Accueil du site > L’Hégire et l’Actualité islamique > 9.CARACTERISTIQUE DE L’AUTORITE ISLAMIQUE
      

9.CARACTERISTIQUE DE L’AUTORITE ISLAMIQUE

Publication en ligne : lundi 23 septembre 2013, par Maître Simozrag

CARACTERISTIQUE DE L’AUTORITE ISLAMIQUE

1-Le droit à l’opposition

Il n’y a pas de pouvoir absolu en Islam, l’opposition est tout à fait légitime et légale. Et c’est tout à fait normal dès lors que Dieu autorise l’opposition à Lui-même ! Les manifestations et les marches pacifiques au cours desquelles s’élèvent des protestations et des slogans sont permises. Les grèves sont également permises à conditions qu’elles ne portent pas atteinte aux droits des autres citoyens. Le Prophète (Paix et Salut sur lui) qui tient son pouvoir de Dieu a été confronté à des critiques et à une opposition. Celui qui tient son pouvoir des hommes est logiquement plus exposé à l’opposition. Il en est ainsi du chef de l’Etat qui tient son pouvoir du peuple, de la communauté et étant de ce fait responsable devant elle, devant le peuple. Le Prophète (psl) permettait à ses compagnons de le critiquer, de s’opposer à ce qui n’est pas une révélation. Etant malade, il dit à Al-Fadl Ibn Al-Abbas : « Je suis un être humain comme vous, quiconque d’entre vous, je l’ai atteint dans son honneur, son corps ou son bien, qu’il vienne prendre son dû ou sa revanche sur moi ». Omar s’est opposé au Prophète dans la trêve de Hudaibiya. Il dit à ce dernier : N’es-tu pas le Messager de Dieu ? Oui. Ne sommes-nous pas des musulmans ? Oui. Ne sont-ils pas des idolâtres ? Oui. Pourquoi alors, ferons-nous des concessions au sujet de notre religion. Le Prophète répondit : « Je suis le Serviteur et le Messager d’Allah, je ne contredis pas Son ordre et Il ne me laisse pas tomber ».

Abou Bakr a dit : « Si j’agis bien, aidez-moi ; si j’agis mal, corrigez-moi ». Ali a accordé à ses adversaires, les kharidjites, ceux qui l’ont traité de mécréant, le droit de critiquer et de s’opposer à lui et à son gouvernement.

Dieu ordonne au prophète de dire : « Je ne suis qu’un être humain comme vous. Il m’a été révélé que votre Dieu est un Dieu unique. » (Coran, s18 v110

Le Prophète est sans doute infaillible mais son infaillibilité est limitée aux moments de la révélation, c’est-à-dire de la réception et de la transmission du message divin. En insistant sur son humanité, le prophète (psl) voulait, d’une part montrer à ses compagnons et aux générations ultérieures qu’il n’y a pas d’infaillibilité en politique, même si celle-ci est légitimement menée par un Prophète-messager, et d’autre part éviter toute sacralisation éventuelle du pouvoir et des dirigeants. Etant donné que L’histoire a conservé les traces de l’existence de rois, de prophètes et d’ancêtres sanctifiés, voire divinisés.

L’historien Henri Stierlin a effectué des recherches importantes sur les rois hellénistiques et les grands sanctuaires de la Rome républicaine où il découvre les édifices consacrés au culte des rois divinisés. Les empereurs de l’ancienne Rome « ont trouvé les rois d’Orient divinisés ; ils se sont eux-mêmes divinisés, et l’Occident soumis par eux, à leur exemple, a divinisé ses rois »

2-Respect des minorités religieuses et culturelles
Le concept de minorité n’est pas d’usage en Islam même si la réalité l’impose. Il n’existe aucune référence islamique spécifique au concept de minorité dans le sens où celle-ci aurait moins de droit que la majorité ou qu’elle serait opprimée par cette dernière.

A l’exception de la prise en compte de critères répondant à la nécessité d’identification, la justice islamique n’admet en aucun cas l’existence de critères de différenciation entre les êtres humains dont la dignité est garantie par le Coran. Le fait d’être minoritaire ou majoritaire n’est ni un critère de supériorité ni un droit de préférence sur les autres. Partant de la logique selon laquelle on peut être nombreux dans l’erreur et bien peu dans la vérité, cela d’une part et d’autre part l’Islam considère la diversité comme à la fois un bienfait et une nécessité pour l’identification ; ainsi, les différences de langue, d’origine et de couleur ne sont que des simples critères d’identification sans effet sur la valeur et la dignité de la personne humaine.

Depuis plus de quatorze siècles, le Prophète (Paix et Salut sur lui) a pu réaliser l’union avec les Juifs et les Chrétiens dans un pacte qui constitue un chef d’œuvre de droit constitutionnel. Il fut de ce fait le précurseur de la citoyenneté.

Dans cette constitution, le Prophète entreprit d’établir un consensus entre les différentes tribus afin de substituer à la solidarité tribale, clanique, une solidarité sociale et politique, en un mot citoyenne, quand bien même le concept de citoyenneté n’était pas encore né. Il déclare que les Musulmans et les Juifs de Médine constituent « une communauté unie et distincte des autres ».

Le texte énonce que « les Juifs qui nous suivent auront assistance et secours (…) Ils ne seront pas opprimés et quiconque s’en prend à eux n’aura pas d’assistance ».

Si au niveau théorique, le concept de minorité ne semble pas avoir bon accueil au sein de l’idéologie islamique, il n’en demeure pas moins que dans les faits, l’islam a toujours donné l’exemple de respect et de bon traitement des minorités vivant sous son autorité.

Sur le plan de la citoyenneté, les musulmans et les non-musulmans bénéficient des mêmes droits et ils sont soumis aux mêmes devoirs dont notamment le respect, la solidarité et l’entraide mutuels dans la réalisation des objectifs communs à l’ensemble des citoyens, à savoir la paix, le bien-être et la prospérité.

Sur le plan de la religion, les droits reconnus aux non-musulmans sont plus importants que les droits des musulmans, en raison du fait que les droits de ces derniers peuvent être limités par la religion contrairement aux non-musulmans. En principe, les musulmans ne devraient pas être autorisés à vendre ni à consommer les boissons alcoolisés alors que les non-musulmans sont libres de le faire. J’ai dit en principe, parce que, compte tenu de la règle : « pas de contrainte en religion », il serait difficile de leur interdire quoi que ce soit à part le fait de nuire ou de porter atteinte aux droits d’autrui.

Les non-musulmans jouissent des droits et des libertés liés à leur culte et à leur statut, savoir le libre exercice du culte et l’application des règles y afférentes, entre autres le mariage, le divorce, les successions. Ce principe fondamental n’a jamais cessé d’être réaffirmé tout au long des siècles. Très proche de nous, le Cheikh Chaltût, ancien recteur d’al-Azhar, le formule encore avec force : « L’islam ne fait point de la simple différence de religion un motif de rupture, de séparation, de privation de liberté ou d’expulsion de chez soi. C’est l’hostilité déclarée et elle seule qui peut pousser à l’inimitié et à la guerre ».

« Dieu ne vous interdit pas d’être bons et justes envers ceux qui respectent votre religion et ne vous chassent pas de vos foyers ; Dieu aime ceux qui sont justes. Il vous interdit seulement de prendre pour alliés ceux qui vous ont combattus pour la religion et chassés de vos foyers ou concourent à vous chasser. S’allier avec eux serait la pire iniquité » s60 v8-9

En instituant ce qui va être appelé plus tard la citoyenneté qui permet de traiter sur un pied d’égalité les ressortissants d’un pays ou d’une nation, l’islam a donc tracé une voie qui n’a rien à envier aux théories les plus récentes en matière de droits de l’homme.

Qui plus est, l’Islam ne s’est pas contenté de poser le principe de la citoyenneté, il a formé le bon citoyen, celui qui s’abstient de commettre l’injustice à l’égard d’autrui et de soi-même, qui ne vole pas et ne triche pas, qui participe effectivement à la construction et au développement de son pays, qui met l’intérêt général au-dessus de l’intérêt particulier, qui ne s’adonne pas à la spéculation, ni à la drogue ni aux boissons alcoolisées. Force est de reconnaître enfin que le bon musulman n’est autre que ce bon citoyen ainsi décrit.

En effet, la question des minorités a été utilisée par l’occident pour déstabiliser l’empire musulman et plus particulièrement l’empire ottoman. L’Europe n’a pas cessé de manipuler les communautés chrétiennes vivant au sein de l’Etat musulman. Il a toujours tenté de les dissocier de l’Etat musulman pour les placer sous sa tutelle ou exercer un droit de protection à leur égard ; Parfois, il n’hésite pas à les inciter à la révolte contre l’autorité musulmane.

Les puissances européennes n’ont ménagé aucun effort pour utiliser les Juifs et les Chrétiens contre le pouvoir musulman, mettant fin à des siècles de coexistence pacifique des communautés religieuses. On a fait des mains et des pieds pour engager les minorités dans des guerres de sécession, le cas échéant pour les imposer comme dirigeants à la tête des populations musulmanes.

Les minorités au Liban, les Coptes d’Egypte, les Kurdes en Irak, les Arméniens, les Grecs en Turquie, les Juifs en Palestine et au Maghreb sont les chevaux de Troie de l’Occident. Encore une fois, l’islam impose le respect de la personne humaine quelle que soit son rang, son origine, sa couleur ou sa religion ; jamais il ne perçoit l’autre comme un être inférieur. Persécutés par l’Europe, les Juifs, par exemple, ont trouvé auprès des Musulmans l’hospitalité qu’imposait le respect de la dignité humaine. C’est l’Espagne catholique qui déporta les Juifs et c’est le Maghreb musulman qui les accueillit.

La justice islamique, l’égalité de traitement ne permettent guère de désigner les non-musulmans vivant en terre d’islam par le terme ‘‘minorité’’. Ces non-musulmans n’ont jamais fait l’objet de tentatives d’assimilation. Ils ont gardé une large autonomie et préservé leur personnalité et leur statut. « C’est le regard européen qui, jouant avec le feu, essaya de leur donner la tentation de s’ériger en minorité » contre la majorité. En les engageant dans des processus de révolte, il déchaîna par là même des réactions incontrôlables, souvent tragiques et sans issues, comme ce fut le cas des Chypriotes, des Arméniens, des Kurdes, des Azawad et autres. En fait, le problème a cessé d’être religieux pour devenir politique. Ce n’est plus l’islam qui est en cause, mais l’émergence dans la douleur et dans la violence des Nations-Etats modernes ; elles se sont imposées comme des entités centralistes, unitaristes et n’ont laissé à l’idéal islamique de la société pluraliste que très peu de chances de se réaliser.

3-Respect des libertés fondamentales

Quelles libertés ?

Il s’agit des libertés non susceptibles de porter atteinte au droit, à la morale et à la dignité humaine. Ce sont les libertés d’opinion, d’expression, de croyance, la liberté de circuler, d’inventer, d’entreprendre, de faire le commerce, du respect de la vie privée et familiale, toutes ces libertés sont reconnues et leur exercice constitutionnellement garanti.

Les libertés n’ont de limites que le respect de l’ordre public et des bonnes mœurs ou, bien entendu, les droits d’autrui. Mis à part ces restrictions, du reste légitimes, toutes les libertés fondamentales sont reconnues et garanties en Islam. Car l’objectif est de faire régner la justice. Or, le premier devoir de justice est de veiller au respect des droits et des libertés, faute de quoi, la notion de justice sera dépourvue de sens. Par contre est exclue du champ des libertés, le fait de nuire à autrui par le geste, l’injure, le dessin, la caricature ou par tout autre moyen quelconque. Est également exclu du champ des libertés, le mariage homosexuel car contraire à la nature humaine.

L’acte homosexuel est un acte qui, non seulement viole les droits de la femme en la privant de partager le plaisir, mais il comporte des risques de maladies graves pour les partenaires, sans compter ses effets néfastes sur la procréation.

Mais on ne doit pas sévir d’un seul coup contre les homosexuels, comme on ne doit pas les excommunier. Des frères de la Côte d’Ivoire, reprochant au frère Tarik Ramadan sa position quelque peu ‘‘laxiste’’ sur l’homosexualité, m’ont demandé mon avis là-dessus.

J’ai répondu que l’homosexualité est un péché comme les autres, un péché qui ne fait pas sortir de l’islam, du fait qu’elle ne fait pas partie des péchés majeurs et les péchés majeurs ne sont pas tous de nature à faire sortir de l’Islam.

Parmi les sept péchés majeurs, il n’y a que l’association (le chirk) et la sorcellerie qui font sortir de l’Islam. Les autres, à savoir : le meurtre, l’usure, le détournement des biens de l’orphelin, la désertion, l’accusation de fornication des femmes croyantes, ces péchés ne font pas perdre la qualité de musulman.

En outre, on ne peut pas interdire l’entrée de la mosquée à l’homosexuel. Ce serait une manière de lui fermer les portes de la miséricorde d’Allah. L’homosexuel peut prier, jeûner et faire le pèlerinage et il se peut qu’Allah le remette sur le droit chemin et lui pardonne : "Allah ne pardonne point qu’on Lui associe d’autres divinités ; mais Il pardonne à qui Il veut les autres péchés." s4 v48

Mon interlocuteur me demande : alors pourquoi Allah a anéanti le peuple de Loth ?

C’est vrai, lui répondis-je, Allah a infligé une punition sévère au peuple de Lot à cause des nombreux crimes qu’ils commettaient. C’était un peuple pervers à plus d’un titre. Ils pratiquaient le brigandage, le vol, les agressions de toutes sortes, ils s’encourageaient à faire le mal. Ils avaient des lieux de réunions (clubs) où ils s’adonnaient au vice de l’homosexualité en la pratiquant publiquement et de manière éhontée. Ils violaient les touristes et les étrangers qui venaient commercer en ville. Et quand leur prophète Lot voulut les appeler à la raison, ils se révoltèrent contre lui.

Il les exhortait, il parlait à leurs notables, leur adressait des avertissements.

Lot a lutté pendant des décennies, exhorté, imploré mais en vain. Ils se moquaient de lui. Ils décidèrent de le chasser de la ville, Allah mit en échec leur décision. Ils le mirent au défi de faire venir le châtiment : "Fais descendre sur nous le châtiment de Dieu si tu es véridique :" s29 v29 Allah envoya deux anges pour déclencher le châtiment, les anges qui avaient la forme de beaux gosses n’avaient pas échappé à leur harcèlement, ils voulurent en abuser, ignorant qu’ils étaient des anges venus les anéantir.

Ils firent usage de violence contre Lot afin qu’il les laisse entrer chez lui ou qu’il fasse sortir ses hôtes qu’ils convoitaient.

D’un geste de la main, l’un des anges les aveugla : "Nous avons frappé de cécité leurs yeux", littéralement effacé leurs yeux, s54 v37. L’ordre fut donné à Lot et à sa famille, exceptée sa femme, de quitter la ville et le matin à l’aube, la ville de Sodome et les agglomérations avoisinantes furent renversées de fond en comble, ils avaient tous péri. Ils furent anéantis parce qu’ils avaient non seulement commis plusieurs crimes et surtout l’homosexualité mais aussi à cause du défi lancé à Dieu malgré les nombreux avertissements de leur prophète Lot. Ils avaient donc mérité ce châtiment.

Il est indéniable que l’homosexualité est interdite en islam. Le Coran et la Sunna considèrent cette pratique comme une turpitude. Le Coran s’en prend sévèrement au peuple de Lot en les qualifiant de pervers, d’outranciers, d’ignorants, de criminels.

" Et Lot, quand il dit à son peuple : "Comment osez-vous pratiquer un vice qu’aucun peuple avant vous n’avait pratiqué ? Vous vous obstinez à assouvir vos désirs charnels sur les hommes, plutôt que sur les femmes ! Vous êtes un peuple pervers !...Nous fîmes tomber sur eux une pluie de pierres d’argiles. Observe comment finissent les criminels !" s7 v80-84

"Le peuple de Lot traita de mensonges les avertissements. Nous lâchâmes sur eux un ouragan dont ne fut épargnée que la famille de Lot à la pointe de l’aurore." s54 v33-34

Le Prophète (Paix et Salut sur lui) a maudit celui qui utilise la voie anale de son épouse dans ses rapports sexuels.

L’homosexualité est un acte contre-nature qui comporte des risques de maladies graves pour les partenaires.

Aussi, l’homosexualité est contraire à l’une des raisons essentielles du mariage, à savoir la procréation. Allah dit :

"Et de toute chose, Nous avons créé deux éléments de couple. Peut-être vous rappellerez-vous." s51 v49

Il faut rappeler que ces vices sont dus essentiellement à un manque d’éducation religieuse. Plus la religion recule, plus ces mauvais comportements s’installent dans la société.

On peut parler également de l’intense activisme satanique, de l’influence des médias, de la culture occidentale, des prisons où les gens apprennent ce genre de perversion.

Comment y remédier ?

Ce n’est pas par l’exclusion, ni par l’application d’une peine sévère qu’on peut remédier à cette pratique.

Il est injuste d’appliquer des peines sévères dans une société qui n’a reçu aucune éducation morale ou religieuse, une société de non-droit où règnent le désordre et l’injustice, sans compter d’autres maux. La prison ne fait qu’aggraver cette pratique.

On ne doit pas aider le diable contre ces gens en les excommuniant, en les diabolisant, en leur interdisant l’entrée des mosquées où ils peuvent prier Dieu, s’amender et se repentir.

Ces gens sont victimes et non coupables, victimes d’injustices, victimes d’un manque d’éducation, victimes de sociétés égarées, livrées au diable.

L’Islam n’applique jamais une sanction sans que soient réunies les conditions morales et matérielles.

Le remède doit être basé sur l’éducation progressive qui implique une réintégration de ces victimes dans leurs sociétés. Il s’agit de les délivrer des griffes de Satan, de les aider à lutter contre ce fléau, à sortir de cette épreuve, par la bonne compagnie et la meilleure exhortation.

La sagesse, l’habileté, la diplomatie ont un rôle à jouer dans ce domaine. Nous devons manifester le rejet de l’acte mais pas celui de la personne. Notre devoir est de tenter de récupérer la personne tout en condamnant ce qu’elle fait ; il s’agit de lui faire comprendre que cette pratique est de nature à l’exposer à la colère d’Allah.

C’est la méthode islamique de combattre le mal et c’est de cette façon seulement qu’on peut obtenir des résultats positifs.

Cela ne veut pas dire qu’on doit tolérer cette pratique et encore moins tolérer comme dans certains pays européens le mariage homosexuel. Il est normal que des sanctions pénales et pécuniaires doivent être appliquées contre ces délinquants, parallèlement au devoir d’éducation.

Mon indulgence peut s’expliquer par le fait que nous vivons une époque où il ne reste de l’islam que l’aspect cultuel. Et il est injuste de réprimer des gens qui n’ont reçu aucune éducation morale, aucune connaissance de l’Islam à part les cinq piliers, et encore de quelle manière ?

Certes, Allah a sévèrement châtié le peuple de Lot, mais avant de les frapper, Il envoya Son Messager Lot pour les avertir. Le Prophète Lot a vécu 175 ans, on n’a pas une idée sur la durée exacte de sa mission, mais très probablement une centaine d’années. Donc, son peuple était averti et en plus ils ont mis leur prophète au défi de faire venir le châtiment.

De nos jours, les homosexuels, comme les autres pécheurs, ont besoin d’éducation avant de les excommunier et de leur interdire les mosquées. Ces gens ont vécu dans des sociétés égarées où l’islam n’existe que superficiellement. Il faut d’abord les éduquer et leur montrer que l’homosexualité est un péché grave.

En Islam, la sanction ne doit pas s’appliquer avant l’éducation, l’avertissement. Le premier verset révélé du Coran est l’impératif du verbe lire et non pas punir. Si on leur interdit l’entrée des mosquées, cela veut dire qu’on les livre au Diable au lieu de leur ouvrir les portes de la miséricorde divine. Allah dit au Prophète : "Si un idolâtre te demande asile, accorde-le lui afin qu’il puisse entendre la Parole du Seigneur. Puis fais-le parvenir en lieu sûr, car les idolâtres sont des gens qui vivent dans l’ignorance." s9 v6

Notre devoir est d’appeler à l’islam par la sagesse et la meilleure exhortation. Nous n’avons pas pour mission d’exclure, d’aider le diable contre ces pauvres malheureux qui sont victimes d’abandon, d’inculturation, de désislamisation.

Si Nous étions dans des sociétés islamiques où règnent la chari’a, la morale et le mode de vie islamiques, je suis entièrement d’accord que les homosexuels doivent être d’emblée châtiés. Mais ce n’est pas le cas, nous vivons dans des sociétés comparables aux sociétés païennes (de la jahiliyya).

Il convient de les avertir avant de les punir. Ensuite, laissons-leur le temps de réfléchir et de se repentir. Tout avertissement doit être suivi d’un délai de réflexion. Bien entendu, ce délai à mon avis ne doit pas dépasser une année ou deux.


1 Message