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Comprendre la Sunna

Publication en ligne : dimanche 23 décembre 2012

Le mot ‘‘Sunna’’ signifie littéralement : voie, chemin. Au sens terminologique, les juristes, les faqih et les spécialistes du hadith donnent chacun une signification au mot ‘‘Sunna’’. Chez les uns, le terme Sunna s’applique à l’acte facultatif, ce qui n’est pas obligatoire ‘‘fardh’’. Pour les autres, ‘‘Sunna’’ est le contraire de ‘‘bid’a’’ ou innovation. La Sunna prend parfois le sens de pratique, que celle-ci soit bonne ou mauvaise. D’après un hadith du Prophète : « Celui qui institue une bonne Sunna aura sa récompense et la récompense de ceux qui en font usage. Et celui qui institue une mauvaise Sunna aura son péché et le péché de ceux qui en font usage jusqu’au Jour de la Résurrection. » (Muslim) Mais sur le plan juridique, la ‘‘Sunna’’ se définit comme étant l’ensemble des propos, des actes et des approbations du Prophète Mohammed (Paix et Salut sur lui) destinés à servir d’exemples et de règles de conduite pour les Musulmans. Tout ce que le Prophète Mohammed disait, faisait et acceptait est une Sunna.

1- La place de la Sunna

La Sunna est la deuxième source principale après le Coran. Elle précède le consensus (Ijmaa) et l’analogie (le qiyas). La Sunna est considérée comme une deuxième catégorie de révélation. La première catégorie de révélation est celle du saint Coran. Allah dit au sujet du Prophète Mohammed : « Et il ne dit rien sous l’effet de la passion, ce n’est rien d’autre qu’une révélation inspirée. » s53 v3

2- L’obligation de suivre la Sunna :

Cette obligation découle de commandements de Dieu, de hadiths du prophète ainsi que du besoin tant de la compréhension du Coran que de la pratique de la religion.

a) Selon le Coran « Ô vous qui croyez ! Obéissez à Allah et à Son Messager et ne vous détournez pas de lui quand vous l’entendez parler » s8 v20 « Dis : Obéissez à Allah et au Messager » s3 v32 « Et obéissez à Allah et au Messager afin qu’il vous soit fait miséricorde. » s3 v132 « En cas de litige entre vous, référez-vous-en à Allah et au Messager » s4 v59 « Obéissez à Allah, obéissez au Messager et prenez garde ! » s5 v92 ; s8 v1 ; s8 v46 ; s24 v54, 56 ; s47 v33 ; s58 v13 ; s64 v12 « Quiconque obéit au Messager obéit certainement à Allah. » s4 v80

« Prenez ce que le Messager vous donne ; et ce qu’il vous interdit, abstenez-vous-en ; » s59 v7 « Il n’appartient pas à un croyant ou à une croyante, une fois qu’Allah et Son Messager ont décidé d’une chose d’avoir encore le choix dans leur façon d’agir. Et quiconque désobéit à Allah et à Son Messager, s’égare de toute évidence. » s33 v36 « Non !...Par ton Seigneur ! Ces gens ne seront de vrais croyants que lorsqu’ils t’auront pris pour juge de leurs différends et auront accepté tes sentences sans gêne en s’y soumettant entièrement. » s4 v65

b) Selon les hadiths « Celui qui m’obéit, obéit à Allah. Et celui qui me désobéit, désobéit à Allah. » Rapporté par Bukhari et Muslim, d’après Abu Huraira « Toute ma communauté entrera au Paradis sauf celui qui refuse. On lui demanda : qui peut refuser ô Messager d’Allah, Il répondit : Celui qui m’obéit entre au Paradis. Et celui qui me désobéit a refusé » Bukhari (6737 en arabe), d’après Abu Huraira

c) La Sunna explique le Coran La Sunna explique le Coran, en définit les termes imprécis, explique et complète certaines prescriptions coraniques et leur mise en pratique. Allah ordonne de faire la prière sans en préciser la manière de la faire ni le nombre de rak’as (génuflexion). Il ordonne la Zakat et le pèlerinage à la Mecque sans indiquer le montant de la Zakat ni les modalités du pèlerinage. C’est la Sunna qui explique les détails et la manière d’appliquer ces prescriptions énoncées de façon sommaire dans le Coran. C’est pourquoi Allah dit dans le Coran : « Et sur toi, Nous avons fait descendre le Coran pour que tu exposes clairement aux gens ce qu’on a fait descendre pour eux et afin qu’ils réfléchissent. » s16 v44 « Et Nous avons fait descendre sur toi le Livre comme un exposé explicite de toute chose, ainsi qu’un guide, une grâce et une bonne annonce aux Musulmans. » s16 v89 « Nous avons fait descendre le Coran, pour que tu exposes clairement aux gens ce qu’on a fait descendre pour eux et afin qu’ils réfléchissent. » s16 v44 Voici un exemple parmi beaucoup d’autres concernant l’explication des termes du Coran par le Prophète (psl) : Allah dit : « Ceux qui ont cru et qui n’ont point entaché la pureté de leur foi par une injustice, ceux-là seuls sont en sécurité et ce sont eux les bien guidés. » s6 v82 Les compagnons avaient compris injustice « Zulm » au sens du tort ou du mal fait à soi-même ou à autrui. Ils demandèrent au Prophète : « Ô Messager d’Allah ! Qui d’entre nous n’a pas entaché sa foi de quelque injustice ? »

Et le Prophète de leur répondre : « Il ne s’agit pas de cela, mais uniquement de l’associationnisme (Chirk). N’avez-vous donc pas entendu la parole de Luqmân : « Ô mon fils ! Ne donne pas d’associé à Allah car l’associationnisme est vraiment une énorme injustice. » Bukhari d’après Abdullah ibn Mass’oud L’Imam Ibnu Hazm dit : « Dans quel Coran, trouve-t-on que la prière du Dohr comporte quatre rak’as, celle du Maghreb trois rak’as, que la génuflexion est comme ceci et la prosternation comme cela, et la manière de réciter et le salam (salut), l’indication de ce qu’il faut éviter pendant le jeûne, l’explication des modalités de la Zakat de l’or et de l’argent, du cheptel ovin, camelin et bovin, le nombre de têtes à partir desquelles on doit prélever la Zakat, l’explication des actes du pèlerinage, du temps de la station à Arafat, la manière d’y prier et à Muzdalifa, la lapidation de Satan, l’habit de l’ihram et ce qu’il convient d’éviter, etc… »

3- Le difficile parcours de la Sunna

Les savants musulmans ont déployé beaucoup d’efforts pour l’assainissement, la transmission et l’explication de la Sunna. Sachant qu’une partie de celle-ci était apocryphe, ils ont mis en place des normes et des méthodes relatives à la transcription, à la vérification et à la classification des hadiths. Cela a permis de passer au crible toutes les traditions attribuées au Prophète et à ses compagnons. Les savants ont établi des conditions objectives et subjectives pour l’acceptation du hadith. Les opérations de vérification s’appliquaient tant au contenu (matn) de l’acte ou du hadith qu’à la « chaîne de ses transmetteurs » (isnâd), c’est-à-dire, la chaîne des rapporteurs qui, de génération en génération, ont transmis ces traditions jusqu’à ce qu’elles soient fixées par écrit. Le hadith ne pouvait être accepté qu’après connaissance de sa chaîne de transmission. En outre, la piété, la rigueur, la véridicité, la force de mémoire étaient des conditions que chaque narrateur devait remplir, faute de quoi le hadith est disqualifié ou purement et simplement rejeté. Ces opérations ont abouti à l’élaboration de plusieurs recueils de traditions jouissant de la reconnaissance plus ou moins unanime de la communauté musulmane sunnite. Les deux recueils les plus importants, du fait qu’ils contiennent des hadiths reconnus comme authentiques (sahîh), sont ceux d’al-Bukhârî (m. 870) et de Muslim (m. 875).

4- Classification des hadits

Les hadiths ont été classés en plusieurs catégories, selon les voies ou les chaînes de transmission, selon le matn ou le contenu, le degré d’authenticité, l’acceptation et le rejet, etc.

A-Classification selon les voies ou les chaînes de transmission. On y trouve deux catégories : le notoire (mutawatir) et le particulier ou ahad.

- Le notoire ou mutawatir est le hadith rapporté par un grand nombre de transmetteurs qui ne sauraient s’accorder à mentir.
- Le particulier ou (ahad) est le hadith qui ne réunit pas les conditions du notoire. Ce hadith se divise lui-même en trois catégories, à savoir :
- le célèbre (machhour) rapporté par trois personnes ou plus sans atteindre le degré du notoire.
- le vigoureux (al-aziz) rapporté par deux personnes au moins à chaque niveau de la chaîne de transmission.
- l’ étrange (al-gharib) rapporté par une seule personne, soit à chaque niveau de sa chaîne, ou à un des niveaux au moins.

B- Classification selon le degré d’authenticité On y trouve aussi deux catégories : -l’authentique (sahih), celui transmis par une chaîne continue et des transmetteurs honorables, précis sans qu’il y ait de marginalité ni de défaut. -le bon (al-hassan), il se situe entre l’authentique et le faible. Les savants en donnent plusieurs définitions. Tirmidhi fut le premier à avoir attribué le qualificatif de ‘‘hassan’’ à ce type de hadith. D’après lui : le hassan est « Tout hadith rapporté dont la chaîne de transmetteurs ne contient personne qui soit accusé de mensonge, hadith qui, de surcroit , n’est pas marginal et qui aussi rapporté , d’une manière proche, par une autre voie. »

C- Classification selon l’acceptation ou la réception : L’ authentique (Sahih) et le bon (al-hassan)

D-Classification des hadiths faibles et irrecevables

a) Le faible (ad-da’if) : celui qui ne réunit pas les conditions du bon.

b) Le suspendu (al-mou’allaq) : celui dont la chaîne manque un transmetteur ou plus.

c) Le détaché (al-mursal) : celui dont la chaîne mentionne le tabi’i (suivant ) et non le compagnon. Le suivant (tabi’i) dit : « Le Prophète a dit … », alors qu’en réalité le ‘‘ tabi’i’’ n’avait pas connu le Prophète (psl).

d) Le discontinu ((al-mounqati’) : celui dont la chaîne des transmetteurs est coupée à un certain niveau, au début, à la fin ou au milieu.

e) Le défaillant (al-mou’dal) : celui où deux transmetteurs ou plus font défaut les uns après les autres.

f) Le forgé (al-mawdou’) : celui qui consiste en un mensonge inventé et attribué au Prophète (psl).

g) Le dissimulé (al-moudallas) : celui qui comporte un défaut dissimulé dans la chaîne des transmetteurs et un embellissement d’apparence

h) Le délaissé (al-matrouk) : très faible ou dont la chaîne de transmission comporte un transmetteur accusé de mensonge.

i)Le défectueux (al-mou’allal) : C’est le hadith qui contient un défaut entachant sa validité, bien qu’il en semble dépourvu en apparence.

j) Le désavoué (al-mounkar) : c’est le hadith faible qui, de surcroit, contredit le sûr.

k) L’intercalé (al-moudraj) : le hadith dont l’isnad (la chaîne de transmetteurs) a été changé ou auquel on a introduit dans l’énoncé ce qui n’en fait pas partie, de sorte que celui qui lit ou entend ce hadith croit que cet ajout fait partie de la Parole du Prophète (psl).

l) L’inversé (al-maqloub) : celui dont un terme est changé par un autre dans la chaîne des transmetteurs ou dans l’énoncé du hadith par inversion ou permutation.

m) L’instable (al-moudtarib) : c’est le hadith rapporté par plusieurs relations différentes mais égales en force probante et sous divers énoncés opposés dont l’accord est impossible.

n) L’altéré (al-mouçahhaf) : c’est le hadith dans lequel on a changé un ou des mots ou modifié le sens contrairement à ce qu’ont rapporté les transmetteurs sûrs.

o) Le marginal ou l’isolé (ach-chadh) : ce qui est rapporté par le transmetteur sûr, en divergence avec ce qui est plus sûr que lui.

5-L’aspect législatif et non législatif de la Sunna

En d’autres termes ce qui est obligatoire et ce qui ne l’est pas dans la Sunna. Cette question a suscité une vive controverse entre savants du hadith, juristes et islamologues. Certains islamologues, précurseurs inconscients de la laïcité, prétendent que la Sunna n’a rien apporté de nouveau, tout est dans le Coran, nul besoin d’appliquer la Sunna, disent-ils. Alors que c’est le Coran qui nous impose l’application de la Sunna. Outre les versets susmentionnés faisant de l’obéissance au Prophète une obligation pour les Musulmans, Allah nous dit : « Prenez ce que le Prophète vous donne, et abstenez-vous de ce qu’il vous interdit ».s59 v7 « Vous avez en le messager d’Allah un excellent modèle à suivre » 33.20 (لَقَدْ كَانَ لَكُمْ فِي رَسُولِ اللَّهِ أُسْوَةٌ حَسَنَةٌ لِّمَن كَانَ يَرْجُو اللَّهَ وَالْيَوْمَ الْآخِرَ وَذَكَرَ اللَّهَ كَثِيرًا) الأحزاب 21 « La seule parole des croyants quand on les appelle vers Allah et Son Messager, pour que celui-ci juge parmi eux, est : ‘‘Nous avons entendu et nous avons obéi’’. Et voilà ceux qui réussissent. » s24 v51 En plus du fait que la Sunna sert à expliquer le Coran, elle comporte des dispositions nouvelles faisant exception à certaines règles ; elle permet certains aliments supposés interdits, par exemple : le Coran interdit la bête trouvée morte et le sang, la Sunna rend licite

« Deux types de viande morte et deux types de sang : les deux viandes mortes sont : les poissons et les sauterelles, et les deux types de sang sont : le foie et la rate. » D’autres ont réduit le caractère législatif de la Sunna aux cinq piliers de l’Islam, à savoir la profession de foi, la prière, la zakat, le jeûne et le pèlerinage aux lieux saints de l’Islam. D’autres encore ont pris un hadith comme prétexte pour pulvériser des dizaines de milliers de textes. Il s’agit du hadith inclus dans le récit raconté ci-après par Talha : « Je suis passé avec le Prophète devant des hommes, perchés sur des palmiers, et le Prophète a dit : "Que font ceux-là ?". Ils répondirent : "Ils activent la pollinisation des palmiers." Le Prophète rétorqua : "Je ne pense pas que cela servira à quelque chose." ». Entendant ces paroles, les gens cessèrent la pollinisation. La récolte, l’année suivante, fut exécrable, et les gens se rendirent auprès du Prophète pour lui faire part de la situation. Plusieurs versions, toutes authentiques, donnent les réponses du Prophète : « Si le résultat dépendait de ce qu’ils faisaient, qu’ils continuent à agir comme ils le faisaient. Moi, je n’étais pas sûr de ce que je disais, c’était ce que je pensais » ; « Je peux avoir tort, mais lorsque je vous parle de Dieu, prenez de moi ! Et lorsque je vous donne mon opinion, vous n’êtes pas obligés de la suivre » ; « Je ne suis qu’un humain : lorsque je vous informe sur la religion, prenez de moi ! Mais lorsque je vous donne mon avis, je ne suis qu’un humain. » ; « Vous êtes plus à même de connaître les questions de votre vie » (rapporté par Mouslim). » D’une part, cette dernière phrase : « Vous êtes plus à même de connaître les questions de votre vie » est un ajout contesté par les savants du hadith . D’autre part, le Prophète n’a pas conseillé de délaisser la pollinisation des palmiers. Il a dit : « Je ne pense pas que cela servira à quelque chose », considérant la pollinisation par le vent, comme le dit le saint Coran : « Nous avons envoyé les vents fécondateurs. » s15 v22. Lorsque les compagnons entendirent cela, ils avaient cru que le Prophète leur avait ordonné d’abandonner la pollinisation. Les sceptiques ont utilisé ce hadith comme preuve pour dénier le caractère législatif de la Sunna dans tous les domaines de la vie, feignant d’ignorer les textes relatifs à la législation, à la morale aux rapports sociaux, à l’économie, aux affaires politiques, à la défense, etc. A l’opposé de ces attitudes extrémistes, on trouve ceux qui veulent imiter le Prophète (psl) sur toute chose, y compris sa façon de manger et de boire. Ainsi, ils n’hésitent pas à manger par terre, avec leurs mains publiquement, en se léchant les doigts à la fin du repas dans des milieux où cette tradition n’existe pas, attirant la curiosité, voire la raillerie des passants. Il me semble que cette manière de faire, comme beaucoup d’autres d’ailleurs, ne peut que nuire à l’Islam plus qu’elle ne le sert. Certes, Allah nous a ordonné de prendre le Prophète comme exemple car il était infaillible et doué d’une haute moralité. Mais il faut tenir compte du contexte et de certains textes à caractère dérogatoire. Tenir compte :

1- Des cinq catégories de l’action humaine : obligatoire, méritoire, licite, illicite, blâmable lesquelles furent déterminées sur la base du Coran et de la Sunna.

2-Du hadith : « Quand je vous ordonne de faire quelque chose, faites-le dans la mesure de vos possibilités et quand je vous interdis de faire quelque chose, évitez-le. » ((Rapporté par Bukhârî et Muslim) Et du verset du Coran : Allah n’impose à aucune une âme une charge supérieure à sa capacité. » s2 v286

3-Du fait qu’il existe une zone de dispense ou de grâce (منطقة العفو) qui sort du licite et de l’illicite, et ce conformément au hadith ci-après : « Dieu a prescrit des devoirs, ne les négligez pas ; Il a institué des limites, ne les outrepassez pas ; Il a prohibé certaines choses, ne les transgressez pas. Il s’est tu au sujet de certaines choses, par bonté envers vous, non par oubli, ne cherchez pas à les connaître. » Hadîth rapporté par at-Tirmidhî, Ibn Mâjah et al-Hâkim. Dans un autre hadith non moins important, le Prophète (paix et salut sur lui) dit : « Le summum de la bonté c’est la courtoisie et le péché c’est tout ce qui te met dans l’embarras avec toi-même et que tu n’aimerais pas que les gens le découvrent. »

6-Objectif essentiel de la Sunna

L’une des priorités de la Sunna est d’enseigner les hautes qualités morales. « Nous ne t’avons envoyé que comme miséricorde pour l’univers. » s21 v107 Le Prophète (psl) avait un bon caractère et il a été envoyé, dit-il, pour parfaire le bon caractère. Or, si l’on veut se conformer à la Sunna, nous devons d’abord commencer par imiter le bon caractère du Prophète Mohammed (psl). Pour ce faire, il suffit de se référer aux nombreux témoignages sur la moralité et le comportement exemplaires du Prophète . Mais le meilleur témoignage demeure celui d’Allah qui dit à son sujet : « Et tu es certes, d’une moralité imminente. » 68.4 La moralité imminente réunit un ensemble de qualités dont, entre autres, la gentillesse, la pudeur, la piété, la modestie, le mépris des biens de ce monde, une générosité sans limites, le calme, la douceur, la courtoisie, l’esprit de pardon et de bienfaisance, d’équité et de justice, l’amour de Dieu et le sens de sacrifice pour Sa cause, la fermeté et la détermination dans l’observance de Ses Commandements, la bonté envers les créatures, l’affection pour les pauvres, les malades, les faibles et les déshérités, la magnanimité, la clémence, l’indulgence envers ses adversaires, et Chaque fois, il faisait don de ses habits et de l’argent en sa possession. Un compagnon lui offrit un châle à un moment où il en avait besoin. Un homme qui était près de lui fit cette remarque : Qu’il est beau, le châle ! Aussitôt, le Prophète lui offrit le châle. Il offrit à un autre son manteau neuf qu’il venait de porter pour la première fois. Il disait : « Je n’aimerais point posséder l’équivalent du Mont Ouhud en or et qu’au bout de trois jours j’en garde encore un seul dinar sans l’avoir dépensé pour la cause de Dieu, sauf quelque chose que j’épargne pour ma religion ». Son épouse Aïsha disait : « Il ne parlait jamais du mal de quiconque. Au lieu de rendre le mal pour le mal, il avait l’habitude de pardonner ceux qui l’offensaient. » Hind, fils de Khadija : « Il avait bon cœur, il était doux et d’humeur agréable. Il n’aimait offenser personne. Il se montrait toujours reconnaissant pour la moindre faveur. » Il acceptait de bonne grâce toute nourriture qu’on plaçait devant lui. Il ne se montrait jamais furieux pour toute offense à sa propre personne, ni ne songeait-il à se venger ou à trahir. Ibn Abbas : « Plus généreux que nous tous, était le prophète qui partageait libéralement ce qu’il avait pendant le Ramadan. Il ne disait jamais ‘non’ à une requête et ne prenait jamais seul son repas. Il invitait tout le monde autour de lui, malgré le peu de nourriture. Il nous a demandé de l’informer si un musulman venait à mourir sans avoir payé ses dettes afin de les rembourser pour lui... » Anas ibnu Malik : « J’ai servi le Messager de Dieu pendant dix ans, il ne m’a jamais apostrophé, ni adressé le moindre reproche sur ce que j’ai fait ou ce que je n’ai pas fait. Il avait le meilleur caractère du monde. Je n’ai jamais touché ni velours ni soie plus doux que sa main, ni senti un musc ou un parfum à l’odeur plus agréable que la sueur du Prophète. » Il n’a jamais proféré une injure ni répliqué à ceux qui l’insultaient. Il ne connaissait ni haine ni vengeance. Un jour, il confiait à Anas : « Anas ! Si tu peux, le matin et le soir, avoir un cœur sans haine contre personne, fais-le, Anas ! Cela est de ma sunna et celui qui suit ma sunna sera avec moi au Paradis. » Soucieux du bonheur des autres mais indifférent envers le sien. Le Prophète cherchait toujours à ne plaire qu’à Dieu, n’attendant rien d’autrui. Sa vie était fondée sur l’amour et la crainte de Dieu. Il était en pleine conformité avec ce verset : « Dis : “En vérité, ma salat, mes actes de dévotion, ma vie et ma mort appartiennent à Dieu, Seigneur de l’univers. » s6 v162 Ce noble caractère a fait de lui un homme extrêmement vertueux, aimant la justice, l’amour du bien et le désir de le faire. Il ne supportait pas l’iniquité et ne pensait jamais à se venger. Il ne frappa jamais une servante, un serviteur ou un esclave, même une créature muette. Il ne refusait jamais une requête raisonnable à quiconque la lui présentait.

Il était toujours le premier à serrer la main d’autrui. Et quand il serrait la main à quelqu’un, il ne retirait jamais sa main avant que la personne ne la retire. De même, il ne détournait jamais son visage avant que l’homme en question ne le fasse Il enseignait l’amour de l’autre en disant : « Aucun de vous n’est véritablement croyant tant qu’il n’aime pas pour son frère ce qu’ il aime pour lui-même et ne déteste pour son frère ce qu’il déteste pour lui-même » (Rapporté par Bukhârî, Muslim, An-Nasâï ) Le Prophète était toujours tolérant envers les gens autour de lui. « Un jour, alors que le prophète était assis avec ses compagnons dans la mosquée, un bédouin rentra et se mit à uriner quelque part, au sein de cette mosquée ; quelques gens se précipitèrent alors sur lui pour l’empêcher (dans une autre version : Les fidèles l’appréhendèrent à l’envi, mais le Prophète (psl) s’écria : "Laissez-le faire, ne l’interrompez pas, versez ensuite un sceau d’eau --- ou une jatte d’eau --- sur cette urine. Vous n’avez d’autre mission que de rendre toute chose facile et non de rendre les choses pénibles." » Quand l’homme eût fini d’uriner, le Prophète donna l’ordre d’apporter une jatte d’eau et la répandit lui-même sur l’endroit souillé. Dans une autre version : le prophète (psl), le convoqua et lui dit : Les urines et autres souillures n’en conviennent guère aux mosquées, celles-ci sont plutôt faites pour l’invocation d’Allah, les prières et la récitation du Coran. Le bédouin, pris de stupeur de l’attitude du prophète, sa miséricorde et sa tolérance, dit alors : « Ô Allah, soit miséricordieux envers moi et Muhammad et éloigne les autres de ta miséricorde ! » Le prophète (psl) réplique en souriant : Tu restreins là, quelque chose des plus vastes (la miséricorde d’Allah) ! » (Al-Bukhârî : Livre des ablutions, Chapitre LVII) Le Prophète recommandait à ses compagnons d’être miséricordieux et était pour eux un excellent modèle en la matière : Ceux qui font miséricorde obtiendront, dit-il, la miséricorde du Miséricordieux. Faites miséricorde à ceux qui sont sur terre et les habitants des cieux vous feront miséricorde. Ceux qui ne font pas preuve de miséricorde, on ne leur fera pas miséricorde Humble, il servait lui-même ses invités. Il dit à ses compagnons : « Ne me glorifiez pas excessivement comme les Chrétiens ont glorifié le fils de Marie ». Il observait le silence la plupart du temps et ne parlait qu’en cas de nécessité. Loin d’être exhaustifs, ces quelques traits caractéristiques du Prophète ne constituent qu’un aperçu de ses hautes qualités morales que même ses ennemis ont reconnues. Les spécialistes de la Sira (conduite du Prophète) ont composé de nombreux ouvrages sur ce thème. Telle est la Sunna que certains critiquent sans la connaître et telle est la Sunna à laquelle nous devons nous conformer en tan que musulmans.


1- http://www.ibnamin.com/daef_bukhari...

2- Mohammed : le Prophète modèle : http://www.bismillah-debats.net/Moh...