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L’Islam et le péché originel, 2ème partie

Publication en ligne : jeudi 28 août 2008, par Maître Simozrag

Deuxième partie

L’auteur écrit :

En fait, les sources islamiques enseignent que les gens peuvent exécuter de bonnes actions au nom d’autres, des actes vertueux qu’Allah créditera à quelqu’un d’autre, comme l’accomplissement du Hajj par procuration (Hajj-e-Badal) :

D’après ’Abdullah bin Abbas : Al-Fadl (son frère) se trouvait derrière l’Apôtre d’Allah et une femme de la tribu de Khath’am est venue et Al-Fadl la regardait et elle le regardait. Le Prophète a détourné le visage d’Al-Fadl sur l’autre coté. La femme a dit, "O Apôtre d’Allah ! L’obligation du Hajj prescrit par Allah sur Ses serviteurs s’applique à mon père (mais) il est vieillard et est faible et il ne peut pas se tenir sur le Mont ; puis-je accomplir le Hajj EN SON NOM ?" Le Prophète a répondu, "Oui, vous pouvez." C’est arrivé pendant le Hajj-al-Wida (du Prophète). (Sahih al-Bukhari, Volume 2, Book 26, Number 589 ; voir aussi Sahih al-Bukhari, Volume 8, Book 74, Number 247)

D’après Ibn Abbas : Une femme de la tribu de Juhaina est venue chez le Prophète et a dit, "Ma mère avait juré d’accomplir le Hajj mais elle est morte avant de l’exécuter. Puis-je accomplir le Hajj AU NOM DE MA MÈRE ?" Le Prophète a répondu, "Accomplissez le Hajj EN SON NOM. S’il y avait eu une dette sur votre mère, vous l’auriez payé, non ? Donc payez la dette d’Allah comme Il est Celui qui a le plus de droit à être payé." (Sahih al-Bukhari, Volume 3, Book 29, Number 77)

D’après Ibn Abbas : Un homme est venu au Prophète et lui a dit, "Ma soeur a juré d’accomplir le Hajj, mais elle est morte (avant de l’avoir accompli)." Le Prophète a dit, "N’auriez vous pas payé ses dettes si elle en avait envers n’importe qui ?" L’homme a dit, "Oui". Le Prophète a dit, "Ainsi payez les Droits d’Allah, car Il est celui qui a le plus de droit de recevoir Ses droits." (Sahih al-Bukhari, Volume 8, Book 78, Number 690)

D’après AbuRazin : Un homme de Banu Amir a dit : Apôtre d’Allah, mon père est très vieux, il ne peut pas accomplir lui-même le hajj et l’umrah, ni peut se tenir sur une monture. Il a dit : Accomplissez le hajj et l’umrah AU NOM DE VOTRE PÈRE. (Sunan Abu Dawud, Book 10, Number 1806) Voir également le Sahih al-Bukhari, Volume 3, Book 29, Number 78 et Volume 5, Book 59, Number 682. Muhammad a même autorisé aux musulmans d’accomplir des vœux faits par d’autres personnes :

D’après Ibn Abbas : Tandis que la mère de Sad bin Ubada le frère de Bani Saida est morte en l’absence de Sad, elle est venue chez le Prophète disant, "O Apôtre d’Allah ! Ma mère est morte en mon absence ; en bénéficiera-t-elle, si je fais la charité EN SON NOM ?" Le Prophète a dit, "Oui". Sad a dit, "Je vous prends comme mon témoin que je donne mon jardin Al-Makhraf dans la charité en son nom." (Sahih al-Bukhari, Volume 4, Book 51, Number 24)

D’après Sa’id bin ’Ubada Al-Ansari : Le Prophète avait été consulté sur un vœu qui avait été fait par sa mère et qui est morte sans le réaliser. Le Prophète a donné son verdict qu’il devrait être réalisé SUR SON NOM. Le verdict est devenu Sunna (c’est-à-dire la tradition du Prophète). (Sahih al-Bukhari, Volume 8, Book 78, Number 689) Les histoires précédentes corroborent le fait que l’Islam accepte les actes de substitutions, quelque chose dont des musulmans ont eux-mêmes clairement conscience.

Par exemple, il y a certains musulmans qui, ironiquement, rejettent de telles pratiques comme le hajj par procuration en raison du fait qu’elles sont trop proches de la doctrine chrétienne de l’expiation !

Un grand corps d’Ulama est fortement opposé au Hajj-e-Badal comme étant complètement en désaccord avec les injonctions claires du Coran et appelle ceci une imitation de foi chrétienne dans l’Expiation de Jésus Christ. Le Coran dit : "Aucun porteur de fardeaux ne peut supporter le fardeau d’un autre. Et il n’y a rien pour l’homme sauf ce pour quoi il s’efforce." (53 : 38-39) ... Le Hadj-e-Badal est un acte d’expiation indirecte qui est l’essence même du Christianisme, mais qui est l’antithèse même de l’Islam. (Allamah Ghulam Ahmed Parwez, Hajj-e-Badal ; source)

Pourtant, malheureusement pour cet auteur musulman, les ahadith autorisent les musulmans à accomplir ces différentes pratiques.

Cela signifie que les musulmans doivent faire face à la réalité et admettre que les enseignements de l’Islam embrassent complètement des actes de substitutions et de souffrances indirectes. Ils ne peuvent donc pas légitimement s’opposer à la vision chrétienne du sacrifice expiatoire de Jésus, au motif que ce serait inéquitable et injuste, sans que cela sape l’ensemble de leurs systèmes de croyances religieuses.

Réponse :

L’auteur cite malheureusement un personnage qui n’a aucun crédit auprès des musulmans, hormis les membres de la secte Ahmadiya. Il n’est pas étonnant que ce pseudo ‘‘Allamah’’ (érudit) s’oppose aux Hadiths authentiques, du fait que lui-même revendique le titre de prophète et celui du Messie attendu.

Le principe en Islam est que l’homme ne récolte que ce qu’il a lui-même semé. La justice divine veut que chaque âme soit rétribuée selon ses œuvres, bonnes ou mauvaises. Aucune âme ne portera le fardeau d’une autre, et aucune âme ne verra sa récompense diminuée au profit d’une autre. De même qu’aucune âme ne sera lésée dans le règlement de son compte, elle n’aura à craindre aucune injustice. Ce principe est clairement énoncé dans de nombreux versets du Coran, à savoir :

« Si vous faites le bien, vous le ferez pour vous-mêmes, si vous faites le mal, vous le ferez à vos dépens. » s17 v7 « Quiconque fait le bien, le fait pour lui-même ; et quiconque agit mal, agit contre lui-même. » s45 v15 « Allah n’impose à aucune âme une charge supérieure à sa capacité. Le bien qu’elle aura accompli lui reviendra, ainsi que le mal qu’elle aura fait. » s2 v286

« On ne commet le mal qu’à son propre détriment, et nulle âme ne portera le fardeau d’une autre. » s6 v164

« Chacun étant tenu responsable de ce qu’il aura acquis. » s52 v21

« Toute âme est prisonnière de ce qu’elle a acquis. » s74 v38

« Quiconque acquiert un péché, ne l’acquiert que contre lui-même. Et Allah est Omniscient et Sage. » s4 v111

« Or, personne ne portera le fardeau d’autrui. Et si une âme surchargée de péchés appelle à l’aide, rien de sa charge ne sera supporté par une autre même si c’est un proche parent. » s35 v18

« Qu’aucune âme ne sera chargée des péchés d’une autre âme et que l’homme ne récoltera que les fruits de ses efforts. » s53 v38-39

Ach-Chafe’i (Que Dieu le bénisse) a déduit de ce noble verset que les morts ne peuvent bénéficier de la récitation du Coran faites en leur mémoire par les vivants, car ce n’est pas leur œuvre ni leur acquis.

C’est pourquoi, le Prophète (Paix et salut sur lui) n’a ni recommandé cela à sa communauté, ni lui en a parlé ni conseillé expressément par un texte ou par allusion ? Et aucun de ses compagnons (Qu’Allah soit satisfait d’eux) n’a fait état d’une telle pratique ; si c’était un bien, ils nous auraient devancé pour l’accomplir. Le chapitre des offrandes doit découler strictement d’un texte. Il ne doit pas être traité selon les analogies et les opinions. Tandis que les invocations et l’aumône, il y a unanimité sur leur arrivée (aux morts) et ils sont l’objet de textes appropriés. (Cité par Ibn Kathir dans le commentaire du verset 38-39 de la Surate 53).

Cependant, ce principe souffre quelques exceptions concernant le remboursement des dettes des défunts, les aumônes et les invocations en leur mémoire et le Hajj par procuration (Hajj al-Badal).

Notre réponse sera axée sur le Hajj-al-Badal étant donné les questionnements de l’auteur.

En effet, contrairement aux allégations de l’auteur, il n’y a pas de Ulamas qui s’opposent au Hajj al-Badal. Il existe sans doute quelques divergences entre ces derniers sur les conditions et les modalités d’application du Hajj mais sur le principe il y a un accord quasiment unanime. Et pour cause : cette pratique se fonde sur des Hadiths authentiques et il n’est pas question qu’un musulman s’oppose à un Hadith authentique, la Sunna étant la deuxième source de droit en Islam. Le Coran y renvoie fréquemment et impérativement :

« Prenez ce que le Prophète vous donne, et abstenez-vous de ce qu’il vous interdit. » s59 v7

« Et sur toi, Nous avons fait descendre le Coran afin que tu expliques clairement aux hommes ce qui leur a été révélé. » s16 v44

« Obéissez à Allah et au Messager afin qu’il vous soit fait miséricorde ! » s3 v132 ; s5 v92 ; s8 v1, 20, 46 ; s24 v54 ; s47 v33 ; s58 v13 ; s64 v12

« Nous n’avons envoyé de Messager que pour qu’il soit obéi, par la permission d’Allah. » s4 v64

« Par ton Seigneur ! Ces gens ne seront de vrais croyants que lorsqu’ils t’auront pris pour juge de leurs différends et auront accepté tes sentences sans ressentiment en s’y soumettant entièrement. » s4 v65

De plus, il n’y a pas de ressemblance entre le Hajj al-Badal ou Hajj par procuration et « la doctrine chrétienne de l’expiation. »

Sans doute, l’auteur veut-il que les musulmans admettent les croyances chrétiennes du « rachat du genre humain par le sacrifice du Christ. »

Au-delà de la fausseté de ladite théorie et indépendamment du fait qu’elle soit clairement démentie par Dieu dans le saint Coran et par le Prophète Mohammed, je tiens à démontrer que Hajj al-Badel est foncièrement différent de tout ce qui pourrait avoir un lien avec les théories chrétiennes précitées.

1-Hajj al-Badal n’est pas valable pour le musulman capable physiquement d’effectuer lui-même le pèlerinage (Cf. al-Mughni d’Ibn Qudama t3, p.185).

2-On ne peut accomplir Hajj al-Badal pour un musulman démuni car le Hajj n’est pas une obligation pour le pauvre.

3-Hajj al-Badal n’est permis qu’au profit d’un musulman incapable physiquement, c’est-à-dire atteint d’une maladie incurable ou mort en étant musulman.

On ne peut effectuer le Hajj par procuration au profit d’un musulman en vie qui serait retenu par un empêchement momentané, par exemple la situation politique, la maladie guérissable, la pauvreté, l’emprisonnement, l’insécurité de la route, etc. Ces motifs ne sont pas valables et ne peuvent en aucun cas donner lieu à un Hajj par procuration.

La qualité de défunt musulman signifie que le défunt confessait qu’il n’y a de Dieu qu’Allah et que Mohammed est le Messager d’Allah, qu’il accomplissait la Salât (au moins les cinq prières quotidiennes), qu’il s’acquittait de la Zakât et qu’il jeûnait le mois de Ramadan.

Or, la différence avec la théorie chrétienne de la Rédemption est que celle-ci n’est pas limitée aux croyants incapables, elle embrasse tout le genre humain, mort et vivant, malade et bien portant, vieux et jeune, riche et pauvre y compris les mécréants, les idolâtres, les criminels, les injustes.

Il suffit de citer ce passage de Paul pour savoir quelles catégories de personnes bénéficieront du salut et hériteront le royaume de Dieu : « Ne savez-vous pas que les injustes n’hériteront point le royaume de Dieu ? Ne vous y trompez pas : ni les impudiques, ni les idolâtres, ni les adultères, ni les efféminés, ni les infâmes, ni les voleurs, ni les cupides, ni les ivrognes, ni les outrageux, ni les ravisseurs, n’hériteront le royaume de Dieu. Et c’est là ce que vous étiez, quelques-uns de vous. Mais vous avez été lavés, mais vous avez été sanctifiés, mais vous avez été justifiés au nom du Seigneur Jésus-Christ et par l’Esprit de notre Dieu. » 1Corinthiens 6.9-11

4-Le Hajj al-Badal est accompli pour une seule personne alors que la doctrine chrétienne prétend laver tous les humains. Le Hajj al-Badal est généralement accompli par le fils ou la fille du bénéficiaire ou un proche parent.

Certes, tout musulman peut accomplir le Hajj par procuration au profit d’un autre musulman, mais la préférence est donnée aux descendants et aux proches parents, à condition que l’exécutant ait accompli auparavant son propre Hajj, sachant qu’il ne peut accomplir simultanément deux Hajj.

Il a été rapporté par Ibn Abbas que le prophète (Paix et Salut sur lui) « entendit un homme dire : « Labbaik (Me voici) pour Chubrumata ». Le Prophète lui dit : Qui est Chubrumata ? L’homme répondit : mon frère ou un proche ! Le Prophète reprit : As-tu accompli le Hajj pour toi-même ? Non, répondit l’homme ! Le prophète lui dit : Accomplis le Hajj pour toi-même puis pour Chubrumata. » Abu Dawud (1811), Ibnu Maja (2903) et autres, authentifié par al-Albani (Que Dieu le bénisse).

5-Le Hajj al-Badal est un ensemble de rites positifs, entre autres : ihram (tenue de sacralisation), prières, tawaf, sacrifices d’animaux, invocations, lapidation des stèles sataniques, des actes somme toute louables, alors que chez les chrétiens, il y avait supplices, lamentations et effusion de sang innocent. Or, Dieu n’admet pas le sacrifice humain. Pour preuve, Il a préféré un bélier au sacrifice du fils d’Abraham. Il n’aime ni le suicide ni le meurtre, Il a dit : « Ne vous jetez pas par vos propres mains dans la destruction. » s2 v195

« Et ne vous tuez pas vous-mêmes. Allah, en vérité, est Miséricordieux envers vous. » s4 v29

« N’attentez pas à la vie qu’Allah a rendu sacrée sauf pour une juste raison » s6 v151 ; s17 v33

D’après Abdullah ibn Amr, le prophète (Paix et salut sur lui) a dit : « La disparition de ce bas monde est moins grave auprès d’Allah qu’un sang injustement versé. » Hadith rapporté par An-Naçaï (3987), Ibnu Mâja et classé ‘‘ bon’’ par al-Mundhari dans at-Targhib wat-Tarhib 3/201.

6-Hajj al-Badal est accompli par mandat ou procuration expresse du bénéficiaire sauf si ce dernier est décédé ; dans ce cas, il aurait fallu qu’il ait réuni les conditions du Hajj avant sa mort. La capacité (al-istita’a) étant l’une des conditions nécessaires, certains savants exigent le testament. Source : Comité des fatwas : www.islamdor.com/vb/showthre... - 117k

Or, dans le cas de Jésus, personne ne lui a demandé de se sacrifier pour ses péchés, pas même ses proches disciples.

Les croyants n’ont pas besoin de sacrifice pour leur salut et les incroyants ne méritent pas que l’on se sacrifie pour eux, en plus ils ne croient ni au Paradis, ni à Jésus ni au salut.

D’aucuns préfèrent aller en Enfer. Alors qui a donné procuration à Jésus pour accomplir cet acte ? Qui l’a chargé de faire le don de sa personne ? Dieu ne lui a certainement pas demandé cela, les hommes non plus, ses disciples non plus ? D’ailleurs, parmi ses disciples, Pierre n’était pas d’accord sur les éventuelles souffrances du Maître (Matthieu 16.22).

Jésus déclare avoir donné lui-même sa vie (Jean 10.18). Soit ! Mais pourquoi donner sa vie ? Pour racheter les morts ou les vivants ? Pour les générations passées ou futures ? Jésus ne pouvait tout de même pas accomplir un acte pour les hommes contre leur volonté. Est-ce que les vivants étaient d’accord ? Est-ce que les morts l’en ont chargé ? La réponse est NON !

De cette analyse, se dégagent non les conclusions mais les réalités ci-après :

1-Le concept de péché originel n’est pas reconnu en Islam.

2- Il existe une différence énorme entre Hajj al-Badal et la doctrine de la rédemption.

3- La théorie du rachat du genre humain par le sacrifice de Jésus (la Rédemption) est non fondée pour plusieurs raisons :

a) elle est contraire aux principes de la Justice divine. Dieu ne met pas sur un pied d’égalité les victimes et leurs bourreaux, les justes et les méchants, les Prophètes et les tyrans : « Traiterons-nous ceux qui croient et font le bien de la même façon que ceux qui sèment le mal sur la terre ? Réserverons-nous le même sort aux hommes vertueux et à ceux qui sont pervers ? » s38 v28

« Traiterons-nous ceux qui sont soumis (à Allah) à la manière des criminels ? » s68 v35

b) Jésus n’a pas été tué, n’a pas été crucifié et il n’a pas été ressuscité :

« Or, ils ne l’ont ni tué ni crucifié ; mais ce n’était qu’une illusion ! Et ceux qui ont discuté sur son sujet sont dans l’incertitude faute de preuves. Ils n’en ont aucune connaissance certaine. En réalité, ils ne l’ont point tué. Mais Allah l’a élevé vers Lui. Et Allah est Puissant et Sage. » s4 v157-158