Accueil du site > Debat Islam-Christianisme > DEBATS > Lettre 10 du pasteur : crise israélo-arabe, sacrifices dans la (...)
      

Lettre 10 du pasteur : crise israélo-arabe, sacrifices dans la Bible,critiques fondements de l’Islam

Publication en ligne : dimanche 9 mai 2004, par Maître Simozrag

le samedi 25 octobre 1997

Cher ami Ahmed ,

Dans votre dernier courrier en date du 13 octobre, vous m’avez invité à « interroger les minorités chrétiennes en Egypte, en Irak, en Syrie, en Jordanie , en Palestine, en Iran, en Tunisie, au Maroc... »

J’ai donc rassemblé à votre intention quelques éléments de réponses tirés essentiellement de la revue "Keren Israël (dont vous trouverez tous les sommaires ci-joints), ainsi que du bulletin Evangile-Islam édité par le Pasteur Georges Tartar. Je suis désolé de devoir bousculer quelque peu vos illusions sur la prétendue tolérance de l’Islam, mais les faits sont là, indiscutables. Je tiens à votre disposition l’ouvrage très complet et très documenté de Bat Ye’or, "Juifs et chrétiens sous l’Islam, les dhimmis face au défi intégriste" (420 pages).

Je vous remercie pour le rapport d’Amnesty international sur l’Algérie. Pourriez-vous aussi me faire parvenir le rapport sur le Soudan ou l’Egypte, s’il vous plaît ? Je crains fort bien que la "Fondation Internationale Musulmane du Canada Inc." se garde de diffuser ces documents compromettants !

Pour conclure avec une note plus optimiste, sur la prétendue tolérance de l’Islam, je reconnais qu’il y a heureusement quelques musulmans plus tolérants que d’autres, et j’espère pouvoir vous compter encore quelques temps dans la première catégorie. Après tout, vous n’êtes pas un "barbu" !

Je me permets de revenir sur une de vos déclarations : « Muhammad n’a jamais fréquenté des Juifs ou des chrétiens dont il aurait appris des enseignements, des récits ou des dogmes quelconques. A l’exception d’une brève entrevue avec un moine nommé Bahira... » Or selon Roger Caratini, dans son ouvrage "Mahomet", le cousin de Khadidja, nommé Waraqa, chrétien versé dans les écritures, "est intervenu, d’après la sira, à plusieurs reprises dans la vie du prophète de l’Islam (p137). Après la mort de Waraqa (en 612 ou 613), Muhammad aurait eu un rêve dans lequel il vit Waraqa au ciel, vêtu d’une robe blanche (confirmant apocalypse 3.5). Qu’en dites-vous ?

« Comment se fait-il que l’Islam ait ses propres croyances, ses propres rites, ses propres lois, ses propres doctrines, son propre culte ? » En fait, il semble bien que l’Islam soit une sorte de Judaïsme dévoyé. Au départ, la communauté fondée par Muhammad priait orientée vers la Mecque, la Fatiha est une prière que tout juif peut faire jusqu’à aujourd’hui... Ce n’est que lorsque Muhammad s’est rendu compte que les Juifs de Yathrib ne suivaient pas la nouvelle religion, qu’il lui a fallu marquer une nette différence avec eux, d’où la nouvelle qibla par exemple, d’où aussi la Sourate 2 "la vache"(post-hégérique N° 87) qui marque la rupture finale de Muhammad avec les Juifs.

Quoi que vous disiez, il est clair que le message Coranique a énormément varié, aussi bien dans la forme que dans le fond, en particulier au gré des circonstances traversées par Muhammad. Il suffit de comparer les sourates 26 et 11 par exemple pour constater que les récits sont déformés par Muhammad pour justifier au mieux les décisions qu’il impose à sa communauté musulmane : tour à tour, il s’identifie à Noé, à Abraham, à Moïse. Cela est très bien démontré dans le "Cours sur le Coran" (cf. p 28-33 ci-jointes).

Donc, l’Islam a ses propres rites et lois pour se démarquer des Juifs (et aussi des chrétiens) qui n’ont pas reconnu en Muhammad le prophète qu’il prétendait être. Au tout départ de son ‘‘apostolat’’, les doctrines annoncées par Muhammad n’apportaient quasiment rien de nouveau par rapport au Judaïsme. Vous prétendez « qu’il existe une parfaite continuité et unité dans le style et dans le genre du Message du Coran », il suffit de le lire par ordre d’apparition chronologique des sourates pour constater que c’est faux. Selon la traduction de M. Hamidullah, les sourates 56 et 100 sont toutes deux préhégiriques (N° 46 et N°14), donc jusqu’à aujourd’hui, à moins d’invoquer des querelles intestines entre les universités islamiques mecquoises et médinoises, vous ne m’avez pas produit de sourates post-hégériques contenant des serments. Pour ce qui est de la Bible, il est évident qu’elle contient des styles très divers : récits historiques, poésies, prophéties, proverbes, allégories... Ce qui est extraordinaire, c’est que malgré la diversité des écrivains, (bergers, rois, prophètes, pêcheurs, collecteurs d’impôts...) et malgré leur dispersion dans le temps et l’espace, ces quelques 40 auteurs, sans avoir pu se concerter, ont délivré un message unique centré sur l’amour de Dieu, Sa sainteté et Sa justice manifestée en Son Messie.

Vous avez posé une question d’une extrême importance : « Pourquoi la mort de Jésus serait nécessaire ? » C’est une question à laquelle j’ai déjà donné quelques éléments de réponses, en particulier dans la réflexion "...ou le scandale de la croix." Je suis heureux d’y revenir aujourd’hui pour vous clarifier le message biblique. Contrairement à ce que vous pensez, tout l’Ancien Testament regorge de sacrifices, holocaustes, et offrandes comme l’atteste le tableau ci-dessous (seules les occurrences au singulier sont comptabilisées) :

Nombre d’occurrences du mot : SacrificeholocausteoffrandeTotaux
Genèse 1 6 3 10
Exode 8 6 13 27
Lévitique 106 50 62 218
Nombres 66 54 1O4 224
Deutéronome 3 1 4
Livres historiques 25 35 21 81
Livres poétiques 9 2 2 13
5 « Grands prophètes » 20 13 18 51
12 « petits prophètes » 5 2 7
sous-total 243 167 225 635
Evangiles 1 9 1O
Actes 3 1 4
Epîtres de Paul 5 2 7
Hébreux 6 4 10
Epîtres catholiques
Apocalypse
Sous-total 15 16 31
TOTAUX 258 167 241 666

En particulier, nous pouvons relever :

a) le sacrifice d’animaux pour cacher la nudité d’Adam et Eve ;

b) le sacrifice du bélier, se substituant au fils d’Abraham ;

c) le sacrifice de l’agneau pascal ;

d) les sacrifices quotidiens et annuels ( yom Kippour ) dans le tabernacle, puis dans le temple. Même dans les histoires de Joseph, David et Jonas, sur lesquelles vous m’avez interpellé, il est fait mention de "sacrifice" : Genèse 46.1, psaumes 51.19, Jonas 1.16. En fait, tous ces sacrifices annonçaient un sacrifice plus excellent : celui du Messie. C’est ce que l’épître aux Heubreux explique fort clairement : Veuillez lire en particulier Hébreux 9.13-14. Par cette seule offrande, Jésus a bel et bien " amené à la perfection ceux qui sont sanctifiés" (Hébreux 10.14), c’est-à-dire ceux qui ont été mis à part pour Dieu par la conversion et la nouvelle naissance, eux qui autrefois, comme tous les hommes étaient "ennemis" de Dieu (Romain 5.10), à cause de leurs péchés, mais qui sont maintenant déclarés justes sur la base de leur foi dans le sacrifice expiatoire de leur sauveur, Jésus le Messie .

En examinant le tableau ci-dessus, vous pouvez remarquer avec moi que l’épître aux Hébreux insiste particulièrement sur les notions de "sacrifice" et "offrande". L’auteur de cette épître, Barnabas selon de nombreux érudits s’est appliqué à démontrer aux Hébreux (Juifs convertis au Messie), sous l’inspiration du Saint-Esprit, la supériorité de la nouvelle alliance scellée par Jésus sur l’ancienne (loi mosaïque) qui n’était que « l’ombre des choses célestes » (Hébreux 8.5). Dans cette épître l’expression "souverain sacrificateur" revient seize fois. Jésus y est décrit non seulement comme la victime sacrifiée, mais aussi comme le sacrificateur « qui s’est assis à la droite du trône de la majesté divine dans les cieux » (Hébreux 8.1), étant « entré une fois pour toute dans le lieu très saint, non avec le sang des boucs et des veaux, mais avec son propre sang, ayant obtenu une Rédemption éternelle » (Hébreux 9.12), « afin de comparaître maintenant pour nous devant la face de Dieu » (Hébreux 9.24). « D’après la loi, sans effusion de sang il n’y a pas de pardon. Il était donc nécessaire, puisque les images des choses qui sont dans les cieux devaient être purifiées de cette manière, que les choses célestes elles-mêmes le fussent par des sacrifices plus excellents que ceux-là. » (Hébreux 9.22), on comprend donc pourquoi Jean a été poussé à écrire « ...et le Sang de Jésus Son fils nous purifie de tout péché » (1Jean 1.7).

Tout cela a été magistralement confirmé par Paul, envers lequel vous semblez avoir bien peu de sympathie... mais le message de Paul vient-il de lui même ? S’il avait dit des sornettes, comme vous voudriez le faire croire, nombreux sont ceux qui l’auraient repris car beaucoup de ses auditeurs « examinaient chaque jour les écritures, pour voir si ce qu’on leur disait était exact » (Actes 17.11). Tout comme l’enseignement de Jésus dans les Evangiles (Luc 24.27, 44), comme les discours de Pierre dès la Pentecôte (Actes 2.14-36, 3.18...) la doctrine développée par Paul dans ses sermons et ses lettres, n’est rien de plus que l’explication de l’accomplissement des promesses de l’Ancien Testament : « Car les habitants de Jérusalem ont méconnu Jésus, et, en le condamnant, ils ont accompli les paroles des prophètes qui se lisent chaque sabbat... Et nous , nous vous annonçons cette bonne nouvelle [Evangile] que la promesse faite à nos pères, Dieu l’a accomplie pour nous, leurs enfants, en ressuscitant Jésus » (Actes 13.27, 32.33), Paul « eut avec eux des entretiens, d’après les écritures, il expliquait et exposait que le Christ devait souffrir et ressusciter d’entre les morts . Et Jésus que je vous annonce, disait-il, c’est lui qui est le Christ » (Actes 17.2-3). D’ailleurs, quand un Juif pieux, donc sondeur des écritures réalise que Jésus est bien le Messie, devient-il Musulman ou Chrétien ? Vous trouverez la réponse dans le témoignage de Rabbi Simha Perlmutter ci-joint. A propos de l’efficacité de l’effusion du sang du Messie pour être au bénéfice des promesses des Saintes Ecritures , je connais un serviteur de Dieu qui en a eu une saisissante révélation : dans une vision , Dieu lui a montré sa Bible ouverte, le livre ressemblait à tout autre livre quelconque. Puis il a vu du sang commencer à couler à partir du haut des pages, jusqu’à recouvrir les deux pages en vis-à-vis. Au fur et à mesure que le sang descendait, les lettres noires au départ, devenaient comme de l’or pur : le livre était devenu différent de tous les autres.

« Pourquoi la mort de Jésus serait nécessaire ? »

Parce « qu’il fallait qu’il allât à Jérusalem, qu’il souffrît beaucoup de la part des anciens, des principaux sacrificateurs et des scribes , qu’il fût mis à mort, et qu’il ressuscitât le troisième jour » (Matthieu 16.21) ; (au verset 22 suivant, la réaction de Pierre est la même que celle des Musulmans) ;

« Ne fallait-il pas que le Christ souffrît ces choses, et qu’il entrât dans sa gloire ? » (Luc 24.26) ;

« Or, il ne dit pas cela de lui même ; mais étant souverain sacrificateur cette année-là, il prophétisa que Jésus devait mourir pour la nation » (Jean 11.51) ;

« C’était afin que s’accomplît la parole que Jésus avait dite, lorsqu’il indiqua de quelle mort il devait mourir » (Jean 18.32) ;

« Car ils ne comprenaient pas encore que, selon l’Ecriture, Jésus devait ressusciter des morts » (Jean 20.9) ;

« Il fallait que s’accomplit ce que le Saint Esprit , dans l’Ecriture , a annoncé d’avance, par la bouche de David, au sujet de Judas, qui a été le guide de ceux qui ont saisi Jésus » (Actes 1.16) ;

« Mais Dieu a accompli de la sorte ce qu’il avait annoncé d’avance, par la bouche de tous ses prophètes, que son Christ devait souffrir » (Actes 3.18) ;

« ... d’après les Ecritures, il expliquait et exposait que le Christ devait souffrir et ressusciter d’entre les morts. » (actes 17.2-3) ;

Quant aux exactions commises contre des musulmans en Bosnie, rappelons-nous que c’est en Yougoslavie que le grand Moufti de Jérusalem a levé une division S.S musulmane pour combattre aux cotés des forces de l’Axe (nazis sous la conduite d’Hitler, et fascistes sous la conduite de Mussolini), comme quoi pour l’éradication des Juifs de la planète, beaucoup de musulmans sont prêts à faire n’importe quelle alliance avec n’importe qui. Comme je l’ai déjà écrit, la seule chose susceptible de faire l’unité des musulmans, c’est la haine des Juifs. « Ce qu’un homme aura semé, il le moissonnera aussi » (Galates 6.7). Ceci étant dit, les pseudo-chrétiens qui se seraient livré à la vengeance ont renié le Christ et son message, et je souhaite vivement qu’ils soient sévèrement jugés par les tribunaux internationaux, que cela les amène à réfléchir et à se convertir vraiment. C’est dans le Christianisme et nulle part ailleurs qu’est le pouvoir de pardonner. Comme vous l’avez si bien écrit, le pardon et l’amour évangélique semblent une utopie pour les non-chrétiens. L’homme irrégénéré ne peut saisir la grandeur de l’amour du Père, manifesté dans le don de son fils. Lorsqu’il nous apprend à prier, Jésus nous dit bien : « Dites : Notre Père... pardonne nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés » (Matthieu 6.9-13). Si l’Islam vous semble « ... plus réaliste que le Christianisme », c’est bien parce que c’est une religion naturelle, terrestre, charnelle qui n’a rien de transcendant. Or, « ce qui est impossible aux hommes [utopie], est possible pour Dieu » (Luc 18.27), y compris le pardon des ennemis. Ainsi, il fut possible pour Jésus de dire : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font » (Luc 23.34), puis ce fut le tour d’Etienne : « Seigneur, ne leur impute pas ce péché ! » (Actes 7.60), et de tous les martyrs jusqu’à aujourd’hui (y compris les Pasteurs assassinés ces dernières années en Iran). Si l’amour des ennemis enseigné par Jésus est une utopie pour les musulmans, je ne vois pas comment Muhammad aurait pu dire « Mon seigneur, je te prie de leur pardonner. Ce sont des gens qui ne savent pas ». La comparaison de ce hadith avec Luc 23.34 cité dessus montre comment le récit évangélique véridique a été transposé à Muhammad et est devenu une légende. De même, il est évident que le hadith cité par Mouslim, « J’étais malade et tu ne m’as pas visité !... » est une réminiscence de Matthieu 25.31-46. Ainsi, une vérité évangélique appliquée à un autre que Jésus pour élever cet autre au rang de Jésus peut devenir une légende, n’est-ce pas ?

Pour ce qui est des conversions de l’Islam au Christianisme, vous n’êtes pas sérieux en déclarant que « ce sont des conversions de circonstance ayant un caractère superficiel et éphémère ». Au contraire, c’est souvent après une longue réflexion qu’un musulman se donne à Christ. Pour qu’il accepte l’Evangile, il faut d’abord déprogrammer tous les préjugés qu’on lui a inculqué depuis sa plus tendre enfance sur le Christianisme ("les chrétiens sont des polythéistes..."), et cela prend du temps ; ensuite, le musulman apostat sait qu’il risque sa vie en abandonnant l’Islam : peut-il prendre une telle décision sur un coup de tête ? Non !!! Veuillez relire le témoignage d’Omar Al Mahdi ("J’ai vu son visage"). Si ces conversions sont "éphémères", comment expliquez-vous qu’elles durent jusqu’à aujourd’hui malgré les vexations, humiliations, rejets et persécutions de toutes sortes ?

Renoncer à soi-même ne signifie pas se faire moine, c’est tout simplement se soumettre à Dieu, et renoncer à ses intérêts propres, à sa propre justice. C’est tout simplement, « chercher d’abord le royaume de Dieu et Sa Justice » sachant que tout le reste « nous sera donné en plus », car « notre père céleste sait de quoi nous avons besoin » (Matthieu 6.32-33). Parlant de ses frères Juifs inconvertis, Paul (encore lui !), a sans s’en rendre compte donné une excellente description des musulmans : « Frères, le voeu de mon coeur et ma prière à Dieu pour eux, c’est qu’ils soient sauvés. Je leur rends le témoignage qu’ils ont du zèle pour Dieu, mais sans intelligence : ne connaissant pas la justice de Dieu et cherchant à établir leur propre justice, ils ne se sont pas soumis à la justice de Dieu, car Christ est la fin de la loi, pour la justification de tous ceux qui croient » (Romains 10.1-4). Le chrétien n’est pas invité à fuir le monde (Jean 17.15-18), puisqu’il est « le sel de la terre » et « la lumière du monde » (Matthieu 6.13-14), il doit pratiquer de ‘‘bonnes oeuvres’’ (Matthieu 6.16), « que Dieu a préparée d’avance, afin que nous les pratiquions » (Ephésiens 2.10). Le Christianisme est céleste, mais il n’en est pas moins pratique et concret, puisque vous avez vous-même reconnu ses « oeuvres de charité ».

Bien cordialement ,

Yves Goasguen


2 Messages de forum