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La Foi : Definition & Implications

Publication en ligne : mardi 11 mai 2004, par Maître Simozrag

LA FOI : ses implications et ses exigences

Cours demandé par l’Association des Elèves et Etudiants Musulmans au Burkina (AEEMB) en Juillet 96 à l’occasion d’un séminaire de formation Islamique (l’éditeur).

Définition : Selon la définition classique, la foi est réduite à la croyance aux vérités religieuses. Cette définition est vague, elle peut englober toutes sortes de croyance et toutes sortes de culte. Les polythéistes, les idolâtres, les membres de sectes, les animistes sont aussi des croyants. La foi en Islam recouvre la croyance en un Dieu Unique, Allah, en Ses Messagers, Ses Livres, Ses Anges, au jour du jugement dernier, en la prédestinée du bien comme du mal. La foi est ainsi définie dans le Saint Coran et le Hadith du prophète Mohammed (psl)

A - Le Coran « Le Messager a cru en ce qu’on a fait descendre vers lui venant de son Seigneur, et aussi les croyants : tous ont cru en Allah, en Ses Anges, à Ses Livres et en Ses Messagers ; (en disant) : ‘Nous ne faisons aucune distinction entre Ses Messagers’ » 2.285 Les croyants doivent reconnaître et confesser l’unicité d’Allah, ils doivent proclamer et attester avec le coeur et la langue qu’il n’y a point de Dieu ni Seigneur ni Maître en dehors d’Allah. Ils doivent également reconnaître tous les prophètes et tous les messagers sans faire de distinction ni de préférence pour certains d’entre eux. De même qu’ils doivent reconnaître les livres révélés successivement aux différentes communautés humaines, en dépit de l’abrogation de certains par d’autres. Le Coran étant le Livre portant le message final parachevant, rectifiant et abrogeant les livres et les messages précédents.

La croyance à l’ensemble des livres révélés et des messagers est une condition indispensable et déterminante de la foi et de la qualité de croyant : « Dites : ‘Nous croyons en Allah et en ce qui nous a été révélé, et en ce qui a été révélé à Abraham, Ismaël, Issac, Jacob et les Tribus et en ce qui a été donné à Moïse et à Jésus et en ce qui a été donné aux prophètes venant de leur Seigneur. Nous ne faisons aucune distinction entre eux. Et à Lui nous sommes soumis’. » 2.136

« Ô les croyants ! Soyez fermes dans votre foi en Allah, en Son messager, au Livre qu’Il a fait descendre sur Son messager, et au Livre qu’Il a fait descendre avant. Quiconque ne croit pas en Allah, en Ses Anges, en Ses livres, en Ses messagers et au jour dernier, s’égare, loin dans l’égarement. » 4.136

Un autre verset enjoint au prophète (psl) de faire la même profession de foi au même titre que les croyants : « Dis : Nous croyons en Allah, à ce qui nous a été révélé, à ce qui a été révélé à Abraham, Ismaël, Issac, Jacob et les Tribus, et à ce qui a été apporté à Moïse, à Jésus et aux prophètes de la part de leur Seigneur : nous ne faisons aucune différence entre eux ; et c’est à Lui que nous sommes soumis. » 3.84

Allah ordonne à son prophète de dire : nous avons cru à ce qui nous a été révélé, c’est-à-dire le Coran, à ce qui a été révélé à Abraham, comme Feuilles et Paroles révélées, à ce qui a été apporté à Moïse et à Jésus, c’est-à-dire la Tora et l’Evangile, à ce qui a été apporté aux prophètes de la part de leur Seigneur, cela concerne tous les prophètes sans distinction, les prophètes arabes, hébreux et ceux envoyés à d’autres nations, nous croyons en eux tous, qu’ils soient cités ou non dans les Ecritures, que nous connaissions ou non, nous croyons en eux car nous savons que, au fil des siècles, Dieu a envoyé des prophètes aux différentes communautés humaines.

Le Coran dit : « A chaque communauté un messager »10.47

« Et Nous n’avons jamais puni un peuple avant de lui avoir envoyé un messager » 17.15

« Nous n’avons envoyé avant toi que des hommes originaires des cités à qui Nous avons fait des révélations. » 12.109

« Il n’est pas une nation qui n’ait déjà eu un avertisseur. » 35.24

« Et Nous avons envoyé avant toi des messagers parmi les peuples des anciens. »15.10

« Que de prophètes avons-Nous envoyés aux anciens. » 43.6

« Nous avons envoyé dans chaque communauté un messager » 16.36

B - Les hadiths du prophète : Le prophète Mohammed (psl) a apporté une large contribution à la définition de la foi. Umar ibn al-Khattâb rapporte ces propos : « Un jour que nous étions assis en compagnie de l’Envoyé de Dieu -sur lui la Grâce et la Paix- un homme à la chevelure très noire, portant des vêtements d’un blanc éclatant, apparut. On ne distinguait sur lui aucune trace de voyage mais aucun de nous ne le connaissait. Il vint s’asseoir en face du prophète, genoux contre genoux et posa la paume de ses mains sur les cuisses du prophète. Puis il lui demanda : ‘‘O Mohammed ! Informe-moi au sujet de l’Islam’’ L’Envoyé de Dieu (psl) répondit : ‘‘L’Islam consiste à attester qu’il n’y a pas de divinité en dehors de Dieu et que Mohammed est l’Envoyé de Dieu ; à accomplir la prière, à s’acquitter de l’aumône légale ; à jeûner le mois de Ramadan et à accomplir le pèlerinage à la maison sacrée si tu en as la possibilité. Tu as dit vrai !’’ dit l’homme. Umar poursuivit : ‘‘Nous nous étonnâmes que, questionnant le prophète, il put l’approuver’’ L’homme reprit : ‘‘Informe-moi au sujet de la foi’’. ‘‘La foi consiste à croire en Dieu, en Ses anges, en Ses Livres, en Ses Messagers, au Jour dernier, et à croire au Décret prédestinant le bien comme le mal’’ L’homme répéta : ‘‘Tu as dit vrai !’’ Il demanda encore : ‘‘Informe-moi au sujet de la perfection (Ihsân)’’. ‘‘Elle consiste à adorer Dieu comme si tu Le voyais, car si tu ne Le vois pas, Lui assurément te voit’’ Il demanda à nouveau : ‘‘Informe-moi au sujet de l’Heure’’. Le prophète répondit : ‘‘Celui qui est interrogé sur ce point n’est pas plus savant que celui qui l’interroge !’’ L’homme demanda alors : ‘‘Et quels en sont les signes précurseurs ?’’ ‘‘C’est, dit-il, quand la servante enfantera sa maîtresse et que tu verras des va-nu-pieds, mal vêtus, miséreux, pasteurs de moutons, rivaliser dans la construction de demeures élevées’’. Le personnage disparut et je demeurai perplexe. Alors le prophète me demanda : ‘‘O Umar ! Sais-tu qui me questionnait ?’’ Je répondis : ‘‘Dieu et Son Envoyé sont plus savants !’’ Il ajouta : ‘‘C’était Gabriel qui venait vous enseigner votre religion’’ » Rapporté par Muslim.

I - LES IMPLICATIONS DE LA FOI :

Les articles de la foi sont au nombre de six : 1- Croire en Dieu : La foi en Dieu est une prédisposition naturelle, innée. Outre cette aptitude naturelle, l’homme est doué de facultés intellectuelles lui permettant de constater à l’évidence, à travers sa personne et son environnement, l’existence de Dieu. Il est certain que toute chose a un créateur ; cet immense univers et tout ce qu’il contient comme planètes, étoiles et les différents corps célestes, les mondes animal, végétal et humain sont des preuves concrètes et incontestables de l’existence d’un Créateur Qui les dirige et Qui y veille... La performance de la Création, le régularité et la précision des mouvements astronomiques, l’harmonie de leurs fonctions et de leur interaction, l’ordre dans lequel les astres sont disposés, leur rotation ininterrompue, ces mécanismes complexes ne peuvent en aucun cas être le fruit du hasard, c’est bel et bien l’oeuvre d’Un Génie, infiniment Savant, Sage et Omnipotent.

Le Coran invite les hommes à contempler l’univers, à réfléchir sur ses phénomènes, à découvrir ses mystères et ses secrets afin de consolider leur foi en Dieu :

« Certes dans la création des cieux et de la terre, dans l’alternance de la nuit et du jour, dans le navire qui vogue en mer chargé de choses profitables aux gens, dans l’eau qu’Allah fait descendre du ciel, par laquelle Il rend la vie à la terre une fois morte et y répand des bêtes de toute espèce, dans la variation des vents, dans les nuages soumis entre le ciel et la terre, en tout cela, il y a des signes pour un peuple qui raisonne. » 2.164

« En vérité, dans la création des cieux et de la terre, et dans l’alternance de la nuit et du jour, il y a certes des signes pour les doués d’intelligence. » 3.190 ; 10.6

« N’ont-ils pas médité sur le royaume des cieux et de la terre et toute chose qu’Allah a créée... » 7.185

« Et parmi ses signes la création des cieux et de la terre et la diversité de vos langues et de vos couleurs. Il y a en cela des preuves pour les savants. » 30.22

« Ne voyez vous pas qu’Allah vous a assujetti ce qui est dans les cieux et sur la terre ? Et Il vous a comblés de Ses bienfaits apparents et cachés. » 31.20

La croyance en Dieu implique une conviction ferme, parfaite et absolue de Son Unicité, de Sa pureté, et de Sa Sainteté, savoir qu’Il n’a pas d’associé, qu’Il n’a pas d’enfant et n’a pas été enfanté et que nul ne Lui est égal.

« Allah ne s’est point attribué d’enfant et il n’existe point de divinité avec Lui ; sinon chaque divinité s’en irait avec ce qu’elle a créé et certaines seraient supérieures aux autres. Gloire et pureté à Allah ! Il est supérieur à tout ce qu’ils décrivent. » 23.91

« Ont-ils pris des divinités qui peuvent ressusciter les morts de la terre. S’il y avait dans le ciel et la terre des divinités autres qu’Allah, il y aurait le désordre. Gloire à Allah, Seigneur du trône. Il est au-dessus de ce qu’ils Lui attribuent. » 21.22

2- Croire en Ses Anges : Les Anges sont des êtres invisibles que Dieu a créés afin de L’adorer, d’exécuter Ses ordres concernant Ses créatures et d’accomplir des missions sur la terre et dans l’univers. Ils sont chargés de fonctions multiples, obéissant servilement à Allah et faisant strictement ce qu’Il leur ordonne. 66.6

a) Certains ont pour mission de transmettre la révélation divine aux Messagers. Ce sont des intermédiaires entre Dieu et les prophètes ; ils jouent le rôle de facteurs chargés de transmettre aux prophètes le courrier, les messages émanant de leur Seigneur.

A ce sujet, le Coran précise : « Louange à Allah, créateur des cieux et de la terre, Qui a fait des anges des messagers dotés de deux, trois ou quatre ailes. Il ajoute à la création ce qu’Il veut, car Allah est omnipotent. » 35.1

« Ce (Coran) ci, c’est Le Seigneur de l’univers qui l’a fait descendre, et L’Esprit fidèle est descendu avec cela, sur ton coeur, pour que tu sois du nombre des avertisseurs. » 26.192

b) D’autres sont chargés d’écrire les actions et les paroles des hommes pour servir de preuves de châtiment ou de récompense le jour du jugement dernier.

« Alors que veillent sur vous des gardiens, des nobles scribes, qui savent ce que vous faites. » 82.10

« Il ne prononce pas une parole sans avoir auprès de lui un observateur prêt à l’inscrire. » 50.18

c) D’autres sont chargés d’extraire l’âme au moment de la mort : « Dis : l’Ange de la mort qui est chargé de vous, vous fera mourir. Ensuite, vous serez ramenés vers votre Seigneur. » 32.11

« Ceux à qui les Anges ôtent la vie, alors qu’ils sont injustes envers eux-mêmes, se soumettent humiliés, (et diront) ‘Nous ne faisions pas de mal !’ Mais, en fait, Allah sait bien ce que vous faisiez » 16.28

d) D’autres font office de bourreaux chargés des interrogatoires et des châtiments de la tombe et au Jour de la Résurrection, conformément aux ordres de Dieu.

e) Les Anges intercèdent auprès de Dieu et Lui implorent pardon pour les croyants : « Et que d’Anges dans les cieux dont l’intercession ne sert à rien, sinon qu’après qu’Allah l’aura permis en faveur de qui Il veut et qu’Il agrée. » 53.26

f) Il y a des anges qui ont uniquement pour fonction, les uns d’invoquer et de prier les autres de chanter Louange à Dieu, d’autres de se prosterner continuellement, et d’autres portent le trône du Seigneur, etc.

« Ceux qui portent le trône et ceux qui l’entourent célèbrent les louanges de leur Seigneur, croient en Lui et implorent le pardon pour ceux qui croient : ‘Seigneur ! Tu étends sur toute chose Ta miséricorde et Ta science. Pardonne donc à ceux qui se repentent et suivent Ton chemin et protège-les du châtiment de l’Enfer. » 40.7

3- Croire en Ses Livres : Il s’agit des feuilles d’Abraham, de la Tora (Pentateuque) de Moïse, du Psaume de David, de l’Evangile de Jésus et du Coran révélé à Mohammed. Le Coran évoque d’autres messages révélés à Ismaël, Issac, Jacob, aux Tribus et à d’autres prophètes dont nous ne connaissons pas de forme écrite en dehors de certains livres bibliques. Les feuilles d’Abraham ont disparu. En ce qui concerne la Tora, le Psaume et l’Evangile, nous ne possédons pas les originaux de ces Livres ; nous n’avons que des copies. Leur authenticité est contestée à cause des erreurs et des contradictions qu’ils contiennent. En l’absence des originaux, ces Livres ne peuvent constituer un témoignage crédible et digne de foi. Ils furent composés de mémoire par des rabbins, des prêtres et des érudits.

Dieu nous révèle que les Juifs s’évertuaient à altérer la Tora : « Il en est parmi les Juifs qui détournent les mots de leur sens. » 4.46 « ...alors qu’un groupe d’entre eux, après avoir entendu et compris la Parole d’Allah, la falsifièrent sciemment. » 2.75

Quant à l’Evangile, il n’est pas plus fiable dans la mesure où il en existe une multitude dont quatre reconnus canoniques, alors qu’en réalité, il n’y a qu’un seul Evangile transmis par Jésus Christ. Il est certain que ces Livres contiennent la Parole de Dieu, cela est incontestable mais le fait qu’elle soit en partie altérée et mélangée avec celle des hommes, il est difficile de distinguer le vrai du faux. De surcroît, les traductions ne sont pas toujours fidèles et en l’absence des originaux, on ne peut trop se fier à tout ce qui est écrit dans les copies actuellement en notre possession. Cependant, cela n’empêche pas de croire en des messages révélés à Moïse, à David et à Jésus Christ, indépendamment des Livres en question.

Fort heureusement, le Coran résume l’essentiel des messages précédents et surtout, il nous est resté intact. Son authenticité est scientifiquement prouvée. C’est pour cette raison que l’authenticité des autres Livres ainsi que la véracité de leur contenu doivent être vérifiées à la lumière du Coran. Tout ce qui est contraire au Coran parmi les récits et les enseignements contenus dans ces Livres ne peut pas provenir de Dieu, pour la simple raison que Dieu ne doit pas se contredire. Et étant prouvé que le Coran demeure intact et authentique, il est donc le plus véridique et le plus digne de foi. Cela est d’autant plus exact que de nos jours, les découvertes scientifiques permettent de confirmer l’origine divine du Coran et la véracité de ses affirmations. Il en est ainsi parce que Dieu prit l’engagement de veiller sur l’intégrité de son dernier message à l’humanité (le Coran) et sur sa bonne conservation. Allah dit : « En vérité, c’est Nous qui avons fait descendre le Coran, et c’est Nous qui en sommes gardiens. » 15.9

4- Croire en Ses Messagers : Dès que la première communauté humaine commença à prendre de l’importance en nombre, Dieu entreprit d’envoyer des messagers dans le but d’indiquer aux hommes la Voie à suivre, leur devoir de faire le bien, de L’adorer et de ne rien Lui associer. Noé (psl) fut le premier messager, sa mission a duré neuf cent cinquante ans ; il eut affaire à un peuple rebelle dont l’insoumission entraîna le Déluge. Il y eut ensuite une multitude de messagers, envoyés successivement aux différentes communautés dont le dernier de la liste fut le prophète Mohammed qui constitue le sceau, la clôture des messagers. Le cycle de la révélation ayant pris fin avec lui.

Allah fait savoir dans le Coran que les gens formaient à l’origine une seule communauté homogène et croyante, puis après leurs déviations et leurs divergences, « Allah envoya des prophètes comme annonciateurs et avertisseurs. » 2.213 Les prophètes avaient pour mission d’annoncer la bonne nouvelle du salut et du bien-être ici-bas et dans la vie future si les hommes suivent le droit chemin et ils les avertissent et les mettent en garde contre le malheur et la misère dans ce bas monde, la souffrance et le châtiment dans l’Au-delà s’ils se détournent des directives divines suivant leurs passions. La foi exige que l’on doit croire à tous les messagers sans exception, y compris ceux que nous ne connaissons pas. A cet effet, le Coran précise que ceux qui font double jeu, qui croient en quelques prophètes seulement et en rejettent d’autres sont des mécréants.

« Ceux qui ne croient pas en Allah et en Ses messagers et qui veulent faire une distinction entre Allah et Ses messagers en disant : ‘Nous croyons en certains d’entre eux mais nous ne croyons pas en d’autres’ et qui veulent emprunter une voie intermédiaire (entre la foi et l’incroyance) ceux-là sont les vrais mécréants ! Et Nous avons préparé pour les mécréants un châtiment avilissant. » 4.150-151

« Ceux qui croient en Allah et en Ses messagers et qui ne font point de différence entre ces derniers, voilà ceux à qui, Il donnera leurs récompenses. » 4.152

Le Coran cite vingt cinq messagers en précisant toutefois que chaque communauté a dû recevoir un messager comme guide et avertisseur quand bien même beaucoup d’entre eux ne sont pas cités.

« Nous avons envoyé dans chaque communauté un messager, (pour leur dire) : ‘Adorez Allah et écartez-vous du Taghût [1] .’ » 16.136

« Il n’est pas une nation qui n’ait déjà eu un avertisseur. » 35.24

« Et il y a des messagers que Nous t’avons cités et des messagers que Nous ne t’avons pas cités. Et Allah a parlé à Moïse de vive voix. » 4.164

« En tant que messagers, annonciateurs et avertisseurs, afin qu’il n’y eût pour les gens point d’argument devant Allah. » 4.165

A la différence des messages qui l’ont précédé, le Coran est un message adressé à l’humanité toute entière ; de même que sa portée n’est pas limitée dans le temps, elle s’étend jusqu’à la fin du monde. Les prophètes avant Mohammed furent envoyés spécifiquement à leurs peuples ou à leurs communautés. En revanche, Mohammed fut envoyé à tous les hommes :

« Et Nous ne t’avons envoyé qu’en tant qu’annonciateur et avertisseur pour toute l’humanité. Mais la plupart des gens ne savent pas. » 34.28

« Dis : Ô hommes ! Je suis pour vous tous le messager d’Allah, à Qui appartient la royauté des cieux et de la terre. Pas de divinité à part Lui. Il donne la vie et Il donne la mort. » 7.158

Le message de l’Islam parachève et abroge les messages précédents. Il recouvre toute la période qui reste de la vie terrestre. De ce fait, le Coran prévoit des dispositions et des préceptes capables de répondre aux besoins des hommes et de s’adapter à tous les aspects de leur évolution jusqu’à la fin des temps. Il est, en conséquence, le dernier message adressé aux hommes.

« Mohammed n’a jamais été le père de l’un de vos hommes, mais le messager d’Allah et le dernier des prophètes. » 33.40

Ce verset révèle que Mohammed est le dernier prophète, c’est-à-dire qu’il n’y aura plus de prophète après lui ; le Coran achève et clôture les messages antérieurs. La preuve en est que, quatorze siècles se sont déjà écoulés depuis et aucun prophète n’est venu, alors qu’auparavant, un tel vide n’a jamais duré aussi longtemps.

5- Croire au jour du jugement dernier : Le jugement dernier au cours duquel aura lieu le règlement des comptes final, est une certitude. Ce jour, d’après le Coran, est un jour horrible où les regards se figent, où il n’y aura ni rachat, ni amitié ; où ni les biens ni les enfants ne seront d’aucune utilité ; où l’homme fuira son frère, sa mère, son père, sa compagne et ses enfants, où les gens seront comme des papillons éparpillés ; où les coeurs seront bouleversés ainsi que les regards ; où le criminel aimerait se racheter du châtiment en livrant ses enfants, sa compagne, son frère, son clan et toute la richesse de la terre ; où les coeurs dévoileront leurs secrets ; où le mécréant dira : ‘Malheur à moi ! Comme j’aurais aimé n’être que poussière’. Ce jour là, tous les hommes comparaîtront devant Dieu et ils seront jugés en toute équité selon leurs croyances et leurs actions dans la vie ici-bas. Ce jugement ultime donnera lieu à des récompenses et à des châtiments. Tous les hommes devront rendre compte de leurs actes et ainsi chacun récoltera dans la vie future ce qu’il aura semé dans celle-ci. Ils seront munis de livres individuels où seront enregistrés tous les faits et les propos de chacun à partir de l’âge du discernement. Ces bilans individuels sont déjà inscrits dans une espèce de registre matrice où tout est recensé dans les moindres détails. En plus de ces livres, il y aura le témoignage des Anges, des prophètes, du lieu, du temps ainsi que l’auto-témoignage, c’est-à-dire le témoignage des organes. Dans une multitude de versets, le Coran parle avec insistance de l’importance de ce jour là.

« Et au cou de chaque homme, Nous avons attaché son destin. Et au jour de la résurrection, Nous lui sortirons un livre qu’il trouvera publié. » 17.13-14

« Au jour de la résurrection, Nous placerons les balances exactes. Nulle âme ne sera lésée en rien, fut-ce du poids d’un grain de moutarde, Nous l’apporterons. Nous suffisons largement à faire les comptes. » 21.47

« Pensiez-vous que Nous vous avions créés sans but et que vous ne seriez pas ramenés vers Nous ? » 23.115

« A Allah appartient ce qui est dans les cieux et sur la terre afin qu’Il rétribue ceux qui font le mal selon leurs oeuvres et récompense ceux qui font le bien par la meilleure récompense. » 53.31

« Et ils seront présentés en rangs devant ton Seigneur. Vous voilà venus à Nous comme Nous vous avons créés la première fois. Pourtant, vous prétendiez que Nous ne remplirions pas Nos promesses. ‘et on déposera le livre (de chacun). Alors tu verras les criminels effrayés à cause de ce qu’il y a dedans. Ils diront : Malheur à nous, pourquoi ce livre ne laisse-t-il rien, de petit ou de grand, sans le compter ?’ Ils trouveront, présent, devant eux, tout ce qu’ils auront fait. Et ton Seigneur ne fait du tort à personne. » 18.48-49

Toutes les oeuvres seront pesées et comptées de la plus petite jusqu’à la plus grande. « Celui qui aura fait le poids d’un atome de bien, le verra ; et celui qui aura fait le poids d’un atome de mal le verra... » 99.7-8

« Et auprès de Nous existe un Livre qui dit la vérité et ils ne seront pas lésés. » 23.62

« La terre brillera de la lumière de son Seigneur. Le Livre sera posé en évidence. Les prophètes et les témoins viendront. Ils seront jugés conformément à la justice. Personne ne sera lésé. » 39.69

6- Croire au destin du bien et du mal : Croire au destin ne veut pas dire fatalité et immobilisme. Cela signifie simplement que tout procède de la Volonté de Dieu, Qui embrasse par son Savoir infini le bien et le mal qui nous échoient. Or, le fait que notre destin soit préalablement connu de Dieu ne doit pas nous empêcher d’agir et de persévérer dans la recherche de la perfection et des conditions d’une vie meilleure. Mais les résultats dépendent de la volonté de Dieu ; Il peut nous permettre d’atteindre le but recherché comme Il peut S’y opposer. En tout état de cause, il n’est nullement question de croiser les bras sous prétexte de laisser faire le destin ; bien au contraire, l’homme doit lutter et agir comme il se doit dans le cadre de sa responsabilité sans se soucier du destin. Le destin n’est rien de plus que le fait ou le devenir que Dieu connaît à l’avance et que l’homme ignore. Par conséquent, ce dernier doit agir sans tenir compte du destin, et faire en sorte que cela ne le concerne pas.

« Dis : rien ne nous atteindra, en dehors de ce qu’Allah a prescrit pour nous. Il est notre Protecteur. C’est en Allah que les croyants doivent mettre leur confiance. » 9.51

Ibn Abbas rapporte : « J’étais monté sur un chameau derrière le prophète -sur lui la grâce et la paix- quand il me dit : ‘Jeune homme ! je vais t’enseigner quelques préceptes : respecte Dieu, tu le trouveras auprès de toi ! Si tu adresses une requête, adresse-la à Dieu, si tu demandes de l’aide, demande-la à Dieu ! Sache que si tous les hommes s’unissaient pour t’être utiles, ils ne pourraient y arriver que dans la mesure où cela aurait été décrété par Dieu. Et s’ils s’unissaient pour te causer du tort, ils ne pourraient le faire que dans la mesure où cela aura été décrété par Dieu. Les plumes inscrivant la destinée ont cessé d’écrire et l’encre (des feuillets) est déjà sèche. »

Une autre version dit : « ...Sache que ce qui a été destiné à un autre que toi ne saurait t’échoir et que ce qui t’a été destiné ne pourrait t’échapper. »

La croyance en la prédestinée, est la prise de conscience que tout provient de Dieu. Elle implique que l’on ne doit pas s’affliger en cas de malheur ni trop se réjouir du bonheur. Dieu nous éprouve dans des occasions de joie et de tristesse. Le croyant doit résister dans les moments difficiles, il ne doit pas se laisser abattre, ni s’emporter en cas d’épreuve ou de peine, il doit éviter l’excès de colère ou de joie afin d’éviter les débordements susceptibles de conduire au péché.

II - LES EXIGENCES DE LA FOI :

Le croyant doit avoir un comportement exemplaire, conforme aux injonctions du Coran et de la tradition (sunna) du prophète Muhammad (psl). Il doit faire preuve de piété, de sincérité, et d’amour du prochain. Le Coran exhorte les croyants à la rectitude et à la stricte observance des directives divines. Il qualifie les croyants de gens simples, sérieux, chastes, sincères, généreux, qui respectent leurs engagements, qui s’acquittent régulièrement de l’Aumône et de la prière (salât et Zakât), qui marchent humblement sur la terre, qui ne font pas du tort aux autres, qui n’attentent pas à la vie ‘‘sacrée’’ de la personne humaine, etc. ? Les qualités des croyants se trouvent ainsi résumées dans la sourate N°23 intitulée « Les croyants » avec cette promesse :

« Ce sont eux les héritiers, qui héritent le Paradis pour y demeurer éternellement. » 23.10-11

Le prophète a dit : « La foi est constituée d’un peu plus de soixante-dix sentiers. Le meilleur d’entre eux est de prononcer la formule : ‘Il n’y a pas de divinité en dehors de Dieu’. le plus modeste consiste à ôter d’un chemin ce qui peut nuire ou gêner, et la pudeur est un des chemins de la foi ».

« La foi est celle qui s’installe dans le coeur et qui est traduite par le comportement. »

1°) LA SINCERITE : a) Le croyant doit être sincère dans l’acte et dans la parole. Il doit dire la vérité quand il parle et respecter ses engagements. La sincérité exige que l’on doit s’abstenir de mentir, de voler et de frauder.

« Ô vous qui croyez ! craignez Allah et soyez avec les véridiques. » 9.119

« Ô vous qui croyez ! craignez Allah et parlez avec sincérité. » 33.70

Ibn Massoud a entendu le prophète (psl) dire : « La sincérité conduit au bien et le bien conduit au paradis. L’homme ne cesse d’être sincère jusqu’à ce qu’il soit considéré, auprès de Dieu, comme un homme sincère. Par contre, le mensonge conduit à l’infamie et l’infamie conduit à l’Enfer. L’homme ne cesse de mentir jusqu’à ce qu’il soit considéré, auprès de Dieu, comme un menteur. » Cité par Bukhari et Muslim.

b) Il doit éviter le mensonge car cela est une des caractéristiques de l’hypocrisie.

Abou Hourayra rapporte ces propos du prophète (psl) : « Les signes distinctifs de l’hypocrisie sont au nombre de trois : lorsqu’il relate quelque chose, il ment ; lorsqu’il promet, il ne tient pas sa promesse et si on lui confie un dépôt, il se montre déloyal. » Cité par Bukhari et Muslim

Dans une autre version : « si on lui fait confiance, il trahit, s’il fait un récit, il ment ; s’il passe un pacte, il ne l’honore pas et s’il se dispute, il se met hors de lui. »

c) Il doit éviter le faux témoignage : à ce sujet, Dieu dit dans le Coran :

« Ô les croyants ! Observez strictement la justice et soyez des témoins (véridiques) comme Allah l’ordonne, fût-ce contre vous-mêmes, contre vos père et mère ou proches parents. Qu’il s’agisse d’un riche ou d’un pauvre, Allah a priorité sur eux deux. Ne suivez pas les passions, afin de ne pas dévier de la justice. Si vous portez un faux témoignage ou si vous le refusez, Allah est parfaitement Connaisseur de ce que vous faites. » 4.135

« Ô les croyants ! soyez fermes comme témoins, devant Allah, en pratiquant la justice. Que la haine envers un peuple ne vous incite pas à commettre des injustices. ‘Soyez justes ! La justice est proche de la piété’. Craignez Allah ! Allah est bien informé de ce que vous faites. » 5.8

d) Le croyant est tenu au respect de la parole donnée. Il doit être fidèle à ses engagements et à ses promesses :

« Ô les croyants ! remplissez fidèlement vos engagements. » 5.1

« Tenez vos engagements, car les hommes seront interrogés sur leurs engagements. » 17.34

2°) LA CHASTETE : Le croyant doit préserver sa chasteté, éviter la fornication, l’adultère et s’éloigner des chemins et des occasions susceptibles d’y conduire ; Allah nous interdit d’approcher la fornication :

« Et n’approchez pas la fornication. En vérité c’est une abomination etquel mauvais chemin. » 17.32

Dieu ordonne au prophète de dire aux croyants et aux croyantes de baisser leurs regards et de préserver leur chasteté. 24.30-31

Les croyants sont les serviteurs du Miséricordieux qui ne commettent pas la fornication. 25.68

Celui qui commet la fornication, Dieu lui retire de son coeur la lumière de la foi.

Le prophète (psl) a dit : « Le fornicateur ne commet pas son forfait alors qu’il est croyant et le voleur ne vole pas alors qu’il est croyant. » ou encore :

« Il n’y a pas de péché plus grave, auprès de Dieu, que le fait par un homme de verser une goutte dans l’utérus d’une femme illicite (qui n’est pas son épouse). »

Ibn Maja rapporte ces propos du prophète : « Lorsque les gens s’adonneront publiquement à l’adultère, ils seront frappés par la peste et d’autres maux inconnus des générations précédentes. »

Il ne fait pas de doute que les ravages causés par le sida et les maladies sexuellement transmissibles sont dus à la propagation de ce péché commis au nom de la liberté sexuelle. En outre, la fornication ou l’adultère sont à l’origine de la désintégration de la famille. Dans les sociétés de moeurs légères, le nombre de divorces augmente, le mariage diminue et les familles éclatent et disparaissent progressivement. Le mariage ne devient plus nécessaire dès lors que la sexualité est permise en dehors des unions légales.

3°) EVITER L’USURE : Le croyant doit s’abstenir de pratiquer l’usure. Elle est une sorte de fraude autorisée. Il s’agit en fait d’un véritable fléau qui affecte l’économie à tous les niveaux. Le surendettement des Etats, la faillite des entreprises, la ruine généralisée et les déséquilibres économiques ne sont que les conséquences de l’usure. Elle est l’une des causes essentielles de la cherté de la vie, de l’inflation et du chômage parce que les systèmes de crédits et de prêt à intérêt constituent un handicap majeur aux investissements. L’usure ruine à la fois le créancier et le débiteur, sans parler des effets désastreux sur l’économie en générale. En cas de non paiement à l’échéance, le créancier n’hésite pas à saisir les biens du débiteur, à l’expulser du logement, à provoquer la fermeture de l’usine, à jeter des milliers d’ouvriers dans la rue, sans pour autant récupérer son capital. L’usurier, au lieu d’investir ses capitaux dans le commerce, l’industrie ou l’agriculture, il s’emploie à spéculer pour réaliser le maximum de profit sur le dos des autres, tantôt exigeant des taux d’intérêt élevés, tantôt immobilisant des capitaux importants dans l’attente de meilleures opportunités ou d’opérations financières fictives, créant ainsi le désordre financier et paralysant par là-même l’activité économique à l’échelle planétaire. L’usure contribue à détériorer les relations humaines ; elle détruit l’esprit de coopération et d’entraide, auquel se substitue l’instinct d’égoïsme, de cupidité et tout ce qui est de nature à saper les liens de solidarité et de fraternité entre les hommes. Plus l’esprit matérialiste se développe, plus les valeurs morales et humanitaires s’amenuisent.

« Ceux qui pratiquent l’usure ne se tiennent que pareillement à celui qui est bouleversé par le toucher de Satan. » 2.275

Le gain procuré par l’usure est un gain fictif, semblable à la jouissance irréelle d’un rêve érotique. Le verset du Coran entend insinuer que le gain en question est sans consistance et dépourvue de « baraka ». Il faut préciser que ce n’est pas seulement l’usure qui est interdite mais aussi le moindre prêt à intérêt. Toute transaction à base d’intérêt est prohibée, c’est-à-dire tout gain sans risque : par exemple, prêter de l’argent à un commerçant ou un industriel et exiger un intérêt sans participer aux risques et aux pertes éventuelles du débiteur. Par contre, le prêt avec participation aux risques et au bénéfice est parfaitement licite ; Il s’agit alors d’une association en bonne et due forme.

« Allah a rendu licite le commerce et illicite l’intérêt. » 2.275 ; 3.130

« Ô les croyants ! Craignez Allah, et renoncez au reliquat de l’intérêt usuraire si vous êtes croyants. » 2.278

4°) LA PIETE : La piété est l’une des qualités essentielles du croyant. La piété consiste dans la crainte de Dieu ainsi que dans le respect et l’observance de Ses commandements. L’Imam Ali (qu’Allah soit satisfait de lui) définit la piété par les quatre éléments suivants : « La crainte du Majestueux, l’observance des lois révélées, la sobriété ou la tempérance, être disposé à mourir. »

Le Coran regorge d’appels et d’exhortations à la piété, considérée comme condition de succès ici-bas et dans la vie future.

« Ô les croyants ! craignez Allah comme Il doit être craint. Et ne mourez qu’en pleine soumission. » 3.102

« Ô les croyants ! Craignez Allah, cherchez le moyen de vous approcher de Lui et lutter pour Sa cause. » 5.35

« Ô les croyants ! Craignez Allah et croyez en Son messager pour qu’Il vous accorde deux parts de Sa miséricorde, et qu’Il vous assigne une lumière à l’aide de laquelle vous marcherez, et qu’Il vous pardonne, car Allah est pardonneur et miséricordieux. »57.28

« Ô les croyants ! Craignez Allah. Que chaque âme voit bien ce qu’elle a avancé pour demain. Et craignez Allah, car Allah est parfaitement Connaisseur de ce que vous faites. » 59.18

« Les vrais croyants sont ceux dont les coeurs frémissent quand on évoque Allah. Et quand Ses versets leur sont récités, cela fait augmenter leur foi. Ils placent leur confiance en leur Seigneur. » 8.2

5°) NE PAS COMMETTRE LE MEURTRE : La foi commande qu’on ne doit pas tuer, sauf pour une juste raison. La juste raison peut s’expliquer par la légitime défense ou l’application d’une peine légale, le talion par exemple.

Le Coran dit : « Et sauf en droit, ne tuez point la vie qu’Allah a rendu sacrée. » 17.33

« Ne tuez qu’en toute justice la vie qu’Allah a fait sacrée. » 6.150

« C’est pourquoi Nous avons prescrit pour les enfants d’Israël que quiconque tuerait une personne non coupable de meurtre ou d’un désordre sur la terre, c’est comme s’il avait tué tous les hommes. Et quiconque sauve une vie, c’est comme s’il sauvait la vie à tous les hommes. » 5.32

« Il n’appartient pas à un croyant de tuer un autre croyant si ce n’est par erreur. » 4.92

6°) L’AMOUR DU PROCHAIN : Le croyant doit aimer son prochain, le respecter, lui venir en aide en cas de besoin, excepté les ennemis déclarés de Dieu. Le croyant doit aimer pour Dieu et haïr pour Dieu, loin de toute autre considération fondée sur la race, la couleur, le sexe, la langue, l’opinion politique ou autre.

D’après Anas, le prophète a dit : « Aucun de vous ne peut atteindre la plénitude de la foi s’il ne désire pour son prochain ce qu’il désire pour lui-même »

Abou Hourayra rapporte également ces propos du prophète (psl) : « Que celui qui croit en Dieu et au jour dernier ne nuise pas à son voisin. Que celui qui croit en Dieu et au jour dernier traite généreusement son hôte. Que celui qui croit en Dieu et au jour dernier dise du bien (des gens) ou alors qu’il se taise. »

« Les croyants sont des frères. Etablissez la concorde entre vos frères. » 49.10

7°) EVITER LA MEDISANCE ET LA RAILLERIE : Le prophète a défini la médisance comme étant le fait de parler de son frère en faisant état de ce qui lui déplaît. On lui demanda : « ‘‘Quel est ton avis si mon frère est tel que je le dépeins ?’’ Il répondit : ‘‘S’il est tel que tu le dépeins, tu as d’ores et déjà médit de lui. Mais s’il est différent de ce que tu en dis, tu viens alors de le calomnier’’. »

Sahl ibn Saâd rapporte ces propos du prophète : « Celui qui me garantit ce qu’il a entre les mâchoires (la langue) et ce qu’il a entre les jambes, je l’assure du paradis. » Le croyant ne doit pas médire des gens ni s’en moquer. Les hommes sont tous des créatures de Dieu. Nul n’a choisi sa couleur, ni sa race, ni sa forme, ni sa taille. Par conséquent, la critique ou la raillerie à l’encontre d’autrui constitue un grave péché.

Le Coran dit : « Ô les croyants ! Que certains d’entre vous ne se moquent pas des autres ; il se pourrait que ceux-ci furent meilleurs que ceux-là. Que les femmes ne se moquent pas des autres femmes ; il se pourrait que celles-ci furent meilleures que celles-là. Ne vous calomniez pas les uns les autres ; ne vous lancez pas des sobriquets injurieux. Le mot « pervers » est détestable entre croyants... » 49.11

« Ô les croyants ! Evitez de trop conjecturer sur autrui : certaines conjectures sont des péchés. N’espionnez pas ! Ne dites pas de mal les uns des autres. L’un de vous aimerait-il manger la chair de son frère mort ? (Non !) Vous en aurez horreur. » 49.12 Il ressort de ce verset que le fait de médire de quelqu’un équivaudrait à manger la chair de son cadavre.

8°) LA CONFIANCE EN DIEU : a) Les croyants sont ceux qui s’en remettent à Allah et qui placent leur confiance en Lui dans toutes les circonstances.

« Car, c’est en Allah que les croyants doivent placer leur confiance. » 3.122 ; 3.160 ; 5.11 ; 9.51 ; 12.67

b) Prendre Dieu seul comme protecteur et défenseur : Allah défend les croyants et les assiste dans les moments difficiles. Ils doivent donc s’en remettre à Lui en cas de chagrin ou de malheur quelconque. C’est à Lui qu’ils doivent demander secours, aide et assistance.

« Allah est le défenseur de ceux qui ont la foi, Il les fait sortir des ténèbres à la lumière. Quant à ceux qui ne croient pas, ils ont pour défenseurs les « Taghût » qui les font sortir de la lumière aux ténèbres. Voilà les gens du Feu où ils demeureront éternellement. » 2.257

9) NE PRENDRE POUR ALLIE(S) QUE DIEU ET LES CROYANTS : Le Coran insiste beaucoup sur la notion d’alliance, d’amitié, d’amour laquelle doit répondre à certains critères basés essentiellement sur la foi. Dieu interdit aux croyants toute forme d’alliance ou d’amitié avec Ses ennemis qui font fi de Ses enseignements et transgressent sciemment Ses ordres et ce, quelque soit le degré de parenté ou l’intérêt de cette alliance.

« Ô les croyants ! Ne prenez pas pour alliés, vos pères et vos frères, s’ils préfèrent la mécréance à la foi. Et quiconque parmi vous les prend pour alliés... Ceux là sont les injustes. » 9.23

« Ô les croyants ! Ne prenez pas pour alliés les mécréants au lieu des croyants. Voudriez-vous donner à Allah une preuve évidente contre vous. » 14.144

« Tu ne trouveras pas de gens, croyant en Allah et au Jour dernier, et témoignant de l’affection à ceux qui s’opposent à Allah et à Son messager ; seraient-ils leurs pères, leurs fils, leurs frères, ou de leur clan. Dieu a inscrit la foi dans leurs coeurs et Il les a fortifiés par un Esprit émanant de Lui. » 58.22

« Ô les croyants ! Ne prenez pas pour alliés Mon ennemi et le vôtre, leur offrant l’amitié, alors qu’ils ont nié ce qui vous est parvenu de la vérité. » 60.1

« Ô les croyants ! Ne prenez pas pour alliés des gens contre lesquels Allah est courroucé et qui désespèrent de l’au-delà, tout comme les mécréants désespèrent des gens des Tombeaux. » 60.13

10°) LUTTER POUR LE BIEN ET CONTRE LE MAL : Les croyants doivent ordonner le bien et combattre le mal. « Les croyants et les croyantes sont alliés les uns des autres. Ils commandent le convenable, interdisent le blâmable, accomplissent la prière, acquittent la zakât et obéissent à Allah et à Son Messager. Voilà ceux auxquels Allah fera miséricorde, car Allah est Puissant et Sage. » 9.71

Abou Saïd al-Koudri a entendu le prophète (psl) dire : « Quiconque assiste à un acte répréhensible doit le combattre de ses mains, s’il ne peut pas, par la parole et si cela lui est encore impossible, en son for intérieur et c’est le minimum qu’exige la foi. »

« Les croyants combattent dans le sentier d’Allah et ceux qui ne croient pas combattent dans le sentier du Taghût. Eh bien, combattez les alliés du diable, car la ruse du diable est, certes, faible. » 4.76

« Les vrais croyants sont seulement ceux qui croient en Allah et en Son messager, qui par la suite ne doutent point et qui luttent avec leurs biens et leurs personnes dans le chemin d’Allah. Ceux-là sont les véridiques. » 49.15

CONCLUSION : Ainsi se résument les implications et les exigences de la foi. La foi n’est pas seulement une question de conscience. C’est la croyance à des principes qui doivent se traduire dans les faits. La simple croyance non justifiée par le comportement n’a aucun sens.

« Dieu ne regarde ni la forme ni le corps, mais Il regarde l’action et le coeur. » Un croyant qui, sans raison valable, n’agit pas ou qui agit contrairement aux principes de sa foi est un faux croyant. De même que celui qui agit à quelque titre que ce soit, sans avoir la foi en Dieu , ses actions sont vaines auprès de Dieu ; elles ne seront pas prises en compte dans la mesure où Dieu n’accepte que ce qui est accompli pour Sa Cause à l’exclusion de toute ambition de nature idéologique, matérielle ou même humanitaire. Si les bonnes oeuvres ne sont pas destinées à Dieu et vouées à Lui, elles sont inévitablement réalisées pour d’autres objectifs. Or, étant donné que Dieu connaît les causes et les motivations profondes de chaque geste et qu’Il juge selon le fin for intérieur de chacun, toute action entachée d’associationnisme ou qui vise un intérêt quelconque sera rejetée. Il en résulte que les actions quand bien même humanitaires, menées à des fins électoralistes ou celles tendant à obtenir un avantage quelconque, y compris celles destinées à servir une institution dans le seul but de satisfaire le chef, sans aucune conscience vis-à-vis de Dieu, de telles actions sont sans effet à Son égard.

« Nous avons considéré l’oeuvre qu’ils ont accomplie et Nous l’avons réduite en poussière soufflée. » 25.23

« Les actions des mécréants sont semblables à un mirage dans une plaine désertique que l’assoiffé prend pour de l’eau ; mais quand il y arrive, il ne trouve rien. » 24.39

« Elles sont encore comparables à des ténèbres sur une mer profonde : une vague la recouvre, sur laquelle monte une autre vague ; des nuages sont au-dessus. Ce sont des ténèbres amoncelées les unes sur les autres. » 24.40

Maître Ahmed Simozrag


Notes

[1] Le mot Taghût désigne les fausses divinités, le Diable, les idoles, les tyrans etc.

5 Messages de forum

  • > La Foi : Definition & Implications 22 avril 2007 17:17, par J’ai signé

    J’ai lu 26 lignes et, déjà, je suis en pleine contradiction. Je lis : « Le Coran étant le Livre portant le message final parachevant, rectifiant et abrogeant les livres et les messages précédents. » ce qui est en contradiction avec : « Dites : Nous croyons (...) en ce qui a été révélé à Abraham, Ismaël, Issac, Jacob et les Tribus et en ce qui a été donné à Moïse et à Jésus (...) ». C’est ce dernier personnage qui est le contradicteur, je m’explique.

    Dans l’évangile de Marie je trouve cette citation de Jésus : « N’imposez aucune règle, hormis celle dont je fus le témoin. N’ajoutez pas de lois à celles de celui qui a donné la Thora, afin de ne pas devenir des esclaves. » (év. de Marie p. 9, 1-4).

    Je reprends le texte de ce cours : « De même qu’ils doivent reconnaître les livres révélés successivement aux différentes communautés humaines, en dépit de l’abrogation de certains autres. » Ce qui confirme la valeur de l’évangile de Marie.

    Comme plus rien ne pouvait être ajouté à l’enseignement de Jésus, ni règle, ni loi, c’est donc le Coran qui est illicite et qui doit être abrogé. A trop vouloir prouver...

    Je dois aussi faire remarquer que certains des personnages précités sont fort peu recommandables : L’un a bâti sa fortune sur les charmes de sa femme, l’autre a usurpé les droits de son frère en trompant leur père, et un troisième, dans une sainte colère, a fait passer 3.000 des siens de vie à trépas (Tu ne commettras pas le meurtre : Ex 20, 13). En ce qui concerne la pensée de Jésus sur l’Ancien Testament, voir « Apostasie par ignorance - Genèse et Bien fondé de la soumission à Dieu », mon commentaire du 05.04.07

    Guy ROGER

    • > La Foi : Definition & Implications 18 mai 2007 04:35, par Moussa

      Est-ce que l’évangile de Marie est reconnue comme canonique chez les chrétiens ????

      Pourquoi pour avoir raison coûte que coûte, ajouter à votre foi authentique, des choses en lequelles vous ne croyez pas ?

      • > La Foi : Definition & Implications 22 mai 2007 17:27, par J’ai signé

        Bonjour, Non mais, comme maître Simozrag vous l’a prouvé, les musulmans le reconnaissent (Le Coran, sourate II, verset 285). Vous mélangez les choses en lesquelles on peut croire avec celles en lesquelles on doit croire selon une religion. Que savez-vous de ma foi ? Je ne suis ni chrétien, ni crédule, ni croyant, seule la vérité m’intéresse, et je défie quiconque, qu’il soit musulman ou chrétien, de s’interposer entre Dieu et moi. Lire TOUT attentivement et réfléchir avant de réagir, car je pourrais aussi bien vous citer une Upanishad que le Coran ou les Evangiles. Sans rancune, Guy ROGER

        • > La Foi : Definition & Implications 27 octobre 2009 05:51, par LOtusS0POurpre

          Bonjour,

          Monsieur Roger, personne ne peut s’interposer entre le Créateur et Sa Création, c’est en Islam sunnite un dogme. Vous devriez allez martelez cette phrase sur les sites des cathos primaires, qui pensent encore que l’Église est l’intermédiaire entre Dieu et le peuple.

          Vous cherchez la Vérité, c’est bien ; mais vous vous y prenez, à mon avis, fichtrement mal. En fait, tous les Évangiles que vous citez sur ces pages de discussion (celui de Thomas, celui de Marie de Magdala etc) sont des Ecrits coptes, de tradition gnostique, datant pour le plus ancien d’entre eux du IIIe siècle après Jésus-Christ.

          Vous voulez prouvez que le Koran se contredit car il nous demande de croire à toute les Révélations antérieures, notamment l’Evangile, et vous érigez l’Evangile de Marie, qui prétend que Jésus aurait dit (je vous cite) : « N’imposez aucune règle, hormis celle dont je fus le témoin. N’ajoutez pas de lois à celles de celui qui a donné la Thora, afin de ne pas devenir des esclaves. » (év. de Marie p. 9, 1-4) .

          En fait, vous avez vous-même, inconsciemment, posé la solution à votre problème :

          - L’Evangile auquel Dieu nous demande de croire n’est ni l’Evangile de Marie, ni celui de Thomas, ni les 4 Evangiles Canoniques ni les 66 (ou plus ??) autres Evangiles Apocryphes. Tous ces Evangiles-à part les écrits de Paul- ont été soigneusement rédigés par des parfaits inconnus minimum un siècle après J-C (tous les spécialistes sont unanimes à ce sujet, vous pouvez le vérifier).L’Evangile évoqué sans cesse par le Koran est l’Original, celui-là même que le Christ prêchait durant son Apostolat, et cet Evangile, qu’il ait été un document écrit ou une simple tradition orale, est irrémédiablement perdu. Il est à noter que certains spécialistes de la Bible évoquent une certaine Source Q, document qui aurait servit de référence pour ceux qui ont écrit les Evangiles synoptiques, et qui, aujourd’hui, est perdu (Cf l’esquisse qu’en a faite le Professeur James Tabor sur son site, aucune des phrases des Evangiles coptes que vous citez ne s’y trouvent). Il est fort probable que ce document, tel qu’il était dans son intégralité, soit l’Evangile original dont le Koran parle.

          Ainsi rien ne vous permet de soulever une contradition en vous basant sur une phrase hypothétique, laquelle phrase n’a probablement jamais été pronocée par Jésus. De plus,vous devez savoir que les Evangiles qu’on a aujourd’hui ont été écrit en une période ou de graves mutations s’opérait sur les véritables enseignements de Jésus ( les doctrines dites d’Incarnation, de Rédemption, Consubstantiation et autres fantaisies de ce genre ), il n’est ainsi pas étonnant qu’un "évangeliste" condamne ces nouvelles règles en faisant dire à Jésus ce qu’il n’a peut-être jamais dit.

          - En outre, même si on ferme les yeux sur le premier point que je viens de développer, et qu’on considère somme toute que Jésus a bien prononcée la dite-phrase, cela ne remet en rien en cause la légitimité du Koran. En effet le Koran n’apporte rien de nouveau par rapport à la Torah, vous pouvez lire à ce titre le livre "Initiation au Coran" du Docteur Muhammad Abd Allah Draz, son étude vous enlevera la conviction.

          D’ailleurs le Prophète lui-même disait à celui qui voulait lire la Torah : "J’ai reçu la Parole qui les réunit toutes". Il disait aussi : "Les prophètes sont porteurs d’un même enseignement", ce qui veut dire que rien de ce que le Prophète a enseigné n’est nouveau par rapport à ce que le Christ a enseigné !!!

          En fait, ceux qui ont ajouté de nouvelles règles aux enseignements de Jésus sont Paul et les évêques de Constantin : adorer la Trinité (qui n’est mentionné ni en esprit ni en lettre dans les Evangiles), pratiquer l’Eucharistie (rite païen, faites une petite recherche), remplacement du Sabbat par le dimanche ( Sunday : jour du dieu Soleil, c’était le jour de repos des païens romains) ect...

          Le Koran est on ne peut plus légitime ; rien n’est plus légitime dans ces mondes.

          L’Humanité traverse des Cycles cosmiques , qui se succèdent, se chevauchent ... ; la prophétie est le plus important de ces Cycles, son scellement était non seulement prévu, mais nécessaire. Ce n’est qu’en traversant les Cycles que l’Homme évolue.

          Le Koran est le Sceau du Cycle, l’instrument du Sceau a été le Prophète.

          Que Dieu vous guide.

          Cordialement,

          LOtus0POupre

    • DE NATAN QORIQ : quelle valeur peut avoir l’évangile de Marie puisque c’est un texte qui date de plusieurs siécles après la mort de Jésus ! C’est comme si vous mr Roger vous décidiez d’écrire sur Louis XIV ! Et en plus vous vous avez des livres d’histoire ! alors stop cessez de vous réfugier derrière votre religion truquée, religion qui n’est pas celle de Jésus mais de ses ennemis les romains !