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5.Conception islamique de l’humanité

Publication en ligne : lundi 23 septembre 2013, par Maître Simozrag

Conception islamique de l’humanité
L’Islam regarde l’humanité comme une seule famille, issue d’un même couple : Adam et Eve (paix et salut sur eux). Cette famille qu’est l’humanité mérite le salut, le bonheur ici-bas et dans l’au-delà et doit être délivrée des griffes de Satan. Il n’y a aucune différence ni de race ni de couleur entre les hommes sauf par la piété qui signifie la crainte de Dieu, la droiture, la perfection morale, etc. Compte tenu de cette conception familiale de l’humanité, il est du devoir des Musulmans de sauver leurs frères, de les faire sortir de l’égarement et de leur indiquer le droit chemin. Les membres de cette même famille ont les mêmes droits à la justice, aux ressources naturelles que Dieu à mises à leur disposition.

Les gens sont égaux, car issus d’une même nature et d’un même couple :

«  Humains ! Nous vous créâmes d’un mâle et d’une femelle, pour vous répartir ensuite en nations et en tribus : ainsi vous pourrez vous connaître entre vous. Les plus honorables d’entre vous auprès de Dieu sont les plus pieux. » s49 v13

« Hommes ! Craignez votre Seigneur qui vous a créés d’un seul être, et de cet être tira son conjoint, et de leur union fait répandre tant d’êtres humains » s4 v1

« Certes Allah commande l’équité, la bienfaisance et l’assistance aux proches. Et Il interdit la turpitude, l’acte répréhensible et la rébellion. Il vous exhorte afin que vous vous souveniez » s16 v90

«  Dieu vous prescrit de restituer les dépôts à leurs titulaires, de juger en toute équité, si vous êtes appelés à juger » s4 v58

« Croyants ! Soyez d’une intégrité absolue, quand vous témoignez devant Dieu, même si vous témoignez contre vous-mêmes, vos parents ou vos proches, vis-à-vis d’un riche ou d’un pauvre, car Dieu est plus près que vous, de l’un et de l’autre. Que vos sentiments cèdent le pas à l’équité ! Si vous faites entorse à la vérité ou refusez de témoigner, sachez que Dieu tient constamment à l’œil toutes vos actions » s4 v135

« Croyants ! Soyez toujours stricts à remplir vos obligations envers Dieu, à témoigner selon l’équité ! Que votre aversion marquée pour un peuple ne vous incite pas à être injustes ! Montrez-vous justes, vous en serez d’autant plus pieux ! » s5 v8

« Le plus dur châtiment le Jour de la Résurrection sera celui d’un gouvernant injuste » (Hadith)

«  L’Arabe n’a aucun mérite sur le non-Arabe ni le blanc sur le noir sauf par la piété » (Hadith)

Dans un de ses discours, le Calife Umar ibn al-Khattab a dit : «  Que dites-vous si l’Emir des croyants surprend quelqu’un en fornication ? Ali lui répond : « Qu’il apporte quatre témoins sinon il sera fouetté pour diffamation comme tout un chacun »

La justice est l’une des conditions de l’existence. Rappelons que les dispositions de l’article 13 de l’acte constitutionnel de Médine fait obligation à chaque citoyen d’apporter son aide dans la lutte contre l’injustice même contre les membres de son clan ou de sa famille. A propos de la justice, Dieu leur ordonne : « d’observer strictement la justice…Ne suivez donc pas les passions afin de ne pas dévier de la justice » s4, v135

« Et que la haine pour un peuple ne vous incite pas à être injustes. Pratiquez la justice, cela est plus proche de la piété » s5, v8

« Et quand vous parlez, soyez justes même s’il s’agit d’un proche parent » s6, v152

« Et quand vous jugez entre les gens, de juger avec justice » s4, v58

Le prophète a dit : «  un jour d’un imâm juste vaut mieux que soixante années d’adoration ».   Applications pratiques

Le Prophète (psl) demande à ce qu’on se venge de lui ‘s’il avait fait tort à quelqu’un. Si j’ai frappé quelqu’un sur le dos, voici mon dos, leur dit-il. Abu Bakr, lors de son discours d’investiture dit : « Le plus faible d’entre vous sera puissant auprès de moi jusqu’à ce que je lui obtienne son droit et le puissant d’entre vous sera faible auprès de moi jusqu’à ce que je lui arrache le droit qui revient aux autres ». On ne répète jamais assez l’histoire du Copte qui a été agressé par le fils du gouverneur d’Egypte Omar ibn Al’As. Le Copte porta plainte au Calife Umar ibn al-Khattab lequel convoqua le gouverneur et son fils et ordonna au plaignant d’infliger à ce dernier autant de coups de fouet qu’il en a subi. On peut multiplier les exemples de justice au temps des Califes ; la loi donne à la victime la liberté de choisir entre le châtiment et le pardon, il n’y avait ni passe-droit ni protection immunitaire au profit des dirigeants.

1- La choura
La choura ou consultation était l’une des pratiques de cette communauté. Le Coran contient tout un chapitre intitulé la choura où il est question des qualités des croyants lesquels se consultaient entre eux sur toute chose. Le prophète (psl) consultait très fréquemment ses compagnons. Il l’avait fait dans la bataille de Badr, d’Ouhoud, de la Tranchée, de Hudaibiya. Il consultait certains compagnons même sur ses affaires privées ; il avait demandé conseil à Ali ibn Abi Taleb et Oussama ibn Zaid au sujet d’une mésentente familiale et ils l’avaient conseillé. Il agissait ainsi pour nous servir de modèle et nous apprendre. Les compagnons, après lui, avaient régulièrement appliqué la choura comme principe de gouvernement. Les sages musulmans ont dit : « l’erreur avec la consultation est plus utile que la régularité avec l’autocratie et la dictature. »

2- Solidarité et esprit de groupe
L’esprit de groupe et la solidarité faisaient également partie des qualités de la communauté de Médine. Parce que ses membres étaient obéissants à la parole d’Allah quand Il dit : « Et accrochez-vous tous à la corde d’Allah et ne soyez pas divisés. » s3, v103

« Et obéissez à Allah et à Son messager et ne vous disputez pas sinon vous fléchirez et perdrez votre force » s8, v46

« Allah est avec le groupe, celui qui s’isole, s’isole dans le feu ». (Hadith)

« Celui qui se sépare du groupe d’un empan, c’est comme s’il ôtait l’anneau de l’islam ». (Hadith) La solidarité et l’esprit de groupe sont conçus contre un ennemi et un seul : Satan.

« Car Satan est pour l’homme un ennemi juré » s12 v5

« Le Diable est pour vous un ennemi. Prenez-le donc pour ennemi » s35 v6 Ils étaient solidaires les uns des autres. La parole d’un membre engage tous les membres du groupe. Par exemple, lorsque le musulman homme ou femme accorde la protection à un non musulman, tous les autres musulmans, y compris le chef de l’Etat, doivent respecter le pacte de protection.

Cette disposition était inscrite à l’article 15 de l’acte constitutionnel avant d’être entérinée par le sixième verset de la Sourate 9 du Coran qui dit : « Et si l’un des associateurs te demande asile, accorde-le lui afin qu’il entende la parole d’Allah, puis fais-le parvenir à son lieu de sécurité. Car ce sont des gens qui ne savent pas ». s9, v6

3- Le sens du sacrifice et du jihad pour la cause de Dieu
La force de la foi en Dieu a cultivé en eux le sens du Jihad et du sacrifice pour la cause de Dieu. Il y avait des musulmans qui pleuraient quand on leur annonçait leur inaptitude au combat pour des raisons d’infirmités ou de vieillesse. Il n’est pas exagéré de dire que si l’Islam avait pu atteindre les extrémités de la terre, c’était grâce aux sacrifices de cette communauté.

Rappelons la parole de Ribe’i ibn Ameur à Roustam, chef des armées perses : « Allah nous a envoyés pour sortir les gens de l’adoration des hommes à l’adoration du Seigneur des hommes, et de l’étroitesse de la vie présente à la largeur de la vie future, de l’injustice des religions à la justice de l’islam. »

Une histoire qui mérite d’être rappelée est celle d’Omar ibn ul-kathab quand il fut désigné comme juge à Médine. Celui-ci a chômé toute l’année, il ne reçut ni plainte, ni plaignant si bien qu’il se sentit inutile et démissionna. Lorsque le Calife l’interrogea sur les raisons de sa démission, il lui dit : « une société de croyants comme celle-ci n’a pas besoin de juge, chacun d’eux connaissant son droit, n’en a pas réclamé plus, et connaissant son devoir n’a pas failli à son accomplissement.

Chacun d’eux a aimé pour son frère ce qu’il aime pour lui-même ; lorsque l’un d’eux s’absente, ils s’enquièrent de lui ; s’il tombe malade, ils lui rendent visite, s’il est dans le besoin, ils lui viennent en aide ; s’il est éprouvé, ils le consolent. Leur religion est le conseil sincère, et leurs mœurs : l’incitation au bien et l’interdiction du mal, pourquoi se disputeraient-ils » ?