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La secte pour la restauration des dix commandements

Publication en ligne : jeudi 3 juin 2004, par Maître Simozrag

La secte pour la restauration des dix commandements de Dieu est une secte millénariste basée en [1], créée et dirigée par Credonia Mwerinde et Joseph Kibwetere.

La secte s’est rendue coupable du massacre d’un millier de ses adeptes auxquels Credonia Mwerinde et Joseph Kibwetere promettaient depuis longtemps la fin du monde mais cela ne s’est pas produit.

Leur mensonge devient de plus en plus insupportable, d’autant plus que les adeptes ont été dépouillés de leurs biens par les responsables de la secte, une raison de plus pour hâter leur liquidation.

Les corps qui ont été exhumés sont pour la plupart mutilés. « Séparés de leurs parents, les enfants sont entassés dans une hutte de boue. Credonia demande de sacrifier deux enfants en leur arrachant les yeux et en les faisant brûler vifs, mais leur père refuse. Une femme ’’possédée par Satan’’ est brûlée vive. Credonia annonce la fin du monde pour décembre 99, puis mars 2000. Elle demande aux fidèles de laisser leurs biens aux dirigeants et organise la tuerie, aidée dans sa besogne par des rebelles Hutus des forces armées révolutionnaires, responsables du génocide rwandais. Parmi les tueurs figurent également des occidentaux, belges, italiens, espagnols, australiens. La police qui était informée des agissements de la secte n’a pas réagi. » [2]

Credonia habite à Kabale, ville située à la frontière avec le Rwanda. Elle s’est mariée deux fois ; ses deux époux sont morts, elle versa alors dans la prostitution, le trafic de drogue et de boissons alcoolisées.

Elle fit une rencontre à l’église de Kabale avec une réfugiée rwandaise qui prétendait que la vierge lui faisait des apparitions. Un jour, Credonia et son amie visitèrent une grotte où se trouve une pierre à forme humaine.

« C’est là que Credonia aurait affirmé avoir eu sa première vision, en voyant soudainement la pierre s’animer et apparaître comme la vierge Marie. »

Credonia a suivi l’exemple d’une prophétesse nommée Alice Lakwena, aujourd’hui en fuite au Kenia, qui se dit visitée par l’Esprit - Saint.

Elle affirmait vouloir « instaurer la loi des dix commandements dans le pays et transférer la banque centrale ougandaise à Gulu ».

Cette dernière était à la tête d’un mouvement armé connu sous le nom de Holy Spiirit Mouvement, réputé invincible grâce au pouvoir magique de la prophétesse capable de transformer les balles de l’ennemi en eau.

Elle a fui le pays par suite de l’échec de ses attaques contre le pouvoir.

Credonia fit la connaissance de Joseph Kibwetere, homme politique et d’affaires qui se consacra à la religion. Nommé inspecteur de l’enseignement catholique, il haranguait les foules avec ses prêches enflammées.

Il devient le recruteur de la secte, « allant chercher les enfants jusqu’à la sortie des écoles qu’il inspectait quelques années plus tôt. »

Selon les déclarations de l’épouse de Kibwetere au journal ougandais New Vision, Credonia, chargé d’un message de la Vierge à l’intention de Kibwetere, prit contact avec ce dernier le 3 janvier 1989.

Ravi de cette rencontre, Kibwetere fait bon accueil à la prophétesse qui était accompagnée de l’une de ses parentes, Ursula Komuhangi. C’est dans la maison de Kibwetere que la secte des dix commandements est née .

Grâce aux relations de celui-ci et à celles de son épouse Theresa dans l’enseignement, les fidèles, protestants et catholiques, venaient nombreux au culte de la secte. La présence de nombreux prêtres catholiques avec leurs ouailles a permis non seulement de gonfler l’effectif, mais aussi d’enrichir le mouvement, car bon nombre d’entre les fidèles étaient des propriétaires terriens.

Alors Credonia , voulant garder un contrôle continu sur les fidèles, prescrit à ces derniers une présence constante, des prières jour et nuit. Les prophéties étaient faites au rythme des visions qui étaient très fréquentes. « Elle insistait beaucoup sur le fait qu’elle était une ancienne prostituée touchée par la grâce, ce qui faisait d’elle une Marie Madeleine. Et Joseph Kibwetere, lui, était comparé au Christ lui-même ».

Les deux responsables de la secte reçurent la promesse d’être baptisés apôtres. L’église de la secte a été construite à Kanungu, lieu de naissance de Credonia.

Un membre de l’évêché de Mbarara témoigne que « l’église du culte a été construite sur l’emplacement même des tombes des parents de Credonia, et cette église a été présentée aux fidèles comme une nouvelle arche de Noé dans laquelle ils allaient échapper à la fin du monde. »

La parole est interdite aux membres de la secte ; ils étaient séparés de leurs familles ; tous les contacts étaient interdits.

Cela fait dix ans que Credonia Mwerinde ne cesse de promettre la fin du monde à ses fidèles.

Mais comme cet événement n’est pas arrivé, les adeptes ont commencé à s’interroger sur le sérieux de leurs gourous, ces derniers ont donc planifié leur disparition.

Des survivants assurent avoir reçu une lettre de Kibwetere enjoignant aux fidèles de se rendre à Kanungu où ils allaient rencontrer Jésus Christ et la Vierge Marie.

Ils furent enfermés dans l’église de la secte et brûlés vifs. Ils étaient au nombre de 400. Les recherches ont permis ensuite de découvrir plus de mille cadavres dans des décombres de lieux de culte et de maisons d’habitation appartenant à des responsables de la secte.

Il y avait de nombreux cadavres de soldats, une vingtaine de cadavres de policiers et aussi des cadavres des membres de la famille du président ougandais Museveni. La secte envisageait la construction d’une église pour les militaires au sein de la caserne.

Francis Byaruhonga, un ancien adepte, raconte : « J’ai rejoint le culte en 1989 et je l’ai quitté deux ans plus tard, lorsque je suis arrivé à la conclusion que ses chefs étaient des escrocs. J’étais le bedeau du pré Dominic Katarbaabo depuis plus de dix ans. Lorsqu’il a quitté l’église catholique pour rejoindre le culte, je suis parti avec lui. Au début, personne ne m’a demandé d’argent. C’est seulement plus tard que j’ai dû, comme tous les autres, vendre mes biens : ma maison, mes champs, mon bétail. J’ai alors donné tout l’argent, 1,5 millions de schillings (plus de 600.000 f CFA) aux responsables, Joseph Kibwetere et Credonia Mwerinde. J’ignore ce qui est devenu cet argent. On ne s’exprimait que par signes. Ma femme et mes dix enfants ont rejoint le culte en même temps que moi, ainsi que tous mes voisins, mon frère, mes cousins. Le culte était basé sur une série de règles, dictée par Credonia Mwerinde : ne pas s’exprimer autrement que par signes, ne pas boire d’alcool, s’abstenir de toutes relations avec sa propre femme. Mon épouse ne pouvait plus m’approcher lorsque nous dormions tous ensemble sur de simples nattes, à même le sol. Mais l’essentiel du culte était les prières. Nous avions des séances de prière jour et nuit, sans arrêt. Il était parfois impossible de dormir, plusieurs jours d’affilée, et les chefs de chaque branche de la secte étaient très stricts à ce sujet. Le matin, ils nous faisaient boire une boisson préparée avec des herbes secrètes qui devaient nous rendre plus proches de la vraie foi. « Mes problèmes ont commencé, en fait, à cause de mes visions. L’Esprit saint peut s’adresser à nous par la parole, l’écriture, la pensée ou les apparitions. Or j’ai la chance d’avoir ces quatre capacités de communiquer avec lui. Lorsque les leaders l’ont découvert, j’ai senti leur contrariété. Dans le groupe, les visions étaient le privilège de Credonia Mwerinde et de Joseph Kibwetere. Lorsqu’il s’est aperçu que je pouvais le concurrencer, alors ont commencé les brimades pour que je cesse de me fourvoyer dans ce qu’ils appelaient la voie du diable. « En 1990, une délégation est venue nous voir à l’église de Rugazi pour régler mon cas. Je m’attendais à pouvoir m’expliquer. En fait, deux semaines de mauvais traitements. Ils m’insultaient, me faisaient jeûner, m’isolaient des autres fidèles. Mais l’Esprit saint m’a encore visité. Ils m’ont alors ramené à Kabumba, dans le pick-up de Joseph Kibwetere. Là, j’ai été battu sans interruption de 5 heures de l’après-midi jusqu’à 6 heures du matin. Ils hurlaient qu’ils étaient en train de chasser les démons de mon corps. Je ne me souviens plus des jours suivants, j’ai cru mourir. « Quand je me suis rétabli et que je suis rentré à l’église, il s’est écoulé un mois ou deux. Mes visions continuaient. Un soir, Joseph Kibwetere est venu me chercher avec un groupe d’hommes. Dans l’obscurité, nous avons marché jusqu’au lac. Là, ils m’ont demandé d’attendre et se sont éloignés pour discuter entre eux. Au bout d’un moment ? Joseph Kibwetere s’est approché de moi et m’a dit, très en colère, que je pouvais louer le Seigneur, qu’il venait de lui parler et de lui conseiller de ne pas me tuer en me noyant dans le lac, comme il en avait l’intention. A condition que je cesse d’avoir ces apparitions. J’avais si peur que j’ai promis. Et puis j’ai quitté le culte quelques mois plus tard. J’ai alors écrit aux autorités religieuses de la région, jusqu’à l’évêque, pour leur signaler les abus de cette secte. » « J’ai réussi à sauver ma femme et mes dix enfants lorsque j’ai décidé de partir. Beaucoup de mes voisins, mon propre frère, sont restés. On a surtout trouvé des femmes et des enfants dans les fosses, les hommes doivent bien être quelque part. Je crois qu’il y aura encore beaucoup de ces fosses communes. Notre secte avait 22 branches, seules cinq étaient explorées pour l’instant. Quant à Joseph Kibwetere et Credonia Mwerinde, ils doivent être en vie quelque part. De toute évidence, tout avait été préparé à l’avance . » « En Ouganda, la police oriente son enquête sur les relations entretenues entre Joseph Kibwetere, gourou de la secte de la Restauration des dix commandements de Dieu, et une secte australienne, dirigée par un certain William Kamm. Les deux mouvements partagent les mêmes croyances. Un document publié en 1991, par la secte ougandaise, évoque la personne de Little Pebble, surnom donné à W. Kamm par ses adeptes. Il est présenté comme un homme "d’une autre nation qui avait eu des visions du châtiment prochain". A l’heure actuelle, Joseph Kibwetere, recherché pour le meurtre d’un millier de personne, est toujours en fuite ».

"Ce sont des gens qui se sont écartés de la parole de Dieu. La dame affirmait avoir eu une révélation, mais il y a de fausses révélations. Le diable est très malin, il rôde comme un lion rugissant", soutient Eugène N, adepte d’une église réformée du Cameroun.

La prolifération des sectes est un phénomène inquiétant. Quelles sont les causes de ce phénomène ? Certaines les expliquent par la soif du religieux et du sacré dans un monde matérialiste, dépersonnalisant, sans repères.

D’autres imputent cette situation au besoin de communauté et de relation pour remédier au mal de l’individualisme et de la solitude qui caractérisent notre époque.

On a également cité comme cause la dérive de l’église qui a suscité ‘‘chez certains chrétiens’’ un sentiments de déception. Décidément, on assiste à l’éclatement de certaines religions en sectes hérétiques, dévoyées et surtout meurtrières. Le Christianisme est la première victime, étant donné le nombre considérable de sectes de confession chrétienne.

En effet, d’après le Saint Coran, les causes de ces dérapages peuvent être d’origine à la fois divine et humaine.

Au premier chef, on peut dire que Dieu ne les a pas guidés pour la simple raison qu’ils (les victimes des sectes) ne L’ont pas écouté. Il leur a, en vain, ordonné de suivre le dernier message (le Coran) qui est une lumière, un remède et une direction pour l’humanité. Il parachève les messages qui l’ont précédé et en rectifie les erreurs. Or, en refusant de croire et de se conformer aux révélations coraniques, ils se sont égarés.

Les erreurs du Nouveau Testament empêchent les chrétiens de connaître la vérité de l’Islam ; elles conduisent à l’égarement du fait qu’elles favorisent le polythéisme, le culte des saints, des prophètes , du Saint-Esprit, etc. Ensuite le Christianisme est une religion incomplète et dépassée, donc incapable de satisfaire les besoins spirituels de ses fidèles.

Jésus lui-même a reconnu qu’il n’a pas tout dit et qu’un autre messager viendra pour compléter ce qui manque : « J’ai encore beaucoup de choses à vous dire , mais vous ne pouvez pas les porter maintenant. Quand le consolateur sera venu, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans toute la vérité ; car il ne parlera pas de lui-même, mais il dira tout ce qu’il aura entendu, et il vous annoncera les choses à venir. Il me glorifiera, parce qu’il prendra de ce qui est à moi, et vous l’annoncera. » J16.12-15

Le consolateur qui annonce la vérité aux gens, qui glorifie Jésus, qui fait un rappel de son message (parce qu’il prendra de ce qui est à moi), qui ne parle pas de son propre chef, mais qui communique la parole de Dieu, ce consolateur est incontestablement le prophète Mohammed.

D’autant plus que le message du Christ a fait l’objet de manipulations qui l’ont rendu compliqué et inintelligible, ce qui pousse les foules à chercher refuge dans les sectes. Ce faisant, elles tombent dans les griffes de ces monstres endiablés qui abusent de leurs personnes, de leurs biens, de leur foi et de leur vie. Dans leur quête de spiritualité, beaucoup de chrétiens ont heureusement choisi l’Islam, ceux-là sont sauvés parce que non seulement ils y trouvent la réponse à leurs questionnements et l’assouvissement de leurs besoins, mais ils sont aussi à l’abri de ces pratiques suicidaires qui n’existent nulle part dans le monde musulman, en raison de l’interdiction du suicide en Islam.

Ils sont sauvés car Allah a dit : « S’ils embrassent l’Islam, ils seront bien guidés. » Coran 3.20 « Et ceux qui se sont convertis à l’Islam sont ceux qui ont cherché la droiture. » Coran 72.14 Il ne faut pas oublier que Dieu fait subir à ces groupes égarés les conséquences de leur égarement. C’est aussi un avertissement à d’autres et pour les amener à réfléchir sur le danger qui guette tous ceux qui dévient de Sa Voie.

L’homme qui se soumet à Dieu, qui cherche la droiture, Dieu le protège contre les démons et lui évite l’égarement ; en revanche, celui qui refuse de se soumettre à Dieu, qui prend des intermédiaires ou qui Lui associe d’autres divinités, Dieu l’abandonne à son sort, alors les diables s’emparent de lui. C’est ce qui ressort de plusieurs versets du Coran, notamment ceux-ci : « Il guide certains hommes alors que d’autres ont mérité l’égarement parce qu’ils ont pris les démons pour maîtres, en dehors d’Allah, et ils s’imaginent être bien guidés. » Coran 7.30 « N’as-tu pas vu que Nous avons lancé contre les mécréants des démons qui les excitent terriblement. » Coran 19.83 « Nous désignons un démon, comme compagnon inséparable, à quiconque se détourne du souvenir du Miséricordieux. » Coran 43.36 « Nous avons désigné les diables pour alliés à ceux qui ne croient pas. » Coran 7.27 A la lumière de ces seuls versets coranique - il y en a beaucoup d’autres encore - , on peut facilement analyser et bien comprendre le phénomène des sectes.


Notes

[1] OugandaJournal Libération, mercredi 5 avril 2000

[2] CAVIGLIOLI François : Le Nouvel Observateur, 13.04.2000