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Avant-propos, définition de l’apostasie

Publication en ligne : mercredi 12 mai 2004, par Maître Simozrag

Au moment où la vérité se distingue de l’erreur grâce au progrès scientifique, où les gens viennent à l’Islam en masses, où les églises se vident de leurs fidèles, il est pour le moins regrettable que certains frères musulmans se soient convertis au christianisme et s’efforcent d’y convertir d’autres.

Notre déception est d’autant plus grande qu’il s’agit cette fois-ci d’intellectuels, censés connaître assez bien leur religion pour pouvoir résister aux invites et aux pressions de leurs amis et proches. La conversion de M. Saye Zerbo, ancien président de la république de Haute Volta, est l’événement qui m’a poussé à m’adresser à l’intéressé ainsi qu’à d’autres frères y compris ceux que lui-même aurait convertis. Mon objectif est d’attirer leur attention sur la gravité de leur acte vis-à-vis de Dieu et de la Oumma (communauté musulmane au sens large du terme).

Le dialogue initié par M. ZERBO et pour lequel il a consacré un fascicule d’une trentaine de pages m’a fait penser au dialogue que j’ai eu avec un ami protestant nommé Yves Goasguen, édité sous forme de livre en 2 tomes. J’aurais voulu intituler le présent écrit : ‘‘Réplique à un ancien président de la République.’’ Mais après réflexion et compte tenu du fait que je devais m’adresser à d’autres frères au-delà de M. Zerbo, j’ai plutôt choisi le titre : Apostasie par ignorance. Car c’est d’apostasie qu’il s’agit, même si nous utiliserons fréquemment dans cet écrit le terme ‘‘conversion’’. Je tiens à préciser que le mot ignorance lié au titre a une double application : l’ignorance de l’Islam et l’ignorance du danger de l’apostasie. Je me propose d’aborder, dans cette réplique, section par section, le document de base établi par M. Saye ZERBO sous le titre : « Dialogue entre un Chrétien et ses frères musulmans »

Je m’adresse à l’auteur non pas en sa qualité d’ancien président de la république, mais en sa qualité d’homme de religion. Sur cette base, je me suis permis, vérité oblige, un certain écart de langage pour lequel je présente toutes mes excuses. Je dois en effet beaucoup de respect au président d’un peuple béni et intègre comme le peuple du Burkina Faso, pour lequel j’ai autant d’admiration pour sa sagesse que de reconnaissance pour son hospitalité.

Dans la note liminaire de sa brochure, M. Zerbo, tout en se demandant si tous les chemins menaient à Dieu, annonce que son œuvre « se veut être un dialogue entre lui et ses interlocuteurs frères musulmans », sur la divinité « du Fils de Dieu, de l’unicité de Dieu, du chemin pour arriver dans la présence de Dieu, de la Bible, de la grâce... »

L’auteur déclare aborder ces questions sur la base de « preuves indiscutables tirées de la Bible et du Coran » dans le souci de procurer le salut aux hommes.

Epousant les thèses de savants protestants, eux-mêmes imprégnés de préjugés et de conceptions hostiles à l’Islam, M. Zerbo semble tiraillé par des idées contradictoires. En tant qu’ancien musulman, il désire garder le contact avec ses anciens coreligionnaires sur la base d’un dialogue courtois comme le veut le Coran, mais la virulence des critiques anti-islamiques puisées dans l’arsenal du camp judéo-chrétien ne lui a pas permis de respecter l’obligation de réserve qu’impose tout dialogue de ce type.

Ce faisant, il s’est trouvé pris dans un tourbillon de contradictions entre sa courtoisie et la virulence des thèses qu’il a empruntées qui, ajoutées aux contradictions des thèses à défendre, font que M. Zerbo semble quelque peu déboussolé, pour ne pas dire en perdition. Il souhaite dialoguer, il cherche des assurances, veut aller vers Dieu par le chemin le plus court et obtenir le salut de la manière la plus sûre. Ces préoccupations sont, à n’en point douter, légitimes ; mais peut-on trouver dans le Christianisme les réponses à ces préoccupations ? Quelles sont les garanties de succès d’une telle entreprise ? C’est ce que nous allons examiner dans les lignes qui suivent.

Une chose est sûre, c’est qu’on peut se tromper ou être trompé d’autant plus que Satan nous attend malheureusement à chaque tournant et profite de chaque faux pas pour égarer.

Aussi, avant de prendre une décision aussi délicate, il aurait fallu prier Dieu constamment, faire des recherches très objectives et approfondies, bien étudier la Bible et le Coran et réfléchir sur leur authenticité, le sens de leurs versets et en consulter l’exégèse. A mon humble avis, dès qu’il s’agit de foi, il ne suffit plis d’écouter les conseils des amis ni des prédicateurs ni des missionnaires. Certains sont payés pour prêcher et évangéliser et le sentent comme une obligation de résultat à satisfaire quels que soient les moyens à employer ; d’autres sont eux-mêmes en perdition ou victimes de manipulations sataniques sans qu’ils le sachent. Ni la raison ni le sentiment ne peuvent délivrer de l’égarement. Ces deux éléments étant également sujets à l’erreur. Seul Dieu puis l’effort personnel de recherche peuvent aider à trouver le bon chemin. Nous regrettons que M. Zerbo ait fait preuve dans son écrit d’un manque d’objectivité en donnant aux textes sacrés une interprétation passionnelle afin de les adapter à ses désirs et aux desseins qu’il poursuit par son fascicule. Peut-être n’aurait-il pas bien saisi le sens de certains versets coraniques, et nous n’aurions alors aucun reproche à lui faire.

S’ajoutent aux erreurs d’interprétation et de déformation des textes, des contradictions flagrantes qui peuvent embrouiller le lecteur. Selon lui, par exemple Jésus est à la fois Dieu et Prophète ; le Coran est vrai et faux ; Dieu est Un et Trois, et j’en passe. Ce message se veut être une réponse aux thèses de l’auteur et un appel aux frères musulmans qui ont abdiqué leur religion. Lorsque nous voyons des amis ou des frères dans l’erreur, notre devoir est d’intervenir afin de les conseiller. Et c’est la moindre des choses. Il est certain que d’aucuns ne manqueront pas de considérer mon écrit d’un point de vue subjectif et de le rejeter. Quelle erreur y a-t-il de quitter l’Islam ? Il n’y a aucun mal à ce qu’on change de religion, c’est le même Dieu après tout, me diront-ils !

J’assume ce que je dis et m’expliquerai de manière rationnelle et sur la base de preuves tangibles. Passer de l’Islam au christianisme, c’est prendre le risque de perdre et l’Islam et le christianisme. C’est faire un pas en arrière, donc une régression, voire un refus de la grâce de Dieu. D’ailleurs le mot ‘‘riddah’’( apostasie) signifie littéralement le retour en arrière.

Ce n’est pas la conversion en elle-même qui est préjudiciable, mais les motifs, les implications et les conséquences de cette conversion surtout pour un musulman. D’emblée, on peut se poser cette question : Pourquoi un musulman se convertit-il au christianisme alors que, en tant que musulman, il croyait déjà à Jésus et à l’Evangile ? S’il se convertissait, c’est qu’il n’était qu’un musulman de nom qui ignorait sa religion. Il est communément admis que le vrai Musulman n’abdique pas facilement sa religion.

De nombreux théologiens dont Charles de Rémusat, Barthélemy Saint-Hilaire, P.V.Carletti et bien d’autres, ont reconnu qu’aucune communauté de l’univers n’est aussi fidèle que la communauté musulmane. « L’apostasie lui est presque inconnue [...] La résistance de la foi musulmane a fatigué nos infatigables missionnaires [...] On ajoute qu’au sein d’aucune religion l’incrédulité n’est aussi rare. »

Des siècles d’activités missionnaires intensives, précédés de siècles de croisades et de colonialisme n’ont pas réussi à arracher les musulmans à leur religion, à l’exception d’une poignée de fidèles connaissant mal l’Islam qui ont cédé à la pression.

Plus les campagnes d’évangélisation s’intensifient, plus le nombre des musulmans augmente car la conversion d’un musulman à une autre religion est extrêmement grave dans la mesure où elle ne peut se faire sans la négation du Coran et du prophète Muhammad. ce qui constitue des actes d’impiété injustifiables et impardonnables ; d’où le terme apostasie. Une telle conversion est un défi à l’Islam, impliquant l’une des deux hypothèses suivantes : soit Dieu s’est trompé en envoyant inutilement un message et un messager, soit le Coran est faux et Muhammad un imposteur. C’est cette dernière hypothèse que retiennent généralement les chrétiens. Pour eux, le Coran est une invention de Muhammad. Autrement dit, l’Islam serait une fausse religion.

Je n’ai pas la prétention de leur démontrer ici la véracité de l’Islam et l’origine divine du Coran. Cette question a fait l’objet de nombreux traités comportant des preuves scientifiques irréfutables. Je dois tout de même faire remarquer que :

1° Une fausse religion ne peut jamais atteindre en un temps relativement court des proportions humaines et géographiques aussi énormes. La fausse religion serait plutôt celle qui a éclaté en une multitude de sectes dont beaucoup d’entre elles se sont malheureusement illustrées dans la pratique d’homosexualité, de pédophilie et de suicides collectifs.

2° Le Coran est un miracle éternel qui continue d’étonner plus d’un milieu scientifique. Il a évoqué des événements du passé et du futur totalement inconnus à l’époque du prophète Muhammad. Certains énoncés furent vérifiés et confirmés par l’histoire et la science moderne, d’autres demeurent jusqu’à nos jours un défi à l’intelligence humaine. II a été scientifiquement prouvé - et le défi demeure lancé par Dieu - que les plus grands érudits des humains et des Djinns, même s’ils mettaient en commun leurs efforts, sont incapables de produire une œuvre semblable au Coran. Comment peut-on admettre qu’un berger du septième siècle, de surcroît analphabète, vivant dans le désert ait pu réaliser une œuvre pareille ? Impossible ! Mille fois impossible ! Le Coran est bien le Livre par lequel Dieu a sauvé et sauvera l’humanité des ténèbres de l’égarement. Le salut est dans le Coran ; la lumière, c’est le Coran. Il est une miséricorde, une guidée et un remède pour l’humanité, comme Allah, lui-même, le dit.

S’il suffisait du christianisme comme religion de salut universelle, à quoi bon envoyer un autre message et révéler un Livre qui ont révolutionné le monde ? Peut-on se contenter des Ecritures bibliques comme seul témoignage de la vérité divine ? Je répondrai plus loin à cette question.

Abdiquer l’Islam et le Coran après les avoir connus est beaucoup plus grave au regard de Dieu et de Sa loi que de rejeter l’Islam avant de le connaître et d’y être entré.

Lâcher l’Islam pour une autre religion, c’est lâcher la proie pour l’ombre et la certitude pour l’illusion. Quand on comprend bien la religion musulmane, ses valeurs, sa vérité, son Livre, on n’a nullement besoin de chercher une autre religion. Si le fait de se convertir au vrai christianisme, à supposer qu’il existe, est inacceptable pour un musulman, que dire alors d’une conversion à un christianisme qui se trouve à mille lieues du vrai message de Jésus-Christ ? La religion musulmane est la seule religion actuellement en vigueur parce qu’elle est la seule agréée par Dieu. Non seulement, elle englobe et intègre les principes et les croyances des religions du Livre dans leur pureté originale, mais aussi et surtout, elle les abroge du fait qu’elle est la dernière, la plus authentique et la plus fiable.

Les messages révélés à Moïse et à Jésus ont subi des altérations qui ont affecté, outre les principes de la religion, les notions fondamentales du monothéisme de sorte qu’il eût fallu un autre message authentique, en l’occurrence le Coran, sans lequel toute l’humanité aurait sombré dans le chaos de l’égarement.

Louange à Allah qui nous a sauvés par l’envoi du message et du messager. La conversion des non-musulmans au Christianisme peut se comprendre si elle est sincère et motivée par la recherche de la vraie religion. C’est un chemin qui pourrait les conduire à la vérité. Toutefois, la validité de leur acte demeure tributaire de certaines conditions en rapport avec leurs croyances, les motifs de leur conversion et le but poursuivi. Cela s’explique par le fait que cette conversion ne doit pas être motivée par des intérêts matériels ; pour réussir, le converti doit avoir uniquement pour but Dieu, la Vérité, le succès dans la vie future. Celui qui cherche la vérité, Dieu le mettra sur sa voie. C’est pourquoi, les conversions à l’Islam d’intellectuels de tous bords ont connu une progression sensible ces derniers temps. Ces gens ne viennent pas à l’Islam à l’aveuglette ou par hasard, c’est l’aboutissement de tant d’efforts de recherche et de réflexion. La vérité est là, même si beaucoup de musulmans ne sont pas encore à la hauteur de leur religion. Le Christianisme ne peut être qu’une étape vers l’Islam. Or, embrasser le Christianisme sans parvenir à l’Islam, c’est entreprendre un voyage sans atteindre le but, sans arriver à destination. La conversion d’un polythéiste, d’un athée ou d’un animiste, peut certes avoir une signification dans la mesure où l’acte représente un pas positif en direction de la vraie religion mais la valeur de cette conversion dépendra de la foi et du comportement du converti. Si ce dernier se borne à croire en Jésus selon la doctrine chrétienne avec le risque de se perdre dans les dédales de la Trinité et d’y croire, sa conversion sera certainement sans valeur auprès de Dieu. Si au contraire le néophyte, dans sa quête de la vérité, après s’être rendu compte des absurdités et des insuffisances du Christianisme, s’intéresse à l’Islam et finit par y croire, sa foi sera accomplie et sa conversion agréée.

En revanche, la conversion d’un musulman ne peut être que négative, une régression de la foi. D’autant plus que Jésus lui-même était musulman. Il suffit que l’acte soit qualifié d’apostasie. Il n’y a qu’une seule vérité, celui qui en sort ne fait que sombrer dans l’égarement.

On peut être d’accord avec M. Zerbo sur le fait qu’il existe plusieurs chemins qui mènent à Dieu. Cependant, l’Islam est le plus indiqué et le plus sûr. Par ailleurs, on ne peut aller vers Dieu en défiant le plus important de ses Livres et de ses messagers, sauf si nous n’en avions pas eu connaissance. D’autre part, on ne doit pas occulter l’aspect négatif de l’événement sur le plan social. Etant donné l’appartenance du musulman à une communauté, son départ de manière injustifiée, surtout à un moment où la communauté affronte de grands défis, peut être qualifié de défection ou de dissidence. C’est un coup de pouce à l’œuvre de dépersonnalisation de la communauté musulmane, un geste d’autant plus grave et significatif qu’il émane d’un ancien chef d’Etat, qui plus est, d’un pays membre de l’Organisation de la Conférence islamique. L’Islam est un système complet de vie, régissant la vie privée et publique des individus et des groupes au sein d’une même communauté ; s’il punit sévèrement l’apostasie, c’est à cause du fait qu’elle touche à ce système qui est le fondement et la raison d’être de la communauté musulmane. Cette dernière considère la religion comme étant la condition même de son existence, compte tenu du fait que l’adoration de Dieu est l’unique raison de la création de l’homme. La religion est la première des cinq nécessités que l’Islam vise à préserver, à savoir : la religion, la vie, la postérité, la raison et les biens. Le danger de l’apostasie réside dans le fait qu’elle porte atteinte non seulement à la religion, mais à un système de société basé sur ladite religion. A cet égard, elle est considérée comme une trahison, surtout quand elle est l’objet de publicité dans un but de prosélytisme tendant à y entraîner d’autres musulmans, comme c’est le cas des nouveaux apostats qui s’évertuent à inviter les musulmans à l’apostasie.

1.1 Qu’est-ce que l’apostasie ?

L’apostasie signifie le détournement délibéré et sans contrainte du musulman, mature et conscient, de l’Islam vers la dénégation. On objectera sans doute qu’une conversion au Christianisme n’est pas une dénégation dans la mesure où il s’agit d’un départ d’une religion vers une autre. On verra que ce qui compte n’est pas la conversion ou le devenir de l’apostat mais le reniement de principes, de croyances, de pratiques résultant de l’abandon de l’Islam.

1.2 Quels sont les actes d’apostasie et à partir de quand le musulman devient apostat ?

1.2.1 Renier de la religion ce qui est connu par nécessité : par exemple renier l’Unité de Dieu, renier le fait qu’Il soit le Créateur de cet univers, renier l’existence des Anges, renier le ministère prophétique de Muhammad et l’origine divine du Coran, renier la Résurrection et la Rétribution, renier le caractère obligatoire de la prière, de l’aumône légale (Zakat), du jeûne ou du pèlerinage.

1.2.2 Considérer comme licite un interdit au sujet duquel existe un consensus des musulmans pour l’interdire : par exemple, considérer comme licite la consommation d’alcool ou de porc, l’usure, le meurtre ou le vol.

1.2.3 Interdire une chose dont le caractère licite est reconnu en vertu d’un consensus des musulmans : par exemple les bonnes nourritures.

1.2.4 Insulter ou railler le prophète Muhammad ainsi que tout autre prophète envoyé par Dieu.

1.2.5 Insulter la religion, diffamer le Coran et la Sunna, ne pas en faire application sur le plan social et politique et leur préférer des lois purement humaines.

1.2.6 Déchirer un Coran ou même un feuillet du Coran ou du hadith, les jeter dans les ordures par mépris et par dédain de leur contenu.

1.2.7 Faire fi d’un des noms de Dieu, d’un de Ses commandements, d’un de Ses interdits ou d’une de Ses promesses.

Il suffit d’un seul acte pour devenir apostat. Il convient toutefois de noter que les nouveaux convertis à l’Islam sont dispensés d’observer certaines règles du fait qu’ils ne connaissent pas encore les enseignements de l’Islam. Si l’un d’eux nie quelque chose de la religion par ignorance, il n’est pas considéré comme apostat. Certaines questions relevant du consensus (ijma’) des musulmans ne sont pas connues de tout le monde. Celui qui nie une telle question n’est pas considéré comme un apostat : il est excusé à cause de son ignorance de ladite question.

1.3 Opinion des Ulémas sur l’apostasie :

Les Ulémas considèrent l’apostasie comme étant le plus haut degré de la mécréance. C’est pourquoi, la majorité d’entre eux est d’accord sur la rigueur des sanctions applicables aux apostats. En effet, tout en fermant les yeux ou presque sur l’apostasie non déclarée, comme il le fait à l’égard de l’hypocrisie, l’Islam sanctionne sévèrement l’apostasie déclarée et active, du fait qu’elle constitue une propagande tendant à provoquer la désagrégation de la société musulmane. On peut lire sous la plume du Cheikh Youssouf Al-Qaradaoui le commentaire suivant : « L’Islam ne condamne pas à la peine capitale l’apostat qui ne professe pas son apostasie ou qui n’y invite pas les autres. Il considère que son châtiment est laissé à Dieu le Jour du Jugement dernier, si du moins il meurt mécréant. Le Très Haut dit en effet : « Et ceux parmi vous qui abjureront leur religion et mourront infidèles, vaines seront pour eux leurs actions dans la vie présente et la vie future. Voilà les gens du Feu : ils y demeureront éternellement. » s2, v217 Au pire, l’Islam punira un tel apostat par une peine discrétionnaire adaptée. L’Islam sanctionne uniquement l’apostat qui professe ses opinions, en particulier celui qui s’active à inviter à l’apostasie. L’Islam entend ainsi protéger l’identité de la société et préserver ses fondements et son union. Il n’existe aucune société dans le monde qui ne possède des fondements auxquels il est interdit de s’en prendre, comme par exemple : l’identité, l’affiliation, l’allégeance. Il est ainsi inacceptable pour un membre d’une société donnée de modifier l’identité de celle-ci ou de transformer son allégeance aux ennemis de la société en question. C’est pour cette raison que la trahison de la patrie et l’alliance avec les ennemis de celle-ci, en leur témoignant de l’amitié et en leur délivrant les secrets, sont considérées comme un crime d’une grande importance. Pourtant, nul n’a jamais dit qu’il faut accorder au citoyen le droit à ce qu’il change son allégeance nationale à qui il veut et quand il veut. L’apostasie n’est pas seulement une prise de position intellectuelle, pour que le débat se résume au principe de la liberté de conscience. Plus que cela, il s’agit d’un changement d’allégeance, d’une transformation de l’identité, d’une mutation de l’affiliation. L’apostat porte désormais son allégeance et son rattachement d’une communauté vers une autre communauté, d’une patrie vers une autre patrie, autrement dit de la Terre d’Islam (Dâr Al-Islâm) vers une autre terre. Il se détache de la Communauté islamique dont il faisait partie intégrante, et se rattache de par sa raison, de par son cœur et de par sa volonté aux adversaires de cette communauté. C’est ce qu’exprime le hadith prophétique, d’après la version consensuelle d’Ibn Mas`ûd : « l’apostat qui abandonne la communauté . » L’expression « qui abandonne la communauté » est ici une caractérisation générale, non-restrictive : tout apostat abandonne de facto la Communauté. L’apostat qui invite à l’apostasie n’est pas un simple mécréant, ne croyant pas à l’Islam. Il mène de fait une guerre contre l’Islam et contre la Communauté. Il est donc à considérer au même titre que ceux qui font la guerre à Dieu et à Son Messager, répandant la corruption sur Terre. La guerre - comme le dit Ibn Taymiyah - est de deux sortes : la guerre par la main et la guerre par la langue. En matière de religion, la guerre par la langue peut porter encore plus de préjudice que la guerre par la main. »


11 Messages de forum

  • > Avant-propos, définition de l’apostasie 10 avril 2007 04:50, par J’ai signé

    Je suis toujours amusé lorsque je suis confronté à ce genre de littérature. Le genre humain émerge du règne animal par l’intelligence, on pourrait en douter.

    De quel droit endoctrine-t’on un enfant dans telle ou telle religion sans lui laisser le temps de comprendre et de choisir ? Comme pour la plupart d’entre nous, ce fut le cas de Jésus.

    Mais ! dois-je vous rappeler que, selon ces critères, Jésus fut apostat ! Il fut convaincu de blasphème : Il blasphèma face au grand-prêtre Caïphe, aux scribes et aux anciens (Mt 26, 57-68, ainsi que les autres évangélistes). Avant de crier au scandale, lisez-donc ! Selon ce genre de critères, Jésus fut apostat d’une religion qui est considérée comme la "première" des religions monothéistes.

    La bêtise humaine est incommensurable : Jésus fut condamné parce qu’il fut apostat par intelligence.

    Guy ROGER

    • N. Qoriq : les évangiles ne sont pas des textes historiques sur Jésus mais des "contes" allégoriques ! Cessez de brandir l’Evangile comme refuge mr Roger !

  • > Avant-propos, définition de l’apostasie 10 avril 2007 15:51, par J’ai signé

    En 1.3 Opinions des Ulémas sur l’apostasie : « L’Islam ne condamne pas à la peine capitale l’apostat qui ne professe pas son apostasie ou qui n’y invite pas les autres. », et je lis ensuite : « L’Islam sanctionne uniquement l’apostat qui professe ses opinions, en particulier celui qui s’active à inviter à l’apostasie. ». Que c’est beau la liberté d’expression ! Un homme averti...

    Les juifs lapidaient, les chrétiens brûlaient, les musulmans égorgent encore ; c’est évidemment un argument de persuasion puissant contre l’apostasie de ceux qui, nés musulmans, n’apprécient pas leur chance d’être nés dans cette idéologie. Ce qui est génial dans cette "loi", c’est de faire de Dieu le commanditaire d’un crime de l’homme.

    Guy ROGER

  • > Avant-propos, définition de l’apostasie 10 avril 2007 17:24, par J’ai signé

    Je vois le mot "vérité". Je vais vous dévoiler une autre vérité, celle qu’on nous dissimule : les masses ignorantes sont plus facilement dominée.

    La vérité, accessible au genre humain, sur l’au-delà est tout ce qui l’éveille sur ses origines. L’humanité a, depuis le nuit des temps, laissé des indications à foison. Il nous faut recomposer un immense puzzle à l’aide de ces indications d’où qu’elles viennent : Le Christianisme actuel, l’Islam et le Judaïsme n’en sont qu’une infime partie ; il faut retourner avant et poursuivre après les Ecritures. La science actuelle est, sans le savoir, au seuil de la Réalité Ultime qui ne sera jamais franchie

    Nous sommes maintenus dans l’ignorance par des ignorants : ceux qui, chez les Musulmans et les Chrétiens, se déchirent entre eux au sein d’une même religion ou d’une religion à l’autre. S’ils savaient, ils ne se déchireraient plus et les religions n’existeraient plus ; ce n’est pas LA vérité, mais c’en est une.

    « Jésus disait : J’ai semé du Feu dans le monde et voici que je le préserve jusqu’à ce qu’il s’embrase. » (Thomas 10). Le feu représente souvent, dans l’Ancien-Testament, un moyen de purification (v. Lv 13, 52 ; Nb 31, 23), de discernement (v. Is 33, 14 ; Jr 23, 29) ou de sanction (v. Gn 19, 24). Dans ce cas, c’est l’occasion de discerner la vérité qui est semée sous forme préservée (ésotérique) jusqu’à ce qu’elle éclate (s’embrase) au grand jour.

    Selon Max Guilmot : « Un jour, l’humanité entière, suivant la route initiatique, imitera l’envol de l’oiseau de lumière. En cette ultime époque, l’homme sera réalisé. »

    Guy ROGER

  • Avant-propos, définition de l’apostasie 23 février 2013 14:48, par Mathieu

    Bonjour, Vous dites que l’Islam sanctionne uniquement l’apostat qui professe ses opinions, en particulier celui qui s’active à inviter à l’apostasie.Peux t on savoir de quels types de sanctions il s’agit ?les peines sont elles identiques ou varient t’elles en fonction des Etats ? N’y at il pas contradiction entre ces peines et le principe de la non contrainte en religion ?

    • Avant-propos, définition de l’apostasie 24 février 2013 03:55, par Maître Simozrag

      Bonjour,

      La sanction est la peine de mort. Les peines sont identiques dans tous les pays musulmans. Il n’y a pas de contradiction entre cette peine et le principe de non contrainte en religion.

      Ce principe concerne essentiellement l’infidèle, le mécréant qui n’est pas musulman. Celui-là, on ne peut pas le contraindre à embrasser l’Islam, à s’y convertir.

      Mais celui qui embrasse l’islam volontairement et de son plein gré, il n’est plus concerné par ce principe.

      Ce dernier n’a pas seulement manqué à son engagement, mais il a aussi porté atteinte à l’intégrité de la religion. Il est considéré comme ayant abandonné la Vérité après l’avoir connue, les savants le considèrent comme un membre corrompu qui mérite l’ablation. Le savant Tahar ibn Achour dit : l’apostat, en sortant de l’islam après y être entré, est comme s’il lance un appel disant qu’il a trouvé cette religion mauvaise et qu’il a trouvé meilleur sa situation avant sa conversion à l’islam. Ainsi il expose la religion au mépris et au discrédit, c’est aussi préparer le chemin à ceux qui veulent fuir la religion, ce qui conduit à la désintégration du groupe.

      • Avant-propos, définition de l’apostasie 24 février 2013 10:28, par Mathieu

        Bonjour, Comment savoir que quelqu’un a embrassé volontairement l’islam et de son plein gré quant on sait que notre religion nous est imposée dès la naissance par nos parents ? de même pour celui qui n’a reçu aucune réelle education religieuse islmaique bien que né de parents musulmans et qui souhaite embrasser le christiannisme pour sa vérité , quel mal lui reproche t’on ?

        • Avant-propos, définition de l’apostasie 24 février 2013 14:04, par Maître Simozrag

          Bonjour, L’Islam n’est pas imposé dès la naissance comme vous dites. Il est enseigné aux enfants. Quant à la vérité, elle est dans l’Islam. Jésus Christ était lui-même musulman. Après son ascension, tout a été falsifié. Jésus n’a jamais parlé du Père, du fils et du Saint-Esprit. il n’a jamais dit qu’il était Dieu ni fils de Dieu. Il n’a jamais été crucifié, ni même pas arrêté. Au contraire, il avait lancé un défi aux juifs, leur disant :

          "Je suis encore avec vous pour un peu de temps, puis je m’en vais vers celui qui m’a envoyé (vous remarquez qu’il n’a pas dit vers mon Père). Vous me chercherez et et vous ne me trouverez pas et vous ne pouvez venir où je serai." Jean 7.34, Jean 8.21

          Ce n’est qu’un exemple parmi des dizaines d’autres exemples de falsification de la religion du Christ (Paix et salut sur lui).

  • Vous dites qu’on peut avoir le salut en dehors de l’Islam alors que Dieu dit "CELUI QUI DESIRE UNE AUTRE RELIGION EN DEHORS DE L’ISLAM NE SERA POINT AGREE". Que dites vous ?