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Reponse du maître à la lettre 10 : MIRACLES du Coran, défense du prophète

Publication en ligne : dimanche 9 mai 2004, par Maître Simozrag

Ouagadougou, le 23 Février 1998

Cher ami Yves,

Je vous remercie pour la documentation jointe à votre lettre du 25 Octobre 1997. Je suis entièrement d’accord avec vous sur la notion de renoncement telle que vous l’entendiez. Car, en fait, l’égoïsme et la cupidité sont les principales causes de nos malheurs. Une telle conception s’accorde parfaitement avec les enseignements de l’Islam. Le Coran condamne vigoureusement le désir et surtout l’accumulation des biens de ce monde. A ce propos, il contient des énoncés clairs :

« Malheur à tout calomniateur diffamateur, qui amasse une fortune et qui la compte, pensant que sa fortune l’immortalisera. » 104.1-3

« A ceux qui thésaurisent l’or et l’argent et ne les dépensent pas dans le sentier d’Allah, annonce un châtiment douloureux. » 9.34

« ...qui dévorez l’héritage avec une avidité vorace, et aimez les richesses d’un amour sans bornes. » 89.19.20

« l’amour des biens convoités est présenté aux hommes sous des apparences belles et trompeuses, tels : femmes, enfants, trésors thésaurisés d’or et d’argent, chevaux de race, bétail et champs, tout cela est une jouissance éphémère de la vie de ce monde, mais le meilleur lieu de retour sera auprès de Dieu. » 3.14

Sur les rapports entre l’Islam et le peuple du Livre :

Je regrette infiniment les affrontements entre chrétiens et musulmans hier et aujourd’hui dans certains pays. Ces faits sont d’autant plus déplorables qu’il existe malheureusement des victimes dans les deux camps.

Il faut dire que l’histoire des communautés monothéistes a connu des hauts et des bas, mais dans l’ensemble l’Islam a entretenu de bonnes relations avec les gens du Livre. Quant à l’ouvrage de Bat Ye’or : ‘‘Juifs et Chrétiens sous l’Islam, les dhimmis face au défi intégriste’’ [1], on peut dire qu’il a une certaine valeur scientifique du point de vue formel, mais il est incomplet dans la mesure où il ne traite que certains aspects de l’institution de la dhimma. Comme d’habitude, l’auteur se heurte au même problème, à savoir le manque d’objectivité. Un témoignage n’a de valeur que s’il est objectif et impartial, faute de quoi, il est impossible de saisir l’histoire ni de se faire une idée précise de la réalité.

Il va sans dire que la sentence de l’arbitre, c’est-à-dire du lecteur, qui n’entend qu’une seule partie serait entachée d’erreur. Or, l’ouvrage en question est le résultat d’un travail manifestement sélectif, à sens unique. Dans l’ensemble, je peux le qualifier de propagande, insidieusement élaborée, sous une apparence scientifique.

Bat Ye’or semble en quête d’un repère -ou d’un moyen de justification historique- à sa mésaventure égyptienne. L’amère réalité qu’elle a vécue dans ce pays l’a poussée à glaner dans la trame des vicissitudes historiques les éléments conflictuels pour étayer sa propagande contre l’Islam. Elle a feint d’oublier que les juifs n’ont pu échapper aux persécutions de l’Europe chrétienne que grâce à l’hospitalité de la cité musulmane où ils jouissaient, tout au long des siècles, d’une totale liberté d’opinion, de religion et de commerce, que ce soit au Maghreb ou au Machraq .

L’ère de l’Islam était une ère de prospérité et de liberté pour les juifs. L’Islam leur offrit l’occasion d’accéder aux affaires publiques, à la haute administration, aux finances, au grand commerce des caravanes. Le Judaïsme connut un grand essor sur le plan religieux et culturel à la faveur de l’Islam ; l’hébreu était codifié et enseigné officiellement. L’Espagne devint pour eux une terre d’asile, à une époque où ils étaient partout agressés et pourchassés, où l’Europe ne leur reconnut aucun statut. Rappelons les massacres en pays rhénan, les persécutions de Mayence, de Prague et de Jérusalem, le pogrom de Narbonne. Le comte de Toulouse fut sommé, au début du 13e siècle, d’exclure les juifs de l’administration. Ils devinrent les cibles de l’Inquisition comme les hérétiques et les sorciers.

Ils furent exclus d’Angleterre, d’Allemagne, d’Autriche, de Russie, de France, d’Espagne, d’Italie et ils n’ont pu trouver refuge que dans le monde musulman. Il est indéniable que des abus ont été commis par-ci et par-là à l’encontre des juifs et des chrétiens, mais c’étaient des cas isolés, et surtout sans aucun rapport avec les principes de l’Islam.

De tels agissements étaient l’oeuvre d’ignorants qui, au mépris de la loi et du pacte de protection, profitaient des troubles pour voler ou piller les biens des protégés. Il ne faut pas croire, cependant, que les auteurs eussent échappé aux sanctions. Des punitions graves leur furent infligées, soit par les autorités au titre de l’obligation de protection, soit par d’autres musulmans agissant en vertu de l’institution de sauvegarde « l’amân ».

Il y a d’innombrables témoignages contraires aux assertions de Bat Ye’or. Par ailleurs, les textes sont là pour prouver de quelle manière ont dû être traités les gens du livre en terre d’Islam. Leur statut est défini par le Coran ainsi que par le pacte que le prophète avait conclu avec les chrétiens de Najrân, et dont voici un extrait :

« ...La protection de Dieu et la garantie du prophète Mohammed envoyé de Dieu s’étendent sur Najrân et alentours, soit sur leurs biens, leurs personnes, la pratique de leur culte, leurs absents et présents, leurs familles, leurs sanctuaires et tout ce qui, grand ou petit, se trouve en leur possession. Aucun évêque ne sera déplacé de son siège épiscopal, ni aucun moine de son monastère, ni aucun prêtre de sa cure.

Aucun intérêt aux emprunts ne pèsera sur eux, ni le sang d’aucune vengeance antérieure à la soumission. Ils ne seront ni rassemblés, ni assujettis à la dîme. Aucune troupe ne foulera leur sol. Et lorsque l’un d’eux réclamera un dû, l’équité sera de mise parmi eux. Ils ne seront ni oppresseurs ni opprimés. Et quiconque d’entre eux pratiquera à l’avenir l’usure, sera mis hors de ma protection. Aucun homme parmi eux ne sera tenu responsable de la faute d’un autre.

Donc la garantie de Dieu et l’assurance du prophète Mohammed envoyé de Dieu sanctionnent le contenu de cet écrit, pour jusqu’au jour où Dieu manifestera Son autorité, tant qu’ils (=Najrânites) demeureront dans de bonnes dispositions et agiront en conformité avec leurs devoirs ; sans subir aucun outrage. Ont témoigné : Abû Sufyân ibn Harb, Ghailân ibn ‘Amr, Mâlik ibn ‘Auf an-Nasri, Aqra’ ibn Hâbis al-Handali et al-Mughirah ibn Chu’bah. Les présentes ont été écrites par Abdullah ibn Abi Bakr. »

Il existe une autre lettre du prophète aux chrétiens de Najrân, leur garantissant les mêmes droits et les mêmes libertés ; cette lettre a été écrite par al-Mughira.

Les non-musulmans, en particulier les gens du Livre, ont davantage de droits et de libertés que les musulmans eux-mêmes. Ceux-ci sont astreints à des obligations et à des interdits qui ne s’appliquent pas aux non-musulmans. En outre, ces derniers jouissent de tous les droits liés à leur statut matrimonial, successoral ou religieux, ou qui s’attachent à leur mode de vie, au respect et à la sécurité de leurs biens et de leurs personnes.

Il serait intéressant de vous faire part de quelques témoignages à ce sujet :

« Mais non moins logique sera le très large adoucissement introduit par l’institution de la « sauvegarde ».Tout musulman peut toujours donner la sauvegarde, l’amân, à un infidèle, même idolâtre. Celui-ci devient alors le musta’man, le bénéficiaire de la sauvegarde. Ce n’est point qu’il lui soit reconnu un droit en tant qu’infidèle ; mais, par la protection qui lui est accordée, il se trouve comme enveloppé par l’irradiation du caractère musulman de celui qui le protège. Cet acte participe de la perfection absolue reconnue à l’Islam.

Rien ne vient le limiter. Non seulement le musulman, adulte et homme libre, mais encore la femme et l’esclave même, peuvent donner l’amân ; et non seulement explicitement, mais encore de façon implicite, par un mot, un signe. Et dès lors qu’un infidèle est musta’man, il devient inviolable. L’amân donné par qui que ce soit oblige la communauté entière, et l’amân donné par l’esclave doit être, ou devrait être, respecté par le Calife lui-même.

Et si, dans certaines limites définies, l’amân peut être rompu, il faut d’abord que les choses soient remises en état : c’est-à-dire que le ou les bénéficiaires de la sauvegarde qui résidaient en terre d’Islam soient transportés, eux et tout ce qui avec eux jouissait de l’amân, dans le « pays de la guerre », où ils retrouvent, sans dol ni violence, l’état qui était préalablement leur. Cette institution de la « sauvegarde », au principe si nettement affirmé, est l’un des traits les plus caractéristiques de la cité musulmane type. Vis-à-vis de l’étranger, du non-musulman, elle est comme la figure juridique accomplie de la vieille et belle hospitalité musulmane. » [2]

« Mais ce qui en tout cela est absolument stupéfait, jamais vu, sinon du temps de Cyrus le fondateur de l’empire perse, c’est le fait que les vainqueurs ne se livrent à aucune destruction. Le fanatisme qu’on leur impute (les musulmans), de même que leur prétendue implacable férocité, ne sont que légendes destinées à semer la frayeur, que pure propagande ennemie démentie par les innombrables preuves de leur tolérance et de leur générosité à l’égard des vaincus...

Il est écrit dans le livre de Dieu, le Coran sacré : ‘Il ne doit pas y avoir de contrainte en matière de foi’. Les Arabes ne songent pas à exiger des peuples soumis à leur pouvoir qu’ils embrassent la religion islamique. Les Chrétiens, les Sabéens, les Parsis et les Juifs, tous doivent pouvoir librement suivre leur religion. Ils conservent leurs temples, leurs monastères, leurs évêques, dikhans et rabbins.

C’est là quelque chose de fabuleux qui ne s’était encore jamais vu !... Les nouveaux maîtres musulmans ne s’immiscent pas dans les affaires privées de leurs sujets. ‘‘Ils sont équitables, écrit au IX siècle le patriarche de Jérusalem à celui de Constantinople, ne nous font aucun tort et ne se livrent à aucun acte de violence envers nous’’. Ils accordent aux non-musulmans de leur empire toutes les libertés religieuses et civiques pourvu qu’ils payent leurs impôts et obéissent à leurs maîtres...

Sous la douce lumière de cette tolérance et de cette générosité du monde arabe, des peuples et des religions disparates qui parviennent à vivre en bonne intelligence commencent soudain à prospérer. Les sectes chrétiennes par exemple tels les nestoriens et les monophysites que l’Eglise impériale avait durement persécutées, peuvent, pour la première fois, être délivrées du joug de l’Eglise et de l’Etat, respirer et se développer librement... Et cette même tolérance, qui autorise la nomination d’un chrétien à la fonction de professeur, admet même qu’on s’instruise auprès des païens, qu’on puise aux sources grecques et indiennes du savoir. » [3]

« Dès l’époque du Prophète Muhammad, on avait tendu à accorder aux Dhimmiyûn la pleine personnalité humaine, à égalité ; le Prophète mourant avait déclaré : ‘‘Maintenez la protection (dhimma), que je leur ai accordée, à mes sujets non-musulmans’’. Ils continuent à être jugés selon leurs lois personnelles (encore aujourd’hui, en Egypte, à défaut de juges chrétiens, le cadi musulman juge un conflit entre chrétiens selon la loi chrétienne).

L’inviolabilité de la personne s’étend à leurs tombes... Ce n’est pas seulement en temps de paix... que les Dhimmiyûn, ces minorités monothéistes ont été traités à égalité par l’Etat musulman (respect de leurs lois, de leurs écoles, de leurs biens, de leurs tombes)... en temps de guerre que l’Etat musulman fait combattre (les fanatiques) pour protéger la vie et les biens des Dhimmiyûn comme ceux des musulmans ; leurs prisonniers aussi, le Bayt al-Mâl musulman doit payer équivalemment la rançon des Dhimmiyûn et celle des Musulmans. Pour le droit canon islamique, la ‘‘juste guerre’’ n’est pas la guerre totale de nos techniciens d’Occident, la suppression de tout respect pour toute personne qualifiée ‘‘ennemie’’.

Et tous les abus commis par des armées musulmanes (et ceux, pires, des canonistes politiciens ‘‘baptisant’’ ‘‘ennemis’’, ‘‘infidèles’’, des musulmans authentiques), n’entament pas ces principes de justice, que nous devons continuer à invoquer dans nos relations avec les Etats musulmans, même s’ils cherchent à les renier. » [4]

« Mais il serait erroné et injuste de prétendre que, dans les siècles passés, l’Islam fut plus ‘‘intolérant’’ que d’autres religions, en particulier le Christianisme. Il avait réussi, au contraire, durant des siècles, à garantir aux chrétiens et aux juifs des droits civils et religieux dont les minorités juives et musulmanes ne disposaient pas toujours - tant s’en faut ! - dans la chrétienté médiévale. » [5]

« Le respect de la personnalité d’autrui est prescrit explicitement, allant jusqu’à l’interdiction de la moquerie et du sarcasme... Le principe d’égalité détermine la conception de l’homme et, partant, représente la pierre angulaire sur laquelle repose la construction du système social. Ce sentiment appartient en propre à l’Islam. Jamais religion ou idéologie ne l’avait affirmé avec tant de vigueur avant lui. Il ne semble pas inutile d’élaborer rapidement sur le concept, en tenant compte des diverses expressions retenues par la spéculation occidentale.

Au plan métaphysique, les hommes sont fondamentalement égaux, par une équivalente servitude à l’égard de Dieu. La qualité de croyant donne une dignité peut-être supplémentaire...

Au niveau de l’égalité formelle ou extérieure, le concept juridique musulman de l’égalité correspond en substance à l’acception occidentale actuelle : les prescriptions et les sanctions légales sont les mêmes pour tous les citoyens. La ‘‘citoyenneté’’ étant déterminée par l’acceptation de l’Islam, certains interdits ou obligations ne sont pas contraignants pour les non-musulmans qui pourront logiquement, selon les circonstances, être soumis aux sanctions légales prévues par leur législation religieuse propre. Il s’agit là d’un trait fondamental de la tolérance musulmane... Le Coran incite les croyants à se comporter avec justice à l’égard des étrangers également. Si la guerre est parfois nécessaire au titre de légitime défense, elle ne saurait cependant enfreindre les obligations de justice et de mansuétude.

Des impératifs coraniques et de l’exemple du prophète Mohammed, la doctrine musulmane a dégagé dès le VIIIe siècle certaines règles contraignantes, visant à garantir le respect des droits de l’homme, même en période de conflit armé. Ils peuvent être résumés de la façon suivante, en précisant qu’il ne s’agit pas d’une ‘‘mise à jour’’ subjective du droit musulman, mais bien d’un exposé de règles codifiées il y a plus d’un millénaire :
- Les hostilités opposent des systèmes et non des individus qui doivent donc être protégés autant que les nécessités militaires le permettent.

Tout excès est banni : interdiction d’infliger des souffrances cruelles et superflues, d’utiliser des armes de destruction massive ou indiscriminée, de recourir à des représailles qui violeraient des principes humanitaires essentiels, etc.

- protection des non-musulmans, des populations civiles vivant dans les territoires conquis, neutralisation des blessés, des malades et du personnel sanitaire qui s’en occupe, traitement décent des prisonniers de guerre qui devront être rapatriés dès que les circonstances le permettent... » [6]

Sur le prétendu sacrifice de Jésus :

Les sacrifices mentionnés dans la Bible sont des sacrifices d’animaux. Il n’y a pas un seul sacrifice humain. Dieu n’accepte pas l’effusion du sang humain ; c’est pourquoi le fils d’Abraham fut remplacé par un bélier. Si le sang de Jésus n’a pas été versé, comme il est précisé dans le Coran, c’est parce que, d’une part, Dieu n’a pas voulu que Son Messager fût injustement tué et, d’autre part, le sang d’un homme, fut-ce Jésus lui-même, ne saurait être un moyen de purification de « tout péché ».

Il s’agit là de théories humaines qui ont été démenties par le Coran. Il y a des péchés que Dieu pardonne sans le moindre sacrifice. De même qu’il y a des péchés impardonnables même au prix de mille sacrifices. Je déclare, encore une fois, que les prophètes de l’Ancien Testament n’ont jamais prédit le sacrifice de Jésus ; bien au contraire, ils ont prédit sa délivrance des mains des ennemis. Or, Jésus n’a pas été tué et j’insiste sur le fait qu’on a appréhendé et crucifié un autre à sa place.

Concernant la vision selon laquelle le sang aurait transformé les lettres noires de la Bible en lettres d’or pur. Il est probable qu’il s’agit d’une supercherie satanique. Satan a induit en erreur des multitudes de gens avec des procédés analogues. Il peut se présenter, en réalité ou en songe, sous l’apparence d’un ange, d’un prophète, d’un saint, de Jésus, de la Vierge Marie ou d’un être quelconque pour faire des fausses révélations ou enseigner des mauvaises pratiques tendant à dévier et à induire en erreur. Son rôle est d’égarer le maximum de gens.

Il a fait d’innombrables apparitions au cours desquelles, il a encouragé et justifié des pratiques de sorcellerie, d’idolâtrie comme le culte des saints, ainsi que des pratiques d’immolation au feu, de suicides, de tueries au titre du sacrifice, etc. Il peut se présenter avec un Coran à la main qu’il blasphème et brûle comme ce fut le cas du pasteur Moussa Koné, qui aurait vu, semble-t-il, le Coran prendre feu. [7]

On peut multiplier les exemples de ce type ; nul n’est à l’abri des tentations diaboliques. Nous vivons à une époque où les supercheries de ce genre se multiplient à travers le monde, d’où la prolifération des sectes, les suicides collectifs, les tragédies, les injustices et les crimes de toutes sortes dont Satan est le principal agent instigateur.

Sur la personne et la mission du prophète Mohammed (psl) :

Mohammed a eu deux rencontres avec Waraqa ibn Nawfel cousin de khadija. La première au cours de son mariage avec cette dernière et ils n’ont pas échangé de propos à cette occasion. La deuxième eut lieu lorsque Mohammed commença à recevoir des révélations.

En effet, tout a commencé par des visions étranges. Mohammed confia à sa femme qu’il voyait une lumière et entendait une voix qui disait : ô Mohammed, ô Mohammed... Comme il craignait d’avoir affaire à des tentations diaboliques, Khadija le consolait. En l’an 610, Mohammed avait atteint l’âge de 40 ans. Pendant sa retraite dans la grotte de Hira, au mois de Ramadân, un être de lumière lui adressa la parole. Voici le récit tel qu’il l’a raconté lui-même :« Il m’apprit qu’il était l’ange Gabriel, que Dieu l’avait envoyé pour m’annoncer qu’Il m’avait choisi pour être Son messager. L’ange m’apprit à faire mes ablutions, et lorsque je revins purifié dans le corps, il me demande de lire. Moi de répondre : je ne sais pas lire. Il me prit dans ses bras et me serra très fort, et me laissant ensuite, il me demanda encore une fois de lire. Je lui dis : Mais je ne sais pas lire. Il me serra de nouveau et plus fort, puis me demanda de lire, et je répondis que je ne savais pas lire. Il me prit dans ses bras la troisième fois, et m’ayant serré plus fortement que jamais, il me relâcha et dit : ‘‘Lis par le nom de ton Seigneur qui a créé, qui a créé l’homme d’un caillot de sang. Lis ! Car ton Seigneur, le Très Noble, c’est Lui qui a enseigné par la Plume. Il a enseigné à l’homme ce qu’il ne savait pas’’. » (Coran 96.1-5)

L’ange partit et Mohammed fut fortement ému, tremblant. Quand il raconta l’événement à Khadija, elle le consola, lui disant : « N’aie pas peur. Dieu ne te mettra jamais dans le mal : Dieu ne te fera que du bien, car tu aides tes proches, tu soutiens ta famille, tu gagnes honnêtement ta vie, tu maintiens les autres dans la droiture, tu donnes asile aux orphelins, tu dis la vérité, tu ne t’appropries pas frauduleusement les dépôts, tu secours ceux qui n’ont rien, tu fais du bien aux pauvres, et tu traites avec courtoisie tout le monde. »

Puis, elle le conduisit chez son cousin Waraqah ibn Nawfel qui était chrétien. Celui-ci entendit de Mohammed ce qui lui était arrivé, et il s’exclama : « Non, c’est bien comme du Nomos de Moïse ; cela ne peut jamais être diabolique ; si je vis encore, lorsque tu auras des difficultés dans ta mission, je te protègerai et je te soutiendrai de tout ce qui est en mon pouvoir. »

Il est important de rappeler que le Négus d’Abyssinie a fait presque la même remarque lorsqu’on lui récita quelques versets du Coran. Quand ce dernier donna asile aux premiers musulmans qui ont fui leurs pays en raison des persécutions devenues insupportables, les païens mecquois dépêchèrent une délégation composée de Abdallah ibn Abi Rabi’ah et Amr ibn al-As, afin d’obtenir leur extradition.

Le Négus fit venir les musulmans et les interrogea sur Mohammed. Ja’far prit la parole et dit : « O roi, nous étions ignorants, nous adorions les idoles, commettions les péchés charnels, opprimions les faibles, et faisions tout ce qui est abominable, jusqu’à ce que Dieu nous envoyât Son messager, l’un d’entre nous. Nous le connaissions parfaitement, sa véracité, sa chasteté, toutes ses vertus depuis toujours. Il nous a appris à nous abstenir de faire du mal à autrui, à n’adorer que le Dieu unique, à prier, à donner les aumônes, à jeûner, et à pratiquer tout ce qui est bien.

Cela nous plut, et nous commencions à le pratiquer ; mais vint tout de suite la persécution, qui nous a contraints à quitter notre patrie et à nous réfugier dans ton pays ; et nous t’avons préféré à tous autres dans notre choix, car nous espérions que personne ne nous opprimerait chez toi. »

Le Négus lui demanda s’il se souvenait de quelques passages de ce message divin. Ja’far lui récita le début de la Sourate 19 du Coran, qui parle de la naissance de Jean Baptiste et de celle de Jésus. Les chroniques précisent que le Négus, qui était entouré des évêques, avec des copies de l’Ecriture Sainte devant eux, se mit à pleurer, et les évêques aussi, à cette vénération inattendue de tout ce qui leur était cher et sacré. Le roi dit enfin : « La source de cette lumière est la même que celle du message de Jésus. Allez en paix, je ne vous livrerai jamais à ces païens. » Le Négus finit par embrasser l’Islam et c’est pourquoi, lors de sa mort, le Prophète célébra à sa mémoire l’office funéraire in abstentia.

N’ayant pas connaissance du rêve dans lequel Mohammed aurait vu Waraqa au ciel, « vêtu d’une robe blanche », j’ai le regret de ne pouvoir répondre à votre question.

A propos de l’orientation dans la prière (Qibla), avant l’Hégire Mohammed priait entre les deux angles, orienté à la fois vers la Ka’bah et vers Jérusalem. A Médine, il était pratiquement impossible de s’orienter vers les deux directions en même temps, il a maintenu l’orientation vers Jérusalem tel qu’il lui fut ordonné. Ensuite, comme il le souhaitait, le changement de la Qibla intervint par Ordre d’Allah, 16 ou 17 mois après.

Il n’y a aucune tactique dans ce changement. De la sorte, Dieu voulait seulement éprouver ceux qui suivaient le Prophète et ceux qui attendaient la moindre occasion pour abdiquer (Coran 2.143). Le Coran en donne une réponse claire, tout en soulignant l’inanité de la question. Il précise que « l’Orient et l’Occident appartiennent à Allah. Quel que soit le côté vers lequel vous vous tournez, la face de Dieu est là » Coran 2.115

« Les insensés d’entre les hommes disent : ‘‘Qui donc les a détournés de la Qibla vers laquelle ils s’orientaient ?’’ Dis : l’Orient et l’Occident appartiennent à Allah ; Il guide qui Il veut dans un chemin droit. » Coran 2.142

« la piété ne consiste pas à tourner votre face vers l’Orient ou vers l’Occident. Mais la piété est de croire en Allah, au jour dernier, aux Anges, au Livre et aux prophètes ; de donner de son bien, pour l’amour de Dieu, aux proches, aux orphelins, aux pauvres, à l’enfant du chemin (ibn essabil), aux mendiants et pour le rachat des esclaves ; de s’acquitter de la prière et de faire l’aumône. Ceux qui remplissent leurs engagements ; ceux qui sont patients dans l’adversité, le malheur et au moment du danger : voilà ceux qui sont justes ! voilà ceux qui sont pieux ! » Coran 2.177

Loin d’être « un judaïsme dévoyé », l’Islam est la religion d’Abraham, le modèle même de la droiture et du monothéisme pur. Abraham n’était ni juif ni chrétien ni associateur. Il était purement musulman. Coran 2.135 ; 3.67-95 ; 4.125 ; 6.79-161 ; 16.120-123.

Les rapports entre musulmans et juifs à Médine s’étaient détériorés du fait des juifs mêmes qui avaient violé leurs engagements et multiplié les agressions contre les musulmans.

Une fois, ils déshabillèrent une musulmane devant une foule de gens, en plein marché ; une autre fois, ils tentèrent d’assassiner le Prophète en jetant sur lui une meule du haut d’une tour, il n’y a échappé que de justesse. Lors de la bataille du fossé, lorsque les musulmans étaient assiégés à Médine, les juifs des Banû quraïda tentèrent un soulèvement de l’intérieur contre les musulmans.

Compte tenu de leurs comportements agressifs, Allah a révélé une bonne partie de leur histoire, dévoilant leur attitude et leur duplicité dans la sourate 2. Cette dernière rapporte le récit authentique de certains événements, de manière fondamentalement différente par comparaison à la Bible.

Si à la Mecque, le Message coranique devait s’adresser à un peuple païen, ignorant toute notion d’histoire et de Message afin de leur apprendre la vertu et la croyance à l’unicité de Dieu ; à Médine les données ont changé avec la présence des juifs.

Là, il s’agissait de leur rappeler quelques éléments essentiels de leur histoire et de leurs messages afin de leur démontrer que le Messager qu’ils attendaient n’était autre que Mohammed, le prophète illettré.

En outre, le nombre de musulmans ayant augmenté à Médine, la révélation devait contribuer à organiser leur vie politique, sociale et religieuse. D’où la prédominance des versets à caractère législatif où la rigueur devait parfois se substituer à la rhétorique.

Les Sourates deviennent plus longues et la rime diminue. L’appel s’adresse désormais aux croyants au lieu de : « O Gens ». Dans le fond, il y eut certes une évolution du message en fonction des nouvelles circonstances, mais il n’y a pas de changement dans la forme. J’entends par forme, l’éloquence, la précision et la concision du Coran.

Quand bien même certains auteurs musulmans dont Salaheddine KECHRID, estiment que chaque Sourate a son propre style et son propre rythme, il n’en demeure pas moins que la logique et la perfection du discours restent parfaitement les mêmes. Quoi qu’il en soit, si le style du Coran varie de la Mecque à Médine selon vous, ou d’une Sourate à l’autre d’après certains auteurs, cela ne fait que confirmer son origine divine, car sa richesse littéraire, la beauté et la variété de son mode d’expression dépassent toutes compétences humaines. La diversité des formes et des couleurs dans l’unité du genre étant une caractéristique et partant, une preuve du génie divin.

Il est important de signaler que Mohammed, en arrivant à Médine, n’avait rien contre les juifs. Au contraire, il leur rendit d’énormes services. Il organisa la vie de la cité. Il mit fin au désordre et à l’anarchie qui y régnaient ; il introduisit les notions d’humanité, de fraternité, de droiture, de bienfaisance, etc. Il mit fin aux rivalités sanglantes interarabes qui s’étendaient aux juifs par le jeu des alliances tribales. Il réussit à les unir au sein d’une seule et même communauté. Il suffit de se référer au Pacte de Médine (Sahifa) pour se rendre compte de cette réalité. Ce document qui a la forme d’une véritable Constitution, ne fit aucune discrimination à l’égard des juifs. Il les inclut dans la communauté des croyants et leur reconnaît les mêmes droits et les mêmes devoirs que les Musulmans.

Cet acte précise notamment :

Art.25 : « Les Juifs des Banû Awf formeront une communauté avec les croyants. Aux juifs leur religion, et aux Musulmans leur religion ! qu’il s’agisse de leurs mawla (clients) ou qu’il s’agisse d’eux-mêmes. » Le document mentionne dans les articles qui suivent -jusqu’à l’article 33 inclus- les différentes tribus juives auxquelles il reconnaît les mêmes droits.

Art.37a : « Aux Juifs leurs dépenses et aux Musulmans leurs dépenses. Qu’il y ait entre eux entraide contre quiconque combattra ceux que vise cet Ecrit ; qu’il y ait entre eux bienveillance et bonnes dispositions. Observance et non violation ! »

Art.37b « Nul ne devra porter préjudice à son allié, et tout secours sera dû à l’opprimé. »

Art.38 « Aux Juifs de dépenser avec les Musulmans tant qu’ils combattront à leur côté. »

Art.43 « Ni les Quraichites ni quiconque leur aura porté aide ne devra être mis sous protection. »

Art.44 : « Entre eux (Juifs et Musulmans), il y aura entraide contre quiconque attaquera Yathrib (Médine.) »

Il est surprenant de constater que malgré la clarté et la pertinence des arguments développés au cours de ce dialogue, vous continuez de traiter Mohammed (psl) de faux prophète et le Saint Coran d’imposture ou de contrefaçon de la Bible.

Je pense qu’il s’agit d’un problème d’incompréhension, dû au fait d’écouter un seul son de cloche. Sur ce point, je crois comprendre que ce que vous dites ne traduit pas sérieusement votre conviction personnelle. Vous ne faites que répéter ce que d’autres ont dit.

Selon vous, Mohammed aurait imité Jésus lorsqu’il demanda pardon pour son peuple. Pourtant, vous êtes censé savoir que tous les prophètes, excepté Noé, ont demandé pardon pour leurs peuples ; Jésus n’a fait donc qu’imiter, d’après vous, les prophètes avant lui. Il en va de même pour le hadith cité par Mouslim, ‘‘J’étais malade et tu ne M’as pas visité !...’’, que vous considérez comme « une réminiscence de Matthieu 25.31-46. ». Décidément, vous confondez le Coran et le hadith. Quand vous auriez compris que le Coran est l’expression de la Parole divine, vous comprendriez par là-même que le hadith est la parole d’un Prophète et, à ce moment-là, vous ne seriez plus étonné d’une relative ressemblance entre les propos de Jésus et certains hadiths. Pour l’instant, laissons de côté le hadith et occupons-nous du Coran :

Quand vous dites que Mohammed « s’identifie à Noé, à Abraham, à Moïse... ». Cela ne fait qu’accroître mon étonnement. La réponse est simple : Dieu l’identifie à ces prophètes qui furent traités par leurs peuples de la même façon que Mohammed fut traité par les siens, à savoir : menteur, fou, possédé, ensorcelé, etc. Tous les prophètes ont tenu presque le même langage et prêché les mêmes enseignements. Leurs messages ont consisté à exhorter leurs peuples à l’adoration du Dieu Unique et à les mettre en garde contre le danger de l’idolâtrie et du polythéisme. Ils ont aussi subi les mêmes attaques et beaucoup d’entre eux furent assassinés. Il fut donc inspiré à Mohammed ce même langage et ces mêmes avertissements, notamment cette formule prononcée par Noé, Loth, Houd, Saleh, Chouaïb, soit : « Je ne vous demande pas un salaire pour cela ; mon salaire n’incombe qu’au Seigneur de l’Univers. » 10.72 ; 11.29,51 ; 26.109,127,145,164,180.

Allah, qui a mis cette formule dans la bouche de ces prophètes, l’a remise dans la bouche de son dernier messager lui disant : « Dis : ce que je vous demande comme salaire, c’est pour vous-mêmes. Car mon salaire n’incombe qu’à Allah. Il est témoin de toute chose. » 34.47 Autrement dit, comment Mohammed pouvait savoir que des messagers comme Houd, Saleh, Chouaïb dont l’histoire était totalement inconnue à son époque ont tenu pareil langage à leurs peuples ? C’est inouï, je suis persuadé que ces absurdes redites qui véhiculent depuis des siècles une fausse image de l’Islam ne vous permettent pas d’avancer dans la réflexion.

J’essayerai de vous démontrer que le Coran constitue une oeuvre originale, d’inspiration divine et tout à fait différente de la Bible.

A cet effet, je dois vous rappeler que Mohammed était analphabète, n’ayant jamais fréquenté l’école. Il fut élevé au milieu d’un peuple idolâtre et ignorant ; il n’avait jamais fréquenté des savants ni des juristes ni des sociologues ni des hommes de lettres. Il n’avait autour de lui que des brigands et de grossiers personnages. Mis à part deux voyages de très courte durée aux environs de Basra, il n’avait jamais quitté la Péninsule Arabique pour se mêler à une autre civilisation. Dès son adolescence, il vivait dans la solitude, loin des turpitudes de la vie mecquoise ; il se retirait dans la caverne de Hira, près de la Mecque, pour s’y consacrer à la prière et à la méditation.

Avant sa prophétie, Mohammed n’avait jamais tenu des réunions ni prononcé des discours où l’on pourrait lui reconnaître un talent d’orateur ou de tribun. Il n’avait jamais parlé de principes d’astronomie, ni de cosmologie, ni d’histoire, ni de lois, ni de politique, ni d’économie. Il avait une réputation de sincérité et de droiture telle qu’on le surnomma « Al Amine », le fidèle ou le digne de confiance. Il n’a jamais eu la prétention d’être ni l’ambition de devenir un homme célèbre et encore moins un prophète.

A l’instar de son ancêtre Abraham, son seul souci était d’adorer Dieu, loin du monde des idoles dans lequel était plongée la Mecque. Quand l’Ange lui apparut pour la première fois, il fut surpris, croyant avoir affaire à une vision hallucinante, ou une tentation satanique. Il est impossible d’imaginer qu’un homme de telles qualités puisse devenir un imposteur ou proclamer faussement être l’Envoyé de Dieu. Il n’a jamais menti ni dans sa vie privée ni dans sa vie publique, ni avant ni pendant la prophétie. Il est impensable qu’un homme d’une intégrité aussi parfaite puisse proférer des mensonges contre Dieu. Allah dit : « S’il nous avait attribué quelques paroles mensongères, nous l’aurions pris par la main droite, puis nous lui aurions tranché l’aorte. » Coran 69.44-46

On le mit à l’index dès les premières révélations, il s’attira les foudres de sa famille et de son peuple si bien qu’il fut exclu, persécuté, traqué, menacé de mort... Pour quelles raisons devait-il supporter tant de misère et de souffrances ? Son peuple lui proposa d’énormes privilèges à condition qu’il cesse de prêcher le Message.

Les Quraichites dirent à Abou Talib : « Ton neveu porte atteinte à l’honneur de nos idoles, il nous nomme faux, et attribue à nos ancêtres les défauts, l’égarement. Dis-lui qu’il cesse, nous lui octroyons nos biens. » Mohammed répondit à son oncle : « Dieu ne m’a pas envoyé pour acquérir des biens et pour appeler les gens à la mondanité, au contraire je suis chargé d’appeler les créatures au Créateur. »

Ensuite, on lui dépêcha Utbah, un des dignitaires de la Mecque qui lui parla ainsi : « Mohammed, nous te connaissons depuis toujours comme un homme raisonnable, généreux et aimable. Nous ne t’avons jamais vu faire du mal à personne. Je n’ai pas besoin de te dire quelle agitation tes prédications ont causée dans le public. Dis-moi franchement quel est le but de tout cela ? Est-ce que tu désires de l’argent ? Je te garantis que la ville va amasser autant d’argent que tu voudras. Est-ce que tu désires des femmes ? Prends les plus belles filles de la ville comme tes épouses, et je t’assure que nous sommes tous d’accord pour te donner satisfaction. Est-ce que tu veux être à la tête du gouvernement ?

Nous sommes prêts à t’élire comme notre chef suprême, à une seule condition : Ne nous tourmente plus dans notre sensibilité religieuse et notre susceptibilité sociale : ne dis plus que nos idoles, ainsi que tous ceux parmi nous et parmi nos ancêtres qui les ont adorées, sont destinés au feu éternel de l’Enfer. Si tu te sens malade, nous chercherons les meilleurs guérisseurs du corps et de l’esprit. Mais nous n’aimons pas les frictions et les bouleversements dans la ville et au sein de notre société. » En guise de réponse, le prophète se borna à réciter quelques versets du Coran (41.1-13).

« La façon dont il accepta les persécutions, dues à ses croyances, la haute moralité des hommes qui vécurent à ses côtés et qui le prirent pour guide, la grandeur de son oeuvre ultime, tout cela ne fait que démontrer son intégrité fondamentale. La supposition selon laquelle Muhammad serait un imposteur soulève plus de problèmes qu’elle n’en résout. Cependant, aucune des grandes figures de l’histoire n’est si peu appréciée en Occident comme le prophète Muhammad. » [8]

Ne trouvez-vous pas extraordinaire qu’un homme illettré, modeste, puisse sortir d’un long silence avec un message de telle envergure, bouleversant l’ordre établi et remportant un aussi grand succès ?

Comment en si peu de temps, son message puisse gagner les coeurs de tous ceux qui l’ont connu ?

Pourquoi avait-il mené une vie difficile alors qu’il était à la tête d’un Empire possédant d’énormes richesses ?

Ne vous parait-il pas étrange qu’un homme sans culture puisse défier les poètes et les orateurs les plus célèbres sans qu’ils puissent relever le défi ?

Comment se fait-il qu’il fût capable d’énoncer maintes vérités scientifiques à une époque où nul ne pouvait en avoir la moindre idée ?

« Je crois de toutes mes forces qu’un jour viendra ou la plus haute philosophie, les sciences humaines et les principes du Christiannisme les plus sincères témoigneront que le Coran est un livre divin et que Mohammad est le Messager de Dieu. C’est Dieu qui a choisi un prophète sans aucune formation éducative préalable pour nous offrir le Saint Coran, le livre qui au long de l’histoire a inspiré la naissance de millions de livres, d’opuscules et de traités, enrichissant les bibliothèques du monde. Il apporte à l’humanité des systèmes philosophiques, juridiques, pédagogiques et les principes axiomatiques des idéologies. Il se leva dans un milieu ignorant, privé de la science et de la civilisation humaine. Dans toute la Médine, il n’y avait que onze personnes qui savaient lire et écrire, et dans la grande tribu de Qurayche dispersée autour de la Mecque et sa région, il n’y avait que dix-sept hommes alphabétisés. Les enseignements du Coran dont les premiers versets mettent en valeur la science et la plume ont créé une grande évolution dans ce domaine. Selon les préceptes de l’Islam, l’acquisition de la science est devenue une prescription divine pour chaque musulman et musulmane. L’encre des écrivains et des savants vaut davantage que le sang des martyrs. Sur la voie des orientations du Coran et à la lumière des préceptes coraniques, de nombreux savants se sont formés, et des livres innombrables ont été écrits. Les disciplines scientifiques diverses, prenant leur source dans le Coran, ont été propagées aux quatre coins du monde par les grands penseurs islamiques, illuminant ainsi, grâce à la lumière coranique, la communauté musulmane et le monde entier... Il était César et le Pape réunis en un seul être ; mais il était le Pape sans avoir les prétentions du Pape, et César sans avoir les légions de César : sans armée, sans garde du corps, sans palais, et sans revenu fixe ; s’il y a un homme qui a le droit de dire qu’il règne par la volonté divine, ce serait Muhammad, puisqu’il a tout le pouvoir sans en avoir les instruments ni les supports. » [9]

« Il est impossible, pour quelqu’un qui étudie la vie et le caractère du grand Prophète d’Arabie, pour quelqu’un qui sait comment il enseignait et comment il vivait, d’avoir d’autre sentiment que le respect pour ce Prophète prodigieux, un des grands Messagers de l’Etre Suprême. Et même si ses discours contiennent bien des choses qui sont familières à beaucoup d’entre vous, chaque fois que moi-même je les relis, je sens monter en moi une nouvelle vague d’admiration, un nouveau sentiment de révérence, pour ce prodigieux grand maître arabe. » [10]

« Quoiqu’il fut illettré, les premiers versets révélés mettent en valeur la plume, la science, l’éducation et l’enseignement. On ne connaît pas de doctrines qui se sont intéressées à la science et à la connaissance à un tel point. Si Mohammad avait été un savant, la révélation, réalisée dans la caverne de ‘‘Hirra’’ n’aurait pas causé d’étonnement parce que le savant connaît la valeur de la science. Mais il était illettré, n’avait pas appris chez aucun maître. Je félicite les musulmans du fait que leur religion s’intéresse dès son début à l’acquisition de la connaissance et lui prête une grande importance. » [11]

« Homme d’affaires prospère dès l’âge de vingt ans, il devait bientôt devenir directeur des caravanes de chameaux d’une veuve fortunée. Celle-ci, reconnaissant ses mérites, lui proposa le mariage. Bien qu’elle fut de quinze ans son aînée, il l’épousa et fut un époux dévoué jusqu’à sa mort. De même que la plupart des grands Prophètes qui le précédèrent, Muhammad cherche à éviter l’honneur de transmettre la parole divine, se considérant comme indigne d’accomplir cette tâche. Mais l’ange lui ordonne : ‘‘Lis !’’. De ce que nous connaissons de sa vie, nous savons que Muhammad ne savait ni lire ni écrire, mais il commença à dicter des mots qui lui étaient inspirés, et qui allaient bientôt transformer une grande partie du globe par le verset : ‘‘Il n’y a qu’Un seul Dieu’’.

Sur tous les plans, Muhammad était un esprit éminemment pratique. Lorsque son fils bien-aimé, Ibrahim, mourut, il y eut une éclipse, et des rumeurs disant que Dieu lui avait exprimé personnellement ses condoléances, s’étendirent rapidement. Or, on dit que Muhammad lui-même affirma qu’une éclipse étant un phénomène naturel, il est insensé d’attribuer ce genre de phénomène à la naissance ou à la mort d’un être humain.

Lors de la mort de Muhammad, certains voulurent le déifier, mais son successeur administratif mit fin à cette vague d’hystérie par une des paroles les plus belles : ‘‘Si l’un d’entre vous alla jusqu’à rendre un culte à Muhammad, il est mort. Mais si c’est à Dieu qu’il rend culte, Dieu est vivant et Eternel’’. » [12]

« Le monde a vu en la personne du prophète de l’Islam, le plus rare phénomène sur terre, évoluant en chair et en os. »  [13]

« Certains lecteurs seront peut-être surpris de me voir placer Muhammad en tête des personnalités ayant exercé le plus d’influence dans le monde, et d’autres contesteront probablement mon choix. Cependant, Muhammad est le seul homme au monde qui ait réussi par excellence sur les deux plans : religieux et séculier » [14]

« Mohammed(ç) était l’âme de la Bienveillance et son influence était ressentie et jamais oubliée par ceux qui l’approchaient. » [15]

« Quatre ans après la mort de Justin, A.D.569, naissait à la Mecque, en Arabie, l’homme qui, parmi tous les hommes, allait exercer la plus grande influence sur la race humaine... Mohammed. » [16]

« Mohammed fut la personnalité qui a connu la plus grande réussite parmi tous les personnages religieux. » [17]

« J’ai étudié -le merveilleux homme- et à mon avis, loin d’être un Antéchrist, il mérite le titre de sauveur de l’humanité. » [18]

« Le mensonge façonné avec de bonnes intentions destinées à cet homme (Mohammed) ne déshonore que nous... Une grande âme silencieuse ; il était de ceux qui ne peuvent être autrement que sincères et convaincus, et que la nature elle-même a crée sincères.

Alors que d’autres se complaisent dans des formules et des ouïe-dire, contents de leur sort, cet homme ne pouvait se soustraire aux formules. Il était seul avec sa propre conscience et la réalité des choses... Une telle sincérité, ainsi qu’on veut bien la nommer, possède en réalité quelque chose de divin. Le discours d’un tel homme est semblable à la voix qui émane du coeur-même de la nature. Les hommes écoutent et doivent écouter ce discours mieux que tout autre... Le reste n’est que futilité en comparaison. » [19] Preuves de l’origine divine du Coran :

Le Coran ne pouvait pas être de Mohammed pour les raisons suivantes :

1- Un discours inspiré :

Quiconque lit le Coran, s’aperçoit qu’il s’agit d’un discours inspiré, dicté et non initié ou inventé. On sent que celui qui parle dans le Coran n’est pas Mohammed. Plus étrange encore est le fait que le Coran, à certains endroits, réprouve l’acte voire même la pensée de Mohammed, comme ce fut le cas de l’aveugle Ibn Umm Maktûm dont il s’est détourné pour s’intéresser aux gens de Quraïch (80.1-4)

Parfois, le Coran s’en prend sévèrement au Prophète, exprimant le désaveu de tel propos ou de tel agissement, concernant par exemple les captifs lors de la bataille de Badre :

« Il n’appartient pas à un prophète de faire des captifs avant d’avoir vaincu les mécréants sur la terre. » 8.67

Parfois, c’est la pensée même que le Coran dévoile :

« Si nous ne t’avions pas raffermi, tu aurais failli t’incliner quelque peu vers eux. » 17.74

« ...et tu cachais en ton âme ce qu’Allah allait rendre public. Tu craignais les gens, et c’est Allah que tu dois craindre. » 33.37

Il est des cas où le Coran oblige Mohammed d’agir contre son gré ou de dire à ses fidèles ce qu’il ne pourrait pas dire s’il avait le choix :

« Dis : Je ne vous dis pas que je détiens les trésors d’Allah ni que je connais le mystère. » 6.50 ;11.31

« Dis : je ne détiens pour moi-même ni profit ni dommage, sauf ce qu’Allah veut. Et si je connaissais le mystère, j’aurais eu des biens en abondance, et aucun mal ne m’aurait touché. » 7.188

« Dis : Mon Seigneur connaît mieux leur nombre... Et ne dis jamais à propos d’une chose : ‘‘Je la ferai sûrement demain’’ sans ajouter : Si Allah le veut. » 18.22-24

« Et ils t’interrogent au sujet de l’âme. Dis : ‘‘l’âme relève de l’Ordre de mon Seigneur’’. » 17.85

« Dis : Allah sait mieux combien de temps ils demeurèrent là. » 18.26

« Dis : Je ne suis pas un innovateur parmi les Prophètes. J’ignore ce que l’on fera de moi et de vous. » 46.9

Un imposteur n’aurait jamais eu le courage de déclarer son ignorance ou son incapacité de répondre aux questions de ses fidèles, car il risque de perdre toute influence. Le propre de l’imposteur est de prétendre savoir et pouvoir, plus particulièrement dans le domaine du surnaturel. Ce n’est pas étonnant que les juifs aient utilisé ce prétexte pour dire : « Quelle est l’utilité de ce prophète qui ne sait pas ce que l’on fera de lui-même et de nous ? Nous n’avons aucun avantage à suivre un tel homme... »

2- Absence d’empreinte de la personnalité de Mohammed :

Il n’y a dans le Coran aucune empreinte de la personnalité de Mohammed. Sa volonté, ses opinions, ses sentiments n’y existent nulle part. La pensée d’un auteur doit nécessairement ressortir dans son oeuvre ; en effet, toute production artistique ou littéraire reflète la mentalité, l’état d’esprit de son auteur.

Le Coran ne comporte aucun caractère de type humain ou personnel lié à Mohammed. On sait que celui-ci avait connu beaucoup de problèmes dans sa vie privée ; il avait perdu sa femme Khadija, son fils Ibrahim, son oncle Abou Talib. Malgré l’immense douleur qu’il éprouva, le Coran n’en fait aucune mention. S’il en était l’auteur, il y aurait laissé une trace de sa tristesse et de ses sentiments personnels.

3-Différence de style entre le Coran et la parole de Mohammed :

Il y a une différence fondamentale entre le style du Coran et la parole de Mohammed. Le discours coranique est unique en son genre.

Celui-ci a un caractère surhumain et inimitable ; le Coran a une structure particulière, un mode d’expression particulier, une terminologie particulière ; il contient des idées inconnues à cette époque, et des mots qui ne figurent pas dans le vocabulaire des hadiths (propos) du Prophète. Chaque Sourate diffère des autres par son propre caractère, sa propre harmonie.

Comparez par exemple la Sourate 12 avec la Sourate 18 ; la Sourate 19 et la Sourate 30. Demandez l’avis d’un expert et voir ce qu’il vous dira. On y trouve des subtilités grammaticales et sémantiques que seuls les spécialistes de la linguistique peuvent déceler.

Il ne suffit pas de comprendre la langue arabe pour percevoir tous les aspects miraculeux de ce Livre. Certains termes coraniques ont plusieurs significations, mais chaque signification peut s’adapter au sens du verset qui contient le terme. De même que l’existence de multiples variantes dialectales et les différents modes de lecture ne modifient guère le sens du verset.

Plus on y réfléchit, plus on découvre l’extrême finesse de son discours. La parole de Mohammed ne revêt aucun caractère particulier, susceptible de la rendre inimitable. D’où l’invention de faux hadiths qui ont été mélangés aux vrais hadiths dont le triage, l’assainissement a nécessité un travail épistémologique considérable. On aurait pu faire autant pour le Coran si cela était possible. J’aimerais vous donner quelques exemples, mais je crains d’être incompris car la méconnaissance de la langue arabe est l’une des causes majeures du défaut et des erreurs d’appréciation du Coran.

Les Orientalistes n’ont certainement pas approfondi la connaissance de cette langue de manière à pénétrer les secrets linguistiques de ce glorieux Livre. Adrien Reland (mort en 1718 à Utrecht, Pays-Bas) ne s’est pas trompé quand il a déclaré que la connaissance de l’arabe est indispensable pour mieux connaître l’Islam. Selon lui, la première cause des erreurs au sujet de l’Islam et de son prophète est le fait que les auteurs occidentaux ignoraient la langue arabe, il dit : « les livres écrits sur l’Islam par des écrivains européens sont défectueux, faux et mensongers. Leurs auteurs ont moins combattu la religion mahométane que leurs propres fantasmes... ».

a) Les mots et les concepts :

La plupart des mots et des concepts employés dans le Coran n’apparaissent pas dans les hadiths du Prophète et vice versa, exemple :

al-watine= l’aorte (69.46), habl al-Warid = veine jugulaire (50.16), comme synonyme de ces deux termes, on trouve dans les hadiths le mot Irq pl.urûq, mot qui n’existe pas dans le Coran ; tagachaha = couvrir : ce terme désigne les rapports sexuels du couple, chaque élément du couple est considéré comme un vêtement pour l’autre, d’où le mot couvrir, vêtir (7.189) qui n’a jamais été employé dans ce sens par le prophète ;

de même que le verbe jâmaa du mot jimâ’, qui revient souvent dans les hadiths pour désigner le coït, n’existe pas dans le Coran. Dans ce sens, on trouve des termes communs au Coran et aux hadiths tels : bâchara, lâmaça, mais on ne trouve pas dans le Coran des synonymes employés dans les hadiths comme wataa, wâqaa ; de même qu’on ne trouve pas dans les hadiths des termes employés dans le Coran désignant le même fait comme : rafath (2.187,197) ;

« zaïm » = garant (12.72 ;68.40), l’équivalent dans les hadiths est : « dhamin », cependant ce vocable n’existe pas dans le Coran ; le verbe tagammada = envelopper, fourrer qui revient souvent dans les hadiths parlant de miséricorde, n’est pas cité une seule fois dans le Coran ; on y trouve, lié à miséricorde : apporte-nous, fais-nous entrer dans, etc.. Falak = orbite (21.33 ;36.40), muhl = lave (18.29 ;44.45 ;70.8) ; manûn= la mort (52.30), Istanbata = déduire (4.83), al-qitr = cuivre, airain(34.12) ; kiçafan = par fragments (17.92) ; ko-wirat = s’obscurcir ou enrouler ou décrocher (81.1) ; inkadarat = s’obscurcir, se ternir (81.2) ; mandhud = (pierres)disposées par masses, entassées les unes au-dessus des autres (11.82 ;56.29) ;

yahra’oun = se précipitèrent en courant (11.70 ;37.70) ; laddha = brasier (70.15) ; chawâ = peau du crâne ou membres (70.16) ; ya’ruchûn = ils construisaient (7.137) ; hashaça = (la vérité) s’est manifestée (12.51) ; lam yataçannah = ne s’est pas gâté (2.259) ; lujjatan = eau profonde, glace (27.44) ; muhti’in = suppliant, craintifs (14.43) ; af’idatuhum hawa = leurs coeurs vides (14.43) ; al-him = chameaux assoiffés (56.55) ;

dihâne = cuir rouge ou l’huile enflammée (55.37) ; mudhâmmatâne = assombris à force de verdure (55.64) ; ijtarahû = ils ont commis (péchés) (45.21) ; yuçighuhu = avaler (14.17) ; mathabatan = un lieu de visite, où l’on revient souvent (2.125) ; Falaq = l’aube (113.1) ;al-khannas = qui se dérobe furtivement (114.4) ; halû’an = versatile, instable (70.19) ; assâl = après-midi (7.205) ; azifet al-âzifa = l’imminente s’approche (53.57) ; attâmatu = le grand cataclysme (79.34) ; al-hâqqatu = l’Inévitable, Celle qui doit venir (69.1) ; al-qâriatu = le Fracas (101.1) ; masgabah = famine (90.14) ; matrabah = dénuement (90.16) ; mûçadah = refermé, bouclé, muré, condamné (90.20 ;104.8) ; tudlû = corrompre, laisser tomber dans la main de quelqu’un (2.188) ;abâbil = bandes, volées (105.3) al’ihn al’manfûch = laine cardée 101.5) ; waçaqa = envelopper (84.17) ; ittaçaqa = s’arrondir, devient pleine-lune (84.18) ; ghisline = pus (69.36) ; al’âdyat = coursiers (100.1), assafinât al’jyyâd = magnifiques chevaux de course (38.31) ; arim = barrage (34.16) ; idhine = en pièces (15.91) ; sâmidun = insensibles, indifférents (53.61) ; taladdha = flamber (92.14) ; lubadan = beaucoup (90.6) ; dhi hijr = doué d’intelligence (89.5) ; turath = héritage, patrimoine (89.19) ; yahûra = retourner vers Dieu, ressusciter (84.14) ; infatarat = se rompre (82.1) ; kuchitat = écorché (81.11) ; Kunnas = qui glissent et disparaissent (81.16) ; as’aça = s’étendre, survenir (81.17) ; abban = pâturages (80.31) ; assâkhatu = Fracas, apocalypse (80.33) ; qatarah = ténèbres (80.41) ; wâjifah = terrifiés (79.8) ; sâhirah = lieu du rassemblement le jour dernier (79.14) ; samkaha = sa voûte (79.28) ; agtacha = assombrir (28.29) ; dahâha = donner (à la terre) la forme d’un oeuf (79.30) ; mu’çirât = nuées (78.14) ; gassâqan = glaciale ou fétide (78.25 ;38.57) ; dihâqan = débordantes (78.34) ; tarâqi = clavicules (75.26) ; ratqan = compact, dense (21.30) ; fataqnahuma = (Nous les avons) séparés, dessoudés, désintégrés, ce terme implique l’idée de fission ; jimâlâtun sûfrun = chameaux jaunes (77.33) ; amchâj = sperme mélangé -aux composantes diverses- (76.2) ; kawafir = mécréantes (60.10) ; fâqirah = terrible châtiment (75.25) ; naqur = clairon (74.8) ; qaçwarah = lion, prédateur (74.51) ; cathiban mahilan = dune de sable dispersée (73.14) ; mûçâfihât = livrées à la débauche (4.25) ; akhdâne = amants clandestins (4.25) ; hafyun = habitué, familier, averti (7.187) ; dayyâran = habitant (71.26) ; chatatan = extravagance, transgression, dépassement (18.14 ;38.22 ;72.4) ; mawâkhira = fendre les vagues avec bruit (16.14) ; thânya ‘itfihi = rebroussant chemin, affichant une attitude orgueilleuse (22.9) ;

Cette liste n’est pas exhaustive, il y a encore d’innombrables termes coraniques qui ne se trouvent pas dans les hadiths.

Comment se fait-il qu’un homme puisse avoir, dans la même langue, deux langages -oui, il s’agit de deux langages- totalement différents : un langage habituel, commun et un langage extraordinaire, distingué ?

On peut admettre qu’un écrivain ou un orateur pourrait enrichir son discours de quelques emprunts, mais là, ce n’est pas du tout le cas ; nous sommes en présence d’un langage tout à fait nouveau et étrange par comparaison aux hadiths, et cette nouveauté ne se limite pas à quelques mots ni à quelques phrases, elle concerne la totalité du texte coranique, y compris les mots, les idées, l’expression, le style, la syntaxe.

Il n’y a aucune espèce d’interférence entre les deux langages. D’où l’interrogation : pourquoi le langage coranique n’a pas influencé ni amélioré le langage habituel du Prophète lequel est demeuré inchangé pendant vingt trois ans ? Non ! Mohammed était à l’évidence incapable d’inventer un livre de telle dimension et de telle valeur. Prétendre qu’il s’est inspiré de la Bible, cela est impossible car, d’une part la disproportion, comme on le verra plus loin, est trop grande entre les deux livres et d’autre part, Mohammed ne connaissait ni le syriaque ni l’hébreu, langues des Ecritures à cette époque ; il n’y avait pas de Bible en arabe et quoi qu’il en soit, Mohammed ne savait ni lire ni écrire l’arabe.

b) mode d’expression et structure des phrases :

Le Coran se distingue par un mode d’expression particulièrement étrange. Les phrases sont, pour la plupart, courtes et significatives, elles se caractérisent notamment par l’abondance des noms-adjectifs, des adverbes et des participes, l’usage du pronom personnel ‘Nous’, l’emploi du passé pour des événements futurs, l’inversion du sujet. Les termes sont extrêmement riches, à la fois instructifs et expressifs ; de ce fait, irremplaçables. La règle en langue arabe veut que la phrase doit commencer par le verbe ;

il est rare et exceptionnel de trouver une phrase qui commence par le sujet. Or, le Coran renverse la structure du langage habituelle en introduisant une exception à l’exception, c’est-à-dire des phrases qui commencent par le complément, exemple :

« fa fariqan caddabtum wa fariqan taqtulûn » (litt.« une partie vous traitez d’imposteurs et une partie vous tuez » 2.87 ; 5.70) « fariqan hada wa fariqan haqqa alaïhim addalâlatu » (litt.« une partie, Il a guidée et une partie a mérité l’égarement » 7.30)

« qul : â dacaraïni harrama am al-unthayayni am ichtamalat alayhi arhâmu l’unthayayni » (litt. « Dis : Est-ce les deux mâles qu’Il a interdits ou les deux femelles, ou ce qui est dans les matrices des deux femelles ?. » 6.143)

« Iyyâka na’budu wa iyyaka nasta’inu » « C’est Toi que nous adorons et c’est Toi dont nous implorons secours. » (1.5-6)

« wa bilhaqqi anzalnâhu wa bilhaqqi nazala = et c’est en toute vérité que Nous l’avons fait descendre et avec la vérité il est descendu » 17.105

La fréquence des mots à finale ‘an’ employés sous forme de substantif, d’adverbe, d’adjectif verbal ou de participe présent, est une caractéristique du style coranique, qui le différencie nettement des Hadiths : Tous les versets des Sourates 72, 71, 65, 48, 33, 25, 18, 17 et 19 ( à l’exception de 7 versets [34-40] de cette dernière) se terminent par ‘an’, exemple :

« khafyyan = secrètement ; chaïban = cheveux blancs ; chaqyyan = désespérément ; walyyan = descendant, héritier, allié ; radhyyan = agréable ; samyyan = nom ; ityyan = inexorablement ou inflexiblement. » 19.3-8

« baqian wa adwan » (litt. « hostilement et injustement ou transgresseur et belliqueux ») 10.90

« dhabhan..qadhan...sûbhan..naq’an..jam’an » (litt. « haletant..faisant jaillir des étincelles..attaquant matinalement.. faisant voler la poussière... pénétrant ou (couvrant avec) un groupe » 100.1-5

« marahan = orgueilleusement » 17.37 ;31.18 « ûmyan, bûkman, summan = aveugles, muets et sourds = 17.97 « hamûlatan wa farchan = transport et laine » 6.142

Le Coran s’exprime de manière étrange ; il suffit de méditer les versets suivants pour se rendre compte de sa remarquable singularité ; il est impossible que le prophète pût s’exprimer ainsi ; nous connaissons son style à travers les hadiths :

« fa darabna ala adhanihim = litt. Nous avons frappé (sur) leurs oreilles » 18.11 (Nous avons assourdi leurs oreilles) « wa rabatna ala qulûbihim = litt. Nous avons attaché (sur) leurs coeurs » 18.14 (Nous avons fortifié leurs coeurs) « ichtaala rra’çou chaiban = litt. la tête s’est enflammée de blanc » 19.4 (Ma tête a blanchi) « ma kaddaba l’fûadu ma raa = litt. le coeur (l’intérieur) n’a pas démenti ce qu’il a vu » 53.11 « wa nûqallibou af’idatahum wa absarahum = litt. Nous tournons leurs coeurs (intérieurs..) et leurs yeux » 6.110 (Nous détournons...).

« wa asbaha fuadu ummi Moussa fâriqan = litt. l’intérieur de la mère de Moïse devint vide » 28.10 (le coeur de la mère de Moïse se vida) « ayatuha l’iru innacum laçariqûn = litt. Ô Chameaux ! Vous êtes des voleurs. » 12.70 (Caravaniers ! Vous êtes des voleurs)

« waç’al il qariati lati kunna fiha wal ir allati aqbalna fiha = litt. Et interroge la ville où nous étions et les chameaux sur lesquels nous sommes venus. » 12.82 (Et interroge la ville où nous étions et la caravane dans laquelle nous sommes arrivés).

c) La concision :

La concision et la précision du style coranique dépassent les compétences humaines. Si nous prenons par exemple les droits de succession (l’héritage), nous pouvons constater que le Coran les expose en trois versets (4.11,12,176), alors que les hommes ont écrit des ouvrages sur ce thème, pour ne rien dire de plus ni de mieux en fin de compte.

d) L’emploi du pronom personnel ‘‘Nous’’ :

Le Coran se distingue du Hadith par l’emploi du pronom personnel ‘Nous’ ainsi que par la confusion des temps, passé et futur :

Le ‘Nous’ dans le Coran n’est pas un pluriel de nombre, mais un pluriel de respect et de majesté. Les rois parlent au pluriel, par fierté ou par modestie ; il est normal que le Roi des rois fasse de même. Il y a une autre explication à cela, mais je préfère en laisser parler l’auteur cité ci-après.

Quant à l’emploi du passé pour annoncer des événements futurs, cela s’explique par le fait que Dieu se situe au-dessus du temps et de l’espace. Dans sa science, le futur relève du passé. En effet, le temps est une mesure utilisée par l’homme ; il est déterminé par la rotation de la terre ; si l’homme se détache de la terre pour s’élever ne serait-ce qu’au niveau de l’exosphère, il ne sera plus concerné par le temps et il en perdra la notion.

Or, Dieu qui contient et embrasse tout, agit sur le temps, Il ne le subit pas. Le passé, le présent et le futur sont pour Lui une actualité permanente. Il a une parfaite connaissance de ce qui va se produire, et cette connaissance, ce savoir lui permet de considérer le futur comme étant déjà passé. D’où l’emploi du passé à propos de nombreux événements concernant le futur :

« La corruption est apparue(dhahara) sur la terre et dans la Mer... » 30.41

« Et il a été soufflé (nufikha) dans la trompette et Nous les avons tous rassemblés. Et ce jour-là, Nous avons présenté de près l’Enfer aux mécréants. » 18.99-100

« Et il a été soufflé (nufikha) dans la trompette et les voilà, de leurs tombes, se précipitant vers leur Seigneur. » 36.51

« Ils furent présentés en rangs devant ton Seigneur.et le livre fut déposé. » 18.48-49

« Et il a été décidé(qudhya) entre eux en toute équité et ils ne sont point lésés » 10.54 ; 39.69

« Et lorsque Dieu a dit (qâla) : « Ô Jésus, fils de Marie, est-ce toi qui as dit aux hommes : « Prenez-moi ainsi que ma mère, pour deux divinités en dehors d’Allah ? » Il a dit (qâla) : « Gloire et Pureté à Toi ! Il ne m’appartient pas de déclarer ce que je n’ai pas le droit de dire ! Si je l’avais dit, Tu l’aurais su, certes. Tu sais ce qu’il y a en moi, et je ne sais pas ce qu’il y a en Toi. Tu es, en vérité, le grand connaisseur de tout ce qui est inconnu. » 5.116

« Et furent conduits (çiqa) par groupes au Paradis ceux qui avaient craint leur Seigneur... Et ils dirent : ‘‘Louange à Allah qui nous a tenu Sa promesse.. » 39.73-74

Parfois, certains versets parlent de deux temps différents, au point où ils semblent contradictoires, exemple :

« L’ordre de Dieu est arrivé (atâ). Ne le hâtez donc pas. » 16.1

Dans la Science de Dieu, l’ordre est déjà arrivé. Cependant, Dieu demande aux hommes de ne pas hâter sa venue. Ce qui s’inscrit dans le futur pour les hommes, il s’est déjà produit dans la science divine.

Tous les faits qui sont inconnus des hommes, Dieu les connaît parfaitement. L’emploi des deux temps trouve son explication dans l’asymétrie des deux visions et des deux sciences humaines et divines.

Le Docteur Moustafâ Mahmoud qui est l’une des grandes figures de la littérature arabe contemporaine, écrit :

«  Un examen attentif du mode d’expression coranique nous révèle que celui-ci est nouveau et unique en son genre. Dans sa cohésion, sa composition et sa structure, il n’a pas son semblable dans la littérature arabe, qu’elle soit antérieure ou postérieure au Coran.... Nous nous trouvons face à un langage qui a sa trame propre, sans être de la prose ni de la poésie. La musicalité de la poésie est due à la cadence et à la rime... C’est une musicalité externe, alors que celle du Coran est interne « Wa d-duha wa l-layli idhâ sajâ » (« Par la clarté du jour !... Par la nuit, quand elle s’étend ! » (93.1-2) Aucune césure, aucune rime dans cette simple expression. Et pourtant la musique filtre à travers elle... Elle provient de l’intérieur même de la phrase...

Lorsque les versets prennent le ton de la menace, la phrase semble construite et sculptée dans le roc. Tel un cliquetis de cuivres qui s’entrechoquent, le rythme devient irritant pour l’oreille... Lorsque les versets coraniques viennent donner une nouvelle fabuleuse, comme la fin du déluge, le style devient haché. On dirait des signaux en morse et les versets entiers deviennent comme des messages télégraphiques très concis dont l’effet est impressionnant...

Poursuivant notre analyse, nous découvrons dans le Coran une précision extrême et une étonnante exactitude...La moindre préposition est juste à la place qu’il faut, ni avant, ni après...Il est impossible de remplacer un mot par un autre, ou une préposition par une autre...Chaque vocable a été choisi parmi un million d’autres, en fonction d’un critère précis. Considérons cette très grande précision, introuvable en aucun autre écrit : « Ne dévorez pas à tort vos biens entre vous ; n’en faites pas présent (tudlû) aux juges dans le but de manger injustement une part des biens d’autrui, vous le savez parfaitement. (2.188)

Notons le mot « tudlû » Bien que le juge, à qui sont remis les biens, soit situé en haut, et non pas en bas, le Coran rétablit la situation ..En effet, la main qui reçoit un pot-de-vin, s’agirait-elle de la main d’un juge, le reçoit « par-dessous ». D’où l’expression « laisser tomber dans la main des juges » qui traduit avec une éloquence sans pareille la bassesse de celui qui se laisse corrompre. Le verset relatif au meurtre des enfants à cause de la pauvreté se présente sous deux formes :

« Ne tuez pas vos enfants à cause de votre pauvreté ; Nous vous accorderons votre subsistance avec la leur. » (6.151)

« Ne tuez pas vos enfants par crainte de la pauvreté. Nous leur accorderons leur subsistance avec la vôtre. » (17.31)

La différence entre ces deux versets n’est pas due au hasard. Elle obéit à des raisons déterminées... Lorsque le meurtre est voulu « à cause de la pauvreté », cela signifie que les parents vivent actuellement dans la pauvreté. D’où l’affirmation : « Nous vous accorderons votre subsistance avec la leur ». Lorsque, par contre, le meurtre des enfants est prémédité « par crainte de la pauvreté », cela signifie que les parents prévoient la pauvreté pour l’avenir. D’où l’allusion faite par le Coran aux enfants en premier lieu : « Nous leur accorderons leur subsistance avec la vôtre ». De telles nuances ne pouvaient venir à l’esprit d’un auteur humain.

Qu’un mot précède un autre ou qu’il vienne après, il y a toujours une sagesse sous-jacente. A propos du vol par exemple, le Coran parle de l’homme en premier lieu, et ensuite de la femme.

A propos de la débauche, c’est l’inverse...La raison ici est évidente. Dans le vol, l’homme joue un rôle beaucoup plus actif que la femme. Dans la débauche, par contre, c’est la femme qui prend l’initiative, dès le moment où elle choisit une mini-jupe et s’installe devant son miroir pour se parfumer et se maquiller, prête à prendre au piège l’homme qu’elle attend... Les exemples de ce genre abondent...

Nous remarquons ensuite, dans la grammaire coranique, une précision qui tient à des nuances très fines. Par exemple, dans le verset :

« Wa in tâ’ifatâni min al-mu’minina qtatalû fa slihû bayna-humâ » (« Si deux groupes de croyants se combattent rétablissez la paix entre eux. ») (49.9) Dans un cas, l’accord avec le mot « tâ’ifatâni » (« deux groupes ») est fait au pluriel : « qtatalû » (« se combattent ») ; dans l’autre, il est fait au duel : « fa-(i) slihû bayna-humâ » (« rétablissez la paix entre eux (deux) »)... Le motif de cette variante est très subtil : durant le combat, les deux groupes s’affrontent et deviennent une collection (un « pluriel ») de bras qui s’entre-battent. Au moment de la trêve, ils se séparent à nouveau en « deux » groupes, chacun envoyant son délégué.

D’où la formulation de notre verset... A propos de l’emploi des pronoms personnels « Je » et « Nous », Dieu parle en utilisant le « Nous » lorsqu’est exprimée une action divine où sont associés tous les Attributs divins comme la Création, la Révélation, la préservation du Coran, etc.

« Nous avons fait descendre le Rappel ; nous en sommes le gardien. » (15.9)

« C’est nous qui vous avons créés.
- Si seulement vous déclarez la vérité ! » (56.57)

« Oui, Nous l’avons fait descendre durant la nuit du Décret. » (97.1)

« Ne voyez-vous pas comment vous engendrez ? Est-ce vous qui créez cela, ou bien en sommes-nous le Créateur ? » (56-58-59)

« Nous les avons créés ; nous avons fixé solidement leurs jointures ; mais lorsque nous le voudrons, nous les remplacerons par des êtres semblables à eux. » (76.28)

Dans les cas précités, le « Nous » traduit un ensemble d’attributs divins qui sont tous à l’oeuvre dans une initiative grandiose, comme celle de la Création par exemple. Mais lorsque le verset relate un entretien entre Dieu et l’un de ses serviteurs (Moïse par exemple), c’est le pronom personnel singulier qui est employé :

« Moi, en vérité, je suis Dieu ! Il n’y a de Dieu que moi. Adore-moi donc ! Observe la prière en invoquant mon Nom ! » (20.14)

Dieu dit « Je », car c’est le Moi divin qui parle ici et l’attention est attirée sur le fait et la proclamation, dans le culte, de l’Unicité divine. C’est dans le même sens que Dieu dit à une certaine élite : « ô vous, les hommes doués d’intelligence ! Craignez-moi » (2.197) et qu’il avertit le commun des mortels de cette façon : « Craignez le Feu qui a pour aliment les hommes et les pierres ! » 2.24

Ces derniers, en effet, ne comprennent que le langage du feu : il les effraie. Les hommes doués d’intelligence ont par contre le privilège de comprendre que Dieu est plus Puissant que le feu et qu’Il peut faire de celui-ci, un havre de fraîcheur et de paix...Une scrupuleuse exactitude dans l’expression, le choix des mots et l’emploi des prépositions (aucune n’est trop... aucune ne manque...nulle ne précède ou suit la place qui lui revient, sinon pour une raison et un critère déterminés)...

Ce sont là des qualités, illustrées par nos exemples, qui n’existent en aucun ouvrage écrit par un auteur humain. Nous ne les rencontrons que dans le Coran. » [20]

Un autre spécialiste du Coran, affirme : « Le style du Coran est unique par sa précision et sa concision ; Il faut être parfaitement averti des finesses de la langue arabe pour déceler de telles perfections qu’on ne trouve nulle part ailleurs...

En lisant les chapitres du Coran, nous trouvons à chacun d’eux son propre style, son rythme particulier et je dirais même sa musique...

On est frappé par ce mouvement de la mer qu’on croit apercevoir en lisant les versets parlant de l’évolution des bateaux à travers les vagues. Lisons par exemple le verset 14 du chapitre XVI pour sentir le balancement des navires au mouvement des flots : ‘‘Tu vois les bateaux fendre ses eaux et afin que vous alliez à la recherche des dons de Sa générosité et peut-être rendrez-vous grâce’’ (16/14)...

Dans la précision extrême des mots, on sent aisément que ce n’est pas un berger illettré du 7ème siècle qui pouvait d’une façon improvisée dicter un discours aux termes aussi élaborés. C’est ainsi que dans le chapitre XII (Joseph), verset 110, il est dit : ‘‘Jusqu’à ce que les Messagers faillirent perdre espoir’’.

On constate qu’il est dit istay’asa et non ya’isa car le premier mot veut dire ‘‘faillirent perdre espoir’’ tandis que le second veut dire ‘‘désespérèrent’’. Or il s’agit en l’occurrence de Messagers de Dieu à qui il ne convient pas de perdre espoir en Dieu quelles que soient les circonstances.

De même dans le chapitre 37, verset 14, il est dit : ‘‘Quand ils voient un miracle ils font semblant de s’en moquer’’.

On emploie en effet la forme dérivée yastaskhirun et non la forme primaire yaskharun car cette dernière veut dire ‘‘se moquent’’ et l’autre veut dire ‘‘font semblant de se moquer’’. Un miracle ne peut que frapper et convaincre les esprits les plus sceptiques, mais, bien que convaincus dans leur for-intérieur, leur jalousie et leur orgueil les poussent à faire semblant de s’en moquer...

Tout le long du Coran, nous trouvons des formules succinctes et lapidaires qui étonnent par leur concision... Donc voilà un homme illettré, d’une nation rustique et primitive, le voilà dictant au fur et à mesure des versets n’appartenant pas tous au même chapitre, puis ordonnant de mémoire de maître chacun de ces versets à une place exacte de façon à arriver à des chapitres cohérents et portant chacun sa marque particulière et son cachet personnel.

Qui donc peut écrire un livre de plus de mille pages sans qu’il y ait la moindre contradiction et la moindre erreur ? » [21]

L’art de la prose et de la poésie était au sommet de la perfection à l’époque de la révélation du Coran ; cela n’a cependant pas empêché les grands poètes et les orateurs d’être fascinés par la beauté de ce nouveau langage qui n’était ni de la prose ni de la poésie. Ils ont reconnu d’emblée la suprématie du style coranique et ils furent incapables de l’imiter, malgré les multiples et vaines tentatives.

Les mécréants n’ont pas fait mystère de leur admiration devant le charme et l’exquisité du verbe coranique ; ils prirent l’habitude d’aller écouter la lecture du Coran, la nuit, en se cachant derrière la maison du Prophète. Abou Jahl, chef de file de l’opposition Quraichite, demanda à Al Walid ibn al Mughira son avis sur le Coran. Il lui répondit :

« Par Dieu, personne parmi vous n’a la même compétence que la mienne en poésie arabe. De même, personne ne peut rivaliser avec moi dans le domaine de la poésie épique, de l’ode et de l’idylle. Mais j’avoue que le Coran est beaucoup plus mielleux en parole que nos plus excellentes poésies. Sa parole est plus haute en valeur. En effet, elle est au-dessus des autres ! »

« Le livre céleste de l’Islam est un exemple miraculeux inimitable. Il n’a pas de précédent tant pour le style que pour la structure et le contenu, dans la littérature arabe. Son influence spécifique sur l’âme humaine est issue de ses particularités et de sa suprématie.

Comment se peut-il qu’un livre soit l’oeuvre de Mohammad, alors que celui-ci était un arabe illettré ? On observe dans ce livre des trésors de science qui dépassent l’intellect des grands philosophes et politiciens. C’est pour cette raison aussi que le Coran ne peut être l’oeuvre d’une personne éduquée. »  [22]Comment se fait-il que le défi de produire un discours semblable au Coran ne soit pas relevé jusqu’à nos jours ?

Mon étonnement est d’autant plus grand que le défi porte sur un domaine où les Arabes étaient les mieux qualifiés.

« Eh bien, qu’ils fassent venir un récit pareil à celui-ci, s’ils sont véridiques. » 52.34

Ce verset s’adresse non seulement aux contemporains du Prophète, mais à toute l’humanité et à chaque époque, les invitant à imiter le Coran. Puis, le défi se ramène à dix sourates seulement :

« Diront-ils : ‘‘il l’a inventé, ce Coran’’. Réponds-leur : apportez donc dix Sourates pareilles, inventées et appelez pour vous y aider tous ceux que vous pourrez, hormis Dieu, si vous êtes véridiques. » 11.13

Ils furent incapables de le faire après de nombreux essais et de ce fait, Allah leur accorda davantage de facilités pour n’apporter qu’une seule Sourate. Ils y furent appelés à deux reprises : Il leur demanda d’apporter, à défaut d’une Sourate pareille, au moins une Sourate de ce genre, c’est-à-dire semblable : « Ou bien ils disent : ‘‘c’est lui (Mohammed) qui l’a inventé ?’’. Dis : apportez donc une Sourate pareille et appelez y tous ceux que vous pourrez, autre que Dieu, si vous êtes véridiques. » 10.38

« Si vous avez des doutes sur ce que nous avons fait descendre sur Notre serviteur, faites un chapitre au moins semblable et appelez, en dehors de Dieu, vos témoins si vous êtes véridiques. » 2.22

Tout le monde sait que le Coran ne manquait pas d’adversaires parmi les Arabes. Ces derniers étaient conscients du fait que le Coran les attaquait ouvertement et menaçait de faire disparaître leurs privilèges, leurs coutumes et leurs croyances.

Pourtant, personne n’a pu l’affronter ; personne n’a répondu au défi alors qu’ils pouvaient, pour ce faire, demander le concours des rhétoriciens et des spécialistes de l’éloquence qui n’étaient pas rares à l’époque.

4- Structure numérique :

Le Coran obéit miraculeusement à une structure numérique liée au chiffre 19. Le nombre de ses Sourates, ses versets, ses mots, ses lettres et ses chiffres correspond au nombre 19 ou un multiple de 19. [23] Par exemple :

• le verset d’ouverture ‘‘ Bismillehi arrahmâni arrahimi’’ comprend exactement 19 lettres.

• le nombre des sourates composant le Coran est égal à 114, et la sourate n° 114 ‘‘les Hommes’’ contient 6 versets, donc 114 divisé par 6 = 19

• la sourate ‘‘le caillot de sang’’ situé au n° 19 de l’ordre inverse, contient elle-même 19 versets.

• Cette même sourate ‘‘ le caillot de sang’’ comprend au total 285 lettres, soit un multiple de 19 (15 x 19 = 285)

• Chacun des mots composant le verset d’ouverture (basmala) se répète dans le Coran un nombre de fois égal à 19 ou un multiple de 19. Ainsi le mot ‘‘ISM’’ se répète 19 fois dans le Coran ; le mot ‘‘Allah’’ se répète 2698 fois, soit 19 x 142 ; le mot ‘‘RAHMAN’’ se répète 57 fois, soit 19 x 3 ; le mot ‘‘RAHIM’’ se répète 115 fois. Si on déduit le mot ‘‘rahim’’ employé à la sourate du ‘‘Repentir’’ sous forme de substantif désignant le prophète Mohammed (s9, v128), il reste le nom ‘‘ RAHIM’’ se rapportant à Dieu, mentionné 114 fois, donc 19 x 6.

• Le chiffre 19 est cité dans le Coran au verset 30 de la sourate 74 : « Ils sont dix-neuf à y veiller »

• Le Coran contient 329.156 lettres, soit 19 x 17.324

• Si nous faisons l’addition des nombres exprimés dans le Coran, nous trouvons un total de 174.591, soit 19 x 9189

• Le groupe de versets révélés en premier contient 19 mots : de l’impératif : ‘‘Lis’’ (jusqu’à) ‘‘ Il a enseigné à l’homme ce qu’il ne savait pas’’. s96, v1-5

• Le deuxième groupe de versets révélés immédiatement après contient 38 mots (19 x 2). Il s’agit des neuf premiers versets de la sourate ‘‘Le Calame’’jusqu’au mot ‘‘ils complaisent’’. s68, v1-9 Et ainsi les exemples se multiplient à l’infini. Il est matériellement impossible que le Coran soit l’oeuvre d’un homme quelque génial soit-il.

« Dis : « Même si les hommes et les Djinns s’unissaient pour produire quelque chose de semblable à ce Coran, ils ne sauraient produire rien de semblable, même s’ils s’aidaient les uns les autres. » 17.88

5- Aspects scientifiques :

Lorsque nous examinons les aspects scientifiques du Coran, nous nous trouvons en présence de certains énoncés au-dessus de nos capacités intellectuelles et dont on ne peut contester l’origine divine.

A l’époque où ces versets furent révélés, les sciences atomiques et anatomiques, la cosmologie, la biologie, l’astronomie n’étaient pas encore connues. Bien plus, le Coran contient des vérités scientifiques qui échappent même à des savants contemporains. Comment un illettré du moyen âge put y accéder et les expliquer avec autant de facilités ?

« On ne peut pas concevoir que beaucoup d’énoncés coraniques qui ont un aspect scientifique aient été l’oeuvre d’un homme en raison de l’état des connaissances à l’époque de Mahomet. » [24]

« En plus de sujets variés qu’aborde le Coran, il prédit les événements à venir, de même qu’il raconte avec une clarté impressionnante, l’histoire jadis méconnue du monde. On observe, d’ailleurs, les multitudes de versets coraniques traitant les lois de la nature et scrutant les diverses branches scientifiques.

L’exactitude et l’absence d’erreurs dans les sujets abordés sont tels que les hommes de science, les philosophes, et les politiciens sont obligés de s’agenouiller devant le Coran. » [25]

« Dans les pays occidentaux, juifs, chrétiens et athées s’entendent unanimement pour avancer -sans d’ailleurs la moindre des preuves- que Mahomet a écrit ou fait écrire le Coran en imitant la Bible. On avance que des récits coraniques d’histoire religieuse reprennent les récits bibliques.

Cette prise de position est aussi légère que celle qui amènerait à dire que Jésus aurait trompé lui aussi ses contemporains pour s’être inspiré de l’Ancien Testament au cours de sa prédication : tout l’Evangile de Matthieu est, on l’a vu, fondé sur cette continuité avec l’Ancien Testament. Quel exégète aurait l’idée d’enlever à Jésus son caractère d’Envoyé de Dieu pour ce motif ? C’est bien ainsi, pourtant, qu’en Occident le plus souvent on juge Mahomet : il ne fait que copier la Bible, jugement sommaire qui ne tient aucun compte du fait que, sur un même événement, Coran et Bible peuvent donner des versions différentes... Les erreurs scientifiques de la Bible ne constituent pas une nouveauté. Ce qui est peut-être neuf est de les avoir largement exposées et expliquées par des considérations prises dans les travaux des Exégètes chrétiens de la Bible.

Pour le Coran, il n’y a pas opposition mais harmonie entre l’Ecriture et les connaissances modernes, harmonie humainement inexplicable... Comment un homme aurait-il pu, il y a près de quatorze siècles, corriger à ce point le récit qui avait cours en éliminant des erreurs du point de vue scientifique et en énonçant de son propre chef des données dont la science démontrera finalement l’exactitude à notre époque.

Une telle hypothèse est insoutenable... Indiscutable est l’existence de ressemblance entre les récits bibliques et les récits coraniques à propos d’autres sujets, en particulier ceux qui concernent l’histoire religieuse. Il est d’ailleurs très curieux de remarquer, à ce point de vue, que si l’on ne fait pas grief à Jésus d’avoir repris l’évocation de faits du même ordre et des enseignements bibliques, on ne se sent nullement gêné, dans nos pays occidentaux, pour reprocher à Mahomet de les reprendre dans sa prédication, en suggérant qu’il est un imposteur puisqu’il les présente comme une révélation.

Mais où est donc cette preuve de la reproduction par Mahomet dans le Coran de ce que les Rabbins lui auraient appris ou dicté ?

Elle n’a pas plus de support que l’affirmation selon laquelle un moine chrétien lui aurait donné une solide formation religieuse. Qu’on relise ce que R.Blachère dit de cette ‘‘fable’’ dans son livre, Le Problème de Mahommet. La comparaison de plusieurs récits de la Bible avec les récits des mêmes sujets du Coran rend compte de l’existence de différences fondamentales entre des affirmations bibliques scientifiquement inexactes et des énoncés coraniques en parfaite concordance avec les données modernes. » [26]

La pollution de l’air est un phénomène qui commence à inquiéter les savants. La destruction de l’environnement provoquée par l’activité humaine en terre et en mer, le stockage des déchets nucléaires, les marées noires, les émissions de gaz toxiques et leurs effets néfastes sur la vie des plantes, des animaux et des hommes, la destruction de la couche d’ozone protectrice, sont autant de signaux du danger qui menace notre planète.

Les trois savants Paul Crutzen, Mario Molina et Sherwood Rowland, prix Nobel de Chimie 1995, ont montré comment la couche d’ozone a été gravement affectée par l’émission de polluants. Le Coran parle de cette pollution généralisée à une époque où la nature était des plus saines, où l’activité humaine n’avait aucun effet nocif sur l’environnement, étant donné qu’il n’y avait ni avions ni usines ni réacteurs nucléaires ni gaz polluants :

« La corruption est apparue sur terre et dans la mer pour ce que les gens ont acquis de leurs propres mains afin qu’Il leur fasse goûter une partie de ce qu’ils ont fait, peut-être reviendront-ils » 30.41

a) Le Coran fournit à propos de la création et de l’organisation de l’univers des données tout à fait différentes de celles de la Bible. La Bible ne décrit pas le processus de la création tel que le Coran le décrit de manière exacte et en parfait accord avec les données de la science.

Contrairement à La Bible qui décrit un processus scientifiquement inexact, le Coran déclare que les cieux et la terre composaient une masse unie à l’état gazeux et se sont séparés à la suite d’un processus découlant de la volonté de Dieu :

« Il s’est ensuite adressé au ciel qui était alors une fumée gazeuse. » 41.11

« Les mécréants n’ont-ils pas vu que les cieux et la terre formaient une masse compacte ? Ensuite Nous les avons séparés et fait de l’eau toute chose vivante. Ne croiront-ils donc pas ? » 21.30

On sait parfaitement aujourd’hui -comme nous enseigne la science- que les cieux et la terre formaient initialement une masse gazeuse -plus exactement une fumée- et se sont séparés à la suite d’un processus qu’on peut résumer comme suit : condensation puis séparation en fragments donnant naissance à des étoiles et des planètes -dont le soleil et la terre- formant des ensembles appelés galaxies.

b) La Bible déclare (Gen.2.2) que Dieu se reposa au septième jour après avoir achevé la Création. Le Coran corrige cette erreur en affirmant qu’après la création des cieux et de la terre, Dieu n’éprouva aucune fatigue. 50.15 ; 50.38

c) A La différence de la Bible, le Coran précise que les météores sont des projectiles lancés contre les démons rebelles : 67.5 ; 72.8-9 ; 37.10 ; 15.18 ; 41.12 Il viendra le jour où la science parviendra à constater l’exactitude de cette révélation.

d) La Bible ne fait pas mention du mouvement des étoiles et des planètes. Le terme orbite n’y est jamais évoqué. On peut considérer qu’il est fait allusion à un semblant de mobilité dans certains versets, comme par exemple le songe de Joseph qui a vu le soleil, la lune et onze étoiles se prosterner devant lui (Gen.37.9) ou encore : « De leurs sentiers les étoiles combattirent contre Sisera. » Juges 5.20

Néanmoins ces affirmations ne rendent pas compte d’un mouvement régulier, dans un ordre orbital déterminé. C’est pourquoi le 22 Juin 1632 l’astronome Galilée fut contraint à abjurer ses croyances en la mobilité de la terre, suivant les idées de Copernic, déclaré hérétique. Avant lui, en 1600 précisément, Bruno Giordano fut brûlé vif à Rome pour les mêmes opinions.

Le Coran indique clairement que ces astres ont différentes fonctions et qu’ils sont en perpétuel mouvement :

« Et le soleil court vers un gîte qui lui est assigné ; telle est la détermination du Tout-Puissant, de l’Omniscient. Et la lune, Nous lui avons déterminé des phases jusqu’à ce qu’elle devienne semblable à la palme desséchée. Le soleil ne peut rattraper la lune, ni la nuit devancer le jour ; et chacun vogue dans une orbite. » 36.38-40

« Et c’est Lui qui a créé la nuit et le jour, le soleil et la lune, chacun voguant dans une orbite. » 21.33

« Allah est Celui qui a élevé les cieux sans piliers visibles, Il s’est établi sur le Trône et a soumis le soleil et la lune, chacun poursuivant sa course vers un terme fixé. » 13.2

« Il a mis à votre service le soleil et la lune qui gravitent avec régularité. Et Il a mis à votre service la nuit et le jour. » 14.33

« N’as-tu pas vu qu’Allah fait pénétrer la nuit dans le jour, et qu’Il fait pénétrer le jour dans la nuit, et qu’Il a assujetti le soleil et la lune chacun poursuivant sa course jusqu’à un terme fixé ? Et Allah est parfaitement Connaisseur de ce que vous faites. » 31.29 ; 35.13

« Il a créé les cieux et la terre en toute Vérité. Il enroule la nuit sur le jour et enroule le jour sur la nuit, et Il a assujetti le soleil et la lune .Chacun d’eux poursuit sa course vers un terme fixé. C’est bien Lui le Puissant, le Grand Pardonneur. » 39.5

Le verbe ‘‘enrouler’’ utilisé dans ces deux derniers versets concernant le jour et la nuit est une allusion, entre autres, à la rotondité de la terre. Un autre verset parle du mouvement de la terre dans l’espace, de manière subtile dont la compréhension nécessite un petit effort de réflexion :

« Tu vois les montagnes que tu croyais immobiles, passer comme des nuages. C’est une oeuvre de Dieu : Il fait bien toute chose. » 27.88

Le phénomène du rétrécissement des continents sous l’effet de l’érosion, est aussi évoqué dans le Coran :

« Ne voient-ils pas que Nous réduisons la terre de ses extrémités. » 13.41

e) La Bible ne parle pas de l’expansion continuelle de l’univers et de la fuite des galaxies. Le Coran évoque ce phénomène sans la moindre ambiguïté :

« Le ciel, Nous l’avons construit par Notre puissance : et c’est encore Nous qui l’élargissons. » 51.47

Ce phénomène de l’expansion permanente de l’univers a occupé les astrophysiciens pendant longtemps et il ne fut découvert qu’au vingtième siècle. D’après les récentes études cosmologiques, des nouvelles galaxies se forment à partir des nébuleuses diffuses parvenues à un certain stade de température et de densité.

Chaque fois qu’une galaxie naisse, une autre s’écarte et s’éloigne comme pour céder la place à la nouvelle ; ce mouvement étant régulier et perpétuel. L’univers visible contient environ cent millions de galaxies, animées par deux types de mouvements, un diffus et vacillant et l’autre régulier avec une vitesse moyenne de 1000 km/sec.

La galaxie la plus proche de notre Voie Lactée se trouve à une distance de 750 000 année-lumière. Et la galaxie la plus éloignée de notre Voie Lactée -devenue visible depuis le développement des télescopes- se trouve à une distance égale à 1600 millions année-lumière. Chaque galaxie contient des milliards d’étoiles, des gaz et du brouillard cosmique. L’idée d’un univers en expansion permanente est née de l’éloignement à répétition des galaxies qui se manifeste par le déplacement systématique vers « le rouge de leur spectre. »

Le phénomène de la création permanente et celui du renouvellement de la création sont cités plusieurs fois dans le Coran. Dès lors, l’on ne s’étonne pas de constater que la création entre autres de nouvelles galaxies soit à l’origine de l’expansion continuelle de l’univers.

« Il ajoute à la création ce qu’Il veut, car Allah est Omnipotent. » 35.1

« Ne voient-ils pas comment Allah commence la création puis la renouvelle ? Cela est facile pour Allah. » 29.19

« C’est Allah qui commence la création, ensuite Il la renouvelle ; puis vers Lui vous serez ramenés. » 30.11

« Il crée chaque jour quelque chose de nouveau. » 55.29

« N’ont-ils pas médité sur le royaume des cieux et de la terre, et toute chose qu’Allah a créée, et que leur terme est peut-être [27] déjà proche. » 7.185

f) La Bible ne parle pas du rôle fécondateur du vent. Il y a près de deux siècles, la Science a découvert l’effet des vents comme facteur de fécondation en transportant le pollen jusqu’aux fleurs femelles et les faire ainsi féconder.

Mais le phénomène de fécondation des nuages par le vent n’a été découvert que plus tardivement. Il y a des nuages à charge électrique positive et d’autres à charge négative dont la jonction opérée par le vent produit la pluie. Selon l’Encyclopédie de Science et de Technologie :

« Directement ou indirectement, le vent est facteur de production, de transport des nuages, de précipitation ainsi que de transport des masses d’air, froides et chaudes, d’une région à l’autre. » [28]Le Coran indique clairement que les vents ont un rôle fécondateur :

« Allah, c’est Lui qui déchaîne les vents lesquels soulèvent des nuages ; puis Il les étend dans le ciel comme Il veut ; et Il les met en morceaux. Tu vois alors la pluie sortir de leurs profondeurs. » 30.48

« C’est lui qui déchaîne les vents comme une annonce de sa miséricorde. Nous faisons descendre du ciel une eau pure et purifiante pour rendre la vie à une contrée morte et pour abreuver la multitude des troupeaux et des humains que nous avons créés. » 25.48-49

« Nous envoyons les vents comme des fécondateurs et Nous fîmes alors descendre du ciel une eau dont Nous vous avons abreuvés. » 15.22

« Là, on est en présence d’une révélation merveilleuse, à une époque obscure dont la justesse vient d’être prouvée à notre temps et cela à la lumière des études scientifiques des phénomènes atmosphériques : la météorologie. Selon les météorologistes l’existence de deux conditions, c’est-à-dire la vapeur et sa saturation, d’ailleurs essentielle, n’est pas suffisante pour la formation des nuages fertiles et par conséquent, susceptible de déclencher la pluie. Il faut un troisième facteur, à savoir : le processus de la fécondation. C’est ainsi que pour déclencher la pluie artificielle, les expériences menées, il y a quelques années, ont consisté à introduire dans les nuages, soit des noyaux de condensations hygroscopiques (sel marin ou chlorure de calcium anhydre) ou de l’eau pulvérisée, lorsque la température est positive, soit des noyaux de congélation (neige carbonique, iodure d’argent ) lorsque la température est négative. Dans le premier cas, on favorise à la fois, la condensation et la coalescence des gouttelettes, dans le second, on fait cesser la surfusion et l’on provoque la croissance de cristaux de glace qui se transforment par fusion en gouttes d’eau. Le vent, à lui-même seul, entraîne le processus déjà cité ! » [29]

g) La Bible ne dit pas que les eaux souterraines proviennent des infiltrations des eaux de pluies , d’où les nombreuses théories inexactes dans ce domaine. L’idée ne put trouver son chemin qu’en 1580 avec Bernard Palissy qui a déclaré que les eaux souterraines proviennent des eaux de pluie. Le Coran évoque l’idée de conservation, d’emmagasinage des eaux de pluies dans le sol.

« Nous envoyons les vents comme des fécondateurs. Nous faisons descendre du ciel une eau dont Nous vous abreuvons, alors que vous n’êtes pas capables de l’emmagasiner. » 15.22

« Nous avons fait descendre du ciel une eau en quantité définie et Nous l’avons maintenue dans la terre, alors que Nous sommes bien Capable de la faire disparaître. Par elle Nous avons fait croître des jardins de palmiers et des vignes dans lesquels vous avez des fruits abondants que vous mangez. » 23.18-19

« Dis : voyez-vous si votre eau se perdait en terre, qui vous apporterait une eau de source. » 67.30

h) La Bible ne parle pas de la jonction et du non-mélange des eaux douces et des eaux salées. Ce phénomène qui fut constaté tout récemment par l’océanologue, le commandant Cousteau, a été signalé par le Coran depuis quatorze siècles :

« Et c’est Lui qui donne libre cours aux deux mers : l’une douce, rafraîchissante, l’autre salée, amère. Et Il assigne entre les deux une zone intermédiaire et un barrage infranchissable. » 25.53

« Les deux mers ne sont pas identiques : (l’eau de) celle-ci est potable, douce et agréable à boire, et celle-là est salée, amère. Cependant de chacune vous mangez une chair fraîche et vous extrayez un ornement que vous portez. » 35.12

« Il a donné libre cours aux deux mers pour se rencontrer ; il y a entre elles une barrière qu’elles ne dépassent pas... De ces deux sortent la perle et le corail. » 55.19,20,22 Mohammed ne pouvait pas savoir que la perle et le corail sortaient de la mer. Il est certain que même à notre époque, beaucoup de gens ignorent encore l’origine de ces matières. A propos de la mer, il est deux versets qui parlent des volcans marins. L’un sous forme de serment et l’autre comme signe de l’approche de la fin des temps :

« Et par la mer en ébullition » 52.6

« Lorsque les mers seront en ébullition. » 81.6

Ce phénomène n’était pas connu au temps du Prophète, la Bible n’en fait aucune mention, il serait insensé de ne pas reconnaître le caractère surhumain de ces révélations.

i) La Bible n’indique nulle part l’origine du lait animal. Le Coran enseigne comment se forme ce liquide et d’où il provient :

« En vérité, il y a un enseignement pour vous dans les bestiaux. De ce qui est dans leurs entrailles, parmi un aliment digéré et du sang, Nous vous abreuvons d’un lait pur, délicieux pour les buveurs. » 16.66

Pour expliquer certains versets, il faudrait avoir recours à des spécialistes. Là, nous sommes en présence d’un problème de physio-chimie. A ce sujet, le Dr Maurice Bucaille affirme : « Les constituants du lait sont sécrétés par les glandes mammaires. Celles-ci se nourrissent, si l’on peut dire, des produits de la digestion des aliments qui leur sont apportés par le sang circulant. Le sang joue donc un rôle de collecteur et de transporteur de matériaux extraits des aliments pour apporter la nutrition aux glandes mammaires productrices de lait, comme à n’importe quel organe. Ici, tout procède au départ d’une mise en présence du contenu intestinal et du sang au niveau même de la paroi intestinale. Cette notion précise relève des acquisitions de la chimie et de la physiologie de la digestion. Elle était rigoureusement inconnue au temps du prophète Mahomet : sa connaissance remonte à la période moderne. Quant à la découverte de la circulation du sang, elle est l’oeuvre de Harvey et se situe dix siècles environ après la Révélation coranique.

Je pense que l’existence dans le Coran du verset qui fait allusion à ces notions ne peut avoir d’explication humaine en raison de l’époque où elles ont été formulées. »

J) La Bible ne parle pas du processus de reproduction humaine. Le Coran indique avec précision les différentes phases de transformation successives de l’embryon, depuis la goutte du sperme jusqu’au terme de sa formation dans l’utérus maternel :

« Nous avons certes créé l’homme d’un extrait d’argile, Puis Nous en fimes une goutte de sperme contenue dans un réceptacle solide. Ensuite, Nous avons fait du sperme une adhérence (un caillot de sang) et de l’adhérence Nous avons créé un embryon ; puis, de cet embryon Nous avons créé des os et Nous avons revêtu les os de chair. Ensuite, Nous l’avons transformé en une tout autre création. Gloire à Allah le meilleur des Créateurs. » 23.12-14

« Qu’avez-vous à ne pas vénérer Allah comme il se doit, Alors qu’Il vous a créés par phases successives. » 71.13-14

« L’homme pense-t-il qu’on l’abandonnera à son sort ? N’était-il pas une goutte de sperme éjaculé ? Et ensuite une adhérence. Puis (Allah) l’a créé et formé harmonieusement ; puis en a fait alors les deux éléments du couple : le mâle et la femelle ? Celui-là (Allah) n’est-Il pas capable de faire revivre les morts ? » 75.36-40 ; 82.6- 8 ; 16.4 ; 77.20 ; 76.2 ; 40.67 ; 32.9

k) le Coran évoque le mal de l’espace à une époque où cette notion était totalement inconnue. La décroissance progressive de l’oxygène dans l’atmosphère fait partie des découvertes de l’astronomie moderne. C’est pourquoi, la montée de l’homme dans l’espace provoque des troubles respiratoires.

Au-delà d’une altitude de 15000 mètres « l’aspiration normale ne peut faire entrer aucune quantité d’oxygène -même sous pression- aux poumons. » Le Coran dit : « Celui que Dieu veut mettre sur la bonne voie, Il rend sa poitrine perméable à l’Islam, et celui qu’Il veut égarer, Il rend sa poitrine étroite et oppressée comme s’il monte progressivement dans le ciel. Ainsi, Dieu inflige Sa punition à ceux qui ne croient pas. » 6.125

A l’époque où le Coran a été révélé, Jamais homme, et à plus forte raison un illettré, ne pouvait avoir l’idée de ce phénomène, ce qui prouve encore une fois l’origine divine de ces révélations.

« Alors que l’on trouve dans la Bible, de monumentales erreurs scientifiques, ici je n’en découvrais aucune. Ce qui m’obligeait à m’interroger : si un homme était l’auteur du Coran, comment aurait-il pu au septième siècle de l’ère chrétienne, écrire ce qui s’avère aujourd’hui conforme aux connaissances scientifiques modernes.

Quelle explication humaine donner à cette constatation ? A mon avis, il n’en est aucune, car il n’y a pas de raison particulière de penser qu’un habitant de la Péninsule arabique pût, au temps où, en France, régnait le Roi Dagobert, posséder une culture scientifique qui aurait dû, pour certains sujets, être en avance d’une dizaine de siècles sur la nôtre.

Ces aspects scientifiques très particuliers du Coran m’ont initialement profondément étonné, car je n’avais jamais cru possible jusqu’alors qu’on puisse découvrir dans un texte rédigé, il y a plus de treize siècles, tant d’affirmations relatives à des sujets extrêmement variés, absolument conformes aux connaissances scientifiques modernes. Je n’avais au départ aucune foi en Islam.

J’abordais cet examen des textes avec un esprit libre de tout préjugé, avec une objectivité entière. Si une influence avait pu s’exercer sur moi, c’est celle des enseignements reçus dans ma jeunesse, où on ne parlait pas de musulmans, mais de mahométans, pour bien marquer qu’il s’agissait d’une religion fondée par un homme et qui ne pouvait, par conséquent, avoir aucune espèce de valeur vis-à-vis de Dieu.

Comme beaucoup en Occident, j’aurais pu conserver sur l’Islam les mêmes idées fausses tellement répandues de nos jours que je suis toujours étonné de rencontrer en dehors des spécialistes, des interlocuteurs éclairés sur ces points. J’avoue donc qu’avant que m’eût été donnée une image de l’Islam différente de celle reçue en Occident, j’étais moi-même très ignorant. » [30]

6-Les récits historiques :

S’il existe quelques ressemblances entre les récits de la Bible et les récits du Coran, cela ne veut pas dire que ces récits sont identiques, et même dans ce cas, il n’y aurait aucune raison de parler d’imitation du fait que Mohammed ne savait ni lire ni écrire. Il s’agit purement et simplement de messages provenant d’une même source divine. Cette façon de voir est absurde ; elle peut conduire à la mise en doute de tous les messages à l’exception du premier, celui de Noé ou d’Abraham. Un tel raisonnement relève d’un scepticisme exagéré, susceptible de faire basculer dans l’incroyance.

Lorsque Jésus Christ (psl) parle de Noé, de Lot, d’Abraham, de Jacob ou de Joseph, doit-on l’accuser d’avoir copié l’Ancien Testament ?

De même que Josué, David, Esaïe ou Osée quand ils parlent de Noé, de Jacob ou de Moïse...Comment David a-t-il su que Dieu coupa en deux la mer rouge et y précipita Pharaon et son armée (Ps.136.13-17) ? S’est-il inspiré de la Torah ?

Comment Jésus a-t-il appris qu’Esaïe a prophétisé sur les hypocrites (Mat 8.17 ; Mc 7.6 ; Jn 12.38) ? S’est-il référé à Esaïe 29.13 ?

Comment a-t-il su que Zacharie a été tué entre l’autel et le Temple (Mat.23.36 ; Luc 11.51) ? S’agit-il d’une inspiration divine ou bien l’a-t-il appris en lisant 2Chroniques 24.21 ?

Comment a-t-il appris qu’Esaïe a prophétisé sur lui (Mat 12.17-21) ? S’agit-il d’une révélation divine ou bien s’est-il inspiré de la parole d’Esaïe (42.1-4) ?

Comment a-t-il su que Jonas fut trois jours et trois nuits dans le ventre d’un grand poisson (Mat 12.40) ? L’a-t-il repris du livre de Jonas 2.2 ?

Quand Jésus parle du serpent d’airain (Jean 3.14), l’a-t-il repris du livre des nombres 21.9 ? ou du 2R 18.4 ?

Lorsque Josué relate , au nom de l’Eternel, (Jos 24.2-13) l’histoire de Moïse et de Aaron, les plaies de l’Egypte, le miracle de la mer rouge, la traversée du désert, la victoire des Israélites sur les Amoréens, les Pharisiens, les Cananéens, les Héthiens, les Guirgasiens, les Héviens, les Jébusiens... et j’en passe, qui furent tous livrés entre les mains des Israélites !

Faut-il l’accuser d’avoir copié les livres du Pentateuque (Torah) ? Ou encore, faut-il le traiter d’imposteur du fait qu’il avait vécu la plupart des événements dont il attribue le récit à l’Eternel ?

Si Dieu relate à Josué des événements déjà mentionnés dans la Torah et dont certains furent vécus par Josué lui-même, comment voulez-vous qu’Il ne les raconte pas à Son messager deux mille ans après ?

Si l’on admet l’opportunité du rappel de ces événements à des gens qui les savaient parce qu’ils étaient proches d’eux et écrits dans leur Livre, il est encore plus logique d’admettre leur rappel à des peuples qui les ignoraient et, qui plus est, sans Livre ? Le contraire serait qualifié de désinformation. Dieu n’est pas injuste pour informer certains et laisser d’autres dans l’ignorance.

Outre les nombreuses révélations qu’il fait dans les domaines de la création, du culte, des lois, de la morale, du destin de l’humanité, du jugement dernier, du Paradis et de l’Enfer, le Coran rapporte des récits, les uns ne sont pas mentionnés dans la Bible, les autres y figurent mais de manière incomplète ou dénaturée.

De ce fait, Dieu, Qui est l’Auteur incontesté de ces récits, mieux informé que quiconque, a voulu les rappeler de manière exacte et authentique afin qu’il n’y ait pas de doute ni de malentendu sur l’histoire des Prophètes et des Messages. Le Coran lui-même se veut être un ‘Rappel’ et il se définit comme tel : « Ceci n’est qu’un Rappel adressé aux Mondes » 12.104 ; 3.58 ; 7.63 ; 15.6,9 ; 16.44 ; 21.50 ; 16.5 ; 36.11,69 ; 38.1 ; 38.8,49,87 ; 41.41 ; 43.44 ; 54.25 ; 68.52 ; 81.27

Allah a fait des révélations à Son messager comme Il les a faites à d’autres messagers avant lui. Or, Il n’y a pas lieu d’en douter ni de s’étonner.

« Nous t’avons fait une révélation comme Nous fîmes à Noé et aux prophètes après lui. Et Nous avons fait révélation à Abraham, à Ismaël, à Isaac, à Jacob, aux Tribus, à Jésus, à Job, à Jonas, à Aaron et à Salomon, et Nous avons donné le Zabour à David. Et il y a des messagers dont Nous t’avons raconté l’histoire et des messagers dont Nous ne t’avons point raconté - et Allah a parlé à Moïse de vive voix - en tant que messagers, annonciateurs et avertisseurs, afin qu’après la venue des messagers il n’y eût point d’argument devant Allah. Allah est Puissant et Sage. » 4.163-165

a) Adam :

La Bible dit que c’était l’homme qui imposait aux animaux leurs noms (Gn 2.19-20) ; le Coran enseigne, en revanche, que c’est Dieu qui apprit à Adam les noms de tous les êtres pour affirmer sa supériorité sur les anges (2.31).

La Bible fait endosser à la femme la responsabilité du péché originel (Gn 3.6-8) ; le Coran, au contraire, impute la faute à l’homme : « Adam désobéit à son Seigneur et il s’égara. » (20.121)

Contrairement à la Bible, le Coran annonce que Dieu pardonna à Adam et accepta son repentir.(2.37)

b) Le Déluge :

La Bible présente le Déluge comme un cataclysme universel qui a anéanti toute vie sur la terre à l’exception des passagers de l’Arche (Genèse 7.4,21,23). Tandis que le Coran précise que le Déluge était un châtiment réservé au peuple de Noé.

La Bible dit que les fils de Noé étaient tous sauvés (Gn 7.7), le Coran affirme que l’un de ses fils fut du nombre des noyés. 11.42,43

c) Abraham et Ismaël :

La Bible ne révèle pas que Abraham et Ismaël ont construit la Ka’ba à la Mecque, ni la formule de leur prière pendant la construction (Coran 2.127-129) . Elle ne parle pas du feu dans lequel fut jeté Abraham pour avoir détruit les idoles et qui a été transformé en fraîcheur : (Coran 21.58-70). Contrairement à la Bible (Gn18.8), les hôtes d’Abraham, qui étaient des Anges, n’avaient pas mangé du plat qu’il leur avait offert (Coran 11.70).

Les Anges annoncèrent à Sara, femme d’Abraham, la naissance d’Isaac et après Isaac Jacob (Coran 11.71), tandis que d’après la Bible, l’annonce désigna Isaac seulement. La Bible est muette sur la discussion théologique qui eut lieu entre Abraham et Nemrod, roi de Babylone, Coran 2.257.

d) Loth :

La Bible accuse le prophète Loth d’inceste (Gn.19.30-38) Le Coran, au contraire, l’innocente, le comptant parmi les vertueux, ceux qui ont été favorisés par dessus le reste du monde. Coran 6.86 ; 21.75

e) Jacob et Joseph :

Le Coran informe que Jacob perdit la vue à cause de son chagrin pour Joseph (12.84), et il la recouvra quand on jeta la tunique de Joseph sur son visage(12.06) ;

La Bible ne dit pas que Jacob, au moment de sa mort, fit venir ses enfants et leur posa cette question : Qu’allez-vous adorer après moi ? Ils dirent : « Nous adorons ton Dieu, le Dieu de tes pères : Abraham, Ismaël et Isaac -Dieu Unique- et nous nous soumettons à Lui. » Coran 2.133

Le Coran précise également que Dieu fit une révélation à Joseph dans le puits lui disant, pour le rassurer, qu’il viendra le jour où il informera ses frères de leur forfait sans qu’ils s’en rendent compte (Coran 12.15). De même que la femme de son maître, qui l’avait accusé de tentative de viol, ce qui a entraîné son emprisonnement, finît par reconnaître son tort en avouant que c’était elle qui l’avait sollicité et qu’il refusa sa demande. (Coran 12.51). Ces détails importants ne sont pas mentionnées dans la Bible.

f) Moïse et Haroun :

La Bible fait état de dix plaies envoyées à l’Egypte comme châtiment divin ; le Coran en mentionne cinq ( Coran 7.133). Concernant les dix commandements donnés à Moïse (Ex 20.3-17 ; Dt 5.6-21), le Coran en mentionne neuf : « Nous donnâmes à Moïse neuf miracles évidents . » Coran 17.101

Selon un autre verset du Coran (16.124), le sabbat n’était pas une loi divine à caractère général, donc ne faisant pas partie des commandements. Il fut institué pour les juifs en raison de leurs divergences au sujet du jour hebdomadaire de la prière solennelle.

La Bible ne fait pas mention du repentir des sorciers qui déclarèrent leur soumission à Dieu, se prosternèrent et c’est pour cela qu’ils furent décapités par le Pharaon ( Coran 7.120-124 ; 20.70-72 ; 26.46,49) ; le Coran rapporte le cri de détresse du Pharaon, sa profession de foi et sa déclaration de soumission à Dieu quand il était sur le point d’être englouti. A la différence de la Bible, le Coran annonce que le corps du Pharaon a été sauvé pour servir de signes aux générations ultérieures :

« Et Nous fîmes traverser la mer aux Enfants d’Israël. Pharaon et ses armées les poursuivirent par (esprit de) rébellion et d’hostilité. Puis, quand la noyade l’eut saisi, il dit : « Je crois qu’il n’y a d’autre dieu que Celui en qui ont cru les enfants d’Israël. Et je suis du nombre des soumis. »

(Allah dit) : « Tu en es là, maintenant ? Alors que tu as désobéi, auparavant, et que tu étais du nombre des corrupteurs ! Nous allons aujourd’hui te sauver en ton corps afin que tu deviennes un signe pour ceux qui viendront après toi. Cependant, beaucoup de gens sont indifférents à Nos signes. » Coran 10.90-92

En effet, le corps du Pharaon a été bel et bien sauvé. De nos jours, il est exposé au musée du Caire. Que le Pharaon de l’Exode soit Ramsés Il ou son successeur Mineptah, et quoi qu’en disent les historiens, les deux momies, en tout cas, sont exposées au musée du Caire.

Comment expliquer cette différence fondamentale entre le récit biblique et le récit coranique, étant donné qu’à l’époque de la révélation du Coran, personne ne savait que les corps des Pharaons étaient conservés quelque part ? Ces derniers ne furent découverts qu’à la fin du 19° siècle dans les tombes de la Nécropole de Thèbes.

L’histoire de la vache -rousse selon l’un et jaune selon l’autre- n’est pas racontée de la même façon par la Bible et le Coran. La Bible se borne à faire de la vache immolée un sacrifice de purification (Nb 19.1-11) ou d’expiation pour un meurtre dont l’auteur est inconnu (Dt 21.1-9). En revanche, le Coran rattache l’histoire de la vache jaune à un homicide dont l’auteur a été désigné par la victime après avoir été ressuscitée.

Selon l’exégèse coranique, on a tué un homme riche pour hériter de sa fortune, mais les héritiers présomptifs ont nié le meurtre. Dieu leur ordonna (aux Juifs), par la bouche de Moïse, d’immoler une vache. Au début, ils ont cru à une plaisanterie, puis ils commencèrent à tergiverser sur les caractéristiques de la vache, son âge, sa couleur, jusqu’à ce que la vache, après maintes questions et réponses, leur a été désignée avec précision et ils ne s’exécutèrent qu’avec peine. Puis, il leur fut ordonné de frapper le cadavre avec un membre de la vache ; du coup, la victime recouvra la vie et désigna son meurtrier. (Coran 2.67-73)

Le Coran rapporte aussi une histoire passionnante sur Moïse qui n’est pas relatée dans la Bible. Il s’agit de sa rencontre avec un personnage mystérieux nommé, selon la tradition musulmane, al-Khadar.

Moïse voulut l’accompagner pour apprendre quelque sagesse. L’homme dit à Moïse : tu ne saurais supporter ma compagnie, faute de patience car tu ne comprendras pas certains de mes gestes. Moïse promet qu’il serait patient ‘‘si Dieu veut.’’. L’homme demanda à Moïse de ne l’interroger sur rien avant qu’il lui en donne l’explication. Ils embarquèrent dans un bateau. L’homme y fit une brèche, en vue de l’endommager.

Moïse s’exclama : tu as fait cette brèche pour faire couler ses passagers ou quoi ? C’est abominable ce que tu fais ! L’homme répondit : Ne t’ai-je pas dit que tu ne saurais être patient avec moi ? Moïse présenta des excuses et ils poursuivirent leur chemin. Ils rencontrèrent un garçon. L’homme le saisit et le tua.

Moïse s’affola : comment oses-tu tuer un innocent, qui n’a pas commis un meurtre, c’est une chose horrible ! L’homme rappela à Moïse ce qu’il lui avait dit au début concernant son incapacité à patienter.

Moïse présenta de nouveau ses excuses et promit qu’il ne dira plus rien. Ils continuèrent leur chemin et les voilà arrivés dans un village dont les habitants refusèrent de leur donner à manger. Ils trouvèrent un mur qui menaçait de s’écrouler ; l’homme se mit au travail pour redresser ce mur. D’après la tradition, il le démolit pour le reconstruire de nouveau. Moïse fit cette objection : si tu voulais, tu aurais pu réclamer un salaire pour cela. Ce fut la fin de leur compagnie. Voilà venu le moment de notre séparation, dit l’homme, avant d’expliquer à Moïse les raisons de ses gestes :

Le bateau, dit-il, appartenait à des pauvres qui travaillaient sur la mer, j’ai voulu l’endommager afin qu’il ne soit pas confisqué par un roi qui s’emparait de tous les bateaux en bon état. Le garçon avait pour parents deux croyants, nous avions craint qu’il ne leur rendît la vie dure avec son comportement rebelle et impie ; « nous avons voulu que leur Seigneur leur donne en échange un fils meilleur que celui-ci, plus pur et plus digne d’affection. Quant au mur : il appartenait à deux garçons orphelins, originaires de cette ville. Un trésor leur appartenant se trouvait dessous. Leur père était un homme juste et ton Seigneur a voulu qu’ils découvrent leur trésor à leur majorité. Comme une miséricorde de ton Seigneur. Tout ce que j’ai fait n’est pas de ma propre initiative : Voici l’explication que tu n’as pas eu la patience d’attendre ! » Coran 18.65-82

La Bible incrimine Moïse et Aaron en leur imputant des fautes d’infidélité contre Dieu. Nb 20.12-13,24 ; Dt 32.51-52. Elle tient Aaron pour responsable de la fabrication du veau d’or, de la construction d’un autel en face de la statue et d’en être le prêtre. Ex 32.1-6. Le Coran déclare, au contraire, l’innocence de Aaron dans cette entreprise diabolique. Celui-ci s’y opposa fermement, mais il n’a pas été écouté. (Coran 20.90-94)

Il y est fait mention à différents endroits du caractère irréprochable de ces deux prophètes, de leurs qualités de croyants sincères et dévoués.

« Mentionne dans le Livre Moïse. Il était sincère et il fut un Messager et un Prophète...Nous lui avons donné par un effet de notre miséricorde son frère Aaron comme prophète. » 19.51-53

« Nous avons comblé de faveur Moïse et Aaron. Nous les avons délivrés, tous deux, ainsi que leur peuple, d’un terrible cataclysme. Nous les avons secourus et ils furent vainqueurs. Nous leur avons donné le Livre parfaitement clair. Nous les avons guidés sur la voie droite. Paix sur Moïse et sur Aaron ! C’est ainsi que Nous récompensons ceux qui font le bien. Ils étaient tous deux du nombre de Nos serviteurs croyants. » 37.114-122

g) le roi Tâlût (Saul) :

D’après le Coran, l’arche de l’alliance -qui était prise par les Philistins (Jg 5.1)- sera ramenée par les anges en signe de la royauté de tâlût (Coran 2.248). La Bible dit que l’arche de l’alliance a été rendue par les Philistins eux-mêmes avec des bijoux en offrande.(1S 6.1-16). Toujours selon le Coran, c’était le roi Tâlût qui, par ordre de Dieu, fit interdiction à l’armée de boire de l’eau de la rivière en guise d’épreuve (Coran 2.249), contrairement à la Bible qui attribue ce fait à Gédéon (Jg 7.4-7)

h) David et Salomon :

La Bible accuse David d’avoir commis le péché d’adultère avec Bath-Schéba, la femme de son soldat Urie, et de surcroît, il monta un complot contre lui pour le faire tuer.(2S 11.4,17 ; 12.4,7,14 ) Le Coran, au contraire, déclare l’innocence de David, sans parler de ses démêlés avec Urie :

« Mentionne Notre serviteur David, doué de force et plein de repentir...Nous avons affermi sa royauté, Nous lui avons donné la sagesse et la faculté de bien juger...Il a près de Nous une place et un beau refuge. » 38.17-25

A propos de l’homme riche qui a pris la brebis du pauvre, la Bible dit que l’Eternel chargea le prophète Nathan de soumettre ce différend à David, sans préciser le nombre de brebis que possédait le riche.(2S 12.1-7) Le Coran précise qu’il s’agissait de deux frères dont un possédait 99 brebis et l’autre une seule, et que le litige fut porté devant David par les plaideurs eux-mêmes, qui escaladèrent le mur du sanctuaire de telle sorte que David en fut effrayé. Coran 38.21-23

David se sentit visé par cette histoire de brebis, il demanda pardon et se prosterna.(Coran 38.24) D’après la Bible (2S 21.19) Goliath fut tué par Et Elchanan, mais d’après le Coran, c’est David qui tua Goliath.(Coran 2.251) Le Coran réfute également les accusations portées contre Salomon, taxé de polythéiste, dont le coeur était incliné vers les dieux de ses mille femmes. (1R 11.3-7)

« Salomon n’a jamais été mécréant mais ce sont les démons qui étaient mécréants. » Coran 2.102

« A David Nous avons donné Salomon : quel excellent serviteur ! Il est plein de repentir !... Oui, Salomon a près de Nous une place et un beau refuge. » Coran 38.30-40

Il est important de remarquer que le Coran évoque de nombreux détails sur le règne de Salomon dont on ne trouve quasiment pas de trace ailleurs. Certes, l’histoire politique de ce royaume se trouve largement développée dans la Bible, à côté de sa grandeur, caractérisée par la stabilité, la richesse et le renforcement de l’appareil de l’Etat dont la gestion a nécessité une pléthore d’intendants et de fonctionnaires.

En plus de la construction du Temple qui est l’une des grandes réalisations de Salomon, elle met l’accent sur les progrès accomplis dans de nombreux domaines notamment politique et diplomatique. On y relève également le développement de grands travaux de construction effectués par des hommes de corvée dont le nombre s’élève à plus de 180.000 (1R 5.14-18).

Cependant, la Bible ne dit pas grand chose sur l’étendue des pouvoirs miraculeux conférés à Salomon. Cet aspect particulier qui fait de Salomon l’un des prophètes favoris de Dieu, est totalement occulté. Quand on compare ces récits, on est frappé par l’énorme différence qui existe entre les deux Livres. Le Coran annonce que Dieu a accordé d’innombrables faveurs à Salomon. Il avait un pouvoir étendu sur les animaux, les génies et même sur le vent ; il comprenait le langage des oiseaux et des fourmis, il dominait sur les démons et leur faisait faire de pénibles corvées ;

Dieu a mis au service de Salomon une foule de génies et de Diables qui étaient affectés à des différentes tâches telles que l’artisanat, la peinture, la construction, voire même la plongée sous-marine. Au point de s’interroger si les bâtisseurs et les tailleurs de pierres dont parle la Bible n’étaient pas tout simplement des génies, tant il est difficile et surtout injuste de la part d’un prophète, d’astreindre à la corvée un si grand nombre d’hommes. Cela se comprendrait mieux si la corvée était exécutée par les Démons qui, d’après le Coran, étaient soumis à une accablante servitude.

Le Coran fait savoir que le vent était soumis à Salomon, sans préciser l’usage qu’il en fait ni le profit qu’il en tire.

« Et (Nous avons soumis) à Salomon le vent impétueux qui, par son ordre, se dirigea vers la terre que Nous avions bénies. Et nous savions tout. Certains démons plongeaient pour lui dans la mer et faisaient d’autres travaux encore, et Nous les surveillions Nous-mêmes. » Coran 21.81-82

« Et à Salomon (Nous avons assujetti) le vent, dont le parcours du matin équivaut à un mois (de marche) et le parcours du soir, un mois aussi. Et pour lui Nous avons fait couler la source de cuivre. Et parmi les djinnes il y en a qui travaillaient sous ses ordres avec la permission de son Seigneur. Quiconque d’entre eux s’écartait de Notre ordre, Nous lui faisions goûter au châtiment de la fournaise. Ils fabriquaient pour lui ce qu’il voulait : des sanctuaires, des statues, plateaux comme des bassins et de solides marmites... » Coran 34.12-13

« Nous lui avons soumis le vent, il soufflait doucement sur son ordre partout où il voulait. De même que les Diables, bâtisseurs et plongeurs de toutes sortes. Et d’autres encore, enchaînés deux à deux : ‘‘Voilà Notre don ; dispense-le ou garde-le sans avoir à en rendre compte’’. » Coran 38.36-39

Le Coran indique la manière dont Salomon entra en contact avec la Reine de Saba. Contrairement au récit de la Bible, cette dernière ne vint pas d’elle même à Jérusalem « pour l’éprouver par des énigmes » (1R.10.1-4 ; 2CH 9.1-9), elle fut convoquée par Salomon et c’était lui qui voulut l’éprouver.

Quand elle était en route pour Jérusalem, Salomon fit venir son trône par un djinn qui promit d’exécuter l’ordre en un clin d’oeil. La reine fut surprise de trouver son trône -supposé être sous bonne garde dans son royaume- auprès de Salomon. On la soumit à une autre épreuve, celle de la tour qui l’obligea à relever sa robe, croyant devoir traverser un plan d’eau profond (Coran 27.38-44). La reine comprit enfin que son pouvoir était moins qu’elle ne croyait ; elle se soumit (se fit musulmane) en présence de Salomon.

i) Zacharie et Marie :

La Bible ne dit pas que Zacharie fut désigné par le sort pour se charger de la tutelle de Marie (Coran 3.44). Elle ne précise pas combien de temps, Zacharie devait rester muet (Luc 1.20) ;

le Coran fixe à trois jours et trois nuits la durée de mutité de Zacharie, précisant qu’il s’agissait purement et simplement d’un signe (Coran 3.41 ; 19.10) et non d’une punition comme l’affirme la Bible (Luc 1.20). Le Coran raconte dans les détails et d’une manière hautement admirable l’histoire de Marie. Après sa conception dans le sein de sa mère Anne, la femme de Imrane, elle fut vouée au Seigneur pour le service du Temple.

Dès sa naissance, sa mère l’emmaillota et l’y déposa en accomplissement du voeu qu’elle a fait au Seigneur. Sa garde a été confiée à Zacharie qui fut maintes fois surpris par l’abondance de nourriture trouvée auprès d’elle et dont il ignorait la provenance.

Parmi les détails qui ne figurent pas dans la Bible, on peut citer le miracle de la source et du palmier dattier dont elle a bu et cueilli les fruits au moment de l’accouchement, les griefs et les accusations des gens de sa famille quand elle se rendit auprès d’eux avec le bébé dans les bras, la parole du bébé au moment même où on vilipendait sa mère, leur déclarant qu’il était le serviteur de Dieu, Qui lui a donné le Livre, l’a désigné Prophète, et qu’Il l’a béni où qu’il soit. Qu’Il lui recommanda la prière et l’aumône, ainsi que la bonté envers sa mère et qu’Il n’a fait de lui ni un tyran ni un malheureux. (Coran 19.30-32)

Le Coran insiste sur la virginité de Marie, qu’aucun homme n’avait approchée ; On peut déduire de certains versets que sa chasteté fut préservée jusqu’à sa mort. Tandis que la Bible considère qu’elle s’est mariée avec Joseph le Charpentier et qu’ elle a eu des enfants : (Mt.1.16-18,13.55 ; Mc 6.3).

j) Jésus Christ :

Mis à part le caractère surnaturel de la naissance de Jésus et dans une certaine mesure ses pouvoirs miraculeux où l’on peut relever quelques similitudes entre le Coran et les Evangiles, il y a une différence fondamentale entre ces Livres quant à la personnalité de Jésus, sa nature, ses déclarations et la fin de sa vie terrestre.

Pour éviter les répétitions inutiles, je me garde de reprendre ce qui a été déjà dit dans mes lettres précédentes. Toutefois, je dois faire cette remarque, qui me paraît fondamentalement importante, concernant l’existence dans la Bible de contradictions abondantes à propos de Jésus, alors que le récit coranique se distingue par la clarté, la simplicité et la cohérence.

Les difficultés de la Bible proviennent particulièrement de la confusion qui y règne au sujet de la qualité de Jésus :

- Les Evangiles lui attribuent trois qualités différentes : Dieu, fils de Dieu, serviteur de Dieu. Le dogme de la trinité est une autre complication qui s’ajoute aux difficultés déjà existantes. Nul ne peut admettre que Dieu peut être divisé en trois éléments à la fois différents et semblables, distincts et inséparables, sans que l’Unicité ne soit pour autant entamée.

- D’un côté, Jésus reconnaît qu’il a été envoyé par Dieu, que son enseignement ne venait pas de lui, mais de Dieu (Jn 12.49), que la gloire ne vient que de Dieu Seul (Jn 5.44), que le premier de tous les commandements est d’écouter et d’aimer l’Unique Seigneur notre Dieu (Mc 12.28-34 ; Mt 22.35-40 ; Lc 10.25-28), que Dieu est plus grand que lui (Jn 14.28), qu’il n’y a de bon que Dieu Seul (Lc 18.19-20), que la vie éternelle, c’est « qu’ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu » (Jn17.3), que Dieu qui l’a envoyé lui rend témoignage (Jn 8.18), qu’il ne cherche pas sa propre volonté mais la volonté de celui qui l’a envoyé (jn 5.30 ;Mc14.35-36), que les miracles étaient le fait de Dieu (Jn 5.19), qu’il ignorait la date de la fin du monde et que seul Dieu en a connaissance (Mc 13.32), qu’après avoir fait ressusciter Lazare, il rendit grâce à Dieu de ce qu’Il l’a exaucé (Jn 11.41),

- De l’autre, on le divinise, on lui fait dire le contraire de ce qu’il a dit, on occulte une partie de ce qu’il a dit. Jésus serait le Créateur, le Seigneur, l’Eternel, le Juge, le Sauveur, etc.

Ainsi, on peut lire ceci dans la Bible : « Le Christ qui est au-dessus de tout, Dieu béni éternellement. » (Rm 9.5), « Le seigneur Jésus Christ, qui doit juger les vivants et les morts. » (2Tm 4.1),

« Voici, je viens bientôt, et ma rétribution est avec moi, pour rendre à chacun selon ce qui est son oeuvre. Je suis l’Alpha et l’Oméga, le premier et le dernier, le commencement et la fin... Moi, Jésus, j’ai envoyé mon ange pour vous attester ces choses dans les Eglises. » (Ap 22.12-16),

« Mais il a dit au fils : Ton trône , ô Dieu, est éternel ; le spectre de ton règne est un spectre d’équité ; tu as aimé la justice, et tu as haï l’iniquité ; c’est pourquoi, ô Dieu, ton Dieu t’a oint d’une huile de joie au-dessus de tes égaux.

Et encore : Toi, Seigneur, tu as au commencement fondé la terre, et les cieux sont l’ouvrage de tes mains ; ils périront, mais tu subsistes ; ils vieilliront tous comme un vêtement, tu les rouleras comme un manteau et ils seront changés ; mais toi, tu restes le même, et tes années ne finiront point. Et auquel des anges a-t-il jamais dit : Assieds-toi à ma droite, jusqu’à ce que je fasse de tes ennemis ton marchepied ? » (He 1.8-14)

- D’un côté, Jésus prêche la paix et l’amour, de l’autre, il n’est pas « venu apporter la paix, mais l’ épée. » Mt 10.34 ; Lc 22.36

- D’un côté, Jésus affirme qu’il n’est pas venu abroger la Loi ou les Prophètes : « je ne suis pas venu abroger, mais accomplir. » (Mt 5.17), de l’autre, on met dans sa bouche : « Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des brigands, mais les brebis ne les ont pas écoutés. » (Jn 10.8), « et que nul ne soit justifié devant Dieu par la loi. » (Ga 2.16-17 ; 3.11), car la loi « n’est pas faite pour le juste, mais pour les méchants et les rebelles, les impies et les pécheurs, les irréligieux et les profanes, les parricides, les meurtriers, les impudiques, les infâmes, les voleurs d’hommes, les menteurs, les parjures, et tout ce qui est contraire à la saine doctrine. » (1Tm 1.9-10)

- D’un côté, Jésus dit : « Remets ton épée à sa place ; car tous ceux qui prendront l’épée périront par l’épée » (Mt 26.52) de l’autre il dit : « et que celui qui n’a point d’épée vende son vêtement et achète une épée » (Lc 22.36)

- D’un côté, la délivrance de Jésus des mains des coupables est affirmée à différentes endroits de la Bible (Cf. ma lettre du 27 Février 1997 ) de l’autre, on lit et on croit qu’il a été crucifié et ressuscité.

Le Coran précise que Jésus n’est qu’un homme comme les autres, même s’il était né sans père. Sa naissance n’est pas plus miraculeuse que la création d’Adam à partir du néant. Il le considère comme l’un des grands Prophètes doués de fermeté, envoyé aux juifs afin de les rappeler à la piété et à l’obéissance à Dieu.

Son Message est clair et sans ambiguïté. Il consiste à confirmer et accomplir la Torah, lever certains interdits (Coran 3.50), annoncer la venue d’un Messager après lui, nommé Ahmed (le glorieux) 61.6. Le Coran assure que Jésus n’a pas été livré aux ennemis, il fut élevé au ciel avant qu’il ne soit ni tué ni crucifié. (Coran 3.55 ; 4.157)

Il convient de souligner que les Evangiles ne rendent pas compte de tous les miracles accomplis par Jésus, comme nous l’enseigne le Coran (3.49).

En effet, les Evangiles n’indiquent pas que Jésus a parlé au berceau, qu’il créait à partir d’argile des figures d’oiseaux qui deviennent des vrais oiseaux quand il y souffle, qu’il pouvait savoir ce que les gens mangeaient et ce qu’ils avaient comme provisions dans leurs maisons ; quand les Apôtreslui demandèrent un repas du ciel « une Table servie », cela fut chose faite immédiatement (Coran 5.112).

Bien entendu, cela n’a rien à voir avec le repas pascal dont parle les Evangiles (Mt 26.26-28 ; Mc 14.22-24 ; Lc 22.19-20 ; 1Co 11.21-36), ni avec le repas du désert qui s’est multiplié pour suffire cinq mille hommes (Mc 6.37-44). Il s’agit d’un plat qui a été descendu du ciel en présence et au vu des Apôtres.

On peut considérer aussi que l’ascension de Jésus est un des plus grands miracles. Néanmoins, le fait de soutenir que cette ascension s’est produite après la mort de Jésus, fait perdre à l’événement sa spécificité et son caractère miraculeux, car il n’y a rien d’extraordinaire dans le fait qu’un homme et surtout un prophète monte au ciel après sa mort. De nombreux prophètes, sinon la plupart d’entre eux, que nous croyons morts se trouvent actuellement au ciel comme Jésus.

Quelle est donc la différence entre celui-ci et ceux-là si sa montée au ciel avait eu lieu après sa mort ? La Résurrection ? Ils ont été ressuscités, eux aussi !

7- Autres récits propres au Coran :

Le Coran rapporte des récits de l’histoire plus ou moins ancienne qui ne sont pas mentionnés dans la Bible et dont on ne commença à trouver traces que grâce aux travaux des archéologues contemporains.

Parmi ces récits, certains sont relatés en détail dans le Coran, d’autres y sont évoqués à titre indicatif seulement dans le but, me semble-t-il, d’inviter l’homme à la réflexion et à la recherche. Il attire l’attention sur le fait que les peuples anciens ont édifié des civilisations et des puissances aussi développées que les nôtres, mais ils furent anéantis à cause de leurs péchés :

« Ne parcourent-ils pas la terre et ne voient-ils pas quelle a été la fin de ceux qui vécurent avant eux et qui les surpassaient en force ? ceux-ci avaient labouré la terre et l’avaient peuplée plus qu’ils ne l’ont fait eux-mêmes. » 30.9

« Ne voient-ils donc pas combien Nous avons anéanti avant eux de générations que Nous avons pourtant fixées sur terre avec des moyens que Nous ne vous permîmes point à vous-mêmes ?

Nous avions abondamment ouvert sur eux les vannes du ciel et Nous fîmes couler sous leurs pieds les rivières. Mais Nous les avons anéantis ensuite à cause de leurs péchés et Nous avons fait naître d’autres générations après eux. » 6.6

« N’ont-ils donc jamais parcouru la terre pour voir quel a été le sort de ceux qui étaient avant eux ? Ceux-ci étaient cependant plus nombreux qu’eux et bien plus forts. Ils avaient laissé sur terre beaucoup plus de vestiges.

Tout ce qu’ils accumulaient ne leur servit à rien. Lorsque leurs messagers leur apportaient les preuves évidentes, ils se réjouissaient de la science qu’ils détenaient ; mais ils furent frappés de toutes parts par ce dont ils se moquaient ; » 40.82-83

a) Houd :

L’histoire du prophète Houd est racontée dans plusieurs endroits du Coran, en particulier dans les Sourates 7 et 11. Il s’agit d’un prophète Arabe qui a été envoyé à une peuplade du nom de Aad ayant vécu au sud d’Arabie.

A part le tombeau du prophète Houd qui, semble-t-il, existe encore de nos jours en Mahra (Yèmen), il n’existe pas encore, à ma connaissance, de documents écrits ni de données archéologiques sur l’histoire de ce peuple. Le Coran cite plusieurs fois en exemple le châtiment qui les a frappés parce qu’ils persistaient dans l’idolâtrie et qu’ils n’avaient pas écouté leur prophète ni pris au sérieux ses nombreux avertissements :

Les Aad ont été anéantis par un vent mugissant et impétueux que Dieu a utilisé contre eux pour tout dévaster durant sept nuits et huit jours : « Tu aurais vu alors ce peuple renversé par terre comme des troncs évidés de palmiers. En perçois-tu le moindre vestige ? » 69.6-9

b) Saleh :

Saleh était un prophète envoyé au peuple de Thamûd. Les Thamûdains apparurent dans l’histoire aux environs du vingtième siècle avant J.C. Ils habitaient Al-Hijr, une région située dans le nord-ouest d’Arabie.

Leurs cités étaient connues sous le nom de Madayen Saleh, du nom de leur Prophète. Son tombeau se trouve au Yemen près d’une mosquée érigée en souvenir de ce prophète.

L’historien italien Moscati écrit : « Aux environs du cinquième siècle avant J.C... des milliers d’inscriptions commençaient à apparaître sur les murs rocheux dans l’Arabie. Elles étaient écrites dans la langue du nord en caractère du sud. Les découvertes récentes assurent cette réalité, surtout l’expédition de Ryckmans.

Ces inscriptions diffusées au centre et au nord d’Arabie sont connues sous le nom d’inscriptions thamoudiques, attribuées aux tribus de Thamoud dont le Cor’aan parla, et comme il est mentionné dans ces inscriptions elles-mêmes. » [31]

Philippe Hitti affirme aussi : « Thamoud est un peuple connu dans l’histoire. Ils ont été mentionnés dans les écritures cunéiformes dans les archives du deuxième Sarjoun d’Assyrie, 715 avant J.C. Les Thamoudains étaient connus, aussi, par les écrivains grecs et romains sous le nom de Thamoudaï. Dans le cinquième siècle après J.C., un corps d’armée de cavalerie s’agrégea à l’armée byzantine. » [32]

Le Coran dit : « Lorsque Notre ordre vint, Nous sauvâmes de l’ignominie de ce jour, et par un effet de Notre Miséricorde, Saleh et ceux qui avaient cru avec lui. Ton seigneur est Fort, Il est le Tout-Puissant. Et le cri (Terrible) saisit alors ceux qui avaient commis l’injustice. Et les voilà foudroyés dans leurs demeures comme s’il n’y avaient jamais existé. » 11.66-68

« Nous lachâmes sur eux un seul cri et les voilà semblables à la paille de l’enclos. » 54.31

« Le cataclysme les saisit et le lendemain ils ne furent plus dans leurs demeures que des cadavres inertes. » 7.78

c) Chouaïb :

Chouaïb est le prophète envoyé au peuple de Madian, appelé aussi les gens d’al Aïka (la forêt), région située à l’Est du Golfe d’Aqaba. Certains auteurs musulmans estiment que Chouaïb est le beau père de Moïse. D’après la Bible, ce dernier avait trois beaux-pères : Jéthro (Ex3.1), Réuel (Ex 2.18), Hobab (Nb 10.29).

En effet, rien ne permet d’affirmer avec certitude que Chouaïb serait le beau père de Moïse.

Son peuple se livrait au brigandage et à la fraude commerciale. Leur Prophète leur recommanda, en vain, de cesser de faire le mal et d’adorer Dieu. Il fut accusé de faiblesse, de mensonge, menacé d’expulsion, de lapidation, on se moqua de lui, de sa prière, et de tout ce qu’il leur disait. Alors, un cataclysme les prit au dépourvu et ils furent exterminés jusqu’au dernier :

« Aux gens de Madian, Nous avons envoyé leur frère Chouaïb. Il dit : « ô mon peuple ! Adorez Dieu ! Il n’y a pour vous de Dieu que Lui ! Ne faussez pas la mesure et le poids. Je vous vois dans l’aisance, et vraiment je crains pour vous le châtiment d’un jour qui enveloppera tout.

Ô mon peuple ! Donnez la mesure et le poids exacts. Ne causez pas de tort aux hommes dans leurs biens ; ne semez pas la corruption sur terre. Ce qui demeure auprès de Dieu est meilleur pour vous, si vous êtes croyants ! Et je ne suis pas un gardien pour vous’’

‘‘Ils dirent : ‘Ô Chouaïb ! Est-ce que ta prière te demande de nous faire abandonner ce qu’adoraient nos ancêtres, ou de ne plus faire de nos biens ce que nous voulons ? Est-ce toi l’indulgent, le droit ?... ô Chouaïb, nous ne comprenons guère ce que tu dis ; et vraiment nous te voyons faible parmi nous. Sans ton clan, nous t’aurions certainement lapidé, car tu ne détiens aucune force contre nous’.’’ » 11.84-87,91

« La cohorte des orgueilleux parmi son peuple dit : « Nous te chasserons de notre cité, ô Chouaïb ! Toi et ceux qui ont cru avec toi, à moins que vous ne reveniez à notre religion. » 7.88

« Lorsque vint Notre ordre, Nous avons sauvé, par un effet de Notre Miséricorde, Chouaïb et ceux qui avaient cru avec lui. Et le cri terrible saisit les injustes, et les voilà gisant dans leurs demeures comme s’ils n’y avaient jamais habité. » 11.94-95

« Le cataclysme fondit sur eux et, le lendemain, ils gisaient dans leurs demeures. Ceux qui avaient traité Chouaïb de menteur disparurent comme s’ils n’avaientjamais existé. Ceux qui traitaient Chouaïb de menteur furent eux les perdants. » 7.91-92

d) Les gens d’Ar-rass et le peuple de Tubba :

Le Coran évoque l’histoire de certaines peuplades qui subirent le même châtiment que les Aad et consorts. Les gens d’ar-rass (le puits), dont la localisation n’est pas établie avec certitude, étant de ceux-là. On les situe du côté d’Azerbaïjan.

Selon certains exégètes, il s’agit d’une peuplade qui a comploté contre son prophète, en l’enterrant vif dans un puits. Tubba est le titre générique des anciens rois du Yemen, originaires de la tribu de Himyar. Le châtiment s’abattit sur ce peuple aux environs du 2e siècle avant J.C. D’après les historiens, le roi, qui était un bon croyant, fut épargné par le cataclysme.

e) Les gens de la Cité :

Le récit des gens de la cité est conté dans la Sourate 36. Les habitants de cette cité étaient pervers et idolâtres. Ils reçurent deux envoyés, renforcés ensuite par un troisième des leurs pour leur indiquer le droit chemin et les avertir. Ils ont assassiné le troisième et menacé de lapider les deux autres. De ce fait, Ils ont été sévèrement châtiés 36.29

Il n’est pas étonnant que cette cité, comme beaucoup d’autres d’ailleurs, ne soit pas désignée dans le récit ; car le Coran n’est pas un livre d’histoire pour indiquer la date et le lieu des événements. Il se borne à citer pour l’exemplarité ce que les anciens ont subi comme châtiment à cause de leur rébellion.

Certains exégètes pensent qu’il s’agit d’Antioche, et que les envoyés étaient les apôtresde Jésus. D’autres ont rétorqué que les habitants d’Antioche n’ont pas désobéi et n’ont pas été châtiés. On sait pourtant que la ville d’Antioche a été plusieurs fois dévastée par des tremblements de terre, mais comme elle n’est pas la seule à être frappée par des cataclysmes, on ne peut pas affirmer avec certitude que ce récit la concerne particulièrement.

f) Les gens d’al-Ukhdoud :

La révélation se borne à mentionner l’histoire dramatique d’un groupe de croyants qui ont été brûlés vifs dans un fossé : 85.4-8 Les historiens citent plusieurs endroits où se produisirent des événements similaires avant et après Jésus Christ. Certains auteurs soutiennent que les victimes n’étaient autres que le prophète Daniel et ses quelques fidèles qui furent brûlés vifs par les juifs.

D’autres disent que le drame s’est produit en Perse, lorsque des savants s’opposèrent aux excès de débauche encouragés par l’Empereur. Ce dernier ordonna qu’ils fussent brûlés vifs dans des tranchées. D’autres affirment enfin que « Ûkhdoud désigne un endroit sur la frontière du Yemen et l’Arabie Saoudite (littér.fossé long). Un roi juif du Yemen, un usurpateur, avait persécuté au 6e siècle des chrétiens de son pays, et brûlé vifs ceux qui ne voulaient pas embrasser le judaïsme.

Quelques-uns échappèrent à la mort et se plaignirent auprès de l’Empereur byzantin et du Négus. Ce dernier envoya une expédition punitive, et après quelques revers, tua Dhou Nuwâs, le roi juif, et annexa le Yemen à l’Abyssinie. Le Calif Omar y construisit une grande mosquée pour honorer les martyrs chrétiens ; et les voyageurs modernes, Lippens par exemple, en ont longuement parlé. Par la suite, les Abyssins envahirent également la Mecque. » [33]

D’après Denise Masson (Traduction du Coran), il existe un document écrit en syriaque par Siméon, Evêque monophysite de Beït Archam qui raconte comment Aretha (Harith) et ses compagnons furent mis à mort ainsi qu’un grand nombre de chrétiens du Najran, sur l’ordre de Dhou Nuwâs (appelé aussi Dimien ou Damian) en 523 ; le feu a été mis à l’église et le cadavre de l’évêque Paul brûlé.

g) Les gens de la grotte :

Le Coran en parle au début de la Sourate 18 sans indiquer leur nombre ni le lieu de leur sommeil. Il les désigne sous le nom des ‘‘gens de la grotte et de Raqim’’.

On ne sait pas encore si le mot Raqim désigne un lieu ou un écrit. Ibn Khathir rapporte que, selon Ibn Abbas, Raqim signifie écrit, et, selon Saïd ibn Joubaïr, une tablette de pierre sur laquelle on a gravé le récit de ces gens et qu’on a déposée à l’entrée de la grotte. Il s’agit d’un groupe de jeunes croyants qui décidèrent de fuir, craignant pour leur religion, le paganisme du milieu ou ils vivaient. Selon certains exégètes, ils fuirent les persécutions de l’Empereur Decius (249-251).

Ils se rencontrèrent dans un endroit isolé et ensemble décidèrent de se retirer dans une caverne non loin de la ville où ils habitaient. L’un d’entre eux avait un chien. Ils y dormirent et leur sommeil fut prolongé. Le Coran précise qu’ils se trouvaient dans un endroit spacieux de la caverne, que leur chien se tenait allongé à l’entrée, que le soleil effleurait la caverne vers la droite à son lever, et passait à leur gauche au moment de son coucher. « Et tu les croyais éveillés, alors qu’ils dorment. Et Nous les tournions sur le côté droit et sur le côté gauche, tandis que leur chien est à l’entrée, pattes étendues. » 18.18

Ibn Abbas fait observer que si on ne les tournait pas de temps en temps, leurs corps ‘‘seraient rongés par la terre’’. Après un long sommeil qui a duré 309 ans, ils furent ressuscités. Ils s’interrogèrent sur la durée de leur sommeil, croyant n’avoir dormi qu’une journée ou moins d’une journée. Ayant vu qu’ils avaient un peu d’argent de poche, ils envoyèrent quelqu’un en ville pour leur acheter de quoi manger. Il lui fut donné pour consigne de ne pas trop s’exposer, car disent-il : « Si ces gens-là vous apercevaient, ils vous lapideraient, ou bien ils vous ramèneraient à leur religion et vous ne seriez plus jamais heureux. » 18.20

Cependant, le coursier se fit prendre par le premier boutiquier qui fut surpris par cette étrange monnaie d’antan, croyant que son jeune client aurait mis la main sur un trésor. Cette affaire suscita la curiosité des commerçants du quartier, à telle enseigne que les autorités en furent saisies. On le raccompagna jusqu’à la grotte pour vérifier.

Il y avait une foule de curieux, mais nous n’avons pas de détails sur l’épilogue de cette histoire. Le Coran dit qu’il y avait une dispute à leur sujet et qu’on décida de construire une mosquée (Littéralement : lieu de prosternation) au-dessus d’eux.

Un verset précise que leur découverte fut décidée par Dieu afin qu’on sache que Sa promesse est vraie. Les exégètes expliquent qu’il y avait, à cette époque, une vague de scepticisme sur la réalité de la résurrection, de sorte que, soit on n’y croyait pas du tout, soit on croyait à la résurrection des âmes seulement, sans les corps. Or, Dieu a créé cet événement pour leur prouver que la résurrection est vraie et qu’elle concerne l’âme et le corps ensemble.

« C’est ainsi que Nous les avons fait découvrir afin qu’on sache que la Promesse de Dieu est vraie et qu’il ne subsiste aucun doute concernant l’Heure. » 18.21

La question se pose de savoir qui étaient ces gens-là et à quel endroit se trouve la caverne ? Est-cequ’il s’agit des sept dormants d’Ephèse ?

En effet, il y a encore beaucoup d’hésitations sur « la légende des sept dormants ». Celle-ci, a été recueillie, d’après D.Masson, au début du 6e siècle, par l’auteur syrien Jacques de Sarouj et par Grégoire de Tours (mort en 594) « qui considère, avec Jacques de Sarouj, ce « réveil » comme une preuve de résurrection des morts. »

 [34]

Selon la légende chrétienne, il s’agit de sept frères qui, pour échapper à la persécution de Dèce (251 ap.JC), « pris d’un sommeil profond, ils ne se réveillèrent que 157 ans plus tard, sous le règne de Théodose II. Ils proclamèrent leur rôle de témoins du Christ. Cette légende, qui apparaît pour la première fois au V siècle dans un ouvrage syriaque chrétien, semble une version chrétienne du mythe grec d’Endymion ». [35]

Louis Massignon prit l’habitude d’organiser chaque année au Stiffel près de Plouaret, en Bretagne, une commémoration des sept dormants destinée à symboliser l’amitié entre chrétiens et musulmans.

Ibn Kathir rapporte que, selon Ibn Abbas, « on dit qu’ils étaient chrétiens, mais Dieu sait mieux. Apparemment, il s’agit d’une époque bien antérieure au Christiannisme, car autrement les Rabbins juifs ne se seraient pas occupés de la conservation de cette affaire non plus que de l’histoire de ces gens-là.

Il va de soi que les juifs s’opposent au Christiannisme , et nous avons déjà mentionné que ce sont... les rabbins de Médine qui avaient suggéré aux Mecquois des questions sur les gens de la grotte, sur Dhou’l-Carnaïn et sur l’Esprit. Cela implique que cette histoire était conservée dans les livres des gens de l’Ecriture (juifs), et qu’il s’agit d’une époque antérieure au Christiannisme. » [36]

Il existe aussi en Jordanie une caverne située à proximité d’un vieux Temple. Beaucoup de musulmans pensent que l’événement de ‘‘Ahl al Kahf’’ eut lieu dans cette caverne qui se distingue de celle d’Ephèse (Izmir) en Turquie, par l’existence d’un temple à côté.

Les deux récits se différencient, en tout cas, par la durée du sommeil dans la grotte. Le Coran précise que leur sommeil a duré 309 ans, tandis que « la légende » parle de 157 ans .

Quoi qu’il en soit, l’histoire ne manquera pas de lever, un jour, le voile de cet événement et de bien d’autres, car Allah a dit : « Nous leur montrerons Nos signes dans l’Univers et en eux-mêmes, jusqu’à ce qu’ils voient clairement que ceci (le Coran) est la Vérité. » 41.53

h) Dhou l’Carnaïn (le biscornu) :

D’après le récit de la Sourate 18, Dhou l’Carnaïn (littéralement : celui qui possède deux cornes) est un personnage qui avait des pouvoirs étendus et qui a parcouru la terre du Levant au Couchant.

Selon le même récit, ce dernier, poursuivant son périple au-delà du Levant, a sauvé une peuplade, menacée par des êtres mystérieux, appelés Yajouj et Majouj. Il les enferma dans leur site au moyen d’une barrière de métal infranchissable. Certains auteurs confondent ce personnage avec Alexandre le Grand (Iskandar). A ma connaissance, il n’y a rien de commun entre les deux hommes.

Les voyages d’Alexandre le Grand d’Egypte en Inde se situent tous à L’Orient (Levant). On ne lui connaît aucun voyage au Couchant. Alors que Dhoul Carnaïn a parcouru la terre de l’Orient à l’Occident. Les pays visités par Alexandre le Grand, à savoir, l’Egypte, la Perse et l’Inde connaissaient déjà une civilisation. Au III siècle avant J.C, le bouddhisme était déjà pratiqué en Inde ; tandis que parmi les peuplades visitées par Dhou l carnaïn, certaines étaient complètement incultes, donc non civilisées : « une peuplade qui ne comprenait presque aucun langage » 18.93 Dhou l’Carnaïn était probablement un homme croyant, un ambassadeur de la foi ;

Alexandre le Grand était un apôtre du paganisme. Dhou l’Carnaïn était un libérateur ; Alexandre le Grand était un conquérant. Je ne vois pas comment peut-on rapprocher ces deux personnages diamétralement opposés ?

Le Coran mentionne d’autres personnages, prophètes ou non, que l’on ne trouve pas dans la Bible. Il en est ainsi du prophète Dhou l’Kifl, cité deux fois dans le Coran (21.85 ; 38.48) ou Lukman le sage qui donna de très bons conseils à son fils, parmi lesquels il insista particulièrement sur le fait de ne rien associer à Dieu.(31.12-19)

Cet exposé a uniquement pour objet de démontrer la différence entre le Coran et la Bible, vous comprendriez pourquoi je n’ai pas voulu m’appesantir sur les détails de ces récits.

En outre, la manière dont le Coran décrit le Paradis et l’Enfer ainsi que les horreurs de la fin du monde, prouve une fois de plus son originalité par rapport à la Bible qui ne dit pas grand chose là-dessus. Il serait fastidieux de tout raconter dans cette lettre ; je me borne à faire un bref exposé du Paradis tel que décrit par le Coran. Je sais que beaucoup de Chrétiens en ont une autre conception, peu importe. L’essentiel est d’indiquer la différence entre les deux Livres.

8- le Paradis :

D’après le Coran, le Paradis n’est pas l’apanage d’une race particulière ou d’une catégorie de gens. Il est destiné à plusieurs catégories parmi lesquelles figurent les hommes et les femmes qui ont cru et pratiqué de bonnes oeuvres, soit directement envers Dieu, soit envers leurs semblables, soit envers les autres créatures comme les animaux, voire les végétaux.

Il y est fait mention de ceux et de celles qui croient en Dieu, en Ses anges, en Ses Livres, en Ses Messagers et au Jour du Jugement Dernier ; qui sont soumis à Dieu, qui L’adorent, L’invoquent, Lui obéissent et Le craignent ; qui accomplissent la prière, acquittent l’aumône et observent le jeûne ; qui sont sincères, qui respectent leurs engagements et qui préservent leur chasteté ; qui sont endurants, généreux, humbles et compatissants ; qui sont courtois, humanistes, bienfaiteurs, aidant et respectant l’autre ; qui ne commettent pas d’injustice et qui aiment venir au secours des faibles, des orphelins, des veuves, des infirmes, des malades, des nécessiteux et des personnes âgées ou en détresse ; qui sont justes, qui pardonnent et qui maîtrisent leur colère ; qui luttent pour la cause de Dieu, contre le mal et pour les causes justes ; qui sont indulgents, repentants, reconnaissants, sobres, austères, bienveillants ; ceux qui ont subi des épreuves dans leurs biens, leurs personnes ou leurs familles ont pour récompense le Paradis s’ils ont fait montre de patience. Il faut ajouter d’autres catégories incluant d’une manière générale ceux qui aiment le bien et qui détestent le mal. La seule condition exigée est la foi. Il suffit d’avoir une de ces qualités pour mériter le Paradis quand on est croyant bien entendu. A toutes ces catégories, Dieu promet Son pardon dans trente six versets du Coran, le Paradis des délices dans plus de cent versets, Sa miséricorde dans douze versets, un salaire énorme dans cinquante huit versets, une bonne nouvelle dans vingt sept versets, une issue heureuse dans deux versets.

Le Paradis est un espace énorme que l’on peut comparer à l’immensité de l’univers, voire plus vaste encore car, seule sa largeur peut égaler l’univers, alors sa longueur serait encore plus grande. Le Coran décrit le Paradis de manière fort séduisante. Il parle d’excellentes nourritures, de fruits de toutes sortes, de jardins remplis de délices, arrosés d’eau pure, incorruptible, traversés de fleuves de lait au goût inaltérable, de fleuves de vin agréable à boire, de fleuves de miel purifié.

Il revient plusieurs fois sur l’évocation de jardins haut placés où les élus auront tout ce qu’ils voudront. Des demeures majestueuses installées dans des immenses sites fleuris leur seront réservés.

Il est question de vie agréable, d’un bonheur idéal, permanent, éternel dans un lieu appelé : « la maison de la Paix », « Dar as-Salâm ». Cet immense univers paradisiaque, multiforme où l’on trouve joie, plaisir et toutes sortes de délices, est réservé aux croyants qui l’ont mérité grâce à leur croyance et au bien qu’ils ont fait.

Ils y sont immortels et jouiront d’un bonheur sans fin. ils y trouveront tout ce que les âmes désirent et ce qui réjouit les yeux : des promenades, des réunions familiales, des joyeuses festivités et des merveilles à profusion. Il s’agit d’un paysage extrêmement beau que le Coran présente sous divers aspects : de très vastes étendues remplies de sources, de verdure et de fraîcheur, dans une ambiance continuelle de gaieté et de plaisirs matériel et spirituel, jamais connus et inimaginables.

Des immenses espaces parsemés de plantes aromatiques variées, où abondent des fleuves aux berges fleuries, coulant sur des « lits de perles et des parois d’or et d’argent » (hadith).

Il y a un ombrage à l’infini fourni par des arbres aux branches touffues dont des palmiers, des grenadiers, des jujubiers sans épines, des acacias bien alignés, des bananiers aux régimes bien fournis. Il y a partout des sources jaillissantes dans un univers multicolore, au climat agréable et odoriférant, ni froid glacial ni chaleur ardente.

Dans ces lieux admirables, parfaitement conçus et joliment aménagés, se trouvent implantées des installations superbes, composées de châteaux et de tentes magnifiques, ornés de lustres en perles et de divers objets de décor précieux. Le hadith fait état d’une multitude de palais somptueux, construits en briques d’or et d’argent, couverts de fleurs et de grappes de perles suspendues. Le Coran précise que ces lieux sont garnis de divans luxueux, de jolis tapis aux revers de brocart et de coussins verts en soie, que l’on trouve d’ailleurs étalés en bordure des fleuves dans des espaces hautement merveilleux. A l’intérieur de ces tentes, se trouvent allongées des belles filles, très charmantes, au regard chaste, d’une beauté semblable à celle « du rubis et du corail. » 55.58

« Là, il y aura des vertueuses et des belles...Des houris allongées dans les tentes... Des vierges qu’aucun homme ni Djinn n’a touchées. » 55.56,70-72

La description des houris met particulièrement l’accent sur leur superbe beauté, leurs qualités et leur charme. Des filles aux grands yeux, d’égale jeunesse, semblables aux perles en coquilles, aux diamants cachetés.

Les gens du Paradis seront vêtus de soie et de brocart, parés de bracelets d’or et de perles. ils seront accoudés sur des beaux tapis, doublés de brocart, boissons et fruits de toutes sortes à portée de leurs mains. Ils les cueilleront debout, assis ou allongés. ils boiront d’une « coupe dont le mélange sera de camphre » 76.5 Ils vivront éternellement dans la joie et la béatitude ; ils jouiront de grands délices dans un vaste et splendide royaume. Ils y trouveront à leur disposition un mobilier de grand confort, des tapis de velours, des divans et des lits surélevés, ornés d’or et de pierreries, où ils seront accoudés les uns en face des autres. On fera circuler autour d’eux des garçons d’égale jeunesse, semblables à des perles éparpillées (76.19).

Des jeunes garçons d’une beauté extraordinaire seront affectés aux services du Paradis. Quand ils s’activent à servir, étant tellement énergiques, gracieux et élégants qu’ils ressemblent à des joyaux dispersés. Ils circuleront avec des plateaux en or contenant des variétés de boissons, de fruits et de viandes de choix. Ils serviront dans des récipients d’argent et des coupes de cristal des liqueurs limpides, délicieuses et sans nocivité. « Ils auront comme épouses, des houris vierges, aimantes, gracieuses, toutes de même âge, créées à la perfection » 56.22-38

Il est question, selon le Coran, d’une ambiance conviviale, dans un monde de joie et de repos où une succession de merveilles et de plaisirs variés et ininterrompus offre une panoplie de distractions perpétuelles. Des anges feront des allées et venues pour saluer et féliciter les hôtes de ce grand Royaume. Des festivités, émaillées de ballets angéliques au cours desquels s’élèvent en choral des voix ravissantes chantant les louanges du Seigneur.

Le Coran décrit enfin la réalité d’un grand faste royal où abondent toutes sortes de merveilles qu’aucun homme n’a jamais vues, ni entendues ni imaginées.

« Tel est le Paradis qui vous sera donné en héritage pour prix de ce que vous avez fait sur la terre. » 43.72 Ils seront davantage émerveillées par l’apparition du Seigneur qui honorera Ses serviteurs par des visites périodiques ; ces moments seront les plus beaux et les plus chers de leur existence.

Quand Il leur apparaît, ils seront ravis, immobilisés, les regards fixés sur cette extraordinaire beauté, rayonnante, fascinante, sans pareille. Si bien que celui qui avait une coupe ou quelque chose à la main, la laisse tomber sans se rendre compte. Aucune des jouissances qu’ils ont connues ne peut se comparer à la vision du Seigneur. Ils pourront formuler n’importe quel voeu et il sera réalisé, ils ont la promesse que toutes les prières seront exaucées, et les demandes satisfaites.

« Il y aura là pour eux tout ce qu’ils voudront. Et auprès de Nous il y a davantage encore. » 50.35

Ce verset confirme qu’ils peuvent obtenir tout ce qu’ils désirent.

« Voilà le Paradis dont Nous ferons hériter ceux de Nos serviteurs qui auront été pieux » 19.63

Dans le cas où des gens préféreraient un mode de vie semblable à la vie terrestre, rien n’empêche Dieu de satisfaire leurs désirs. Par ailleurs, le Coran parle d’un espace intermédiaire entre le Paradis et l’Enfer, probablement semblable à la vie terrestre.

Il s’agit d’al-A’râf (7.46-48) qui sera habité par des hommes, de manière définitive ou dans l’attente d’entrer au Paradis. D’aucuns ont formulé des critiques sur la description par trop « matérialiste » du Paradis, préférant une vie mystique à une vie exubérante dans l’au-delà. Ils s’imaginent que leur choix et leur goût plairaient à tout le monde. Selon moi, une vie réduite à la dimension spirituelle n’a pas de sens.

Le Paradis étant une forme de rétribution qui correspond aux désirs de la plupart des hommes. Car Dieu sait mieux que quiconque les souhaits et les aspirations de ses créatures.

Il est insensé, à mon avis, de refuser une retrouvaille familiale ou conjugale dans l’autre monde. Un homme qui aime son épouse, et inversement, pourquoi les prive-t-on de reprendre leur vie commune au Paradis ? De même que des jeunes, filles ou garçons, que la mort a fauchés à la fleur de l’âge, est-il normal de les priver d’une compensation dans la vie future, eux qui n’ont jamais goûté au plaisir conjugal ?

A quoi sert la vie future si ce n’est pour récupérer ce qu’on a perdu ou obtenir une récompense pour ce que nous avons fait ou subi dans la vie présente ? Dieu est le Créateur par excellence, Il a créé le Paradis à titre de récompense pour ceux de ses serviteurs qui le souhaitent. Il a créé aussi d’autres lieux et d’autres mondes -considérez par exemple l’immensité de l’univers- où les mystiques et les ascètes pourront mener la vie qui leur plaira, y faire ce que bon leur semble.

Je ne vois nulle part le problème, dès lors que cette vie nous est offerte par Dieu lui-même. Cette manière de voir peut être considérée comme un reniement des bienfaits de Dieu. J’aimerais savoir quelle serait la réaction des tenants du spiritualisme si Dieu les invite au Paradis ? Vont-ils, sous le même prétexte, refuser de répondre à son invitation ? Je me demande quel est l’intérêt de vouloir réduire la vie future à une simple vie spirituelle, alors que Dieu veut que cette vie soit totale et non partielle. Pourtant Jésus a dit : « afin que vous mangiez et buviez à ma table dans mon royaume. » Lc 22.30 La récompense comme d’ailleurs le châtiment concernera incontestablement le corps et l’esprit.

Pour conclure, je prie Dieu de nous pardonner et de nous compter parmi les hôtes de Son Royaume.

Ahmed Simozrag


Notes

[1] Bat Ye’or est une historienne Juive qui s’est intéressée au problème des Juifs et des Chrétiens sous l’Islam après avoir été expulsée d’Egypte avec sa famille en 1957. L’ouvrage susmentionné (édition Berg international, Paris 1994 ; édition anglaise, 1998) regorge de critiques acerbes sur l’Islam. Il développe beaucoup de contrevérités historiques qu’il met au discrédit des musulmans. C’est un véritable traité d’affabulations et d’outrages à l’encontre de ces derniers, considérés comme des barbares qui ont, tout au long des siècles, massacré, humilié, avili les Juifs et les Chrétiens après avoir conquis leur territoire et détruit leur civilisation. « Grâce au Djihad, la guerre sainte, les vastes territoires, autrefois en majorité chrétiennes, ont été islamisés du VIIe au XVIIe siècles. Il en fut ainsi jusqu’à ce que les armées de l’Islam soient arrêtées aux portes de Vienne »... « Les chrétiens étaient des millions avant la conquête arabe, ils formaient des nations, des peuples, des civilisations entières qui furent détruites. Ce n’était pas seulement la question de l’homme humilié et avili comme pour le juif, mais il s’agissait de la destruction de nombreuses nations... » L’auteur invente le mot ‘‘dhimmitude’’ en collant un suffixe péjoratif au mot arabe ‘‘dhimma’’ qui signifie protection, déformant ainsi le sens du mot et la définition de l’institution.. « La dhimmitude est le résultat de la conquête de toute terre par le Jihad et sur laquelle fut instaurée la chari’a : la loi coranique... Pendant la guerre du Golfe, l’occident a poussé Israël à adopter une attitude de dhimmi qui recevait des coups sans les rendre...Le terrorisme aveugle découle de la même source. Le dhimmi qui se révolte contre son sort ‘‘viole le pacte’’. N’importe quel musulman peut alors le tuer en toute impunité. Mais on ne se rend pas compte, qu’accepter un tel terrorisme vis-à-vis d’Israël, c’est aussi l’accepter contre l’Occident » Outre le caractère particulièrement offensant et diffamatoire des propos, l‘appel à la haine raciale et religieuse, y est nettement perceptible. Bat Ye’or tente d’attiser l’animosité des chrétiens et de l’occident en général envers le monde musulman. Les juifs et les Chrétiens doivent s’unir pour faire face à l’Islam, car il y va de leur existence selon elle. De cette sainte alliance dépend leur survie ; ils sont liés par le même destin devant le danger de l’Islam, conclue-t-elle. « L’histoire démontre que la fidélité aux valeurs du judaïsme est essentielle pour la survie du Christianisme. Un Christianisme qui hait son origine juive, qui rejette la judaïté de Jésus, de Marie, des apôtres, est un Christianisme qui rejette sa propre essence et qui se condamne par conséquent à disparaître »

[2] Louis GARDET : La Cité Musulmane, 4e éd.J.Vrin 1976, p.77

[3] Sigrid Hunke : ‘‘Le Soleil d’Allah brille sur l’Occident’’pp.209-211

[4] Louis Massignon , dans : ‘‘Islam et Droits de l’Homme,’’ Librairie des Libertés, Paris 1984,pp.108,121-122)

[5] Michel Lelong, ouvrage cité, p. 74

[6] Marcel A.BOISARD in Islam et Droits de l’Homme, Librairie des libertés, Paris 1984, pp.55-56,135

[7] Moussa Koné est un Pasteur ivoirien qui a écrit un livre dans lequel il raconte qu’il était musulman, que le seul nom de Jésus l’énervait, et qu’il jeta la Bible dans la mer. Il se convertit au Christianisme par suite, dit-il, de visions étranges. Pendant ses recherches sur le salut, il vit le Coran prendre feu : « Je lisais et, brusquement, je vis une braise dans la page droite de mon Coran. Avant que je ne réagisse, une autre braise fit son apparition. Deux braises consumaient mon Coran. Par la suite, il y en eut plusieurs. J’avais les jambes croisées, assis sur le lit, le dos au mur. Le Coran se mit à flamber. Je regardai en haut. Il y avait bel et bien un plafond. Ce n’était pas le ciel. Mais d’où sortaient donc ces braises ? J’eus peur, mais pas pour ma sécurité. J’eus peur parce que le saint livre de tout l’Islam, de tout musulman, que j’avais dans ma main était en train de se consumer. » Il vit aussi un homme grand qui avait, dit-il « des yeux lumineux comme des phares de voiture. Et j’étais ébloui par cette lumière. Il venait vers moi. J’avais peur, vraiment peur, mais brusquement la peur fit place au courage et je marchai à sa rencontre. » Cet homme ne lui a pas parlé et il « refusa de décliner son identité. » D’après lui, la destruction du Coran et cet être symbolisant l’Islam qui l’avait fui, sont deux preuves justifiant sa conversion au Christianisme. (Moussa Koné : ‘‘J’étais musulman’’ Centre de Documentation missionnaire, Abidjan 1995)

[8] W.Montgomery : ‘‘Mohammad at Mecca’’, Oxford 1953, p.52

[9] R.Bosworth-Smith dans ‘‘ Mohammad and Mohammadanism’’ : Londres, 1874 : P.49,92

[10] Annie Besant : ‘‘The Life and teachings of Muhammad Madras’’, 1932.p.4

[11] Constant Virgil Gheorghiu : ‘‘La vie de Mohammad’’, T2,p.45

[12] James A.Michener :‘‘ Islam : The Misunderstood Religion’’, in Revue : Reader’s Digest (édition américaine) Mai 1955,p.68-70)

[13] Professeur K.S.Ramakhishna Rao, in ‘‘le prophète de l’Islam’’, cité par Ahmed DEEDAT dans son ouvrage : Mohammed(ç) le plus grand.

[14] Michael H.Hart, the 100 : A.Ranking of the Most Influential Persons in History, Naw York : Hart Publishing Company, Inc.1978, p.33

[15] Diwan Chand Sharma dans ‘‘The Prophets oh the East’’, Calcutta, 1935,p.122

[16] John William Draper, M.D.LLD dans ‘‘A History Of the Intellectual Development of Europ’’, Londres, 1875

[17] Encyclopédia brittanica, 11ème édition.

[18] Georges Bernard Shaw dans ‘‘The Genuine Islam’’, Vol.I, n° 81936

[19] Thomas Carlyle dans ‘‘heros and Hero-Worship’’, p.71

[20] Moustafa Mahmoud : ‘‘Dialogue avec un ami athée’’, traduit de l’arabe par Marc Chartier, Dar Al-Maaref 1976, pp.124-144

[21] Salaheddine KECHRID, dans la revue Le Musulman n° 15 du 15.6 au 15.9.91 AEIF, Paris

[22] Dr I.Vaceia Vagliri, Professeur à l’université de Naples, dans : ‘‘La Voix de l’Islam en Italie’’ p.31

[23] cf. Travaux du savant Rached Khalifa et ma conférence du 13.6.82.

[24] Dr Maurice Bucaille : ouvrage cité, p. 255.

[25] Dr I.V.Vagliri, ouvrage cité p.55

[26] Dr Maurice Bucaille : ouvrage cité p.150

[27] Le mot « peut-être » ou « sans doute » (‘aça) se rapporte à la pensée humaine, c’est-à-dire : celui qui médite ne se dit-il pas : « Mon terme est peut-être proche ? » Ne pense-t-il pas que sa fin peut être proche ? Et qu’il est bien temps de croire en ce Livre avant qu’il ne soit trop tard ? Ce verset reproduit de manière virtuelle la pensée qui doit effleurer tout individu sensé. Ce n’est pas Dieu qui dit : « peut-être », c’est le méditatif éventuel.

[28] Mc Graw-Hill Encyclopedia of Science & Technology,1982, vol.14,p.647

[29] Sayed Mujtaba MOUSSAOUI LARI dans : La dernière Mission Divine, p.78

[30] Dr Maurice Bucaille, ouvrage cité, p.122-23

[31] S.Moscati : The SEMITES IN ANCIENT HISTORY,pp.101

[32] P.Hitti : History of Arabs, Princeton university.p.39, cité par Ahmad Abdel-Wahab, ouvrage cité,p.314

[33] Hamidullah : Traduction du Coran, note en marge du verset 85.4

[34] Voir : « L.Massignon, Les sept « dormants », apocalypse de l’Islam, Mélanges Paul Peeters, tome II, Antalecta Bollandiana, tome LXVIII, 1950. ; le culte liturgique et populaire des VII dormants, Martyrs d’Ephèse (Ahl al-Kahf)..étude réunie par Y.Moubarac, d’après les travaux de L.Massignon.(On trouvera ces deux documents reproduits dans : L.Massignon, Opera Minora, tome III, 1963,pp.104-180) » cité par D.Masson : Traduction du Coran, Note Chapitre 18, verset 9, t.2

[35] Dictionnaire Enc. d’histoire, Michel Mourre 1978, Paris.

[36] Ibn Kathir,Tafsir,III p.73-74, Dar al-Jil, Beyrout 1991

15 Messages de forum

  • Bonjour

    Vous avez cité ce verset : « Le ciel, Nous l’avons construit par Notre puissance : et c’est encore Nous qui l’élargissons. » 51.47

    Je ne suis pas arobophone contrairement à vous mais d’après ce que je sais "Ciel" est la traduction du mot arabe Samâ’ . Dans ce cas, de quel ciel parle le coran ? Le ciel bleu que nous voyons de nos yeux ou l’ensemble de l’univers ? Qu’en pensez vous ?

    La Bible, il me semble, parle elle aussi de ce phénomène :

    La charge de la parole de l’Eternel, touchant Israël ; l’Eternel, qui étend les cieux, et qui fonde la terre, et qui forme l’esprit de l’homme au- dedans de lui, a dit : Zacharie 12:1

    Seul, Il étend les cieux. Job 9:8

    • Bonjour,

      Il parle de l’univers. Le mot arabe "Samâ" a une double signification : un terme générique qui désigne les cieux au pluriel, donc l’univers, et il désigne " le ciel bleu que nous voyons de nos yeux". Dans le verset (51.47) que vous citez, il est question de l’ensemble de l’univers. Merci

  • J’ai lu votre réponse mais pourquoi alors des exégètes comme Ibn Kathîr ont donné une autre interprétation à ce verset et que certains traducteurs l’ont traduit différement (Comme Blachère, Montet en autres) ?

    Et j’aurai une autre question à vous poser, sans vouloir trop abuser. Il est dit dans la Sourate 37, au sujet de l’histoire de Jonas : " Nous l’envoyâmes ensuite (comme prophète) vers cent mille hommes ou plus. " Comment se fait-il qu’il soit dit : "Ou plus ?", comme si Dieu ne savait pas le chiffre exact. N’est ce pas contradictoire avec l’omniscience de Dieu ? Qu’en pensez vous ?

    • Je ne sais pas pourquoi certains exégètes l’ont interprété ainsi. Je puis vous assurer que c’est le sens qui convient au mot "Samâ". Ci-joint quelques exemples tirés du Coran :

      "Etes-vous donc plus difficiles à créer que le Ciel ? Et pourtant Dieu l’a construit" s79 v27

      Dieu n’a pas construit uniquement le Ciel le plus proche. Si c’était le cas, pourquoi donnerait-il l’exemple de la création d’une partie d’un tout indivisible.

      D’autres exemples encore :

      "Et par le Ciel et Celui qui l’a construit" s91 v5

      " Etes-vous sûrs que Celui qui est au Ciel ne vous fera pas engloutir par la terre...Etes-vous sûrs que celui qui est au Ciel ne déchaînera pas contre vous une tempête de pierre ? s67 v16-17 Dieu n’est pas au Ciel le plus proche !

      "Ne sais-tu pas que Dieu connaît tout ce qui se passe dans le Ciel et sur la terre" s22 v70

      Les connaissances de Dieu ne sont pas limitées à ce qui se passe dans le Ciel le plus proche, elles s’étendent à tout l’univers.

      "Et ce jour-là, Nous plierons le Ciel, comme plie le scribe un parchemin " s21 v104

      Si le mot "Sama" désignait seulement le Ciel visible, on se poserait la question : Et les autres cieux ?

      "Ce n’est pas pour Nous divertir que Nous avons créé le Ciel et la Terre et ce qui est entre eux" s21 v16

      "Et parmi Ses Signes le Ciel et la Terre sont maintenus sur Son Ordre" s30 v25

      "Il n’y a aucun mystère dans le Ciel et sur la Terre qui ne soit inscrit dans un Livre explicite" s27 v75

      Si le mot "Sama" désignait seulement le Ciel le plus proche, ce qui se passerait dans les autres cieux ne serait pas donc pas inscrit sur le Livre explicite !

      Concernant l’autre question sur l’histoire de Jonas au sujet duquel Dieu dit : " Nous l’envoyâmes ensuite comme messager à une population de cent mille âmes ou plus encore" s37 v147 Ce mode d’expression est spécifique au Coran qui se distingue par la concision. Dieu connaît très certainement le chiffre exact de la population de Ninive à laquelle Jonas fut envoyé. Mais là, il s’agit d’information globale et non de statistiques auquel cas il fallait donner le nombre exact pour avoir par exemple la même quantité de chaussures ou d’habits. Le Coran exprime l’essentiel en peu de mots. Ici l’essentiel est 100.000, il y a certes quelques individus de plus mais sans importance pour l’information. Imaginez que cette population comptait 101297, ce qui est sûr est le nombre cent mille, le surplus de 1297 peut concerner des individus en train de mourir et si on tient compte du nombre des naissances, on va trouver un chiffre variable à cause des décès et des naissances. Il était donc inutile et phonétiquement lourd d’en citer le nombre exact. Le sens du mot "ou plus" ne veut pas dire que Dieu ne connaissait pas le chiffre exact ou qu’Il hésitait à donner le chiffre exact. Loin s’en faut. Il faut dire qu’au moment où Jonas a été envoyé, la population de Ninive comptait essentiellement cent mille, les individus en plus faisaient partie du mouvement des décès et des naissance, leur chiffre était donc instable.

  • je vois ... Ibn Jarir dit que cela signifiait "jusqu’à cent mille ou plus", s’appuiyant sur des versets qui ont un style similaire. Exemples :

    Dis : « Dans ce qui m’a été révélé, je ne trouve d’interdit, à aucun mangeur d’en manger, que la bête (trouvée) morte, ou le sang qu’on a fait couler, ou la chair de porc - car c’est une souillure - ou ce qui, par perversité, a été sacrifié à autre qu’Allah. » (6 : 145)

    Puis il se rapprocha et descendit encore plus bas, et fut à deux portées d’arc, ou plus près encore. (53 : 8-9)

    voilà qu’une partie d’entre eux se mit à craindre les gens comme on craint Allah, ou même d’une crainte plus forte encore (4 :77)

    et en dépit de tout cela, vos coeurs se sont endurcis ; ils sont devenus comme des pierres ou même plus durs encore (2 :77)

    D’ailleurs, la traduction de Shakir dit : « Et Nous l’avons envoyé à cent mille, plutôt ils ont dépassé ».

    Donc cela signifierai que "100 000 ou plus", signifie en fait "100 000 et plus" et que donc il n’est pas question d’ignorance. Vous approuvez cette interprétation ?

  • Sur la personne et la mission du prophète Mohammed (psl) je lis : "Loin d’être « un Judaïsme dévoyé », l’Islam est la religion d’Abraham, le modèle même de la droiture et du monothéisme pur. Il était purement musulman."

    Reprenons le texte de la Genèse « sans le torturer (S.III, v.72) », je lis :« Il était sur le point d’entrer en Egypte quand il dit à Saraï, sa femme : ─ Oh quelle belle femme tu fais ! En te voyant, les Egyptiens comprendront que cette femme est à moi. Alors ils me tueront, et toi te laisseront en vie. Dis-leur, s’il te plaît, que tu est ma soeur ! Avec toi, comme ça, tout se passera bien pour moi. Tu me sauveras la vie. Quand Abram entra en Egypte, les Egyptiens virent : la femme est belle, si belle. Les princes de Pharaon virent la belle qu’ils vantèrent à Pharaon. Elle fut enlevée chez Pharaon. De ce fait, tout se passait bien pour Abram, grâce à elle. Il reçu petit et gros bétail, des ânes et des serviteurs, des servantes et des ânesses, des chameaux. Mais Yhwh se mit à frapper de grands coups Pharaon et sa maison pour l’histoire de Saraï, femme d’Abram. Et Pharaon appela Abram. ─ Qu’est-ce que tu m’as fait ? dit-il. Pourquoi ne pas m’avoir dit que cette femme était à toi ? Pourquoi m’avoir dit que c’était ta soeur ? Je m’en suis fait une femme ! La voilà maintenant, prends ta femme et va-t’en ! Pharaon donna l’ordre à ses hommes de les laisser partir, sa femme et lui, avec tout ce qu’il avait. » (Gn 12, 11-20).

    « Abram monte d’Egypte, Lui, sa femme, et tout ce qu’il a. Lot est avec lui. Direction le Néguev. Abram croule sous les troupeaux, l’or et l’argent. » (Gn 13, 1-2).

    « Il était purement musulman. » Qu’est-ce à dire ? Un proxénète authentifié par le Génèse et revendiqué comme ancêtre par les Juifs et les Arabes ! Personne ne peut modifier la Genèse.

    Guy ROGER

  • Bonjour à vous

    Je vous avait deja questionné en avril dernier au sujet de l’expansion de l’univers, et j’aurai une autre question à vous poser

    En lisant le Coran, j’ai été un peu dérouté de lire ce verset : Il n’est d’animal sur la terre, ni d’oiseau volant de ses aîles qui ne forme de communautés semblable aux vôtres. Sourate 6:38

    Je ne sais pas vraiment de quelle manière ce verset doit se comprendre, tout les animaux ne vivent pas en communauté comme par exemple le Léopard ou l’Ours qui vivent en solitaire (sauf au moment de se reproduire) ? les éxégètes ont t’il trouvé une autre signification à ce verset ? Merci.

    • Bonjour, Le mot "communauté" du verset 38 de la Sourate 6 "qui ne soit une communauté comme vous" a été traduit par certains exégètes tels que Moujahid et Ibn Kathir par les termes "créature", "genre", espèce" comme vous. Le fait que le léopard ou l’ours vivent en solitaire n’empêche pas, à mon avis, qu’ils constituent une communauté ou une espèce comme nous.

  • salam alaykum’ wa Ramatullah

    je suis d’accord avec l’ensemble du contenu mais je m’interrogeai sur 2 verstes :

    Tu vois les montagnes que tu croyais immobiles, passer comme des nuages. C’est une oeuvre de Dieu : Il fait bien toute chose. »

    "Et par la mer en ébulliton"

    Est ce que ces versets parlent vraiment des volcans sous-marin et du mouvement de la terre dans l’espace ? Je dis ça parce que des savantscomme Ibné Kathîr (r.a) interprètent ces versets plutôt comme des péhnomènes devant se produire le jour dernier.

    Bon Ramadan

    • wa alaikum assalam wa rahmatullah,

      Assurément, ces versets parlent des volcans sous-marins et du mouvement de la terre dans l’espace. Le spectacle du Jour Dernier est autrement ahurissant et horrible. Là, il est question de fracas où les montagnes seront soufflées, comme de la laine cardée, le ciel se déchirera, se rompra, les étoiles se disperseront, le soleil sera obscurci, ainsi de suite. C’est en quelque sorte l’explosion de tout l’univers.

  • Un frère du nom de hadji Fouhed m’a posé une question via ce mail daté du 19.01.2011 : très chère frère ahmad,asalam alaikoum wa rahematoullah wa baraikatouhou,les chrétiens disent qu’Ismael n’est pas le fils de la promesse de Dieu à Abraham et que c’est Issac, ismael serait un fils illégitime d’après eux et Issac le seul fils légitime,et que c’est dans ce sens là que Dieu a dit prend ton fils unique, celui que tu aimes Issac etc...Comment leur faire dawa et leur répondre car quand on leur dit qu’il détournent le sens des versets, ils disent non c’est comme ça. barakallahoufik de votre réponse pour que je leur disent aux chrétiens salam alaikoum Réponse wa alaikum assalam wa rahmatullah,

    Ce que les juifs et les chrétiens disent est une insulte contre le Prophète Abraham (Paix et salut sur lui). Cela revient à dire qu’Abraham a commis l’adultère, qu’Ismaël est un enfant adultérin, donc illégitime.

    En fait, tout ce qu’ils disent est faux. Je m’explique :

    1-La Bible est falsifiée. C’est le Coran qu’il faut prendre en considération. Le Coran ne dit pas qu’Abraham a commis l’adultère, il ne dit pas non plus qu’Ismaël est un fils illégitime. Il ne dit pas que Agar, mère d’Ismaël, est la servante de Sara. Agar est l’épouse légitime d’Abraham au même titre que Sara, sauf que cette dernière était la première épouse et la plus âgée et à ce titre la coutume veut qu’elle soit plus respectée que la plus jeune et la deuxième épouse.

    2-Ismaël était né 13 ans avant Isaac. Pendant ces 13 ans, il était le fils unique d’Abraham.

    « Agar enfanta un fils à Abram ; et Abram donna le nom d’Ismaël au fils qu’Agar lui enfanta. Abram était âgé de quatre-vingt-six ans lorsqu’Agar enfanta Ismaël à Abram. » [Genèse 16:15-16]

    3-Ismaël était circoncis en même temps qu’Abraham :

    « Abraham était âgé de quatre-vingt-dix-neuf ans, lorsqu’il fut circoncis. Ismaël, son fils, était âgé de treize ans lorsqu’il fut circoncis. Ce même jour, Abraham fut circoncis, ainsi qu’Ismaël, son fils. » [Genèse 17:24-26]

    Isaac est né 13 ans après. Comment se fait-il qu’il devient fils unique.

    4- Comme Isaac, Ismaël est béni :

    « À l’égard d’Ismaël, je t’ai exaucé. Voici, je le bénirai, je le rendrai fécond, et je le multiplierai à l’infini ; il engendrera douze princes, et je ferai de lui une grande nation. » [Genèse 17:20]

    5-La promesse est faite aux descendants d’Abraham sans exclusion. Elle a été faite aux 2 fils d’Abraham et non pas à un seul :

    « Je te donnerai, et à tes descendants après toi, le pays que tu habites comme étranger, tout le pays de Canaan, en possession perpétuelle, et je serai leur Dieu. Dieu dit à Abraham : Toi, tu garderas mon alliance, toi et tes descendants après toi, selon leurs générations. » [Genèse 17:8-9]

    « A l’égard d’Ismaël, je t’ai exaucé. Voici, je le bénirai, je le rendrai fécond, et je le multiplierai à l’infini ; il engendrera douze princes, et je ferai de lui une grande nation. » Genèse 17:20

    6-C’est Ismaël qui était l’objet du sacrifice et non Isaac. Au moment du sacrifice Ismaël était le fils unique. Isaac n’était pas encore né.

    « Dieu dit : Prends ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Isaac ; va-t’en au pays de Morija, et là offre-le en holocauste sur l’une des montagnes que je te dirai. » [Genèse 22:2]

    Le mot Isaac était ajouté dans le texte.

    Selon les Juifs et les Chrétiens, Dieu a dit à Abraham « Prends ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Isaac ». Ici, le nom Ismaël a été substitué à Isaac, car Dieu ne se serait sûrement pas trompé en désignant Isaac par « fils unique »

    alors qu’il avait un frère aîné, en [Genèse 22:2] on devrait donc lire : « Prends ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Ismaël ».

    7- Le fils unique qu’Abraham aimait est Ismaël : Abraham aimait Ismaël : ils furent circoncis en même temps, marque de l’alliance avec Dieu.

    De plus, preuve de l’amour du père à son fils, Abraham fut affligé lorsque sa femme Sarah demande de chasser Agar et Ismaël (Deutéronome 21:11).

    8- Dieu n’est pas raciste pour aimer le fils de l’une et détester le fils de l’autre, alors que c’est Lui-même qui a donné les 2 enfants à Abraham.

    Barak Allah fik

    • Allah dit dans le Coran : « La première Maison qui ait été édifiée pour les gens, c’est bien celle de Bakka (La Mecque) bénie et c’est une bonne direction pour les créatures ».

      Allah, Gloire à Lui a créé la Ka`ba honorée. Il a fait d’elle un centre de la terre afin que les gens accomplissent un acte d’adoration en y tournant autour.

      Le premier à l’avoir construite est notre Père ‘Adam `(Paix et salut sur lui). Il l’a construite après être descendu du Paradis. On dit que ‘Adam a accompli quarante Pèlerinages.

      La Ka`ba a été détruite suite au déluge à l’époque de Nouh (Paix et Salut sur lui).

      Et après ce déluge, c’est le père des Prophètes Abraham (Paix et salut sur lui) qui l’a reconstruite sur ordre de Allah avec son fils Ismaël. Au fur et à mesure que Abraham (psl) construisait, Ismaël (psl) lui ramenait les pierres.

      "Lorsque le mur s’était élevé, Ibrâhîm `alayhi s-salâm se tenait sur le Maqâm (une pierre qui vient du paradis) pour poursuivre la construction en hauteur.

      Ibrâhîm `alayhi s-salâm a achevé la construction de la Ka`bah au niveau de la pierre noire (al-Hajar al-’aswad) qui est une pierre précieuse blanche qui a été descendue avec ‘Adam `alayhi s-salâm lorsqu’il a été descendu du Paradis. C’est Jibrîl `alayhi s-salâm qui la lui a ramenée et qui l’a remise à sa place afin qu’elle soit pour les gens un signe à partir duquel ils commencent leurs tours autour de la Ka`bah (at-tawâf). Ibrâhîm a construit par-dessus ; à ce moment-là, cette pierre scintillait d’une lumière éclairant l’Orient et l’Occident, du Châm au Yémen. Seulement, cette pierre est devenue noire suite aux frottements des idolâtres après le retour de la mécréance chez les gens de La Mecque. Ceci avait eu lieu, un certain temps après Ismâ`îl `alayhi s-salâm.

      Le Maqâm de Ibrâhîm, c’est la pierre sur laquelle al-Khalîl Ibrâhîm `alayhi s-salâm se tenait lorsqu’il construisait la Ka`bah honorée. Le mérite de ce Maqâm est confirmé et réputé par le texte du Qour’ân honoré et la Sounnah honorée qui est sûre. Pour ce qui est du Qour’ân, c’est la parole de Allâh ta`âlâ [sourat ‘Ali `Imrân / 97] : ﴿فيه آياتٌ بيِّناتٌ مقامُ إبراهيمَ﴾

      (fihi ‘âyâtoun bayyinâtoun maqâmou Ibrâhîm)

      qui signifie : « Il contient des signes clairs parmi lesquels le Maqâm de Ibrâhîm ». Pour ce qui est de la Sounnah, c’est la parole du Prophète : ((إن الحجر والمقام ياقوتتان من يواقيت الجنة طمس الله نورهما، ولولا أن طمس نورهما لأضاءا ما بين المشرق والمغرب))

      (inna l-Hajara wa l-maqâma yaqoutatani min yawaqiti l-jannah, tamaça l-Lâhou nôurahoumâ, wa lawlâ ‘an tamaça nourahouma la’adâ’a ma bayna l-machriqi wa l-maghrib)

      qui signifie : « La pierre noire et le Maqâm sont deux pierres précieuses du Paradis. Allâh a voilé leur lumière et s’Il n’avait pas voilé leur lumière, elles auraient éclairé ce qu’il y a entre l’Orient et l’Occident ».

      Ibrâhîm `alayhi s-salâm lorsqu’il bâtissait la Ka`bah a invoqué son Seigneur et a dit : ﴿ وَإِذْ قَالَ إِبْرَاهِيمُ رَبِّ اجْعَلْ هَذَا بَلَداً آَمِناً وَارْزُقْ أَهْلَهُ مِنَ الثَّمَرَاتِ مَنْ آَمَنَ مِنْهُمْ بِاللَّهِ وَالْيَوْمِ الْآَخِرِ قَالَ وَمَنْ كَفَرَ فَأُمَتِّعُهُ قَلِيلاً ثُمَّ أَضْطَرُّهُ إِلَى عَذَابِ النَّارِ وَبِئْسَ الْمَصِيرُ وَإِذْ يَرْفَعُ إِبْرَاهِيمُ الْقَوَاعِدَ مِنَ الْبَيْتِ وَإِسْمَاعِيلُ رَبَّنَا تَقَبَّلْ مِنَّا إِنَّكَ أَنْتَ السَّمِيعُ الْعَلِيمُ رَبَّنَا وَاجْعَلْنَا مُسْلِمَيْنِ لَكَ وَمِنْ ذُرِّيَّتِنَا أُمَّةً مُسْلِمَةً لَكَ وَأَرِنَا مَنَاسِكَنَا وَتُبْ عَلَيْنَا إِنَّكَ أَنْتَ التَّوَّابُ الرَّحِيمُ رَبَّنَا وَابْعَثْ فِيهِمْ رَسُولاً مِنْهُمْ يَتْلُو عَلَيْهِمْ آَيَاتِكَ وَيُعَلِّمُهُمُ الْكِتَابَ وَالْحِكْمَةَ وَيُزَكِّيهِمْ إِنَّكَ أَنْتَ الْعَزِيزُ الْحَكِيمُ ﴾

      Ce qui signifie : « Seigneur, fais que cette cité soit paisible et accorde à ses habitants des bienfaits, celui qui a cru parmi eux en Allâh et au jour dernier… Seigneur, envoie leur un messager qui soit des leurs, qui leurs récite Tes ‘âyah , leur enseigne le livre et la sagesse et les purifie. Tu es certes Celui Qui n’est pas vaincu, Celui Qui crée les choses par sagesse », [sôurat al-baqarah / 126-129]. Allâh a exaucé son invocation en envoyant le Prophète MouHammad `alayhi s-Salâtou wa sallam

      Après que notre maître Ibrâhîm al-Khalîl `alayhi s-salâm a fini de construire la Ka`bah , Allâh ta`âlâ lui a ordonné d’appeler au Pèlerinage. Allâh ta`âlâ dit [ Al-Hajj / 27] : ﴿وأذِّن في النّاسِ بالحجِّ﴾

      (wa ‘adh-dhin fi n-nci bil-Hajji)

      ce qui signifie : « Appelle les gens au Pèlerinage ». Ibrâhîm a dit : « Ô Seigneur, comment pourrais-je leur faire entendre ? » Allâh lui dit : « C’est Moi Qui le leur fait parvenir » c’est-à-dire c’est Lui qui le leur fait entendre. Alors Ibrâhîm a appelé du lieu même où il se trouvait : « Ô vous les gens, Allâh vous a prescrit le Pèlerinage ». Ainsi, chaque âme qui devrait accomplir le Pèlerinage jusqu’au jour du Jugement a entendu la voix de Ibrâhîm `alayhi s-salâm.

      Sachez aussi, qu’avant la construction de la Ka`bah, Allâh ta`âlâ a ordonné à Ibrâhîm `alayhi s-salâm d’installer son fils Ismâ`îl et la mère de son fils Hâjar, près de la Maison sacrée, c’est-à-dire al-Bayt, à savoir l’emplacement de la Ka`bah avant qu’il ne la construise. Il n’y avait pas de population à La Mecque à ce moment-là et il n’y avait ni végétation ni eau. Notre maître Ibrâhîm `alayhi s-salâm était soumis à l’ordre de Allâh ta`âlâ, il les a donc menés tous les deux là-bas. Puis, il a marché jusqu’à s’éloigner de al-Bayt. Lorsqu’il s’est éloigné, il s’est tourné en direction de la Ka`bah, il a invoqué Allâh ta`âlâ tout comme Allâh `azza wa jall nous a appris dans le Qour’an au sujet de Son prophète Ibrâhîm [sourat Ibrâhîm / 37] : ﴿رَّبَّنَا إِنِّي أَسْكَنتُ مِن ذُرِّيَّتِي بِوَادٍ غَيْرِ ذِي زَرْعٍ عِندَ بَيْتِكَ الْمُحَرَّمِ رَبَّنَا لِيُقِيمُوا الصَّلَاةَ فَاجْعَلْ أَفْئِدَةً مِّنَ النَّاسِ تَهْوِي إِلَيْهِمْ وَارْزُقْهُم مِّنَ الثَّمَرَاتِ لَعَلَّهُمْ يَشْكُرُونَ﴾

      (rabbanâ ‘innî ‘askantou min dhourriyatî biwâdin ghayri dhî zar`in `inda baytika l-mouĥarram, rabbanâ liyouqîmou ŝŝalâta fa-j`al ‘af’idatan mina n-nâci tahwî ‘ilayhim wa-rzouqhoum mina th-thamarâti la`allahoum yachkourôun)

      ce qui signifie : « Notre Seigneur, j’ai établi une partie de ma descendance dans une vallée qui ne comporte pas de plantes, près de la Maison sacrée qui T’appartient et que Tu as honorée. Seigneur, ceci pour qu’ils accomplissent la prière, alors attire le cœur de nombreux gens vers eux et accorde-leur abondamment de subsistances, puissent-ils Te remercier ».

      La Ka`bah a été reconstruite plusieurs fois à travers les âges. Mais, concernant sa reconstruction à l’époque du Ptophète Mohammed (psl), elle avait eu lieu suite à un incendie qui a brulé la Ka`bah (à l’époque en bois). De plus, une grande coulée d’eau provoquée par une forte pluie avait pénétré à l’intérieur et avait fortement endommagé ses murs ; elle avait besoin d’être reconstruite.

      "Lorsque Qouraych s’était partagé la reconstruction des différents côtés de la Ka`bah, le Messager de Allâh ŝalla l-Lâhou `alayhi wa sallam transportait avec eux la pierre. Puis, ils ont divergé au sujet de celui qui remettrait la pierre noire à sa place avec eux. Ils s’étaient accordés à dire que celui qui entrerait par la porte de aŝ-Ŝafâ aurait à le faire. Et, le premier à y entrer, fut le Messager de Allâh Salla l-Lâhou `alayhi wa sallam. Lorsqu’ils l’ont vu, ils ont dit : « Voici MouHammad l’Honnête » et ils ont accepté d’emblée son arbitrage. Il leur a dit `alayhi s-Salâtou wa sallam : « Venez avec moi pour prendre un morceau d’étoffe ! ». Ils lui ont ramené un morceau d’étoffe, il a pris la pierre noire, l’a placée de ses mains sur le bout d’étoffe puis il a dit : « Que chaque dignitaire d’un grand clan prenne un bout de cette étoffe ». Ainsi, ils l’ont transportée tous ensemble, ils l’ont portée et l’ont élevée jusqu’au voisinage de son emplacement. C’est alors que le Messager de Allâh Salla l-Lâhou `alayhi wa sallam l’a prise dans sa main honorée et l’a remise à sa place.

      En fait, la Kaaba fut le symbole du culte monothéiste d’Abraham dans la Péninsule Arabique, et qu’un jour des populations bédouines vinrent de toute l’Arabie y déposer les statues (asnam) de leurs idoles, auxquelles ils rendaient visite une fois par an lors d’un pèlerinage.

      Le Prophète Mohammed (psl) détruit les idoles de la Ka’ba. Les associateurs, les idolâtres ne peuvent plus accéder aux lieux saints. Allah leur a interdit l’accès. Je vous donne quelques passages de ma lettre au pasteur Yves Goasguen lors de notre dialogue islamo-chrétien : "La vision de la Ka’ba renforce l’idée d’élévation et de transcendance. Ce temple symbolisant la présence divine exerce une influence et une fascination extraordinaires sur l’individu. On se sent attiré par une force supérieure, celle du Créateur, d’un Juge témoin de nos méfaits mais aussi d’un Bon Dieu, Clément et Compatissant. Ces sentiments à la fois de culpabilité et de confiance en la Miséricorde divine suscitent en nous d’étranges émotions tantôt de joie et d’assurance, tantôt de regret et d’anxiété, au point de pleurer à la fois de joie et de remords. Je garde toujours le souvenir de ces adolescents qui sanglotaient en se frottant la face contre la Ka’ba, les bras étendus comme pour l’étreindre. Je me suis interrogé : à leur âge, quelles pourraient être leurs fautes pour pleurer ainsi ? Il est vrai qu’il est difficile de retenir ses larmes devant ce majestueux symbole de la Vraie Divinité.

      Le Tawaf autour de la Ka’ba est un signe de soumission et de dépendance symbolisant le mouvement des univers et des anges autour du Trône de Dieu Le souvenir de ce lieu sublime, orné du sanctuaire de son bâtisseur, Abraham, reste gravé à jamais dans la mémoire du pèlerin. La Sainte Mosquée (al Mas-jid al-harâm) est une merveille, par sa beauté, sa grandeur, son charme indescriptible. Là aussi, une admirable présence divine se fait sentir. Quand on y entre, on a l’impression d’être absorbé par la douceur, la sérénité et la gaieté d’une ambiance imposante, sécurisante si bien qu’on n’a pas envie d’en sortir si ce n’est pour accomplir un autre rite. Tout y est disposé de manière à rendre plus agréable et à prolonger la méditation. Sa configuration de forme circulaire embrassant la Ka’ba contribue à stimuler la prière et le recueillement. La prière dans cette Mosquée vaut mieux que cent mille prières ailleurs (hadith). Le parcours de Safa et Marwa nous rappelle les souffrances d’Agar qui, affolée par la solitude et la soif de son fils, se mit à courir entre deux collines à la recherche d’une caravane ou d’un individu pour lui demander à boire. La station de Arafat où tous les pèlerins se rassemblent en même temps et avec la même tenue en vue d’implorer le Pardon et la Miséricorde du Seigneur, fait penser à la comparution devant Dieu au Jour du Jugement Dernier. La lapidation des stèles sataniques est l’imitation du geste d’Abraham (psl). Celui-ci prit une poignée de cailloux qu’il jeta à la figure de Satan quand ce dernier voulait le tenter pour l’empêcher d’accomplir certains rites du pèlerinage. Bref, le pèlerinage comporte de multiples bienfaits parmi lesquels figurent le mépris de ce bas monde, l’amour du prochain, la bonté du coeur, des gestes et des propos, l’esprit de tolérance, de pardon et de conciliation, l’amour de la paix, etc. La première formule que le pèlerin doit prononcer à la vue de la Ka’ba est significative de cette aspiration à la paix : ‘‘Mon Dieu, Tu es la Paix et de Toi vient la Paix, Fais-nous un accueil de Paix’’. Ensuite, le pèlerin doit répéter constamment la formule de talbiyya qui est une réponse à l’appel de Dieu : « Me voici tout à Toi, Mon Dieu, me voici ! Tu n’as point d’associé, me voici ! A Toi la louange, la Grâce et le Royaume ! Tu n’as point d’associé ! » Ainsi grâce au pèlerinage, l’homme retrouve sa pureté et son innocence naturelles, en plus des enseignements d’ordre moral et spirituel qu’il acquiert. Le prophète (psl) a dit : « Celui qui accomplit le pèlerinage sans commettre ni immoralité ni libertinage, retourne chez lui aussi pur que le jour de sa naissance. » Cet état de pureté issu du pèlerinage est un acquis considérable que le musulman doit préserver et sauvegarder pour toujours. De plus, le pèlerinage offre au musulman non seulement l’occasion de se racheter mais aussi d’apprendre à bien se conduire, à prier pour lui-même et pour les autres, à prononcer de bonnes paroles, à s’abstenir de tout propos et de tout acte de nature agressive, obscène ou immorale, même la dispute et la contestation y sont prohibées (Coran 2.197). Selon les termes de l’article du journal, les pèlerins du Burkina, comme tant d’autres, semblent loin d’avoir compris le sens du pèlerinage. Lorsqu’on y va avec la mentalité de communard ou de commerçant, il ne faut pas s’attendre à une quelconque conversion ; de même que lorsque les loups font office de bergers auxquels on confie le troupeau, le résultat ne peut être que négatif. Aussi, peut-on remarquer beaucoup de choses à travers la terminologie des articles en question. D’une part, les concepts employés sont complètement étrangers à la culture islamique et là, on voit le degré d’acculturation dont sont victimes les musulmans. Cette acculturation, mêlée à l’ignorance, se dresse comme une muraille ou un fossé entre la religion et ses adeptes. Les expressions ‘‘véritable caverne d’Ali-Baba’’, ‘‘camp de concentration’’ sont parfaitement révélatrices d’un état d’esprit morbide, en porte-à-faux, loin des motivations sincères d’un musulman désintéressé. Je trouve scandaleux tout cela. A les entendre rouspéter, on est porté à croire qu’ils ont raté le pèlerinage. A mon avis, il aurait mieux valu porter plainte contre les coupables au lieu de dénigrer ou d’étaler en public leur linge sale. On parle d’épreuves et de souffrances, oubliant que ces souffrances pour la cause de Dieu sont des moyens expiatoires, des motifs de purification. Tout acte de culte comporte des épreuves. Ainsi en est-il du jeûne, de l’ascèse, du combat ; le pèlerinage ne fait pas l’exception ; il comporte aussi des souffrances. De toute façon, quoi qu’il arrive, on ne doit jamais appliquer des qualificatifs pareils aux lieux saints, ni à un voyage effectué pour l’amour de Dieu. Autrefois, les gens voyageaient à pied et ils affrontaient de rudes épreuves et d’indicibles souffrances qu’ils enduraient volontiers à cause du but sacré du pèlerinage. Aujourd’hui, les gens deviennent de plus en plus fragiles et exigeants. La fragilité de la foi entraîne la fragilité du corps. Peu s’en faut qu’ils exigent un salaire pour la pratique du culte ou qu’on leur ramène à domicile les lieux saints. D’autre part, on remarque que le pèlerinage devient une routine, une habitude formelle, vidée de son contenu. C’est ainsi que bon nombre de musulmans s’y rendent par tradition, pour le titre ou pour le ‘‘trabendo’’, sans en connaître les raisons, la signification profonde, les rites, les avantages spirituels, le sens du repentir et de la purification, le renouvellement du pacte avec Dieu, etc. Cela démontre qu’on vit une époque étrange ou la foi, le culte, la religion sont des notions obsolètes, reléguées au second plan."

    • Merci Barakallahou Maître pour cet éclaircissement sur la Kaaba. Nous voulons encore savoir la vérité au sujet du sacrifice d’Abraham dans la Bible, Car selon la Bible il s’agir d’Isaac et non Ismaël. Barakallahou.

      Salam

      On lit dans Genèse 22:2 "Dieu dit : Prends ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Isaac ; va-t’en au pays de Morija, et là offre-le en holocauste sur l’une des montagnes que je te dirai."

      Ismaël était né 13 ans avant Isaac. Pendant ces 13 ans, il était le fils unique d’Abraham.

      « Agar enfanta un fils à Abram ; et Abram donna le nom d’Ismaël au fils qu’Agar lui enfanta. Abram était âgé de quatre-vingt-six ans lorsqu’Agar enfanta Ismaël à Abram. » [Genèse 16:15-16]

      Ismaël était circoncis en même temps qu’Abraham :

      « Abraham était âgé de quatre-vingt-dix-neuf ans, lorsqu’il fut circoncis. Ismaël, son fils, était âgé de treize ans lorsqu’il fut circoncis. Ce même jour, Abraham fut circoncis, ainsi qu’Ismaël, son fils. » [Genèse 17:24-26]

      C’est donc Ismaël qui était l’objet du sacrifice et non Isaac. Au moment du sacrifice Ismaël était le fils unique. Isaac n’était pas encore né.

      Isaac est né 13 ans après. Comment se fait-il qu’il devient fils unique.

      Comme Isaac, Ismaël est béni :

      « À l’égard d’Ismaël, je t’ai exaucé. Voici, je le bénirai, je le rendrai fécond, et je le multiplierai à l’infini ; il engendrera douze princes, et je ferai de lui une grande nation. » [Genèse 17:20]

      La promesse est faite aux descendants d’Abraham sans exclusion. Elle a été faite aux 2 fils d’Abraham et non pas à un seul :

      « Je te donnerai, et à tes descendants après toi, le pays que tu habites comme étranger, tout le pays de Canaan, en possession perpétuelle, et je serai leur Dieu. Dieu dit à Abraham : Toi, tu garderas mon alliance, toi et tes descendants après toi, selon leurs générations. » [Genèse 17:8-9]

      « A l’égard d’Ismaël, je t’ai exaucé. Voici, je le bénirai, je le rendrai fécond, et je le multiplierai à l’infini ; il engendrera douze princes, et je ferai de lui une grande nation. » Genèse 17:20

      « Dieu dit : Prends ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Isaac ; va-t’en au pays de Morija, et là offre-le en holocauste sur l’une des montagnes que je te dirai. » [Genèse 22:2]

      Le mot Isaac était ajouté dans le texte.

      Selon les Juifs et les Chrétiens, Dieu a dit à Abraham « Prends ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Isaac ». Ici, le nom Ismaël a été remplacé par Isaac, sinon Dieu se serait trompé en désignant Isaac par « fils unique ».

      En Genèse 22:2, on devrait lire : « Prends ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Ismaël ».

      Le fils unique qu’Abraham aimait est Ismaël : Abraham aimait Ismaël : ils furent circoncis en même temps, marque de l’alliance avec Dieu.

      D’ailleurs, si Dieu avait parlé du fils unique, il n’était nul besoin de citer son nom étant donné que le fils unique était Ismaël.

      De plus, preuve de l’amour du père à son fils, Abraham fut affligé lorsque sa femme Sarah demande de chasser Agar et Ismaël (Deutéronome 21:11).

      Dieu n’est pas raciste pour aimer le fils de l’une et détester le fils de l’autre, alors que c’est Lui-même qui a donné les 2 enfants à Abraham.

      Voici la réponse d’Ibn Taymiyya à la même question :

      Au nom d’Allah, L’infiniment Miséricordieux, le très Miséricordieux

      Le sacrifié d’Abraham : Ismaël ou Isaac ? Louange à Allah ! Que les Prières et le Salut d’Allah soient sur notre Prophète Mohammed, ainsi que sur sa famille et tous ses Compagnons !

      Adaptation de : Majmû’ el Fatâwa de Cheikh el Islam ibn Taïmiya (4/331-336).

      Ismaël est le fils d’Ibrahim qui fut choisi par son père pour le sacrifier comme l’établissent le Coran, la Sunna, et un certain nombre de preuves qui sont notoires. D’ailleurs, la Thora, qui est entre les mains des « gens du Livre », le confirme. Les anciennes écritures disent en effet : « égorge ton fils unique. »[1] L’autre traduction parle d’un premier-né. Ismaël fut bel et bien le fils unique à cette époque et le premier-né du Patriarche à l’unanimité des savants musulmans et juifs, mais ces derniers ont falsifié leurs écritures en y insérant Isaac. Par la suite, d’autres gens ont pris d’eux cette information, dont l’origine provient des Textes hébraïques falsifiés ; c’est pourquoi il est répandu chez certains musulmans que l’enfant en question fut Isaac.

      La Sourate les rangs, qui relate l’histoire du sacrifice, démontre notamment à travers le verset suivant que l’enfant concerné fut Ismaël : (Nous lui annonçâmes la naissance d’un enfant sage (halîm)).[2]

      Cette annonce nous rapporte trois informations : la nouvelle d’un enfant mâle, qui atteindra l’âge de raison ou de la puberté (Houloum qui a les mêmes racines que Halîm ndt.), et qui de surcroît sera sage. Peut-on faire plus grande preuve de sagesse (dans le sens de résignation ndt.) en s’abandonnant ainsi à son père en guise d’offrande, quand ce dernier lui dit : (Tu me trouveras si Dieu le veut parmi les patients).[3] Certains disent que la moindre des qualités qu’Allah puisse attribuer à l’un de ses prophètes, est celle d’être sage, étant donné qu’il dégage une grande force (ou qu’il domine par sa présence, ou encore qu’Allah garantit par sa présence la victoire à Ses élus.).

      Ibrahim lui-même fut qualifié ainsi dans les deux versets suivants : (Ibrahim était sage et dévoué).[4] (Ibrahim était sage, dévoué et repentant).[5] L’événement témoigne en faveur de ses deux hommes qu’ils sont extrêmement « sages » : (Quand il parvint à l’âge mûr, il lui dit : « Mon fils ! J’ai vu en songe que je devais t’égorger, alors vois ce que tu dois faire. » Il répondit : « Père ! Fais ce qu’on t’ordonne, tu me trouveras si Dieu le veut parmi les patients »),[6] jusqu’à : (Nous l’échangeâmes contre une offrande immense • et nous laissâmes leur souvenir dans les générations futures • Paix à Ibrâhîm ! • C’est ainsi que nous rétribuons les bienfaiteurs • Il comptait parmi nos serviteurs croyants • Nous lui annonçâmes ensuite la naissance d’Isaac qui fut un prophète parmi les vertueux • nous les avons bénis lui et Isaac. Dans leur descendance, il y a des bienfaiteurs et d’autres qui sont injustes envers eux-mêmes de façon manifeste). [7]

      Cette histoire démontre que l’enfant en question fut bien Ismaël et cela, pour plusieurs raisons[8] :

      Premièrement : le Seigneur annonce à Ibrahim la naissance d’un enfant qu’il devra vouer plus tard en sacrifice. Dans un premier temps, le Coran relate l’événement du sacrifice, pour enchaîner ensuite par le verset : (Nous lui annonçâmes ensuite la naissance d’Isaac qui fut un prophète parmi les vertueux • Nous les avons bénis lui et Isaac). Il y a donc deux annonces différentes : l’une concerne le personnage central du sacrifice et l’autre concerne Isaac, comme cela ne peut échapper à personne.

      Deuxièmement : l’histoire du sacrifice est uniquement mentionnée à cet endroit du Coran, alors que les autres passages se contentent d’évoquer l’annonce de la naissance d’Isaac, par exemple dans la Surate Hûd où le Très-Haut révèle : (Alors que sa femme se tenait debout, elle se mit à rire ; nous lui annonçâmes la naissance d’Isaac et de Ya’qûb après Isaac).[9] Si le sacrifice concernait effectivement Isaac, la naissance promise de Ya’qûb n’aurait plus lieu d’être. Le verset dit en effet : (Quand il a ressenti de la peur vis-à-vis d’eux, ils lui dirent : « N’aie pas peur ! », ils lui annoncèrent ensuite la naissance d’un enfant savant. Sa femme est apparue en se frappant le visage et en criant : « Quoi ! Une vieille femme stérile ! » ).[10] Allah révèle également dans la Sourate el Hijr : (Ils dirent : « Ne tremble pas ! Nous t’annonçons la prochaine naissance d’un enfant savant » • Il répondit : « M’annoncez-vous (cette nouvelle) alors que la vieillesse m’a touché ! Que m’annoncez-vous au juste ! » Ils dirent : « Nous te l’annonçons en toute vérité, ne sois donc pas du nombre de ceux qui désespèrent. » ).[11] Il n’est question ici d’aucun sacrifice.

      De plus, en annonçant les deux bonnes nouvelles, qui sont l’annonce du futur sacrifice et celle d’Isaac après lui, cela démontre qu’Isaac et l’enfant concerné par le sacrifice sont deux personnes différentes. D’autant plus que selon certains versets, le Seigneur à fait don du frère d’Ismaël et de Jacob à Son Ami Abram (comme le nomme ainsi la bible), à travers le verset : (Nous lui avons fait don d’Isaac et Nous lui avons offert Ya’qûb en plus ; tous deux étaient des gens pieux).[12] Le Seigneur révèle également : ( Nous lui avons fait don d’Isaac et de Ya’qûb, et nous avons établi dans sa descendance le Livre et la prophétie. Nous l’avons rétribué sur terre et dans l’au-delà il comptera parmi les pieux).[13] Aucun de ces deux versets ne fait mention de l’enfant concerné par le sacrifice.

      Troisièmement : Allah nous apprend que le futur sacrifice était un enfant sage. Quant à Isaac, son père reçut l’heureuse nouvelle qu’il sera un enfant savant dans un autre passage du Coran. Il y a forcément une raison pour laquelle les deux enfants furent qualifiés différemment. Cette distinction se vérifie d’autant plus lorsque l’une de leurs qualités respectives en accompagne une autre. La sagesse convient tout à fait à la patience qui revient à l’enfant concerné par le sacrifice. Le Coran affirme en effet qu’Ismaël est patient dans le verset suivant : (évoque Ismaël, el Yasa’, et Dhû el Kifl, tous comptaient parmi l’élite).[14] Voici donc une troisième raison, car un autre verset dit au sujet de l’enfant concerné par le sacrifice : (Père ! Fais ce qu’on t’ordonne, tu me trouveras si Dieu le veut parmi les patients).[15] Allah a donc reconnu à Ismaël la qualité de patient comme Il lui a reconnu ailleurs de respecter ses engagements à travers le verset : (Il était sincère envers ses engagements).[16] Il avait promis en effet à son père d’endurer patiemment son épreuve.

      Quatrièmement : La naissance prochaine d’Isaac relevait du miracle, car sa mère était vieille et stérile. C’est pourquoi l’Ami d’Allah (sur lui la paix) a réagi avec étonnement à l’annonce de la nouvelle céleste : (« M’annoncez-vous (cette nouvelle) alors que la vieillesse m’a touché ! Que m’annoncez-vous au juste !) Sa femme n’en fut pas moins surprise pour avoir dit : (Vais-je enfanter alors que je suis vieille et que mon époux a également un âge avancé).[17] Nous avons déjà vu que cette annonce lui vint vers la fin de sa vie, et que cette nouvelle la concernait elle et son mari. Par contre, Ibrahim (sur lui la paix) fut le seul concerné par l’annonce de l’enfant concerné par le sacrifice. Il fut mis à l’épreuve de le tuer sans que la mère d’Isaac n’ait aucun lien avec cet événement. Cela corrobore tout à fait avec le hadith rapporté dans le recueil e-Sahîh, et selon lequel le Prophète (que les bénédictions d’Allah et la paix soient sur lui) et ses compagnons nous apprennent qu’à la naissance d’Ismaël, Sarah fut jalouse de sa mère Hâjar. Dès lors, Ibrahim a pris l’enfant et la servante pour les emmener à La Mecque actuelle. Sur place, il reçut l’ordre des années plus tard de tuer son fils. Ainsi, l’enfant concerné par le sacrifice et Isaac sont deux personnes différentes.

      La preuve également que l’enfant concerné par le sacrifice n’est pas Issac est que le Seigneur révèle juste avant ce verset : (Nous lui annonçâmes la naissance d’Isaac (à Sarah), et celle de Ya’qûb après Isaac).[18] Comment Isaac peut-il être voué au sacrifice dans ces conditions ? L’annonce de Ya’qûb implique forcément que son père (Isaac) reste en vie avant que son fils ne vienne au monde. Personne ne conteste que l’histoire du sacrifice ait eu lieu avant la naissance de Jacob. Bien plus, ce dernier n’a vu le jour qu’après la mort de son grand-père Ibrahim (sur lui la paix) ; nul ne doute pourtant que l’anecdote du sacrifice se soit déroulée avant son décès.

      La preuve que cette histoire s’est déroulée à La Mecque est la suivante : le jour de la Conquête de la ville sainte, le Prophète (que les bénédictions d’Allah et la paix soient sur lui) a trouvé les cornes du fameux bélier d’Abraham à l’intérieur de la Ka’ba. Il s’est alors adressé au gardien du Temple en ces termes : « Je t’ordonne de recouvrir les cornes du Bélier, car il ne doit rien y avoir en direction de la Qibla qui puisse distraire le fidèle en prière. » C’est pourquoi l’endroit où s’est produit l’événement sert de rite depuis l’époque d’Ismaël et de son père, qui ont construit le Temple comme le formule explicitement le Coran.

      Personne n’assume qu’un jour Isaac, ne s’est rendu à La Mecque ni parmi les « gens du Livre » ni personne d’autre. Néanmoins, certains appartenant à la religion juive prétendent que l’histoire du sacrifice a eu lieu dans la région du Shâm (Palestine, grande Syrie…), mais ce n’est qu’un pur mensonge ! Si certaines montagnes du Shâm avaient assisté à cet événement, on l’aurait obligatoirement su, et on y aurait certainement consacré un rite, de la même façon que la Mosquée qu’Ibrahim a construite, et ses environs sont devenus des lieux de rites…(islamhouse.com) Notes : [1] Voici les termes de la Traduction œcuménique : « Prends ton fils, ton unique, Isaac, que tu aimes. Pars pour le pays de Morriya et là, tu l’offriras en holocauste sur celle des montagnes que je t’indiquerais. » [Genèse ; 22-3]

      [2] Les rangs ; 101 Ismâ’îl fut qualifié ici de Halîm que nous traduisons par « sage », mais qui prend en fait des sens multiples comme magnanime (qui est enclin au pardon comme nous le souligne e-Sa’dî), longanime (qui supporte ce qu’il pourrait réprimer comme nous l’apprend el Baghawî), ou qui se résigne, fait preuve de patience et d’une maîtrise de soi. NdT

      [3] Les rangs ; 102

      [4] Le repentir ; 114 D. Masson explique en ces termes le sens de Awwâh (que nous avons traduit par « dévoué » mais qui a aussi le sens d’humilité) : « celui qui gémit, qui soupire, et qui implore la miséricorde de Dieu. » Elle corrobore ainsi l’exégèse des grands spécialistes à l’exemple d’el Baghawî et de l’exégète linguiste e-Râghib el Asfahânî dans Mufradât Alfâdh el Qurân que chaque arabophone, et plus particulièrement le traducteur, doit compter dans sa bibliothèque. NdT

      [5] Hûd ; 75 repentant est l’un des sens de Munîb, mais de façon plus générale il signifie revenir à Allah.

      [6] Les rangs ; 101, 102. Certains exégètes assument que l’événement s’est passé quand Ismaël a atteint l’âge de treize ans. Toutefois, le début du premier verset peut avoir d’autres sens. Il peut vouloir dire : quand le père l’a emmené jusqu’au pied de la montagne, ou quand il eut atteint un âge avancé.

      [7] Les rangs ; 106-113

      [8] Voir notamment Tafsîr ibn Kathîr.

      [9] Hûd ; 71 Il s’agit dans cet épisode de Sarah fille de Hârân fils de Ahwar qui fut mariée à son cousin Ibrahim (voir Tafsîr el Baghawî qui précise notamment que Saraï se tenait derrière un rideau.)

      [10] E-Dhâriyât ; 28 Selon certains exégètes, elle n’a fait que crier d’où elle était, sans se montrer à ses visiteurs, mais par un effet de rhétorique, c’est sa voix qui se serait déplacée.

      [11] El Hijr ; 53

      [12] Les Prophètes ; 72

      [13] L’araignée ; 27

      [14] Sâd ; 48

      [15] Les rangs ; 101, 102

      [16] Mariam ; 54

      [17] Hûd ; 72

      [18] Hûd ; 71

  • SALAM ALEYKUM MAITRE ! concernant "les gens de la grotte" , beaucoup de chretiens alleguent aujourdhui que cette histoire n’est qu’une fiction en d’autres termes une Legende. quel est votre avis sur cet sujet ! BARAKA ALLAHU FIKUM !