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La tentation universelle

Publication en ligne : dimanche 29 mai 2005, par Maître Simozrag

Il est une tentation (fitna) universelle dont on ne se rend pas compte. Elle exerce une fascination de plus en plus irrésistible sur les gens. Il s’agit du sport en général et du football en particulier. L’engouement pour ce phénomène a pris des proportions telles qu’on peut l’assimiler à une nouvelle forme d’idolâtrie. Seulement, son extraordinaire pouvoir euphorisant contribue à occulter ses effets pervers. L’amour du football dépasse chez beaucoup de gens les limites du raisonnable. La passion de ce jeu leur fait oublier les devoirs les plus sacrés et les plus impératifs. La responsabilité, la famille, les rendez-vous, la prière, l’invocation de Dieu sont relégués au second plan. C’est précisément pour cette raison, en l’occurrence le détournement de l’invocation de Dieu, que le vin, le jeu de hasard, les pierres dressées, les flèches divinatoires qualifiés d’abomination, oeuvre du diable, ont été prohibés. La folie qui s’empare des foules à l’occasion des matches, les injures, les gestes déplacés, les violences meurtrières exercées dans les stades et hors des stades, montrent combien cette activité est loin d’être une simple distraction. Même devant le petit écran, les téléspectateurs, tellement emportés par l’émotion frénétique du jeu, ne parviennent à contrôler ni leurs gestes ni leurs paroles. De manière quasiment inconsciente, ils se répandent en cris de joie ou de colère, huant tel joueur, acclamant tel autre, tapant du poing sur la table, cassant, balançant des objets, etc. La perte d’un match est souvent l’occasion non pas d’une déception passagère mais d’un deuil qui frappe tout le monde, les individus, les familles, le pays, le peuple. C’est la preuve que l’ivresse du football est plus pernicieuse que l’ivresse du vin. Rares sont les compétitions qui se déroulent sans incidents. Les affrontements entre manifestants et forces de l’ordre sont très fréquents. Les cordons de sécurité autour des stades s’imposent à l’occasion de chaque grande rencontre. Dans certains pays africains, les risques d’affrontements font de plus en plus appel à de grands déploiements policiers ou militaires quel que soit le match. On observe ça et là des batailles rangées, des bagarres, des scènes de lynchage, des voitures incendiées, des émeutes sanglantes, impliquant aussi bien les joueurs que les spectateurs. Pour ne citer que quelques exemples de violences, rappelons les émeutes qui ont éclaté le 17 de ce mois à Charleroi (Belgique), avant la rencontre entre Allemands et Anglais dans le cadre de l’Euro 2000 du football ; bilan : un mort, une trentaine de blessés et plusieurs magasins endommagés. On se souvient du bain de sang du Heysel en 1985, de l’agression du gendarme français par des skinhead allemands lors du mondial 1998. Rappelons encore la rencontre amicale du 27 février 1999 à Annonay (Ardèche) qui a dégénéré en violences provoquées par un groupe de supporteurs venus de Saint-Etienne. Après le match, les supporteurs se sont rendus dans une cité HLM voisine pour se livrer à des actes de vandalisme. Les jeunes du quartier ont réagi en brûlant des voitures. (le Monde, 2 mars 1999) Un match de football de la ligue du Midi dégénère en bataille rangée : onze blessés dans un village du Gers. (le Monde 16 mars 1999) Le 28 mars 1999, un supporteur a été poignardé dans un stade de Clichy-sous-Bois ; une bagarre générale a éclaté le même jour à Montfermeil, ce qui a amené les dirigeants de la Seine-Saint-Denis à suspendre tous ses matches. En février 1995, un jeune spectateur avait été tué d’un coup de fusil devant un stade de Drancy. En Angleterre : le match de demi-finale de coupe de l’UEFA à hauts risques entre Leeds United et le club turc de Galatasaray a déchaîné les violences attendues en représailles des graves incidents du match aller à Istanbul, au cours duquel deux supporteurs britanniques avaient été tués. En Allemagne, des supporteurs se sont affrontés avant, pendant et après le match de ligue régionale entre Offenbach et Mannheim : plus de 100 personnes dont 27 policiers, ont été blessés. (Libération, 16 mai 1999) En Russie, à Saint-Pétersbourg, des affrontements avec ceux du Dynamo Moscou ont entraîné la mort de deux supporteurs de l’équipe locale (Libération 22 et 23 avril 2000) En Tunisie, pendant la demi-finale de la Coupe de Tunisie de football entre l’équipe locale et celle de l’Espérance sportive de Tunis, se déclencha une bataille à coups de pierres. Les autorités tunisiennes ont fait état de trois morts et dix blessés à la suite de cet incident mais en réalité le bilan s’élevait à 24 morts et de nombreux blessés. En 1983, des affrontements entre supporteurs à Surulerey (Nigeria) ont fait plusieurs morts et des dizaines de blessés. En 1993, lors d’une rencontre entre l’ASEC d’Abidjan (Côte d’Ivoire) et Ashanti Kotoko au Ghana, des supporteurs ivoiriens ont été molestés. En représailles, la population ivoirienne a lancé des violentes attaques contre les ressortissants ghanéens en Côte d’Ivoire ; il y eut des scènes de viols, de pillage, des morts, des blessés ainsi que des grands dégâts matériels. Du coup, beaucoup de Ghanéens ont fui la Côte d’Ivoire. Lors de la Can 2000 au Nigeria, des incidents ont éclaté entre les supporteurs sénégalais et nigérians : bilan plusieurs blessés. De ces actes de barbarie, on parle à demi-mot en raison des gros enjeux du football, de la passion des uns et des intérêts des autres. Certes, le sport est une activité bénéfique pour la santé physique et mentale de ceux qui le pratiquent, mais là, il devient autre chose qu’un simple exercice physique. Il recouvre des réalités différentes de celles qu’on veut nous faire croire. Outre la violence qu’il suscite, le football est un espace de business et de trafic de tous genres, un forum de propagande politique et idéologique, un véritable opium des masses. Un opium qui fait oublier aux peuples leur misère et apaise leurs mécontentements à l’encontre des dirigeants. Donc, un bon moyen de canaliser la colère des masses populaires. Comme l’anesthésie qui permet au chirurgien de pratiquer n’importe quelle opération sur le corps du patient. C’est pourquoi les pouvoirs publics n’hésitent pas à faire de gros investissements dans ce domaine au détriment des populations et de leurs besoins les plus pressants. D’ailleurs, les autorités profitent souvent de l’euphorie d’un match de football pour augmenter les prix de certains produits de première nécessité, comme le pain ou l’essence. En outre, le stade est le lieu tout indiqué pour les propagandes politiques et électorales. Si l’on considère l’affairisme des grandes firmes multinationales, en particulier celles du tabac et de l’alcool, les opérations grandioses de marketing et de sponsoring liées à cette activité, comme étant des pratiques plus ou moins légales, il ne fait pas de doute que le football sert d’abri à de multiples activités mafieuses. Le trafic de stupéfiants et de produits dopants, le blanchiment de l’argent sale, la fraude fiscale, la vente, l’achat et l’échange des joueurs, la corruption des équipes, des responsables, des footballeurs, des instances dirigeantes, tous ces trafics se développent à merveille dans un terreau fertile appelé ‘‘sport’’. Les clubs sont, tels des repaires de brigands, la cheville ouvrière de ces trafics. Les dernières révélations sur les détournements de fonds, le trafic de drogue et la corruption à grande échelle ne sont que la partie émergée de l’iceberg. Dans tout cela, ce qui est difficile à expliquer, c’est l’emballement des peuples en voie de développement. Même les plus démunis suivent le mouvement . Si le football est un moyen de divertissement pour les occidentaux, il est au contraire une calamité pour les peuples du tiers-monde. Il ne fait qu’endormir ces peuples, accentuer leur misère et leur sous-développement . Il les empêche de travailler, de réfléchir, de produire, de rechercher des solutions à leurs problèmes et à leur misère. On n’a pas le droit de s’amuser quand on a faim, dans le dénuement le plus complet, privé de tout, de soins, de logement, de savoir ; bref, du strict minimum vital. Ce n’est pas à cause du fait que la distraction serait le droit ou le privilège exclusif des nantis et que les moins nantis n’en seraient pas dignes. Loin s’en faut, c’est tout simplement parce que la distraction, bien qu’elle réponde à un besoin, n’est pas une priorité et ne doit pas nous faire oublier l’essentiel. En Islam, le sport est une activité licite, cela est indiscutable. Mais l’obsession du football présente des signes caractéristiques d’idolâtrie susceptibles de le rendre illicite. Quel que soit l’aspect sous lequel nous examinons ce jeu, nous débouchons sur la même conclusion. Sans trop nous étendre, nous nous bornerons brièvement à l’examen de trois aspects : 1- En Islam, tout ce qui est utile est permis et tout ce qui est nuisible est interdit. Le sport est utile certes, mais pour les joueurs et non pour les spectateurs qui s’affolent, perdent leur argent, leur temps et qui risquent parfois leur vie dans les incidents et les bagarres. 2- Entre ce qui est clairement licite et ce qui est clairement illicite, il y a des choses douteuses que le Prophète (psl) nous recommande d’éviter par précaution contre ce qui est illicite. Or, dans le meilleur des cas, le football fait partie des choses douteuses qu’il convient d’éviter. 3- Dans plusieurs versets du Coran, Allah exalté fait l’éloge des croyants qui se détournent des futilités. Selon les exégètes du Coran, le terme futilité désigne tous les propos et les actes inutiles. Allah ( Gloire à Lui) précise par ailleurs que ce comportement étant l’une des qualités des croyants. Il est certain que le football fait partie des futilités. Que dire alors d’un football qui devient source d’animosité, de haine, de violences, d’effusion de sang, etc ? Pas facile de trouver une porte de sortie, n’est-ce pas ?!! Al-Maidane


1 Message

  • La tentation universelle 12 août 2009 12:18

    De Natan Qoriq : souvent d’ailleurs les supporters sont tellement fanatiques d’une équipe de Football qu’ils semblent tels des possédés ! Je me suis souvent demandé pourquoi une telle frénésie accompagnait les matches de foot plus que les autres sports ! Il convient de plus de remarquer que des sommes colossales entrent en jeu dans ce sport ! De l’argent il y en a bien pour des futilités alors qu’il en manque pour l’essentiel dans de nombreux pays d’Afrique ? Comment peut-on tolérer que des joueurs gagnent des millions d’euros pour taper dans un ballon alors que des pays meurent de faim ? Idem pour la F1 et les autres sports d’"élite" ! Seigneur Allah puisses-TU ouvrir les yeux de tous ces hommes perdus égarés ! Souvent je ne peux m’empécher de penser que l’Occident moderne de la mondialisation est une colossale entreprise "satanique" créée dans le but de perdre le maximum d’âmes et de polluer de maintes façons (autant spirituellement que matériellement !) la Terre entière !