Accueil du site > L’Hégire et l’Actualité islamique > 7.DES CALIFES INTEGRES ET ENGAGES
      

7.DES CALIFES INTEGRES ET ENGAGES

Publication en ligne : lundi 23 septembre 2013, par Maître Simozrag

DES CALIFES INTEGRES ET ENGAGES

Des califes qui furent un modèle de piété, de droiture et de justice.

Abou Bakr, à la suite de sa désignation comme Calife, se leva et dit : « Et maintenant, je suis chargé de cette autorité, bien que j’aie une aversion pour elle, et par Allah ! J’aurais été heureux si cette tâche avait pu convenir à quiconque parmi vous à ma place ; même si vous me chargiez d’agir envers vous comme l’a fait le Messager de Dieu, je ne pourrais pas l’entreprendre, car le Messager de Dieu était un serviteur que le Seigneur a honoré de Son Inspiration et préservé de toute erreur, et je suis vraiment un mortel et je ne suis pas meilleur qu’aucun d’entre vous. Pour cela, surveillez-moi, et lorsque vous aurez constaté que j’agis bien, obéissez-moi, et lorsque vous aurez remarqué que je dévie, redressez-moi ».

Abou Bakr a tenté de démissionner plus d’une fois mais sa démission fut refusée.

Zayd Ibn ’Ali rapporte : Abou Bakr, qu’Allâh l’agrée se leva sur le minbar du Messager d’Allâh et appela : « Y a-t-il une personne qui déteste que je sois émir pour que je démissionne ?" Il répéta cela trois fois. »

Abou Bakr répétait souvent cette phrase « …Obéissez-moi aussi longtemps que j’obéirai à Dieu et à Son messager ; mais si je désobéis à Dieu, vous ne me devez plus aucune obéissance ».

Omar ibn ul-Khattab disait aussi : « Si un berger, au bord du Tigre ou de l’Euphrate, venait à perdre un mouton, j’aurais peur que Dieu ne m’en demande des comptes, pour ne l’avoir pas gardé »

Plusieurs fois, Omar se mit à pleurer par crainte de ne pas s’être acquitté de la charge qui lui était confiée.

Omar s’abstenait de manger les nourritures chères que les pauvres ne pouvaient se permettre d’acheter.

Il disait : « comment pourrai-je m’intéresser aux affaires des gens si je ne suis pas touché par ce dont ils souffrent ?"

Une fois, ’Omar reçut en cadeau du gouverneur de l’Azerbaïdjan une nourriture rare. Le messager qui portait le cadeau entra dans la ville à minuit et ne voulut pas réveiller l’émir des croyants. Il se dirigea vers la mosquée prophétique où il entendit un homme qui pleurait dans sa prière et sollicitait Allah en ces termes : "Ô mon Seigneur, as-Tu accepté mon repentir pour que je me félicite, ou bien l’as tu rejeté pour que je me fasse des condoléances ?" Le porteur de cadeau demanda : "Qui es-tu, qu’Allah te pardonne ?". L’homme répondit : "Je suis ’Omar". L’homme dit : “Gloire à Allah, tu ne dors pas la nuit ?" Le calife répondit : "Si je dors la nuit, je perdrai mon âme devant mon Seigneur, et si je dors dans la journée, je perdrai mes sujets" Lorsque l’appel à la prière de l’aube eut lieu, l’émir des croyants pria avec les gens et invita le messager du gouverneur chez lui. Il dit à sa femme Hafsa : "Qu’a-t-on à manger ? "Elle répondit : “Du pain et du sel.” Quand il vit la nourriture, l’invité se montra hésitant. Omar demanda : ‘‘Qu’est-ce que c’est ?’’ en désignant le cadeau qu’il avait reçu. L’homme répondit : ‘‘Une douceur que les habitants d’Azerbaïdjan fabriquent, et ’Outba Ben Farkad, le gouverneur d’Azerbaïdjan l’a envoyé pour toi’’ Omar goûta de ce dessert et, le trouvant délicieux, il demanda au messager : ‘‘Est-ce que tous les musulmans prennent de cette douceur ?’’ L’homme répondit : ‘‘Non, c’est un plat spécial.’’ Alors, Omar prit soin de bien refermer la boîte et dit à l’homme : ‘‘Où est ton cheval ? Prends ton cheval et retourne avec la douceur chez ’Outba et dis-lui : Crains Allah et rassasies-toi de ce dont les musulmans se rassasient’’.

Le lien de parenté avec ’Omar n’était pas un privilège du fait qu’il faisait subir aux membres de sa famille une punition double en cas de faute. Omar se servait de l’exemple du verset adressé aux femmes du Prophète attirant leur attention qu’elles ne sont pas comparables aux autres femmes en matière de rigueur et de droiture. (s33 v32) Quand on représente un modèle à suivre, de par le poste de responsabilité, l’alliance ou le lien de parenté avec celui qui l’exerce, les châtiments et les récompenses sont doubles par rapport au commun des mortels.

Une fois, Omar interrogea l’un de ses gouverneurs : « Que feras-tu si on t’amène un voleur ? Le gouverneur répondit : ‘‘Je lui couperai la main.’’ ’Omar dit alors : Et si je reçois de tes sujets un homme pauvre ou chômeur, je couperai ta main parce qu’Allah nous a rendus responsables de Ses créatures pour que nous mettions fin à leur famine, pour que nous cachions leur nudité et pour qu’on leur procure du travail. Et si nous avons fait tout cela pour eux, nous aurons leur remerciement. En effet, ces mains ont été créées pour travailler, si elles ne trouvent pas de travail dans la légalité (l’obéissance), elles chercheront du travail dans l’illégalité (la désobéissance). Alors, fais-les travailler dans la légalité avant qu’elles ne s’occupent dans l’illégalité. »

Othman (r) disait dans son discours : « En vérité, Dieu a ordonné aux responsables de veiller sur ceux qui sont sous leur responsabilité, et Dieu ne les a pas chargés d’être des collecteurs d’impôts[…] Faites donc en sorte d’agir convenablement en ce que Dieu m’a chargé d’accomplir, et de veiller comme il se doit à son accomplissement ».

Selon ’Âicha (r) : « Le Prophète était assis avec une cuisse découverte, Abou Bakr lui demanda permission d’entrer et il la lui accorda sans changer de position, ensuite ‘Omar lui demanda permission d’entrer et il la lui accorda sans changer de position, ensuite ’Othmân lui demanda et le Prophète recouvrit sa cuisse. Quand ils sont sortis je lui est demandé : "Ô Messager d’Allâh, Abou Bakr et ’Omar t’ont demandé la permission d’entrer et tu leur as accordé sans changer ta posture ; mais quand te l’a demandé ’Othmân tu t’es recouvert" ? Il dit : « Ô ’Âicha, ne devrais-je pas avoir honte d’un homme duquel, par Allâh, les anges ont honte de lui ». (Bukhari) « ‘Othmân est l’être le plus pudique et le plus généreux de ma communauté ! »

Ali n’avait pas accepté d’emblée le califat. D’autant plus que c’était les instigateurs de la révolte contre ‘Othman qui l’avaient sollicité pour ladite fonction. Son refus s’expliquait par le fait qu’un changement était nécessaire et que le peuple n’était pas à même d’accepter les mesures draconiennes qu’exigeait ce changement.

Dans un premier temps, ’Alî leur répondit : « Laissez-moi et cherchez-en un autre. Car nous avons affaire à un problème à multiples facettes. Sachez que si j’acceptais votre requête, j’appliquerais ce que je sais et n’écouterais ni les dires des radoteurs ni le blâme des censeurs. Mais si vous renonciez à votre requête, je serais l’un de vous, et peut-être obéirais-je à celui que vous auriez élu et l’écouterais mieux que quiconque d’entre vous. Je vous servirais comme vizir mieux que comme émir. » Mais les gens ont insisté pour qu’il se charge du califat, il finit par accepter.

Certes, Ali (r), en raison de son éducation par le Prophète (Paix et Salut sur lui) est un modèle de courage, de piété et de justice, mais son Califat eut lieu dans de très mauvaises circonstances provoquées par l’assassinat du troisième Calife Othman (r). Ce fut le début d’une période de révoltes et de discordes qui va absorber les efforts du quatrième Calife dont le premier souci était de réconcilier la communauté et de mettre fin à sa division. Le Calife était confronté à des problèmes qui ne lui ont pas permis d’atteindre ses objectifs. Les témoignages sur les nombreuses qualités d’Ali ( r) sont légion. On raconte qu’il passait des nuits en prières surérogatoires et en invocations divines.

Le Prophète (psl) lui dit : « Ta position envers moi est comme celle de Aron à Moise, mais il n’y aura aucun Prophète après moi » (Boukhâri et Muslim)

Le célèbre philosophe et professeur Égyptien de l’Université de « al-Azhar », Mohamed Moustapha Beck Najeeb a dit : « C’est difficile d’expliquer ses qualités et ses mérites. Il suffit de réaliser que le Prophète (P) a dit de lui qu’Il est la porte du savoir et de la sagesse."

L’historien chrétien George Gorden lui, admirait la personnalité de Ali (p) en déclarant : "Dans différentes phases de sa vie, il a fait preuve d’un grand courage et d’une grande force de corps et d’Âme qui étaient dus à sa foi profonde et sa sincère croyance dans la vérité et la justice..."

Ali (r) refusait de manger une nourriture dont il ne connaît pas la provenance. Il disait : « C’est le devenir dans l’au-delà qui est à prendre en considération. Craignez- Dieu, ô serviteurs de Dieu, pour ce qui est des droits de Ses serviteurs et de Sa terre ; Car vous en êtes responsables, et vous serez questionnés même pour ce que vous aurez fait à la terre et aux animaux. Obéissez à Dieu et ne vous détournez pas de Lui ! »

Parmi ses paroles de sagesse, on peut citer ce qui suit : « Le plus incapable des hommes est celui qui pourrait corriger ses défauts et qui ne le fait pas. L’homme dont les actions sont les plus méritoires est celui qui patiente si on retarde le paiement de ce qu’on lui doit, qui pardonne si on s’oppose à lui, qui remercie si on lui donne. Certes la dépense des biens dans l’obéissance à Dieu apporte les plus grandes grâces, et sa dépense dans la désobéissance à Dieu apporte les plus grandes souffrances. Il y a autant de mal dans l’injustice que de bien dans la justice. Dieu, Gloire à Lui, donne la jouissance de la vie de ce monde à celui qu’Il aime et à celui qu’Il n’aime pas, mais Il ne donne la religion qu’à celui qu’Il aime. Certes, un groupe de gens adorent Dieu, Gloire à Lui, par envie, c’est là l’adoration des commerçants, d’autre l’adorent par crainte, c’est là l’adoration des esclaves, d’autres l’adorent par reconnaissance, c’est l’adoration des hommes libres. La science guide, dirige et sauve ; l’ignorance égare, trompe et ruine. Si tu es humble, Dieu t’élèvera, et si tu es orgueilleux, Dieu t’humiliera. L’obtention d’une bonne morale vous est vraiment plus nécessaire que l’obtention de l’or et de l’argent. Le plus grand mal qui peut atteindre les savants c’est l’amour du pouvoir. » Fin de citation.

Omar ibn Abdul Aziz, lui aussi, redoutait la responsabilité et se voyait mal à l’aise à la tête du califat. « Que celui qui veut devenir calife et me libérer de ce fardeau le devienne » s’écria-t-il dans son premier discours à la mosquée des Omeyyades à Damas. Mais tous les gens présent à la mosquée le clamaient.

Il fut un symbole de justice, de bonté et d’humilité. Si le pouvoir est un moyen d’enrichissement pour certains dirigeants, il en est autrement en ce qui concerne Omar ibn Abdul Aziz. Ce dernier possédait une immense fortune avant son entrée en fonction comme Calife, mais il devient pauvre à cause de cette fonction. Non seulement il n’a rien pris du trésor public, mais en plus sa richesse a servi à alimenter ce trésor.

Dès son arrivée au pouvoir, il s’est mis à supprimer les privilèges en commençant par sa famille. Chaque citoyen, dit-il, qu’il soit prince ou paysan, riche ou pauvre, a les mêmes droits et les mêmes devoirs. Il versa dans la caisse de l’Etat tous les biens qu’il possédait : palais, argent, vêtements de luxe, bijoux. Il quitta le beau palais pour habiter dans une petite chambre ordinaire. Il commença par changer les gouverneurs injustes et réparer les injustices qu’ils avaient commises en restituant les biens mal acquis à leurs ayant-droits. Il ordonna la construction d’auberges gratuites tout le long des routes. Il instaura des subventions aux pauvres leur permettant de vivre dignement. Il construisit des centres de soin et paya pour les aveugles et les malades des assistants permanents. A telle enseigne que pendant son règne les riches ne pouvaient plus trouver de pauvres pour leurs donner l’aumône. La promotion du savoir était l’un des objectifs poursuivis par le Calife Omar ibn Abdul Aziz. Il accorda des salaires mensuels aux savants et des aides aux étudiants.