La solution

éditorial d’Al-Maidane n°24 du 1er au 15 avril 2000

Publication en ligne : dimanche 29 mai 2005, par Maître Simozrag

Notre époque est celle de tous les maux : le sida, la drogue, la criminalité, la corruption, les vols, les viols, les sectes, les suicides, la mafia, les guerres, les massacres et j’en passe.

Les tragédies se comptent par milliers chaque jour. Les mots macabre, sanglant, dramatique, meurtrier deviennent les épithètes et les attributs de presque tous les événements, de tous les sujets d’actualité .

Le continent africain semble le plus affecté par ces fléaux. En Ouganda, on vient de découvrir plus de huit cents cadavres, poussés au suicide ou assassinés, parmi les adeptes de la secte des dix commandements.

Le banditisme au Cameroun terrorise la population, s’amplifiant de jour en jour ; utilisant des procédés nouveaux et gagnant des espaces nouveaux..Les guerres fratricides sont toujours d’actualité au Rwanda, au Burundi, au Congo-Zaïre, en Angola, en Ethiopie, en Erytrée, au Soudan, etc.

L’Afrique du Sud détient le record de criminalité parmi la centaine de pays recensés par Interpol. 70 personnes sont assassinées chaque jour. Un million de femmes sont violées chaque année ! 75% des femmes noires sont victimes de viol. Un cambriolage chaque minute. Dans la seule région de Johannesburg, on enregistre 36 agressions par jour, blessant ou tuant un automobiliste au volant de sa voiture.

Pourtant, force est de constater que certains pays musulmans, précisément ceux qui appliquent la Chari’a, sont peu ou pas touchés par ces calamités.

D’une manière générale, les pays musulmans sont relativement moins atteints que les autres pays. Et dans le monde musulman, les situations ne sont pas les mêmes non plus.

On peut facilement percevoir la différence entre les pays qui appliquent la Chari’a et d’autres pays laïcs comme l’Algérie et la Turquie ; entre l’Iran au temps du Shah et l’Iran aujourd’hui.

Il est difficile de faire croire qu’il existe des pays où les bijoutiers et les commerçants n’éprouvent même pas le besoin de baisser les rideaux de leurs boutiques quand ils vont prier à la mosquée. Cela est pourtant vrai en Iran et en Arabie Saoudite.

Au vu de ce constat, il est permis d’affirmer haut et fort que la Chari’a est l’immunité contre ces maux, le meilleur remède et l’unique solution. L’efficacité de la Chari’a tient au fait qu’elle allie la morale et l’autorité nécessaire au respect de cette morale. Sans la Chari’a, l’Islam est réduit à un simple code moral sans effets importants sur les comportements.

La foi étant une notion abstraite, fluctuante, une affaire de minorité qui n’est pas donnée à tout le monde, par conséquent et surtout en l’absence d’éducation appropriée, la foi à elle seule ne peut garantir le respect des droits et des devoirs, soit des commandements divins.

Or, le recours à la loi est nécessaire, tant pour le respect de ces commandements que pour l’éducation de la multitude qui n’a pas la foi ou dont la foi est faible. Seulement, les lois humaines s’avèrent insuffisantes en matière d’éducation et de coercition .

Alors que la loi divine a l’avantage d’expier la faute, de racheter le pécheur, d’être mieux respectée, donc plus effective et plus dissuasive, d’éduquer, de restaurer la foi et enfin d’inspirer confiance à cause de sa justesse ;

Il suffit de réfléchir un instant sur quelques-unes des dispositions de la Chari’a pour se rendre compte de son excellence, de sa justesse et de sa pertinence.

Comment ne pas faire confiance à des lois parfaites qui émanent de l’Etre parfait ? Si notre époque souffre de déséquilibre, la Chari’a permet de rétablir l’équilibre dans tous les domaines.

Le corps, l’esprit, l’individu, la famille, la société, chacun y trouve la satisfaction de ses besoins.

La Chari’a partage le bonheur et le chagrin de l’individu, de la famille et de la société.

Elle prend soin des personnes âgées, des malades, des handicapés, des veuves, des orphelins, des enfants de la rue, des émigrés, des sans-abri, et pourvoit à leurs besoins au nom d’une justice divine qui doit profiter à tous les membres de la communauté humaine.

A cet égard, elle agit au nom de Dieu auquel appartiennent toutes les créatures. Tous les êtres humains ont des droits égaux sur les ressources mises à leur disposition par leur Créateur.

Son action ne s’inscrit pas dans le cadre étroit d’une entité étatique dominée par l’égoïsme et la passion. Là, où de multiples facteurs d’ordre social, politique, racial, géographique entrent en compte dans les rapports entre gouvernants et gouvernés.

En outre, son intervention au profit des nécessiteux et des gens en difficulté n’est pas une simple faveur accordée au gré des circonstances, mais un acte obligatoire et un devoir de justice consistant à attribuer à chacun ses droits.

Le bénéfice de ces droits n’est soumis à aucune condition. Sur ce point, les partisans et les adversaires de la Chari’a sont placés sur un pied d’égalité, tous ont les mêmes droits, bien qu’ils n’aient pas les mêmes devoirs.

La justice divine veut que même les mécréants, les polythéistes et les idolâtres profitent des largesses de leur Créateur.La justice de la Chari’a embrasse tout le genre humain, toutes les activités et tous les aspects de la vie.

Avant d’imposer les devoirs, elle distribue les droits. Elle est au-dessus des partis et des systèmes et partant, à l’abri de leurs manipulations et de leurs influences.

Les abus de pouvoir sont sévèrement sanctionnés par la Chari’a. Sa rigueur est telle qu’elle ne fait guère de cadeau aux dirigeants.

Au regard de la Chari’a, l’Administration est seule responsable des délits et des fautes occasionnés par ses manquements et ses insuffisances et c’est elle qui doit réparer les dommages causés.

Si nous prenons comme exemple le cas de la mendicité, nous constatons que malgré son interdiction, elle demeure non punissable tant qu’il ne soit pas procédé à la réinsertion sociale des mendiants ainsi qu’à la satisfaction de leurs besoins.

On peut citer un autre exemple dans le domaine du commerce : la Chari’a s’abstient de réprimer toute espèce de fraude imputable à une pénurie générée par un système économique défaillant. En conséquence, elle se fait un devoir de changer le système.

En matière pénale, la Chari’a se désiste en faveur de la victime dans bon nombre de cas. Tout en privilégiant la réconciliation et le pardon, elle se borne à exécuter la volonté, la décision de la victime. Cette dernière serait en quelque sorte le juge de son agresseur.

Ainsi, cette position de force réservée au faible l’amène souvent à pencher pour le pardon plutôt que pour la vengeance.