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Les effets pervers du nationalisme

Publication en ligne : lundi 3 septembre 2007, par Maître Simozrag

Un regard sur la réalité du nationalisme nous permet d’évaluer le degré de compatibilité ou d’incompatibilité de cette idéologoe avec l’Islam ; cela est d’autant plus important que le terme nationalité exprime l’état d’une personne membre d’une nation. En effet, le nationalisme n’a apporté aucun bien à l’humanité. Il n’a engendré que destruction, massacres et guerres. Le nationalisme est hanté par l’idée de défendre une identité nationale face à des menaces extérieures. Il n’est pas étonnant que l’histoire du nationalisme soit émaillée d’exactions contre les minorités culturelles et religieuses.

Al-Housri, l’un des théoriciens de cette idéologie, n’hésite pas à exalter les mérites d’un poète chrétien qui a appelé à la mécréance dans le but de l’unité, en disant : « Paix sur une mécréance qui nous unit. Et bienvenu à la Géhenne après cela »

Il n’est guère inutile de rappeler les ravages causés par le concept de l’ivoirité qui traduit une des manifestations d’un nationalisme insolite, menaçant l’hospitalité millénaire du continent africain.

Lors d’une interview sur les raisons de la création du front national de Côte d’Ivoire (Fronaci), Likoua Dnahoré secrétaire général du parti prétend que l’identité ivoirienne est en péril : « En tant que nation, l’on assiste, dit-il, à une désidentification nationale qui consiste à vouloir donner la nationalité ivoirienne à tout venant et à créer une partition artificielle du pays ».

Selon lui la nationalité ivoirienne ne doit pas être accordée automatiquement à ceux qui naissent en Côte d’Ivoire ou qui y séjournent depuis longtemps . On se souvient du fameux prétexte de « nationalité douteuse » qui fut utilisé pour écarter Alassane Ouattara de la course présidentielle.

Le nationalisme légitime la violence d’État et abhorre la liberté qu’il considère comme un facteur réducteur de la puissance étatique. Les nationalistes n’hésitent pas à réprimer, voire éliminer les groupes ou les partis d’opposition.

Avec Hitler, le nationalisme s’est encore transformé en fascisme, ajoutant au culte du chef, le culte de la race dite « pure » et le rejet de races « inférieures ». Durant la Seconde guerre mondiale, l’idéologie fasciste a ainsi mené au génocide, l’extermination physique et systématique des éléments jugés « indésirables » d’une société.

C’est ainsi qu’au nom de la purification ethnique, les nationalistes serbes ont perpétré des massacres contre les musulmans de la Bosnie et du Kosovo (ex-Yougoslavie). De même, la purification ethnique des Palestiniens par les sionistes s’inscrit dans le cadre de la même idéologie.

Celle-ci n’a de cesse de se confondre avec l’exclusion, la discrimination et la haine raciale. Elle vise à gommer les différences culturelles en les dissolvant dans le même moule, ce qui est contraire aux préceptes islamiques relatifs à la diversité des langues et de couleurs, Allah dit :

« Et parmi Ses signes la création des cieux et de la terre, la diversité de vos langues et de vos couleurs » s30 v21 « Ô Hommes ! Nous vous avons créés d’un mâle et d’une femelle, et Nous vous avons répartis en peuples et en tribus pour que vous puissiez vous connaître entre vous. Les plus honorables d’entre vous auprès de Dieu sont les plus pieux » s49 v13

Le nationalisme a engendré le colonialisme et provoqué partout dans le monde des guerres dévastatrices au nom de la culture, de la race, de la langue ou de l’origine ethnique.

« Le nationalisme est une maladie infantile. C’est la rougeole de l’humanité » dit Robert Einstein

« Le nationalisme c’est la haine des autres, le patriotisme c’est l’amour des siens » Romain Gary

Le Prophète a dit au sujet du racisme ‘‘assabiyya’’ : laissez-le tomber, il est abject. N’est pas des nôtres celui qui prône le racisme, ni celui qui se bat pour une cause raciste, ni celui qui meurt pour une cause raciste ». Le nationalisme n’est qu’une forme moderne de assabiyya.

Le Prophète a dit encore : « Ô les hommes ! Votre Seigneur est Un, et votre père est un. Pas de supériorité à un Arabe sur un non Arabe, ni à un non Arabe sur un Arabe, ni à un blanc sur un noir, ni à un noir sur un blanc. Le seul critère de préférence auprès de Dieu est la piété ». (rapporté par Ahmad)

Le nationalisme arabe est réputé pour ses exactions cruelles contre les minorités non-arabes.

Au nom de cette idéologie totalitaire, les Kurdes sont persécutés, leurs droits humains et nationaux confisqués ; ils sont l’objet de discrimination et de mépris ; on tente de détruire leur identité, leur culture, leur patrimoine, leur folklore, leur langue, leurs coutumes et ce dans le but de les fondre dans le moule de la culture nationale.

Ils sont reniés jusqu’à leur existence ; leur langue est interdite dans tous les domaines de la vie ; ils sont privés de leur citoyenneté après être déchus de la nationalité du pays de résidence et privés en conséquence de leurs droits sociaux y compris le droit au travail et à l’éducation ; leurs terres agricoles ont été confisquées et attribuées à des ressortissants amenés de provinces lointaines ; ils sont privés de leurs droits civiques et politiques, ne pouvant ni élire ni être élus ; ils sont qualifiés de traîtres, de gens dangereux pour l’unité et la stabilité du pays.

Interrogé sur le nationalisme arabe, Cheikh ibn Bazz a répondu : « C’est une cause païenne. Il n’est pas permis de la rallier ni d’encourager ses leaders. Plutôt, il faut l’anéantir, la Charia islamique est venue pour le (la) combattre, pour en détourner les gens, pour réfuter ses arguments et ses prétentions et apporter la réplique de manière à clarifier la vérité à ses prétendants. [...] Il est connu de l’islam par nécessité que l’appel au nationalisme arabe et tout autre nationalisme est un appel injuste, une grande erreur, un mal manifeste, un paganisme affreux et un complot contre l’islam et les musulmans et ce pour des raisons que nous avons explicitées dans un livre à part intitulé : ‘‘critique du nationalisme arabe à la lumière de l’islam et de la réalité’’