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Islam au centre de la Guerre Culturelle (Partie 1)

Publication en ligne : mardi 11 mai 2004, par Maître Simozrag

Conférence donnée le 02-02-1997 au Centre Culturel Arabe Libyen de Ouagadougou (l’éditeur).

I - Définition du mot culture :

D’après le petit Robert : « la culture est l’ensemble des connaissances acquises qui permettent de développer le sens critique, le goût, le jugement. » Ou encore : « l’ensemble des aspects intellectuels d’une civilisation. »

Taylor (savant anglais) : « La culture, c’est un ensemble complexe de savoir, de croyances, de lois, de morale, d’us et de coutumes de l’homme en tant que membre d’une société. »

Albert Schwitzer : « La culture, c’est l’ensemble de tous les progrès des hommes et des sociétés humaines, dans tous les domaines, car ils ont contribué à former l’esprit des individus et même participé au progrès. »

Albert Sasson, directeur d’étude, de programmation et d’évaluation à l’Unesco : « Par culture, on entend non seulement la création artistique, littéraire, théâtrale, la danse, la musique, mais aussi les systèmes de valeurs, les attitudes à l’égard des problèmes contemporains de société par exemple les attitudes vis-à-vis des droits de l’homme, de la tolérance, de l’extrémisme. »

Les sociologues musulmans : Fathi Douraini : « La culture est l’expression contemporaine des aspects du progrès scientifique, littéraire, artistique, social, politique, économique, lesquels aspects sont les résultats de la production de l’homme social grâce à ses particularités intellectuelles, son comportement et sa conscience etc. »

D’après Ibn Khaldoun, la culture est le but de la civilisation.

Pour résumer ces définitions, on peut dire que la culture englobe tous les aspects de la vie de l’homme, y compris les progrès réalisés par lui dans tous les domaines de la vie sur le plan artistique, littéraire ; scientifique etc. Bref, c’est donc tout ce que l’homme a produit et acquis comme système de connaissances, de croyances, de valeurs, de pensées, de comportement etc. Toutes les activités de l’homme ont un rapport avec sa culture.

II - L’élément religieux :

La religion est un facteur déterminant dans la formation et le développement de la culture. On peut dire qu’elle englobe toute la culture dans la mesure où elle comporte des enseignements, des lois, des données et des valeurs destinées à former et à régir les rapports, la croyance et l’action de l’homme. Dieu a créé l’homme, Il lui a enseigné ce qu’il ne savait pas. Il apprit à Adam tous les noms, c’est-à-dire le langage. Il apprit à Noé comment fabriquer l’arche, à Joseph l’art d’interpréter les rêves, à David la forge, à Salomon le langage des oiseaux et des fourmis ; Il a donné à l’homme l’intelligence et lui inspire sans cesse des idées inventives, créatrices. Il mit à la disposition de l’homme des moyens matériels et intellectuels afin de poursuivre et de parfaire l’oeuvre de la création. L’homme n’a pas cessé de s’inspirer des modèles des choses et des êtres sur la terre et dans l’univers pour la fabrication des engins de transport dont il a besoin.

Dieu fait savoir dans le Coran qu’Il a soumis les djinns à Salomon pour le servir et lui fabriquer des objets de toutes sortes : « et parmi les djinns il y en a qui travaillaient sous ses ordres par la permission de son Seigneur. Quiconque d’entre eux, cependant, déviait de notre ordre, Nous lui faisons goûter au châtiment de la fournaise. Ils exécutaient pour lui ce qu’il voulait : sanctuaires, statues, plateaux comme des bassins et marmites bien ancrées. » 34.12-13 [1]

III - Particularités de la culture islamique :

a) Foi : La culture islamique est une culture basée sur la foi ; elle tire ses origines du Coran, des hadiths du prophète (psl) et du patrimoine islamique qui est le fruit de l’effort intellectuel et scientifique d’une pensée fondée sur la foi et la raison. b) Universalité : La culture islamique est une culture universelle qui regarde l’homme sous le même angle et selon le même critère de respect et de considération sans discrimination aucune. Elle combat l’ignorance, l’illettrisme et incite au savoir, à la piété, à l’éducation morale et à toute action utile.

c) Intégralité : La culture islamique est une culture d’ensemble (intégrale) englobant dans sa démarche et dans son contenu, d’une part toutes les dimensions de l’existence, à savoir : l’homme, l’univers, le Créateur, la matière, l’esprit, le mystère et intégrant d’autre part, tous les aspects de la vie humaine, c’est-à-dire : morale, foi et loi. La culture islamique est une culture constructive, humaniste de par ses principes, ses valeurs, ses orientations, ses réalisations. Ce faisant, contrairement aux méthodes dichotomiques, elle ne fait pas de distinction entre le religieux et le profane (le spirituel et le temporel) la raison et la foi, le droit et la morale, l’esprit et la matière etc.

d) Equilibre : C’est une culture de juste milieu qui entend maintenir l’équilibre et l’harmonie entre des tendances et des intérêts différents ou opposés. Elle concilie les intérêts de l’individu et ceux du groupe, les droits et les devoirs, le constant et le variable, le traditionnel et le moderne, les besoins du corps et les passions de l’âme.

e) Portée et champ d’action : Son domaine d’action englobe l’homme, ses origines, son destin, le but de sa création (sa raison d’être) ; l’univers comme manifestation de la puissance divine, les différentes fonctions des phénomènes dans l’univers, les planètes et les astres, le monde animal et végétal, leur utilité par rapport à l’homme, la vie avec ses deux phases, ici-bas et l’au-delà, la foi qui consiste en la croyance en Dieu, ses anges, ses livres, ses messagers et au jour du jugement dernier, les actes de culte qui constituent le lien entre l’homme et son Créateur ; le comportement de l’homme et ses rapports avec lui-même, avec ses semblables et avec la nature.

Dans sa méthode d’acquisition des connaissances, elle se fonde sur les données de la révélation divine ainsi que sur la raison et les sens. La révélation divine offre la meilleure source de connaissance de certaines vérités et phénomènes relevant du mystère. Le postulat de la foi en Dieu est un raccourci dans la recherche du savoir. C’est aussi un moyen qui facilite la découverte de la vérité et la compréhension de certains phénomènes. La méconnaissance de ce postulat et surtout des données de la révélation divine a mis en déroute de nombreux savants et chercheurs occidentaux, rendant vains leurs efforts et infructueux leurs travaux.

f) Tolérance : Une culture de tolérance, respectueuse des coutumes, des croyances et des cultures des autres. elle reconnaît le droit à la différence : la preuve : les musulmans en Inde, en Afrique, les coptes, les chrétiens arabes n’ont subi aucune contrainte dans leurs coutumes et dans leurs croyances.

g) Objectifs : Elle tend à orienter l’intelligence et l’action de l’homme vers la perfection, le bon sens et tout ce qui conditionne et conduit au bonheur dans les deux mondes. Elle donne à l’homme une éducation destinée à le préparer et à le rendre apte à assumer son rôle de calife (lieutenant) de Dieu sur la terre en vue de la peupler et de l’exploiter raisonnablement.

« Lorsque ton Seigneur dit aux anges ; Je vais établir sur la terre un Califat (gérant) » 2.30

« De la terre, Il vous a créés et vous l’a fait peupler et exploiter » 11.61

« Ne voyez-vous pas qu’Allah vous a assujetti ce qui est dans les cieux et sur la terre. Et Il vous a comblé de ses bienfaits apparents et cachés ? » 31.20

Elle vise à instruire l’homme, à purifier sa pensée et son coeur de manière à l’éloigner des fausses croyances et des fausses conceptions à l’égard de Dieu (Créateur) et des êtres (créatures) afin de lui permettre de vivre en harmonie, en paix avec lui-même et avec ses semblables. La culture islamique tend à réformer, façonner la pensée, la conduite et les moeurs afin de permettre à l’homme de se libérer du culte, de l’esclavage, de l’emprise de soi (ego) et des autres pour n’adorer que Dieu seul. Dans cet ordre d’idées, elle a pour principe d’épurer les sentiments humains des vices, des souillures de l’âme telles la haine, la jalousie, l’orgueil, l’arrogance, la perfidie, la malveillance, la malhonnêteté, la trahison, le mensonge, la cupidité, le racisme, le mépris des autres, l’égoïsme, la médisance, l’agressivité, le sarcasme, le scepticisme, le doute, enfin tous les maux psychiques susceptibles d’affecter le comportement de l’individu et partant, de détériorer les rapports sociaux.

Grâce à l’éducation morale qu’il reçoit de la culture islamique, l’homme acquiert la maîtrise de soi, de ses instincts, de sa raison de sorte qu’il n’y ait pas d’excès ni de dépassement quant à l’usage des facultés et des sens. La vertu et la morale occupent une place prééminente dans la culture islamique. Elle veille à la propagation et au maintien des bonnes moeurs, au sein de la famille et de la société.

Elle enseigne avec insistance l’amour du prochain (l’altruisme), la courtoisie, le respect, la tolérance, la justice, la solidarité, la générosité, l’assistance aux proches, l’aide aux mendiants, aux nécessiteux, aux personnes âgées, aux malades, aux veuves, aux orphelins, aux prisonniers, la bienfaisance, la décence, la retenue, l’abstinence, la sobriété, l’humilité, la bonté, la sagesse, la modération dans toute chose ; elle ne se contente pas d’enseigner les valeurs morales, elle s’étend jusqu’au comportement individuel pour apprendre à l’homme comment se gérer lui-même et se conduire dans la vie quotidienne afin de préserver sa santé physique et mentale ; elle lui recommande la modération dans les dépenses et dans la jouissance des biens de ce monde, dans la nourriture, dans la boisson, l’habillement, le sommeil, le repos, de prendre soin des animaux et de l’environnement naturel.

La culture islamique est la culture du savoir. Le premier verset du Coran intime l’ordre au prophète de lire et d’apprendre : « Lis au nom de ton Seigneur qui a créé » 96.1 [2]

Le Coran glorifie la science et fait l’éloge des savants. Il fournit des concepts scientifiques et lance des appels réitérés à la recherche du savoir et à la réflexion.

Abou Darda a entendu ces propos du prophète Mohammed (psl) : « Dieu facilitera le paradis à celui qui emprunte une voie avec le désir d’acquérir la science. »

Abou Houreira rapporte ces propos du prophète (psl) : « Lorsque meurt les fils d’Adam, leurs oeuvres cessent à l’exception de trois d’entre elles : une aumône (oeuvre) dont les effets se perpétuent après sa mort ; une science dont on continue de tirer profit, un enfant pieux qui fait des prières en leurs faveurs »

Anas rapporte : « Quiconque part à la recherche de la science agit pour la cause de Dieu jusqu’à ce qu’il retourne chez lui ».

IV - APPORTS ET INFLUENCE DE LA CULTURE ISLAMIQUE

Il est de notoriété universelle que la culture islamique a largement contribué au progrès scientifique et technologique du monde moderne. C’est la culture islamique qui a ouvert la voie d’accès aux nombreux domaines de l’art et du savoir et fourni les moyens matériels et conceptuels de l’essor de l’humanité.

Les réalisations : Le calife abasside Al Maamoun fonda à Bagdad en 215 de l’hégire (837 de l’ère chrétienne) Baytoul-Hikma, université mondiale dotée de laboratoires, d’observatoires, de centres d’études et de documentations. Après avoir lancé une opération de collecte de livres et de manuscrits à l’échelle planétaire, le calife employa des savants de renommée pour traduire et enseigner .

Gustave Le Bon écrit : « Dans les temps où les livres et les bibliothèques n’avaient aucune valeur pour les européens et que l’on avait à peine 500 livres manuscrits, tous religieux dans l’ensemble des monastères de l’Europe, les pays musulmans possédaient assez de bibliothèques. Celle de Bagdad, le Baytoul-Hikma possédait 4.000.000 de livres. La bibliothèque royale du Caire possédait 1.000.000. En Espagne seulement, entre 70 et 80.000 livres étaient publiés chaque année » [3]

Le même auteur dit : « outre les écoles publiques de Bagdad, du Caire, de Cordoue et autres, des universités avaient été fondées. Elles possédaient des laboratoires, des observatoires, de grandes bibliothèques et d’autres moyens de recherche. L’Andalousie possédait 70 bibliothèques publiques. La bibliothèque Al Hakem II de Cordoue possédait 600.000 livres dont 44 étaient les index, alors que 400 ans plus tard, Charles le Sage ne réussissait à ramasser que 900 livres pour la bibliothèque Nationale de Paris qu’il avait fondée dont le tiers était composé de livres religieux. Les musulmans n’ont pas seulement fait progresser la science par leurs recherches, ce sont eux qui l’ont propagée dans le monde grâce à leurs livres et leurs écoles. Ce qu’ils ont apporté à l’Europe au niveau de la science, de la technique et des connaissances a été considérable. Comme nous en parlerons plus tard, dans les chapitres des oeuvres scientifiques et littéraires des musulmans, ils furent les maîtres de l’Europe et c’est seulement grâce à eux que le savoir de l’antiquité grecque et romaine s’y est répandu. Vers la fin du moyen âge, lorsque l’Europe était plongée dans l’ignorance et que les gens souffraient dans la misère, ses souverains se rendaient en terre islamique pour se faire soigner. Les étudiants accouraient vers les universités islamiques qui faisaient la gloire des musulmans. Des universités telles que celles du Caire, de Cordoue, de Constantinople et d’Alexandrie possédaient les plus modernes moyens, instruments de recherches et d’expériences de l’époque’ » [4] Les étudiants venaient de tous bords : Juifs, Chrétiens, Européens, Asiatiques attirés par la richesse des enseignements, le respect des libertés et surtout des bourses d’études fort intéressantes.

Le Docteur Max Mirhov affirme : « A Istanbul il y a plus de 80 bibliothèques dans les mosquées où l’on trouve des dizaines de milliers de livres et de manuscrits anciens. Au Caire, à Damas, à Mossel ou à Bagdad, en Iran et en Inde, il y a de grandes bibliothèques qui contiennent de célèbres oeuvres et de précieux livres dont aucune liste n’a encore été établie. Le nombre de ceux qui ont été commentés ou imprimés est très peu. Même la liste de la bibliothèque d’Escorpal en Espagne qui contient une grande part des livres et des essais scientifiques de l’Islam en Occident n’est pas encore complète. Certes, ce qui a été découvert durant les quelques dernières années a éclairé plus ou moins, l’histoire de la science de l’ancien monde de l’Islam, mais les découvertes sont encore insuffisantes. Le monde se rendra compte à l’avenir de l’importance de la science des musulmans. » [5]

La science Arabe a apporté de la lumière aux ténèbres de l’Europe du moyen âge, lumière qui a perdu son éclat lorsque les sciences modernes sont apparues. Mais c’est cette lumière qui nous a guidés dans l’obscurité et dirigés jusque là. On peut même dire qu’elle nous accompagne toujours. « Le patrimoine de l’Islam ».

Les musulmans ont réalisé des inventions et des performances dans de nombreux domaines notamment en médecine, en pharmacie, en physique chimie, mathématiques, astronomie. Il serait fastidieux de citer les nombreux témoignages de chercheurs et de savants occidentaux sur la formidable contribution de la culture islamique à l’épanouissement de la civilisation occidentale actuelle.

En 794, Jafar, ministre d’Harun Er-Rachid fit construire la première papeterie de Bagdad. Au IXème siècle, le papier fit son entrée en Espagne et c’était le début d’une ère nouvelle dans l’histoire de la vie culturelle en Europe qui, jusque là utilisait comme seul support d’écriture le parchemin et le papyrus.

Dans le domaine de l’art, la culture islamique a produit des merveilles faisant des musulmans les plus grands génies de l’humanité. La beauté et la splendeur de leurs chefs-d’oeuvre artistiques sont mondialement reconnues. Le moindre mausolée, le moindre sanctuaire, la moindre mosquée à Damas, Alger, Istanbul est un témoignage vivant de ce grand talent artistique. La minutie, la précision et la finesse appliquée aux sculptures et décorations multiformes traduisent les qualités de patience, d’esprit et de noblesse caractéristiques de ces grands maîtres de l’art qu’étaient les musulmans.

Il est indéniable que l’art musulman est des plus fascinants. L’une de ses merveilles artistiques est la mosquée de Grenade (Espagne) avec ses 360 fenêtres conçues selon le nombre de jours de l’année de manière et avec une précision telle que chaque jour, une nouvelle fenêtre reçoit les premiers rayons du soleil.

Le Docteur Mohammed Djawad Bahonar écrit : « L’art et la littérature islamiques, du point de vue de la richesse de leurs pensées et de leurs beautés font partie des trésors de la littérature et de l’art mondial. Des gens de lettres et des artistes contemporains tels le poète espagnol Miguel Unamuno et le poète Allemand Goethe s’en sont directement inspirés. L’art chez les musulmans s’inspire du concept suivant : ‘‘Dieu est beau et aime la beauté’’. Ainsi que la beauté naturelle du monde entier dans tous les aspects de l’agencement de l’univers. Nous observons dans la société islamique que les beaux arts ont imprégné tous les aspects de la vie, les habitations, les mosquées, les épées et leurs fourreaux, les livres et leurs couvertures jusqu’aux marchés et espaces publiques et en étudiant le moindre monument historique, la moindre mosquée en Syrie, à Séville et à Ispahan, nous sommes confrontés à l’art musulman.

Dans de nombreuses mosquées, les différents arts sont utilisés à sa décoration intérieure : l’architecture a recherché l’équilibre des formes, la peinture a décoré et paré les briques, la calligraphie orne des stèles portant des inscriptions. Les prêches et les événements historiques sont chantés sous forme de poésie. Même l’art artisanal participa pour parachever et orner cet ensemble sacré. Les très beaux tapis, les immenses candélabres, les marqueteries et le travail de filigrane parfont la beauté et la grandeur des mosquées.

Ainsi les aspects de la culture et de l’art islamiques ont contribué des siècles durant, à l’édification des mosquées, permettant alors à un historien méticuleux et perspicace de reconstituer clairement la civilisation et l’histoire des peuples musulmans du monde. Tout au long des siècles, l’art musulman n’a trouvé un lieu d’expression plus pur et d’endroit plus sûr que les mosquées pour être exposé. La participation des différentes nations islamiques à l’ornement des mosquées tout en préservant les caractéristiques nationales et régionales a créé une sorte d’universalisation de l’architecture musulmane, parfaitement en harmonie avec la civilisation et la culture, qui constituent indéniablement, un sujet de fierté pour les musulmans.

Outre les mosquées, de nombreux monuments sont restés de la civilisation islamique où l’on peut voir l’art proprement islamique s’exprimer. Le fait le plus remarquable, c’est que les musulmans ont construit des bâtiments étonnants, et, malgré la différence des matériaux, de styles et de moyens dont chacun disposait, les ont dotés d’un esprit unique. Cette unité est due pour une large mesure au gouvernement islamique qui a utilisé le goût et le génie des différentes ethnies tout au long des siècles, les uns complétant harmonieusement les autres. Cette influence unificatrice a permis d’édifier grâce aux nombreux artisans et à l’art islamique les palais de rêve de l’Alhambra en Espagne et celui d’une incomparable délicatesse du Taj-Mahal à Agra (Inde), tous deux ignorant les différences ethniques, dépassant le temps et les lieux et recouvrant ainsi une sorte de splendeur humaine éternelle. Le palais de l’Al hambra à Grenade, merveilleuse composition où sont réunis des jardins, des palais, des bassins, des plans d’eau, des terrasses surplombant des jardins, est le symbole d’un grand passé qui, à travers les siècles, a su toujours préserver sa splendeur.

Charles Quint, contemplant d’une terrasse de l’Al Hambra, tant de beauté et de gloire disait : ‘‘Malheur à celui qui a perdu ces choses’’.

De même, Taj-Mahal est d’une grande beauté, d’un équilibre dans les proportions, et d’une finesse telle que l’historien Will Durant s’écria devant ce rêve de marbre, édifié en mémoire d’une reine musulmane indienne : ‘‘Si le temps avait quelque intelligence, il détruirait tout autre monument excepté le Taj-Mahal et pour consoler le coeur des hommes, laisserait ce signe précieux de la dignité humaine.’’ Pour la production de ces vestiges de l’art islamique, des matériaux spéciaux tels que la craie, la brique le marbre, les pierres précieuses, les matériaux, la poterie, le cristal et l’ivoire ont été utilisés pour édifier des tours, des palais, des mosquées des minarets et des terrasses.

L’art de l’architecture, de la calligraphie, de la miniature et de l’enluminure avait comblé la vie des esthètes. La patience dont les artistes musulmans ont fait preuve pour réaliser la finesse de certains détails donne à l’art artisanal une grâce particulière... Les lettres ont aussi bénéficié de cette même vitalité et diversité qui a fait la gloire de l’art et de l’artisanat musulman. L’influence du Coran est parfaitement visible dans les écrits, tant à travers un style lyrique que dans les récits, à travers les matériaux, la pensée et la morale. La littérature islamique a inspiré les principaux chefs d’oeuvres de la langue arabe et persane et plusieurs ouvrages de valeur en langue Turque...

Cette universalité de l’Islam a été l’instrument de la mondialisation de la poésie et de la littérature, tant du point de vue de la pensée que du style et la forme, Son influence s’est même étendue à l’Europe et à sa littérature (à partir du moyen âge).

Le vocabulaire des langues européennes est aussi redevable à la culture islamique. Il convient d’évaluer l’ampleur de l’influence de la culture et de la civilisation islamique sur les langues européennes, à travers les multitudes de mots tirés des langues islamiques. Les mots concernant la navigation, les arts martiaux, le gouvernement, la chasse et les armes sont de racines incontestablement islamiques et sont venus enrichir les langues européennes. De nombreux mots du vocabulaire européen dans le domaine de la médecine, de la botanique, de l’alchimie et de l’astronomie ont été empruntés aux musulmans. Certains mots espagnols viennent directement de l’arabe, souvenir du règne du califat de Cordoue et du gouvernement islamique d’Andalousie.

Entre 900 et 1100 de l’ère chrétienne, les ouvrages scientifiques arabes ont été traduits de l’arabe en latin et durant cette même période, de grands savants européens s’en inspirèrent. » [6]

Lire la DEUXIEME PARTIE


Notes

[1] La fabrication des statues n’était pas interdite dans la loi de Salomon.

[2] Revue : Le musulman N° 21 15 décembre -15 mars 1993.

[3] Civilisation des Arabes T3 p.329, cité par Seyyed Mojtaba Moussavi Lâri, in L’Islam et la civilisation occidentale, édition Nahid Chahbazi, 1993, p.134

[4] Encyclopédie du XXème siècle T 6 cité par Seyyed Mojtaba Moussavi Lâri op.cité P .136 .

[5] Le patrimoine de l’Islam cité par Seyyed Mojataba Moussavi Lâri, op. cité, p.135

[6] Le message de l’Islam N° 136, Mars 1996.

3 Messages de forum

  • Islam au centre de la Guerre Culturelle (Partie 1) 15 décembre 2009 11:42, par s

    DE NATAN QORIQ : ainsi qu’il est évident que le genre humain est loin de la perfection, il apparaît donc nécessaire voire obligatoire d’appliquer l’utilisation d’une loi ("Chariah") et d’une spiritualité de nature universelle ("Islam") offerts par le Prophète (QLPSAL) afin de guider et de canaliser les hommes imparfaits ! C’est le concept du tuteur : si l’on veut que l’arbuste pousse bien il faut avoir recours à un "guide" ! La laïcité, le libéralisme, le capitalisme de l’Occident permissif moderne ne peuvent en aucun cas s’avérer des systèmes efficaces et viables : donner libre cours à toutes ses pulsions, à ses désirs, à ses envies, cèder à toutes ses tentations, cette conception du monde place l’occident moderne sur le podium des civilisations à caractère satanique, car uniquement basés sur : fais ce que tu veux et ce dont tu as envie, assouvis tes pulsions, réalise tous tes fantasmes, tu ne vis qu’une fois profite au maximum ! Cet edonisme exacerbé ne peut conduire au final qu’à l’anéantissement de la race humaine ! Aucune quête de spiritualité, de perfection, de respect de la vie et d’autrui, aucune solidarité ni amour SEULEMENT L’ASSOUVISSEMENT DE SES PULSIONS ET DE SES DESIRS SANS CONSIDERER LES CONSEQUENCES !

  • Islam au centre de la Guerre Culturelle (Partie 1) 18 juin 2010 08:14, par macahu

    salem ; malheureusement il y a pas de tolérance et du respect des coutumes et traditions, Nous les berbères on est pas respectés comme tel, ni dans nous coutumes ni dans nous traditions ils nous obligent a être arabes alors que nous nous le sommes pas.( je n’ai rien contre les arabes, mais j’ai pas a nier mon existence tant que Dieu m’a crée berbère,l’islam est universel, pour tous les peuples, et j’ai contre l’arabe comme langue) Alors il y a un grand écart entre ce qu’on t’écrit et le terrain. salem alikoum

    • Islam au centre de la Guerre Culturelle (Partie 1) 18 juin 2010 10:57, par Maître Simozrag

      salam,

      Je ne vois pas qui vous oblige à être arabe. Partout les berbères sont respectés comme tels : au Maroc, en Algérie, en Libye, les berbères conservent leur identité, leur langue et leur culture. Personne ne peut les contraindre à changer d’identité ni de culture. D’ailleurs, ce que vous dites n’a aucun fondement réel. Je ne connais aucun pouvoir au Maghreb qui persécute les berbères. Pourtant, j’ai toujours critiqué les systèmes politiques, les gouvernements quand c’est le cas, et je n’ai pas à les défendre. Mais il n’est pas question de nier la vérité ou de porter de fausses accusations contre quiconque.

      A ma connaissances, les Kabyles, les Berbères, les Touaregs, les Chaouis jouissent de leurs pleins droits. Si des violations ou des exactions existent, elles ne visent pas particulièrement une région ou une ethnie, elles s’exercent indifféremment contre toute la population. Il n’y a pas deux parties dont l’une serait lésée et l’autre avantagée. Par conséquent, le problème doit être posé de manière générale et non pas de manière séparée, ethnique ou régionale.