Accueil du site > Debat Islam-Christianisme > DEBATS > Dernière lettre du pasteur
      

Dernière lettre du pasteur

Publication en ligne : mardi 11 mai 2004, par Maître Simozrag

le 30 septembre 1998

Ahmed,

Etant donné la médiatisation faite autour de votre cas, et désireux de me tenir à l’écart de toute confrontation politique, je vous informe de la suspension de nos échanges pour quelques mois.

Vous pouvez toujours m’écrire, mais je vous serais reconnaissant de ne plus mentionner mon nom à la presse burkinabé.

Merci.

P.S. Vous pouvez garder le livre que je vous ai prêté jusqu’à ce que je vous recontacte.

PIECES ANNEXES :

le 26 septembre 1998

) 1. Lettre à monsieur le Commissaire de la police de Dori

Monsieur,

Votre récente visite, au cours de laquelle vous avez fait relever par un de vos agents les références de mon passeport, avait pour moi un caractère énigmatique, je dois l’avouer.

Mais étant hier de passage à Ouagadougou chez Maître Ahmed Simozrag, ce dernier m’a remis un journal qui explique peut-être le motif de votre enquête. En effet, à ma grande surprise, le ‘‘Journal du soir’’ N°1210 des 5 et 6 septembre faisait allusion à mon échange de courrier avec le Chef de Cabinet du Ministère de l’Intérieur français.

Souhaitant bannir toute incompréhension, je voudrais porter à votre connaissance ce qui suit :

Il y a presque deux ans que j’ai commencé à correspondre avec Maître Ahmed Simozrag, m’efforçant de lui rendre compte de l’espérance qui habite en moi en tant que disciple de Jésus-Christ, comme il le fait d’ailleurs lui-même en tant que disciple de Muhammad.

Par la suite, je l’ai souvent rencontré à la zone du Bois, où il demeure. Les agents de la sécurité qui sont devant sa résidence pourront le confirmer. Nos échanges n’ont aucun caractère politique, vous pourrez le vérifier en consultant nos échanges de correspondances que je tiens à votre disposition. Ses amis du CADIS (Centre Africain de Diffusion Islamique et Scientifique) auraient souhaité publier notre correspondance, ce que j’ai refusé, surtout par souci de discrétion.

Quant aux informations parues dans la presse burkinabé, c’est Maître Ahmed Simozrag qui a jugé bon de les faire publier. Je l’avais pour ma part simplement mis au courant de ma lettre au Gouvernement français et de la réponse du Chef de Cabinet du Ministère de l’Intérieur (ci-jointes).

Je dois vous dire que je comprends sa démarche : faire connaître sa situation.

A sa place, j’aurais probablement fait la même chose, et il en est des chrétiens dans certains pays islamiques ou communistes qui subissent un sort pire que le sien. Je n’ai donc pas été insensible à sa situation familiale : mort de son fils Yassine en Algérie (cf. rapport d’Amnesty International), tentative de suicide à Paris de sa fille Razika... Il vient de plus de m’apprendre que les autorités algériennes ont refusé à son épouse son visa pour se rendre au Burkina Faso.

Il a donc été privé cette année de sa visite, cela est d’autant plus regrettable qu’elle non plus, me semble t-il, n’est pas à classer parmi les terroristes. C’est face à ces drames familiaux que je me suis permis d’écrire, à titre strictement personnel, au Gouvernement français pour plaider en sa faveur.

Pour ce qui est du Burkina Faso, qui est le pays hôte de maître Ahmed Simozrag comme de moi-même, je ne lui fais aucun grief, mais le félicite plutôt pour son hospitalité.

Je pense que ces quelques lignes contribueront à clarifier ma position et vous invite à les ajouter, si vous le jugez nécessaire, à votre dossier me concernant. Veuillez agréer, Monsieur le Commissaire, l’expression de mes sentiments les plus respectueux et l’assurance de mes prières pour le succès de la noble tâche que vous exercez.

Yves GOASGUEN

Pièces jointes :

- ma lettre au Gouvernement français du 18/04/98 ;
- la réponse du Chef de Cabinet du Ministère de l’Intérieur du 10/06/98
- page 8 du ‘‘Journal du Soir’’ N°1210. Ahmed, pour information

2) -la réponse du Chef de Cabinet du Ministère de l’Intérieur du 10/06/98

REPUBLIQUE FRANCAISE
Liberté Egalité Fraternité
MINISTERE DE L’INTERIEUR
Le Chef de Cabinet
Référence à rappeler
CABINET/BDC/N°32641/MC

Monsieur Yves GOASGUEN Centre Culturel Evangélique Mission des Assemblées de Dieu Boîte Postale 12 DORI Burkina Faso

Paris, le 10 juin 1998

Monsieur,

Le Cabinet du Premier Ministre a transmis à Monsieur Jean-Pierre CHEVENEMENT, Ministre de l’Intérieur, votre courrier relatif à la situation de Maître Ahmed SIMOZRAG, quant à la réglementation des ressortissants étrangers sur le territoire français.

Votre correspondance a aussitôt été transmise au service concerné pour examen approprié.

Je vous prie d’agréer, Monsieur, l’expression de ma considération distinguée.

Jean-Paul GEOFFROY

ADRESSE POSTALE : PLACE BEAUVEAU 75800 PARIS CEDEX 08 6 _ STANDARD Tel 01.49.27.49.27 - 01.40.07.60.60