ou ses minorités est semblable à une mère qui dévore ses enfants.

Il est à se demander si nos savants ont bien médité le sens de certains versets et hadits sur l’interdiction de l’effusion du sang et l’extrême nécessité d’éteindre le feu de la fitna.

« La destruction de la Ka’aba, selon une autre version : la disparition de ce bas-monde est moins grave que le meurtre d’un musulman ». (Hadith rapporté par Tirmidhi et Annaçaï ) Lors de la bataille de fadek, un homme du nom de Mirdesse ibn Nuhaik, lorsqu’il vit Oussama bnu Zaid tirer l’épée pour le tuer, dit : « La ilaha illa illa Allah, j’atteste qu’il n’y a de Dieu qu’Allah ». Cependant Oussama le tua quand même. Les compagnons l’admonestèrent à cause de cela. Une fois informé, le Prophète (PSL) convoqua Oussama et l’interrogea : l’as-tu tué après qu’il ait prononcé ‘‘la ilaha ill Allah’’, (la profession de foi) ? Oussama répondit : ô Messager d’Allah, il l’a dit par peur, pour échapper à la mort. Agacé, le prophète lui répliqua : as-tu ouvert son cœur pour savoir s’il l’a dit sincèrement ou par peur ? Que feras-tu de ‘‘la ilaha ill Allah’’ le Jour du Jugement ? Le Prophète avait répété cela plusieurs fois. Oussama, effrayé, dit : j’ai souhaité n’avoir embrassé l’islam qu’à l’instant.

Il y a dans l’histoire des deux fils d’Adam un enseignement édifiant sur le danger du meurtre.

Les deux frères Caïn et Abel devaient faire des offrandes à l’Eternel qui accepta celle d’Abel mais pas celle de Caïn. Ce dernier fut très irrité, se jeta sur son frère et le tua (Genèse 4.3-8) Le Coran ajoute ce détail important : Abel dit à son frère Caïn : Que veux-tu, Dieu n’accepte que de ceux qui Le craignent ! Et si tu portes la main sur moi pour me tuer, je n’en ferai pas de même car je crains mon Seigneur, le Maître de l’Univers, pour commettre un pareil crime ! Je préfère que tu te charges seul de mes péchés et des tiens, et tu seras alors voué à la Géhenne qui est la juste récompense des criminels. » s5 v27-30

Il le tua injustement certes, mais ce qui est important dans ce récit est le fait qu’Abel ne voulut même pas se défendre. Il fit don de son droit à la légitime défense.

La vie est sacrée en Islam. Celui-ci condamne très sévèrement l’atteinte à la vie d’un être humain.

Le Coran multiplie les interdictions formelles du suicide et de l’homicide :

« Et ne vous tuez pas vous-mêmes. Allah est Miséricordieux envers vous » 4.29

« Celui qui se donne la mort avec quelque chose sera châtié avec en enfer. » (Bukhari, Muslim, Tirmidhi, Annaçaï et la version du poison par Abou Daoud).

« Ne tuez pas vos enfants pour cause de pauvreté » s6 v51 ; s17 v31

« Ne tuez point l’homme, car Dieu l’a interdit, sauf pour une juste cause » s6 v151 ; s17 v33

« C’est pourquoi Nous avons prescrit pour les enfants d’Israël que quiconque tuerait une personne non coupable d’un meurtre ou d’une corruption sur la terre sera censé avoir tué l’humanité entière ; et celui qui aura sauvé la vie d’un seul homme sera censé avoir sauvé la vie de tous les hommes. » s5 v32

« Tout le musulman est interdit pour le musulman : son sang, ses biens et son honneur » (Tirmidhi d’après Abu Hurayra)). Lors de son pèlerinage d’Adieu, le prophète a dit : Dans ses discours d’adieu, le Prophète (psl) a nettement confirmé ce principe : « O hommes, disait-il, votre sang, vos biens, votre honneur vous sont inviolables, sacrés, comme l’inviolabilité de ce jour-ci, de ce mois-ci et de cette ville-ci. »

« Quand deux musulmans s’affrontent avec leurs épées alors le tueur et le tué sont tous les deux en Enfer ». Le tueur le mérite, lui dit-on, mais pourquoi le tué ? Parce qu’il avait l’intention de tuer son frère, dit le prophète (Bukhârî)

« Quiconque tue intentionnellement un croyant, sa rétribution sera alors l’Enfer, pour y demeurer éternellement, Allah l’a frappé de Sa colère, Il l’a maudit et lui a préparé un énorme châtiment. » s4 v93

« Le serviteur ne cesse d’être dans une situation aisée en matière de religion tant qu’il ne s’est pas entaché les mains d’un sang interdit. » (Rapporté par Bukhari d’après Abdullah ibn Amr) Il dit aussi :

« La première chose pour laquelle les gens seront appelés à rendre des comptes, au Jour du Jugement, ce sera les meurtres » (Annaçaï).

« Evitez les sept abominations... », il a notamment cité le fait de tuer une vie humaine sans juste raison. (Bukhari, Muslim, Annaçaï, Abou Daoud d’après Abou Hurayra) Compte tenu de la situation dramatique dans laquelle se trouve la communauté musulmane, le meilleur Jihad qu’il faut faire pour le moment est le Jihad de l’unité. L’unité des Musulmans est un impératif politique, économique, social et religieux. Elle est une nécessité impérieuse du fait qu’elle découle d’un Commandement divin :

« Attachez-vous tous à la Corde d’Allah et ne soyez pas divisés. » (Coran, s3 v103) La division est une calamité qui ne cesse d’affaiblir la force de l’Islam et de détruire sa communauté. La division des musulmans empêche la réalisation des objectifs de l’Islam, à savoir la paix, la justice et le bien-être. L’unité des Musulmans a toujours été un facteur de grandeur et de prospérité et leur division n’a engendré que déclin, décadence et asservissement. Les divergences doctrinales ne sont pas de nature à empêcher l’unité des Musulmans étant donné l’intérêt supérieur qu’elle représente. Et au-delà de l’intérêt supérieur, l’unité est non seulement une réponse à l’appel de Dieu mais également à un besoin stratégique urgent. La umma est confrontée à un danger imminent que seule l’unité peut lui permettre d’éviter.

Avant que surgisse le conflit syrien, j’ai averti qu’une guerre fratricide menace de détruire la communauté. Cette guerre a déjà commencé malheureusement.

Je ne cesse de tirer la sonnette d’alarme sur les conflits qui déchirent les musulmans alors qu’ils adorent le même Dieu, suivent le même Prophète, croient au même Livre, font le pèlerinage des mêmes lieux saints, s’orientent vers la même Qibla et célèbrent ensemble la même prière cinq fois par jour.

Il est pour le moins regrettable que la communauté qui se distingue par les caractéristiques de l’équilibre, de la piété et en particulier par la confiance que Dieu a placée en elle, soit aussi morcelée, aussi déchirées par les luttes fratricides.

Alors que le Coran et la Sunna regorgent de directives sur les impératifs de l’unité, de la fraternité et de la concorde. Et en même temps, ces instructions les mettent en garde contre la discorde, la division, les disputes, l’hostilité, la haine, précisant que ce sont ces défauts que le Diable utilise comme instruments pour parvenir à ses buts, à savoir la destruction et le chaos.

Allah nous informe que nous formons une seule communauté :

« Cette communauté, la vôtre, est une seule communauté. Tandis que je suis votre Seigneur, Craignez-Moi donc…Adorez-Moi donc ! » (Coran, s21 v92 et s23 v52).

« Attachez-vous tous fermement au Pacte d’Allah et ne vous divisez pas. » (Coran, s3 v103) S’adressant au Prophète, Dieu dit :

« Ceux qui provoquent des scissions dans leur religion, tu n’es nullement responsable de ceux-là. Leur sort ne dépend que d’Allah qui les informera de ce qu’ils faisaient. » (Coran, s6 v159)

« Et obéissez à Allah et à Son Messager et ne vous disputez pas sinon vous faiblirez et perdrez votre force. » (Coran, s8 v46)

« Ne suivez pas l’exemple de ceux qui se sont divisés et se sont opposés les uns aux autres après avoir reçu les preuves. Ceux-là auront un châtiment douloureux. » (Coran, s3 v105)

Il est extrêmement urgent de trouver une solution à ces conflits et il ne peut y avoir de solutions en dehors du dialogue, de la compréhension mutuelle et de la concertation.

Appliquons seulement les commandements de Notre Seigneur et nous redeviendrons la meilleure communauté.

Ahmed Simozrag


Notes

[1] Le mot fitna peut avoir plusieurs significations : guerre civile, discorde, subversion, épreuve, troubles

[2] Wajdi Limam : Réalités douces amères d’un coup d’Etat in Le Quotidien d’Algérie du 20 juillet 2013

[3] Álvaro de Vasconcelos : Éviter l’Algérie en Égypte, in Le Quotidien d’Algérie du 13 juillet 2013

[4] Rabah Reghis, in Le Matin.dz 29 Juillet 2013

[5] MEMO MEDDLE EAST MONITOR 19 juillet 2013 http://www.middleeastmonitor.com/news/middle-east/6617-israeli-ambassador-calls-al-sisi-a-qnational-hero-for-all-jewsq-

[6] Dr. Paul Craig Roberts : L’Irak dix ans plus tard : Mondialisation.ca, 23 mars 2013

[7] Par Dirk Adriaensens et Marc Vandepitte Mondialisation.ca, 21 mars 2013

[8] Par Chems Eddine Chitour Mondialisation.ca, 21 mars 2013

[9] Le Figaro.fr 02/9/2013

[10] Le Figaro.fr 02/9/2013

[11] France 24, Webdoc 03/9/2013

[12] L’EXPRESS 08/09/2013

[13] El Watan 9 septembre 2013

[14] Abdoulmadjid KASOGBIA, correspondance du 2 juillet 2013

[15] Est-il légitime de demander cette aide ?

[16] al-quds al-arabi 23 juin 2013

[17] Abdoulmadjid Kasogbia, correspondance du 2 juillet 2013