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Finance islamique : Principes et différence avec la finance classique1

Publication en ligne : dimanche 9 février 2014

La notion de finance islamique recouvre l’ensemble des opérations de commerce, d’investissement, de prêt et de transactions effectuées au moyens de mécanismes et de produits financiers conformément aux principes de la Chari’a interdisant l’usure (riba), la tromperie, (gharar), le monopole (ihtikar), la spéculation (maycir) ainsi que le commerce et l’investissement dans les secteurs considérés comme illicites tels que le tabac, les boissons alcoolisées, les jeux de hasard, l’élevage, le commerce du porc, l’armement, la pornographie, etc.

La finance islamique vise le bien-être de l’humanité.

Parmi ses caractéristiques : la simplification de l’accès à l’argent, l’interdiction de la thésaurisation et de tout ce qui contribue à la paralysie et à la mauvaise utilisation des moyens financiers.

Dans un souci de développement, la finance islamique tend à favoriser les opérations de commerce et d’investissement, soit au moyen du prêt sans intérêt, soit au moyen d’un crédit avec participation aux pertes et aux bénéfices entre la banque et l’opérateur économique.

La finance islamique est exempte des tares et des défauts de la finance classique tels les gains illicites, l’individualisme, les monopoles, le déséquilibre socio–économique, etc.

Elle est mue par des considérations morales et humanitaires selon lesquels l’argent n’est pas une fin en soi mais un simple moyen destiné à servir l’homme et non pas l’asservir, ce qui explique son rejet des contingences, des incertitudes, des nuisances, bref de tout acte de nature à porter atteinte à la vie, à la santé et à l’économie en général.

En d’autres termes, la finance islamique ne traite pas l’homme comme un objet ou une marchandise, ni le peuple comme une société de consommation. Consciente du droit à la vie des créatures, elle prend soin de l’environnement et protège la faune et la flore.

Elle n’engendre pas les crises systémiques telles l’inflation, le chômage et encore moins les faillites économiques.

Les bienfaits de la finance islamique s’expliquent par le fait qu’elle se fonde sur la chari’a et celle-ci est une miséricorde divine pour les créatures en général et l’homme en particulier. Elle contient une panoplie de principes et de valeurs destinés à satisfaire les besoins matériels et spirituels de l’homme en le mettant à l’abri des dérives et des pièges sataniques.

La Chari’a a essentiellement pour finalité de rendre l’homme heureux grâce à une répartition équitable des richesses, à l’instauration d’une justice sociale et d’une législation financière tendant à éradiquer la pauvreté et le mal vivre.

A-Pratiques interdites

Il suffit pour le succès de la finance islamique qu’elle se distingue de la finance classique par la prohibition de certaines pratiques jugées nuisibles telles que le gharar (la tromperie), le riba (l’usure), la spéculation, le monopole, etc.

1-le gharar

Le concept de gharar signifie ‘‘danger’’, ‘‘tromperie’’, Satan est appelé ‘‘gharor’’ trompeur ; tout ce qui est beau, attirant en apparence mais qui comporte un manque, un défaut ou un vice caché est qualifié de gharar. On appelle ‘‘vente gharar’’ la vente d’un produit inexistant, incertain ou illusoire, telle la vente d’un produit avant sa fabrication, la vente des petits dans les ventres du bétail, des cultures avant leur maturité, la vente des poissons en mer ou du lait dans les mamelles, etc.

2-le riba

Le riba est l’usure ou l’intérêt. Il s’agit généralement d’une augmentation ou d’un surplus d’argent perçu à l’occasion d’un prêt ou de la vente d’une marchandise à crédit.

L’usure est une pratique que l’Islam ne se contente pas de prohiber ; il la condamne de la manière la plus sévère lui imputant la responsabilité de plusieurs maux dont la ruine de l’économie. Il voue à la Géhenne ceux qui en font usage, les témoins et même ses scripteurs. Outre le fait que ces derniers soient maudits, l’usure est dépourvue de bénédiction et son profit réduit à néant, d’après le saint Coran (s2 v276).

Celui qui la pratique est assimilé à un individu qui commet l’adultère avec sa mère.

L’usure figure parmi les péchés capitaux ! Ceux qui persistent à pratiquer l’usure après avoir reçu la sommation divine de cesser doivent s’attendre à une guerre de la part d’Allah et de Son Messager (Coran s2 v279).

En réalité, l’effet désastreux de l’usure sur l’économie tels l’inflation et le chômage n’est plus à démontrer.

L’usure est un frein à l’investissement ; les détenteurs de capitaux abandonnent le commerce et l’industrie sachant qu’ils peuvent s’enrichir en pratiquant le loyer de l’argent.

Au lieu d’investir, l’usurier va spéculer avec son argent sans se rendre compte du fait qu’il contribue à créer un pouvoir d’achat, c’est-à-dire de la monnaie sans contrepartie, si ce n’est le temps et le temps n’appartient à personne. Cette manière de créer de l’argent sans contrepartie provoque l’inflation, c’est-à-dire la hausse des prix et le chômage.

Sans être expert en économie, il suffit de réfléchir un peu sur les mauvaises retombées de l’usure sur la société. Encore une fois, l’usure crée une situation où la production diminue suite à la baisse de l’investissement. D’où la cherté de la vie et l’augmentation du chômage.

Aussi, les méfaits de l’usure retombent sur les consommateurs et ce sont les pauvres qui en souffrent. Prenons par exemple un industriel, un commerçant ou un éleveur qui emprunte une somme d’argent avec des intérêts ; il va répercuter ces intérêts sur les prix des produits que nous allons acheter ou consommer. Donc ce sont les consommateurs (enfin nous-mêmes) qui supportent les intérêts.

3-la spéculation

La spéculation (al-mayçir) est une opération d’achat et de vente de produits basée sur des prévisions en rapport avec la conjoncture économique, les fluctuations des prix et les aléas du marché. C’est en quelque sorte un pari sur l’avenir non dépourvu de risques. Elle ressemble aux jeux de hasard.

Il s’agit d’une opération financière ou commerciale qui a pour objet de réaliser un gain d’argent en pariant sur la fluctuation des cours du marché.

Elle consiste à vendre des biens dont on ne dispose pas encore, ou acheter des biens souvent inexistants qu’on revendra directement après, ou encore spéculer sur de gros montants avec une faible somme de départ ; et tout cela dans le but de gagner plus.

Le spéculateur fait un pari sur une évolution future des prix et accepte de prendre le risque de perdre de l’argent si l’évolution est contraire à celle qu’il prévoyait.

On spécule sur la valeur de la monnaie, sur des matières premières : blé, riz, sucre, soja, maïs, pétrole, sur les titres en bourse, sur la valeur de produits ou de marchandises non encore disponibles au marché (en cours de fabrication), sur des récoltes à l’état de germination, voire avant les semailles.

De nombreux experts à l’instar de Heiner Flassbeck reconnaissent que la spéculation sur les matières premières est très dangereuse.

Le moins que l’on puisse dire sur la spéculation est qu’elle constitue un enrichissement sans cause et produit des effets désastreux sur les prix des matières premières et sur le coût de la vie.

La spéculation fut décriée à maintes reprises lors des émeutes de la faim en Afrique, en Asie et en Amérique latine. Le prix des denrées alimentaires ne cessent d’augmenter en raison des spéculations.

L’ONG Oxfam dénonce la spéculation sur les matières premières agricoles. Oxfam France lance aujourd’hui une campagne incitant les établissements français, et notamment BNP Paribas, à arrêter de spéculer sur les matières premières agricoles, une activité qui pousse les prix à la hausse, dit-elle, et peut avoir des répercussions catastrophiques dans les pays pauvres.

Olivier de Schutter, rapporteur spécial de l’ONU sur le droit à l’alimentation, affirme :

« L’impact de la spéculation financière sur la flambée des prix alimentaires est désormais largement reconnu, et ce phénomène doit être contrôlé au plus vite ». (Libération Economie du 11 février 2013)

4-le monopole

Le monopole (l’ihtikar) est le fait de posséder ou de faire quelque chose à titre exclusif et hors de toute concurrence. Par exemple, exploiter un terrain, vendre un produit, etc.

Certains commerçants achètent les produits de première nécessité et les stockent jusqu’au moment où leurs prix augmentent pour les vendre aux prix les plus élevés et accroître ainsi leurs gains. Ce procédé est appelé ‘‘ihtikar’’, monopole.

Les spéculateurs agissent de la sorte pour créer des pénuries de denrées nécessaires et gagner plus d’argent. Cela se fait au détriment des masses qui en ont un grand besoin.

L’Islam mène un combat contre cette pratique qu’il qualifie d’inhumaine. Le Prophète (sws) dit : « Celui qui monopolise la nourriture des musulmans, Allah le frappera de lèpre et de faillite » (Ibn Maja)

من احتكر على المسلمين طعامهم؛ ضربه الله بالجذام والإفلاس) ابن ماجه)

من دخل في شيء من أسعار المسلمين ليغليه عليهم كان حقًا على الله أن يعقده بِعُظْم من النار يوم القيامة) أحمد)

« Celui qui intervient dans les prix des marchandises des musulmans pour les augmenter, Allah lui réservera une place au fond de l’Enfer le Jour de la Résurrection » (Ahmad)

B-Principes de la finance islamique

La finance islamique tire son origine de la justice et de la clémence divines. Elle est régie par des règles où tout semblant de ruse, d’ambiguïté, de nuisance ou d’incertitude est écarté.

Transparence et franchise sont les critères des échanges en finance islamique.

La règle ‘‘ la dharara wala dhirar’’ (Pas de préjudice ni d’un côté ni de l’autre), ni se faire mal ni faire mal aux autres, étant la base de toute transaction.

Attentive au maintien de l’équilibre entre le devoir humanitaire et la recherche du gain licite, la finance islamique fonctionne sur la base du réel, du vrai et du concret, loin du doute, des mystifications et du mensonge.

Elle constitue un moyen de lutte efficace contre la pauvreté, le chômage et les inégalités sociales.

Le premier principe de la finance islamique est que l’argent ne doit jamais produire de l’argent.

Deuxième principe : on ne peut pas vendre un produit inexistant, imprécis ou fictif.

Troisième principe : Seul le bien acquis peut être vendu. Le Prophète (sws) a dit : Ne vends pas ce que tu ne possèdes pas. » (Rapporté par Ahmad 3/402, Tirmidi 1232, Abu Daoud 3503, Naçaï 4/39, Ibn Maja 2187).

Quatrième principe : On ne peut pas vendre une dette par une dette, ce qui est équivaut à céder une incertitude.

Cinquième principe : Le partage des risques, de la responsabilité de gestion et des résultats en pertes et profits. Ce principe découle d’une règle fondamentale appelée en arabe ‘‘al-Ghunm bil-Ghurm".

Cela signifie que l’investisseur (rab el mel) doit participer avec celui qui emprunte (le commerçant ou l’entrepreneur) aux bénéfices, comme aux risques.

Sixième principe : l’interdiction d’investir dans les secteurs haram, à savoir le tabac, l’alcool, la viande du porc, les jeux de hasard, l’armement, etc.

La finance islamique met en œuvre des techniques, des mécanismes produisant des gains licites sans avoir recours à l’usure ou à l’intérêt. Elle réalise des opérations halal, licites dans des secteurs licites également. Non seulement, elle en tire des profits licites, mais elle permet aussi d’éviter tout investissement, produit ou commerce nuisible soit à l’économie, soit à la santé physique ou mentale de la personne humaine.

C-Produits financiers et mécanismes de la finance islamique

Parmi les produits financiers qu’on peut appeler techniques, instruments ou mécanismes de la finance islamique, figurent :

1-Mourabaha :

Celle-ci (la Mourabaha) est une transaction entre un fournisseur et la banque au profit d’un tiers, généralement le client de la banque.

La banque achète des biens demandés par un acheteur (son client) et les lui revend à un prix payable à terme, majoré d’une marge bénéficiaire clairement déterminée et convenue.

Les bénéfices et la période de remboursement (versement échelonné en général) sont précisés dans un contrat initial conclu entre la banque et son client acheteur.

Ce mécanisme (Mourabaha) est défini en arabe comme étant la vente au prix de revient augmenté d’un bénéfice.

2-Moucharaka :

Ce mécanisme est une entreprise commune créée par la banque et une ou plusieurs entreprises.

La banque participe au financement du projet et perçoit régulièrement au prorata de son apport sa part des bénéfices en qualité d’associé copropriétaire.

3- Moudharaba :

Dans la Moudharaba, la banque en qualité d’investisseur « rab el mel » donne de l’argent à un homme de confiance (l’entrepreneur, en arabe Moudarib) pour faire le commerce ou l’élevage ou toute autre opération et le bénéfice sera partagé entre les deux. Le capital demeure toujours la propriété de la banque.

L’entrepreneur, qui peut être un commerçant, un éleveur ou autre, n’apporte que son talent, son savoir faire. Les bénéfices sont répartis selon les termes du contrat. Ils sont généralement partagés fifty-fifty ou plus que la moitié pour l’entrepreneur, par exemple 60/40 % si l’activité est difficile ou si elle comporte des risques pour lui.

Il existe deux types de moudharaba : une absolue ou générale (Moudaraba moutlaqa) et l’autre limitée à un domaine d’investissement ou de commerce particulier (Moudaraba mouqayyada).

4-Ijara :

L’Ijara est un type de contrat d’investissement qui ressemble au crédit-bail ou leasing.

Dans cette opération, la banque achète un bien (maison, voiture, machine) qu’elle donne en location à son client lequel en devient propriétaire une fois le prix du bien remboursé. C’est la mise à disposition d’un bien moyennant un loyer avec promesse de vente.

5-Istithmar

L’istithmar est un investissement effectué par la banque. Cette dernière investit en utilisant l’épargne et les fonds déposés par les clients soit directement soit par l’intermédiaire de partenaires commerciaux ou industriels.

Si la banque finance les entrepreneurs, elle agit en tant qu’investisseur (rab el mel) et les entrepreneurs (Moudharibs). Dans le cas où la banque investit directement, elle a le statut de Moudharib et les déposants arbab el mel.

La banque islamique est par nature une banque d’affaire et d’investissement dont la mission est de promouvoir l’investissement et le développement.

6-Tawarrouq

Ce procédé consiste à acheter à crédit une marchandise et la revendre au comptant dans le but d’obtenir des liquidités.

7-Istisnâa

Il s’agit d’une demande de construction ou de fabrication exécutée par la banque à la demande de son client. L’Istisnâa est destiné à satisfaire les demandes et les besoins des clients dans certains domaines.

Dans le domaine du bâtiment par exemple, un client demande à la banque de lui construire une villa à tel endroit. Il doit joindre à sa demande un dossier contenant le plan, les devis estimatif et descriptif du projet, l’acte de propriété du terrain, Au cas où la banque accepte, elle demande les garanties de payement et éventuellement une avance sur le coût du projet.

Après accord, un contrat sera établi entre la banque et le client définissant les droits et les engagements de chacune des parties. La banque conclurait un deuxième contrat avec l’entrepreneur chargé de la construction de la villa.

Il existe d’autres produits et d’autres techniques permettant à la banque islamique de réaliser des profits sans avoir recours à ce qu’on appelle le loyer de l’argent ou l’usure.

D-Différence entre la finance islamique et la finance classique

1-Les pratiques interdites en finance islamique sont autorisées en finance classique. Ainsi le riba, le gharar, la spéculation, le monopole, sont des pratiques courantes en finance classique. Point n’est besoin de rappeler les dégâts causés par ces fléaux.

Si l’on ne tient compte que de l’intérêt (le riba) qui est prohibé en finance islamique alors qu’il est le pilier, le pivot, la raison d’être de la finance classique, on peut dire que la finance islamique est diamétralement opposée au système financier classique.

2-La finance classique n’hésite pas à investir dans les secteurs interdits par la finance islamique ; par exemple les jeux de hasard, l’alcool, le tabac, l’armement, les paris de toutes sortes sont le terrain de prédilection de la finance classique. Sans se soucier le moins du monde que pareils investissements favorisent le développement d’activités et de produits non seulement illicites mais également nuisibles tant à l’économie qu’à la santé publique.

3-le profit

La finance classique est mue par le profit et la rentabilisation excessive (l’optimisation) quels qu’en soient les procédés et les secteurs d’activité et ce au détriment de la morale et de l’équité.

Contrairement à la finance islamique qui recherche le juste milieu entre l’intérêt individuel et l’intérêt général, qui tend à satisfaire les besoins tant matériels que spirituels, qui veille à la sauvegarde de la santé humaine et de l’économie, la finance classique méconnait l’intérêt général ainsi que toutes notions d’éthique, d’équité et d’équilibre.

Cette dernière ne fait pas la différence entre ce qui est utile et ce qui est nuisible, ce qui est licite et ce qui est illicite, pourvu que le profit soit garanti. Le système financier islamique est de loin plus humain.

4-le partage du risque

Une des caractéristiques essentielles de la finance islamique est le partage du risque. Cette notion est fondamentale dans le système financier islamique, compte tenu de la règle déjà citée ‘al-Ghunm bil-Ghurm".

La banque, l’entrepreneur et l’investisseur doivent partager les pertes de la même façon qu’ils partagent les bénéfices d’un projet.

Par contre dans le système financier classique, la banque n’accepte jamais de participer aux pertes. Celles-ci sont toujours à la charge de ce qu’on appelle le client.

5- productivité et solvabilité

En cas de prêt, le système financier islamique s’intéresse à la productivité du projet et non à la solvabilité de l’emprunteur.

En revanche, le système financier classique s’intéresse à la solvabilité de l’emprunteur, il attache peu d’importance à la viabilité du projet.

6-La zakat et le waqf

La banque islamique utilise les ressources de la Zakat et du Waqf pour l’octroi de prêts sans intérêt et pour des œuvres sociales. Ces fonds n’existent pas dans le système bancaire classique.

La Zakât n’est pas une aumône facultative, c’est un impôt obligatoire qui incombe à tout musulman dont l’épargne ou la valeur des biens atteint un certain seuil appelé « Niçab ».

La Zakât est payable chaque année en exécution d’une injonction divine définissant les huit catégories de bénéficiaires parmi lesquels figurent des musulmans, des non-musulmans ainsi que des œuvres sociales : (Coran, s9 v60).

Elle est en quelque sorte un droit du pauvre sur les biens du riche. Le Waqf est l’immobilisation d’un bien mobilier ou immobilier, d’une rente ou d’un service pour la cause de Dieu.

Cette expression ‘‘pour la cause de Dieu’’ recouvre toute action de bienfaisance destinée à l’amélioration des conditions de vie des citoyens ainsi qu’à la satisfaction de leurs besoins en matière d’infrastructure, de santé, d’éducation, d’eau potable, de voirie, etc.

Tout au long de l’histoire de l’Islam, les ressources du waqf ont servi à la prise en charge des orphelins, des aveugles, des handicapés et des sans-abri.

Il y avait des waqf spécifiques destinés au mariage des jeunes dont les parents ne pouvaient en supporter les frais. Le waqf s’occupait de l’hébergement et de la restauration des voyageurs et des pèlerins, du forage et de l’équipement de puits, de la construction des barrages et des canaux d’irrigation.

Le waqf revêt un double avantage, celui de créer des emplois et de générer des ressources pour financer la réalisation ou la gestion des œuvres de bienfaisance.

Le waqf est l’exemple type de ce prêt gracieux éminemment agréable à Dieu et qui est, de surcroit, un outil de développement qui permettra de réduire la pauvreté et de contribuer au développement du pays.

Conclusion

Il ne fait aucun doute que la création de structures financières islamiques ne manquera pas d’attirer des capitaux énormes surtout en matière de zakat et de Waqf.

En fait, les banques classiques ne sont pas aptes à mobiliser pareils fonds à caractère religieux à cause de la pratique de l’usure.

Il en résulte que l’instauration d’établissements financiers islamiques est non seulement un moyen permettant de libérer des ressources importantes mais aussi de lutter contre la pauvreté.

Ayant fait ses preuves dans de nombreux pays, la finance islamique est la seule alternative aux crises successives qui ébranlent le système financier mondial ; en témoignent les cris de détresse et les appels au secours de certains pays occidentaux en direction du monde arabe.

De nombreux experts occidentaux ont d’ailleurs reconnu les vertus salvatrices de la finance islamique et ses capacités de résistance aux crises économiques.

Ahmed Simozrag

1- Conférence du 8 février 2014 à l’université de Ouagadougou sous le parrainage de l’Association pour le développement de la finance islamique (ADFI).