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Reponse du maître à la lettre 11

Publication en ligne : mardi 11 mai 2004, par Maître Simozrag

Ouagadougou, le 19 Juin 1998

Cher ami Yves,

J’ai reçu votre lettre du 20 Avril 1998. Ayant commencé à lire les livres que vous m’avez offerts, je vous en remercie beaucoup, ils sont fort intéressants.

A propos de votre intervention auprès du chef du gouvernement français, j’avoue que je suis extrêmement touché par ce geste d’amitié et de bienfaisance à mon égard, je dois vous exprimer ma plus vive reconnaissance. Pour ma part, je m’en remets à Allah, c’est à Lui Seul que revient la décision et de Lui Seul dépend la solution de tous problèmes.

En lisant les témoignages sur les faits miraculeux, cela ne m’a pas étonné outre mesure car j’en connais bien d’autres ; moi-même, j’ai fait beaucoup d’accidents graves et j’en suis sorti indemne, grâce au secours d’Allah.

Une fois, à la suite d’un dérapage sur la route du littoral à Alger, en Décembre 1974, nous étions tombés à la mer, mon frère et moi, et nous n’avions rien eu, sauf une légère égratignure au front de mon frère qui fut éjecté à travers le pare-brise. Les pompiers venus à notre secours en étaient ébahis. ils ne voulaient pas admettre qu’un accident aussi grave ne fasse pas de victimes. ils n’ont pas cru que c’était moi qui conduisais.

Quand j’ai perdu le contrôle de ma voiture, j’ai crié : Allah ! II n’y a de dieu qu’Allah. Du coup, j’ai senti une présence étrange qui m’a protégé malgré les tonneaux et les nombreux chocs que la voiture a subis avant de tomber à la mer. Ce qui est étonnant est le fait que le véhicule a heurté un poteau électrique dont les fils ont provoqué un court-circuit au contact de la carrosserie.

Il s’en est fallu de peu que la voiture s’enflamme, d’autant plus que le carburant s’est répandu partout après le choc. Si je vous raconte combien de fois, j’avais eu la vie sauve dans des accidents mortels, vous n’allez pas me croire. Je me dis : si la mort obéit à un destin prédéterminé, en revanche le fait d’en sortir sain et sauf, sans la moindre contusion, ne peut s’expliquer que par la protection divine.

Dans ce contexte, il faut reconnaître que le destin joue aussi un rôle décisif. Je connais une multitude de cas semblables où le destin fut un facteur déterminant ; je me permets de vous en raconter deux :

a) Je connais un commissaire de police algérien qui était mon voisin de palier à Alger ; accompagné de sa femme, il voulait prendre un vol Paris-Rabat. Il fut interpellé par la police de l’air et des frontières (PAF). Cet incident a provoqué une petite altercation qui lui a fait rater l’avion. Sa femme ne voulait pas embarquer toute seule, mais il a insisté afin qu’elle parte sans l’attendre. Après vérification de l’identité du passager, la police a constaté qu’il y avait une erreur sur la personne, elle lui présente des excuses, mais l’avion s’était déjà envolé. L’appareil s’est écrasé en Espagne, tous les passagers, y compris l’épouse, ont trouvé la mort dans le crash. Cela s’est produit dans les années 60. Bourrelé de remords, il n’a pas pu digérer le fait d’avoir incité son épouse à voyager sans lui.

b) Des taxis et des cars assurent la liaison entre Ouled-Djellal, ma ville natale au Sud d’Algérie, et Biskra. Un jour, en Février 1976, un taxi surchargé démarre le matin de bonheur en direction de Biskra. Il y avait huit passagers sans le conducteur.

A la sortie de la ville, un des passagers en surcharge, se sentant mal à l’aise, voulut prendre le car qui s’apprêtait à partir pour la même destination. Trois personnes étaient descendues du taxi pour prendre le car. Ensuite, trois passagers du car, voulant arriver plus tôt, décidèrent de prendre leurs places dans le taxi. Ainsi, il y a eu une permutation spontanée, semblable à une opération de tri miraculeuse parmi les voyageurs, ceux qui devaient continuer à vivre et ceux qui allaient mourir. Après une demi-heure de route, le taxi heurte de plein fouet un camion qui l’écrase avec tous ses passagers.

C’est dire que la main de Dieu agit en sourdine. Si on observe les événements, on découvre des faits étranges à tout instant.

Cela dit, j’apprécie, sous quelques réserves, les vertus du Christianisme, comme celles de toute croyance sincère en Dieu. Un hadith dit : « Crains Allah, tu verras les prodiges ». A ma connaissance, la foi d’un non-musulman demeure sans doute valable, et Dieu sait mieux, tant que le message de l’Islam, et surtout le Coran, ne lui est pas parvenu. S’il rejette le Coran après en avoir pris connaissance, hormis les cas d’incompréhension et les cas où Dieu accorde des délais de réflexion, il n’est pas certain que la protection ou l’assistance divine lui soit continuellement accordée. Dieu considère comme impie quiconque renie le Coran et la prophétie de Mohammed.

L’autre réserve tient au fait que c’est Dieu, par l’intermédiaire de Ses anges, qui vient au secours de son serviteur en détresse. C’est Dieu qui entend l’appel de ceux qui l’invoquent. Par conséquent, s’il arrive que quelqu’un adresse son appel à un prophète ou à un saint, et qu’il soit sauvé d’un accident ou d’un malheur quelconque, c’est uniquement en vertu du destin ou par la Grâce et la Miséricorde de Dieu qui s’étendent à toutes Ses créatures en dépit de leur incroyance.

Revenons au contenu de votre lettre.

Je ne vois aucune ressemblance entre mon raisonnement et celui des disciples du Sharif marocain. Je ne crois pas que le vin puisse se transformer en miel quand il touche les lèvres d’un saint. Cette histoire ressemble plutôt à celle du sang qui a transformé les lettres noires de la Bible en lettres d’or ; et pourtant vous y croyez.

Selon votre raisonnement, toute vision est vérité quand elle s’applique aux chrétiens ou à la Bible, mais si elle concerne le Coran ou les musulmans, elle est fausse et satanique. Ainsi, vous poussez jusqu’au bout la diabolisation de l’Islam. Les incrédules de la Mecque ont utilisé les mêmes faux arguments que les vôtres contre le Coran, à savoir : légendes, contes des anciens, poésie, parole d’un Diable, etc.

Au début de nos échanges, vous souteniez que le Coran était l’invention de Mohammed, qu’il était une imitation de la Bible ; quand j’ai démontré la preuve contraire, vous sortez un autre « Joker » pour le taxer de satanique. Je n’en serais pas étonné si cette objection était celle d’un athée. Mais, venant d’un croyant, censé savoir les différents modes de communication de la parole de Dieu aux hommes, cela me paraît bizarre. La Bible enseigne que Dieu s’est adressé aux hommes à plusieurs reprises et de différentes manières :

« Après avoir autrefois, à plusieurs reprises et de plusieurs manières, parlé à nos pères par les prophètes, Dieu, dans ces derniers temps, nous a parlé par le Fils... » (He 1.1-2)

A quelques exceptions près, la révélation du Coran est parfaitement la même que celle des messages bibliques, y compris les cas où Dieu a fait des révélations directes à certains prophètes.

A l’instar de Moïse, Mohammed reçut de la Main de Dieu, les douze commandements de la Sourate 17 (23-39), ainsi que les deux derniers versets de la deuxième Sourate. Il en résulte que la révélation peut se faire, soit directement par Dieu, soit indirectement : par vision en rêve ou en état de veille, par un ange qui se présente sous différentes formes, ou bien par l’audition de voix étranges ou par l’inspiration dans la conscience de l’élu. Je ne vois pas pour quelle raison doit-on accepter la révélation des messages bibliques et rejeter celle du Coran. C’est paradoxal.

Quand on admet que Dieu a parlé aux hommes à plusieurs reprises, il n’est pas raisonnable de nier inconsidérément qu’il ait aussi parlé à Mohammed. Si les juifs et les chrétiens pensaient comme vous, il n’y aurait certainement pas autant de croyants. Imaginez quelles eussent été les conséquences si chacun des prophètes avait pris pour un Diable l’ange qui devait lui communiquer la Parole de Dieu ? Ou si les prophètes Abraham, Jacob, Joseph, Job, Salomon, Nathan, Osée, Amos, Daniel avaient douté des visions qu’ils avaient eues, étant donné que le rêve est la chose la plus sujette à caution, la plus invraisemblable, « Car les rêves expriment des paroles vides » (Za 10.2), « Car, si les songes naissent de la multitude des soucis, la voix de l’insensé se fait entendre dans la multitude des paroles » (Ec 5.2).

Pourtant, c’était en rêve que Salomon demanda à Dieu la sagesse et l’intelligence (2Ch 1.10), que Dieu ordonna à Abraham de sacrifier son fils et il s’exécuta volontiers :

« Nous lui avons alors annoncé une bonne nouvelle : la naissance d’un garçon, doux de caractère. Lorsque celui-ci fut en âge d’accompagner son père, (Abraham) dit : « Ô mon fils, je me vois en songe en train de t’immoler ; qu’en penses-tu ? Il dit : « Ô mon père ! Fais ce qui t’est ordonné. Tu me trouveras patient, si Dieu le veut. » Coran 37.101-102

D’aucuns considèrent la crédulité comme synonyme de stupidité ou de sottise ; les croyants sont à leurs yeux des gens arriérés, aux idées rétrogrades. Je pense qu’il ne faut pas tomber dans ce piège ; ce sont là des idées fallacieuses, propagées par des philosophies athées, dévoyées tels le scientisme, le positivisme, le rationalisme, le matérialisme, le laïcisme, etc. Au nom de la raison, les tenants de ces doctrines ont perdu la foi et la raison. Scientifiquement dévoyés, ils sont victimes de leurs connaissances.

Pour ces derniers, l’incroyance serait un signe d’intelligence, un critère de modernité, de snobisme, enfin une exigence de la raison. L’échec de ces doctrines s’explique par le fait de vouloir tout expliquer par la science, et tout entendre par la raison.

Ce faisant, elles ont divinisé la raison et sacralisé la science, ignorant leurs caractères relatifs et leurs capacités limitées. En refusant d’admettre la vérité révélée, en dissociant la foi de la raison, elles ont chaviré. En réalité, ce n’est pas la science elle-même qui est responsable de leur dérive, c’est plutôt leur méthode scientifique qui refuse d’inclure Dieu dans la recherche et l’explication des phénomènes.

Il faut reconnaître aussi que l’intolérance de l’église catholique a favorisé l’émergence de ces doctrines et par voie de conséquence, le divorce entre la Foi et la Science. En Islam, fort heureusement, la religion est indissociable de la science, pas plus que la foi n’est dissociable de la raison, elles y vivent en symbiose comme le cerveau et le coeur au sein de l’individu.

Mieux encore, l’Islam fait de la recherche scientifique un acte d’adoration et un moyen d’obtenir une récompense dans l’au-delà.

Lorsque vous me dites que mon raisonnement vous surprend, vu ma qualité d’« avocat ayant exercé en France », cette réflexion me pousse à vous compter parmi ces égarés scientifiques et, c’est à peine si j’évite de le faire, considérant votre qualité de croyant.

Mon raisonnement est celui d’un simple croyant, basé à priori sur les données de la vérité révélée, et à posteriori sur l’effort de recherche, de réflexion, de comparaison, de vérification et de synthèse. Telle est ma méthode, elle combine la foi et la raison. Je ne suis pas sceptique mais je ne crois pas à n’importe quoi, non plus. Le Coran contient une parole caractéristique sous tous ses aspects de l’omniscience du Créateur.

Il n’est même pas besoin d’être savant pour constater et reconnaître cette vérité. Il renferme les preuves internes et externes de sa véracité.

Au fil des siècles, d’innombrables savants, chacun dans sa spécialité, l’ont profondément étudié, analysé à la loupe, examiné sur toutes les coutures et ils n’ont jamais décelé la moindre faille susceptible de les laisser dans le doute à son sujet.

Les vérités historiques et scientifiques qu’il renferme sont de nature à confirmer son origine divine, étant donné que les hommes et les Djinns ignorent le mystère ; bien plus, leurs connaissances du réel sont fort limitées. Dieu déclare que cette parole est la Sienne et qu’elle est une lumière, une direction et une miséricorde de Sa part, pour guider l’humanité et lui faire connaître les vérités essentielles dont elle a besoin.

Il est à la fois une bonne nouvelle et un avertissement : « pour avertir les injustes et pour faire la bonne annonce aux bienfaisants » (46.12 ; 17.9-10 ; 18.2 ; 19.97). Et Dieu sait combien les hommes ont soif de connaître la vérité. Quand on lit le Coran, on s’aperçoit que tout ce qu’il dit est vrai ; que ses prédictions ne cessent de se réaliser, que ses enseignements ont pour seul objectif de conduire les hommes vers les idéaux auxquels ils aspirent, que ses exhortations se résument en l’adoration du Dieu unique et en l’accomplissement du bien. Le Coran inculque à l’homme ses devoirs vis-à-vis du Créateur et des créatures ; ce faisant, il vise à lui faire prendre conscience de soi, de sa raison d’être, à le ramener à sa vraie nature. La plupart de ses versets s’articule autour de ce thème central, celui de l’adoration de Dieu, considéré comme le fondement de l’existence et le pilier de la religion.

Par ailleurs, quand on jette un regard sur la Bible, on constate que la preuve du vrai prophète et du vrai message consiste tout simplement en l’appel au culte du Dieu unique. C’est le critère nécessaire pour reconnaître la véracité d’un message et d’un prophète. A ce propos, Dieu dit à Moïse :

« S’il s’élève au milieu de toi un prophète ou un songeur, qui t’annoncera un signe ou un prodige, et qu’il y ait accomplissement du signe ou du prodige dont il t’a parlé en disant : Allons après d’autres dieux, -des dieux que tu ne connais point- et servons-les ! tu n’écouteras pas les paroles de ce prophète ou de ce songeur, car c’est l’Eternel votre Dieu, qui vous met à l’épreuve pour savoir si vous aimez l’Eternel, votre Dieu, de tout votre coeur et de toute votre âme... Ce prophète ou ce songeur sera puni de mort, car il a parlé de révolte contre l’Eternel, votre Dieu... » (Dt 13.2-5)

Il me semble que vous avez porté un jugement hâtif sur le Coran, sans connaissance de cause ni vérifications préalables. Si vous examinez, d’une part, la manière dont les prophètes bibliques furent désignés et inspirés, et d’autre part le contenu du Coran et la signification de ses versets, logiquement vous ne pourrez pas ne pas reconnaître sa véracité.

A cet effet, je dois vous donner quelques exemples méthodiques pour vous amener à réfléchir sur cette question avant d’en tirer les conclusions utiles. De tout temps, Dieu a envoyé des messagers pour enseigner la vérité aux hommes. Depuis Noé jusqu’à Mohammed, il y a eu une suite ininterrompue de messagers, envoyés aux différentes communautés. Ces messagers humains, Dieu les choisit pour leur faire des révélations qu’ils transmettent ensuite à leurs peuples. Le Coran enseigne qu’il n’y a pas de communauté qui n’ait déjà eu un avertisseur (35.24).

Nous allons voir qu’il y a plusieurs moyens de communication des messages divins ; certains de ces moyens, comme le rêve par exemple, peuvent être accessibles à tout le monde. Néanmoins, la révélation (wahy) par l’ange messager ne concerne que les prophètes :

1- Désignation des Prophètes selon la Bible

Dieu désigne les prophètes selon les besoins du moment et en fonction de critères internes que Lui seul connaît. Ni les oeuvres, ni le savoir, ni la profession, ni l’âge ne sont des conditions nécessaires pour accéder à la prophétie. Cela dépend de la seule volonté de Dieu (Rm 9.10-13). Cette qualité n’est pas non plus héréditaire. Un prophète peut naître de parents infidèles comme c’était le cas d’Abraham, de même qu’il peut engendrer un ou des enfants infidèles comme Noé.

Jacob était élu en qualité de prophète, alors que son frère aîné Esaü n’a pas eu ce privilège.

Joseph était choisi parmi ses onze frères, les enfants de Jacob.

Moïse fut désigné prophète au milieu du peuple juif à l’âge de quatre-vingts ans. Aaron eut la prophétie à la demande de son frère Moïse qui voulait être assisté dans sa mission ; il était âgé de quatre-vingt-trois ans.

Peu de temps avant la mort de Moïse, Josué reçut l’ordre de se préparer pour prendre sa relève. (Dt 31.7,23 ; Jos.1) Samuel entendit une voix qu’il n’avait pas reconnue au début. Mais sur le conseil d’Eli, il répondit à cette voix, le désignant prophète. Tout Israël, de Dan à Beer-Schéba, sut que Samuel était établi prophète. (1S 3.1-21)

Samuel a oint Saul, le messie du Seigneur, de même qu’il donna l’onction à David qui reçut l’esprit du Seigneur à partir de ce jour-là. Saül envoya des gens pour prendre David ; ils furent saisis de l’Esprit de Dieu et se mirent à prophétiser. Il en envoya d’autres, puis encore d’autres qui devinrent tous des prophètes (1S 19.20-21).

Elisée, Amos et d’autres personnages, plus ou moins connus, étaient devenus subitement prophètes pendant que les uns gardaient les troupeaux, et les autres cultivaient les champs.

« L’Eternel m’a pris derrière le troupeau, et l’Eternel m’a dit : Va, prophétise à mon peuple d’Israël » (Amos 7.15).

Dans le temple, Esaïe vit le Seigneur et entendit une voix lui disant : « Va, et dis à ce peuple : Vous entendrez, et vous ne comprendrez point ; Vous verrez, et vous ne saisirez point. » (Es 6.9-10)

Zacharie vit un ange dans le sanctuaire pendant que les gens priaient au-dehors. Il eut une révélation à la suite de quoi, il devint prophète. Personne n’était témoin des révélations qui avaient été faites à ces prophètes, ni des visions qu’ils avaient eues ; personne ne connaissait cette assemblée de prophètes qui prophétisaient avec Samuel (1S.19.20), ni les soixante-dix anciens qui prophétisaient devant Josué (Nb 11.25), et pourtant tout le monde y a cru.

Quand Osée déclare que l’Eternel lui ordonna de prendre une prostituée qui lui enfanta deux fils et une fille(Os.1.2-9) ; lorsque le prophète Esaïe alla en Egypte nu et déchaussé par ordre du Seigneur(Es 20.2-4) ; lorsque Saül ôta ses vêtements et se jeta nu par terre devant Samuel (1S 19.24) ; quand Ezéchiel entendit une parole qui lui ordonna de faire cuire du pain sur un tas d’excréments humains (Ez 4.15), cela n’a pourtant pas entamé leurs qualités de prophètes ni la véracité des révélations qu’ils reçurent. Doit-on considérer pour autant qu’il s’agissait d’hallucinations ou de procédés sataniques ?

2- la révélation selon la Bible

a) la Vision en Rêve :

Le rêve occupe une place importante dans la Bible. La plupart des prophètes de l’Ancien Testament ont reçu des révélations par la voie du rêve. En effet, leurs visions étaient considérées comme des vérités divines ; c’est pourquoi, ils mettaient en exécution tout ce qu’ils voyaient en rêve.

« Après ces événements, la parole de l’Eternel fut adressée à Abraham dans une vision, et il dit : Abraham, ne crains point ; je suis ton bouclier, et ta récompense sera très grande » (Gn15.1)

De la même façon, Dieu s’adressa à Jacob :

« Dieu parla à Israël dans une vision pendant la nuit, et il dit : Jacob ! Jacob ! Israël répondit : Me voici ! Et Dieu dit : Je suis le Dieu, le Dieu de ton père. Ne crains point de descendre en Egypte, car là je te ferai devenir une grande nation. » (Gn 46.2-3)

Dieu appela Aaron et Marie et leur dit :

« Ecoutez bien mes paroles ! Lorsqu’il y aura parmi vous un prophète, c’est dans une vision que moi, l’Eternel, je me révélerai à lui, c’est dans un songe que je lui parlerai. » (Nb 12.6)

« La nuit suivante, la parole de l’Eternel fut adressée à Nathan : va dire à mon serviteur David : Ainsi parle l’Eternel : Est-ce toi qui me bâtirais une maison pour que j’en fasse ma demeure ? » (2S 7.4-5)

« Une parole est arrivée furtivement jusqu’à moi... Au moment où les visions de la nuit agitent la pensée. » (Job 4.12-13)

« Dieu parle cependant, tantôt d’une manière, tantôt d’une autre, et l’on n’y prend point garde. Il parle par des songes, par des visions nocturnes, quand les hommes sont livrés à un profond sommeil. » (Job 33.14-15)

« A Gabaon, l’Eternel apparut en songe à Salomon pendant la nuit, et Dieu lui dit : Demande ce que tu veux que je te donne. » (1R 3.5 ; 2Ch 1.7)

« Alors tu parlas dans une vision à ton bien-aimé, Et tu dis : J’ai prêté mon secours à un héros . » (Ps 89.20)

« J’ai parlé aux prophètes, J’ai multiplié les visions... » (Os 12.11)

« Le Seigneur, l’Eternel, m’envoya cette vision. » (Amos 7.4)

« L’Eternel dit à Gédéon pendant la nuit : Lève-toi, descends au camp, car je l’ai livré entre tes mains. » (Jg 7.9)

« L’Eternel m’adressa la parole, et il dit : écris une vision (dans une autre édition : écris la prophétie) » (Ha 2.2)

b) Audition de voix étranges :

L’homme entend une voix qui lui parle. Il ne voit pas l’auteur de cette voix laquelle surgit, tantôt d’une lumière ou d’une flamme de feu, tantôt d’une montagne ou de l’horizon. Dans un premier temps, il s’affole, il s’inquiète avant d’être rassuré et ramené au calme par cette même voix. Il peut s’agir de la Voix de Dieu ou de celle d’un ange, destinée à communiquer une révélation, un enseignement ou un avertissement.

« Moïse faisait paître le troupeau de Jéthro, son beau-père, prêtre de Madian ; et il mena le troupeau derrière le désert, et vint à la montagne de Dieu, à Horeb. L’ange de l’Eternel lui apparut dans une flamme de feu, au milieu d’un buisson. Moïse regarda ; et voici le buisson était tout en feu, et le buisson ne se consumait point. Moïse dit : je veux me détourner pour voir quelle est cette grande vision, et pourquoi le buisson ne se consume point. L’Eternel vit qu’il se détournait pour voir ; et Dieu l’appela du milieu du buisson, et dit : Moïse ! Moïse ! Et il répondit : Me voici ! Dieu dit : N’approche pas d’ici, ôte tes souliers de tes pieds, car le lieu sur lequel tu te tiens est une terre sainte. Et il ajouta : Je suis le Dieu de ton père, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob. Moïse se cacha le visage, car il craignait de regarder Dieu. » (Ex 3.1-6)

« Lorsque Moïse entrait dans la tente d’assignation pour parler avec l’Eternel, il entendait la voix qui lui parlait du haut du propitiatoire placé sur l’arche du témoignage, entre les deux chérubins. Et il parla avec l’Eternel. » (Nb 7.89)

« Et après le tremblement de terre, un feu : l’Eternel n’était pas dans le feu. Et après le feu, un murmure doux et léger. Quand Eli l’entendit, il s’enveloppa le visage de son manteau, il sortit et se tint à l’entrée de la caverne. Et voici, une voix lui fit entendre ces paroles : Que fais-tu ici, Elie ? Il répondit : J’ai déployé mon zèle pour l’Eternel, le Dieu des armées ; car les enfants d’Israël ont abandonné ton alliance, ils ont renversé tes autels, et ils ont tué par l’épée tes prophètes ; je suis resté, moi seul, et ils cherchent à m’ôter la vie... »(1R19.12-14)

« A cette vue, je tombai sur ma face, et j’entendis la voix de quelqu’un qui parlait. » (Ez 1.28)

« Le jeune Samuel était au service de l’Eternel devant Eli. La Parole de l’Eternel était rare en ce temps-là, les visions n’étaient pas fréquentes. En ce même temps, Eli, qui commençait à avoir les yeux troubles et ne pouvait plus voir, était couché à sa place, la lampe de Dieu n’était pas encore éteinte, et Samuel était couché dans le temple de l’Eternel, où était l’arche de Dieu.

Alors l’Eternel appela Samuel. Il répondit : Me voici ! Et il courut vers Eli, et dit : Me voici, car tu m’as appelé. Eli répondit : je n’ai point appelé ; retourne te coucher. Et il alla se coucher. L’Eternel appela de nouveau Samuel. Et Samuel se leva, alla vers Eli, et dit : Me voici, car tu m’as appelé. Eli répondit : Je n’ai point appelé, mon fils ; retourne te coucher. Samuel ne connaissait pas encore l’Eternel, et la parole de l’Eternel ne lui avait pas encore été révélée. L’Eternel appela de nouveau Samuel, pour la troisième fois. Et Samuel se leva, alla vers Eli, et dit : Me voici, car tu m’as appelé. Eli comprit que c’était l’Eternel qui appelait l’enfant, et il dit à Samuel : va, couche-toi ; et si l’on t’appelle, tu diras : Parle, Eternel, car ton serviteur écoute. Et Samuel alla se coucher à sa place. L’Eternel vint et se présente, et il appela comme les autres fois : Samuel, Samuel ! Et Samuel répondit : Parle, car ton serviteur écoute. Alors l’Eternel dit à Samuel : Voici, je vais faire en Israël une chose qui étourdira les oreilles de quiconque l’entendra. En ce jour j’accomplirai sur Eli tout ce que j’ai prononcé contre sa maison... » (1S 3.1-12)

« Et voici, une voix fit entendre des cieux ces paroles : Celui-ci est mon fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute mon affection. » (Mt 3.17 ; 17.5 ; Lc 9.35-36, Mc 9.7)

« Je fus ravi en esprit au jour du Seigneur, et j’entendis derrière moi une voix forte, comme le son d’une trompette, qui disait : je suis l’Alpha et l’Oméga, le premier et le dernier. » (Ap 1. 8,10-11)

c) Transmission des messages par les anges :

Dieu a également envoyé Ses messages par l’intermédiaire des anges. Au cours de leurs missions, ces derniers apparaissent sous divers aspects.

Parfois, l’ange se présente sous la forme d’un homme, parfois comme une lumière d’où surgit une parole, quelquefois comme un être avec des ailes, etc. Ces anges qui ont pour vocation de transmettre les messages de Dieu aux hommes, s’adressent aux prophètes dans leur propre langue. C’était le cas des prophètes : Abraham, Lot, Jacob, Ezéchiel, Daniel, Zacharie et bien d’autres :

« L’Eternel apparut à Abraham parmi les chênes de Mamré, comme il était assis à l’entrée de sa tente, pendant la chaleur du jour. Il leva les yeux, et regarda : et voici, trois hommes étaient debout près de lui. » (Gn 18.1-2)

« Un esprit passa près de moi...Tous mes cheveux se hérissèrent... Une figure d’un aspect inconnu était devant mes yeux. Et j’entendis une voix qui murmurait doucement... » (Job 4.15-16)

« Je regardai, et voici, c’était une figure ayant l’aspect d’un homme ; depuis ses reins en bas, c’était du feu, et depuis ses reins en haut, c’était quelque chose d’éclatant, comme de l’airain poli. Il étendit une forme de main, et me saisit par les cheveux de la tête... » (Ez 8.2-3)

« ...et voici, il y avait un homme dont l’aspect était comme l’aspect de l’airain ; il avait dans la main un cordeau de lin et une canne pour mesurer, et il se tenait à la porte. Cet homme me dit : Fils de l’homme, regarde de tes yeux, et écoute de tes oreilles !... » (Ez 40.3-4)

« Tandis que moi, Daniel, j’avais cette vision et que je cherchais à la comprendre, voici, quelqu’un qui avait l’apparence d’un homme se tenait devant moi. Et j’entendis la voix d’un homme au milieu de l’Ulaï ; il cria et dit : Gabriel, explique-lui la vision. Il vint alors près du lieu où j’étais ; et à son approche, je fus effrayé, et je tombai sur ma face. Il me dit : Sois attentif, fils de l’homme, car la vision concerne un temps qui sera la fin. » (Dn 8.15-17)

« Je parlais encore dans ma prière, quand l’homme, Gabriel, que j’avais vu précédemment dans une vision, s’approcha de moi d’un vol rapide, au moment de l’offrande du soir. Il m’instruisit, et s’entretint avec moi. Il me dit : Daniel, je suis venu maintenant pour ouvrir ton intelligence. Lorsque tu as commencé à prier, la parole est sortie, et je viens pour te l’annoncer ; car tu es un bien-aimé. » (Dn 9.21-23)

« L’Ange qui parlait avec moi revint, et il me réveilla comme un homme que l’on réveille de son sommeil. Il me dit : Que vois-tu ?... » (Za 4. 1-2)

« L’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, auprès d’une vierge fiancée à un homme de la maison de David, nommé Joseph. Le nom de la vierge était Marie. L’ange entra chez elle, et dit : Je te salue, toi à qui une grâce a été faite ; le Seigneur est avec toi. » (Lc 1.26-28)

d) L’inspiration :

L’inspiration est un procédé par lequel Dieu agit sur les facultés intellectuelles de l’homme en lui insufflant un esprit destiné à lui dicter ce qu’il faut dire et ce qu’il faut faire.

Dans ce cas, l’homme se transforme complètement, il devient en quelque sorte un instrument de réception et d’émission de la révélation divine ; il exprime la parole de Dieu et agit selon Sa volonté. Généralement, cet état ne dure que le temps de l’accomplissement de la mission ; Il est vrai que toute personne peut être exposée aux tentations sataniques ; dans certains cas, le Démon peut même pénétrer en l’homme et parler par sa voix.

Il convient, toutefois, d’observer l’énorme différence qu’il y a entre la tentation et la possession. La tentation est une incitation au mal par simple suggestion ou par ingérence dans la pensée ou dans la parole de quelqu’un, tandis que la possession traduit l’entrée ou l’incarnation du Démon dans le corps d’une personne, comme il l’a fait pour Judas le traître (Lc 22.3). Ces deux phénomènes sont fondamentalement différents de l’inspiration et de la révélation divines.

Certes, le Démon peut tenter tout un chacun, mais il ne lui est pas loisible de posséder n’importe qui ; il ne peut pas pénétrer dans un homme de foi et encore moins un prophète. En outre, l’insinuation diabolique agite violemment le possédé et le rend agressif, souvent hurlant et gesticulant, tandis que l’inspiration divine se déroule généralement dans le calme. Les propos proférés ou suggérés par le diable sont par nature malveillants et mensongers ; tandis que l’inspiration divine recommande le bien et enseigne la vérité ; de plus, le possédé est amnésique, il ne se rappelle jamais ce qu’il a dit, alors que l’inspiration reste gravée dans la mémoire de l’inspiré.

La Bible nous fournit une foule d’exemples du phénomène de l’inspiration :

« Il prit de l’Esprit qui était sur lui, et le mit sur les soixante-dix anciens. Et dès que l’Esprit reposa sur eux, ils prophétisèrent mais ils ne continuèrent pas. Il y eut deux hommes... qui étaient restés dans le camp, et sur lesquels l’Esprit reposa... et ils prophétisèrent dans le camp...

Un jeune garçon courut l’annoncer à Moïse.. Moïse lui répondit : Es-tu jaloux pour moi ? Puisse tout le peuple de l’Eternel être composé de prophètes, et veuille l’Eternel mettre son esprit sur eux ! ». (Nb 11.25-29)

« L’Esprit de l’Eternel fut sur lui. Il devint juge en Israël, et il partit pour la guerre. » (Jg 3.10)

« l’Esprit de l’Eternel parle par moi, Et sa parole est sur ma langue. » (2S 23.2)

« Alors l’Esprit de l’Eternel saisit au milieu de l’assemblée Jachaziel... » (2Ch 20.14)

« L’Esprit de Dieu m’a formé et le souffle du Tout-Puissant m’anime ».(Job 33.4)

« En entrant dans la ville, tu rencontreras une troupe de prophètes descendant du haut lieu, précédés du luth, du tambourin, de la flûte et de la harpe et prophétisant eux-mêmes. L’Esprit de l’Eternel te saisira, tu prophétiseras avec eux, et tu seras changé en un autre homme. Lorsque ces signes auront eu pour toi leur accomplissement, fais ce que tu trouveras à faire, car Dieu est avec toi...Dès que Saül eut tourné le dos pour se séparer de Samuel, Dieu lui donna un autre coeur, et tous ces signes s’accomplirent le même jour... L’Esprit de Dieu le saisit, et il prophétisa au milieu d’eux ». (1S 10.5-10)

« Dès qu’il m’eut adressé ces mots, l’Esprit entra dans moi et me fit tenir sur mes pieds ; et j’entendis celui qui me parlait. » (Ez 2.2)

« Mais moi, je suis rempli de force grâce à l’Esprit de l’Eternel. » (Mi 3.8)

« En ce temps-là, Jésus vint de Nazareth en Galilée, et il fut baptisé par Jean dans le Jourdain. Au moment où il sortit de l’eau, il vit les cieux s’ouvrir, et l’Esprit descendre sur lui comme une colombe. » (Mt 3.13 ; Jn 1.32)

« Il se rendit à Nazareth, où il avait été élevé, et, selon sa coutume, il entra dans la synagogue le jour du sabbat. Il se leva pour faire la lecture, et on lui remit le livre du prophète Esaïe. L’ayant déroulé, il trouva l’endroit où il était écrit : L’Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu’il m’a oint pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres ; il m’a envoyé pour guérir ceux qui ont le coeur brisé, pour proclamer aux captifs la délivrance, et aux aveugles le recouvrement de la vue, pour renvoyer libres les opprimés, pour publier une année de grâce du Seigneur. » (Lc 4.16-19)

« Quand le jour de la Pentecôte arriva, ils se trouvaient réunis tous ensemble... ils furent tous remplis d’Esprit Saint et se mirent à parler d’autres langues... Alors s’éleva la voix de pierre : Homme de Judée... ici se réalise cette parole du Prophète Joël : Alors, dans les derniers jours, dit Dieu, je répandrai de mon esprit sur toute chair, vos fils et vos filles seront prophètes, vos jeunes gens auront des visions, vos vieillards auront des songes ; oui, sur mes serviteurs et sur mes servantes en ces jours-là je répandrai de mon esprit. » (Ac 2.1-18)

3 - Révélation du Coran

Ceux qui ont réellement connu Mohammed et ceux qui ont sérieusement étudié sa personnalité, savent parfaitement les raisons pour lesquelles Dieu avait porté son choix sur lui. Dieu sait aussi que Son choix n’est pas fortuit : « Allah sait mieux où placer son message. » (Coran 6.124)

Dès son enfance, Mohammed se distinguait par ses hautes qualités morales : il n’adorait pas les idoles, ne mentait pas, ne volait pas, il s’abstenait de tout plaisir charnel, menant une vie d’ascèse, loin de la débauche de son milieu. Bien avant la mission, Il était un saint, connu pour son honnêteté, sa chasteté et sa pureté si bien qu’en peu de temps, il gagna l’estime et la confiance des gens. Surnommé le fidèle par les Arabes, Il devint le dépositaire de leurs biens et l’arbitre de leurs différends.

Avant de rencontrer pour la première fois l’ange Gabriel dans la grotte de Hira, Mohammed commença à avoir des visions, à entendre des appels ; ses rêves, disent les biographes, étaient ‘clairs comme l’aube’ ; tout ce qu’il voyait en songe était réalisé dans les faits.

Un jour, il confia à sa femme :

« aussitôt que je suis seul, j’entends une voix qui m’appelle ô Mohammed, ô Mohammed ; et ce n’est pas en sommeil, mais tout à fait réveillé que je vois une lumière céleste. Par Dieu, je n’ai jamais rien détesté plus que ces idoles et ces devins (kâhin). Est-ce que je suis devenu moi aussi un kâhin, un devin ? Celui qui m’appelle n’est-il pas un djinn ? »

Cette inquiétude était tout à fait justifiée parce que personne dans ce milieu pervers et idolâtre n’avait l’expérience de la révélation. Personne n’avait l’idée de l’ange messager. A cette époque, les Arabes excellaient dans la superstition et l’art divinatoire, c’était tout ce qu’ils savaient le mieux.

D’où la crainte de Mohammed d’être souillé par le courant des fausses croyances ou d’être considéré comme un possédé. C’est pour cette raison que Khadija préféra, plus tard, consulter un connaisseur en la matière, le chrétien Waraqah ibn Nawfal.

Il multiplia les retraites dans la caverne du Mont Hira où il se consacrait à l’adoration du Dieu Unique. Il prit l’habitude de rester longtemps dans l’isolement ; il ne rentra en ville que pour s’approvisionner en vivres. Au cours de la nuit qui précéda le 27° jour du mois de Ramadân, l’ange Gabriel lui apparut et dit : « Je suis l’ange Gabriel, Dieu m’a envoyé pour t’annoncer qu’Il t’a choisi comme messager. »

Puis l’ange lui apprit à faire ses ablutions et une fois purifié, il lui demanda de lire. Mohammed répondit qu’il ne savait pas lire. L’ange le prit dans ses bras, le serrant très fort avant de lui intimer de nouveau l’ordre de lire. Ce geste s’est répété trois fois. Ensuite, l’ange fait réciter au prophète ces premiers versets de la révélation :

« Lis au nom de ton Seigneur qui a créé ! Il a créé l’homme d’un caillot de sang. Lis ! Car ton Seigneur est le Très Noble, c’est Lui qui a enseigné par la plume. Il a enseigné à l’homme ce qu’il ne savait pas. »

Après avoir enseigné au prophète ces cinq versets, l’ange repartit. Quant à Mohammed, saisi de frayeur et d’inquiétude, il rentra précipitamment chez lui. Il raconta à Khadija ce qu’il lui fut arrivé. Quelqu’un de mauvaise foi aurait sans doute exploité cet événement... un autre se serait enflé d’orgueil. Bien au contraire, Mohammed eut peur car il ne s’attendait pas à un tel événement qui allait bouleverser sa vie et lui imposer une lourde responsabilité. Khadija le tranquilisa, sachant qu’un homme aussi vertueux que lui ne peut être l’objet de tentations sataniques.

Elle était presque sûre du caractère divin de l’événement compte tenu des grandes qualités de piété et de droiture de Mohammed. Elle a juré que Dieu n’avilit pas un homme comme lui avec tout le bien qu’il fait. Mais comme elle voulait lui faire partager l’assurance qu’elle ressentit, elle l’emmena chez son cousin Waraqah.

Celui-ci, étant un chrétien authentique dont la pensée n’était pas obscurcie par les préjugés de notre époque, se rendit compte qu’il ne pouvait s’agir que d’une révélation divine. Il savait distinguer entre la parole de vérité et le mensonge diabolique. Après l’avoir écouté, Waraqah le rassura que c’est l’être de la grande révélation qui était venu à Moïse.

Dés lors et sur la foi de ce témoignage, Khadija déclara sa croyance en la mission prophétique de Mohammed et fut ainsi la première femme musulmane.

Après ce premier message, Il y eut une interruption de la révélation qui dura deux ou trois ans, d’après al-Baïhaqi six mois seulement. Pendant ce temps, Mohammed se voua entièrement aux pratiques de prière et de culte ; il rompit les relations avec sa famille, il commença à coucher dans la cour de la Ka’bah. Malgré l’arrêt momentané de la révélation qui causa quelques chagrins au prophète, l’ange Gabriel continua néanmoins à lui réapparaître, lui confirmant sa qualité de prophète messager.

Khadija a rapporté : « Au début de sa mission, lorsqu’il me parla des visites de l’ange, je lui dis : Peux-tu me faire signe, lors d’une prochaine visite ? Un jour, il me dit : Le voilà qui apparaît ! Je dis à Mohammed de s’asseoir à ma droite, puis demandai : Le vois-tu ? Il dit : oui. Je le fis asseoir à ma gauche, devant moi et derrière moi, et je posai toujours la même question, il me répondit : oui. Ensuite je pris mon mari dans mes bras et tout à coup il dit : Non, je ne le vois plus. Je compris alors que c’était vraiment un ange, car le Diable ne se serait jamais éloigné de nous lors de notre intimité conjugale. »

L’interruption de la révélation fut une occasion d’ironie pour ses contempteurs qui lui faisaient remarquer que son Dieu l’avait abandonné ; c’est pour dissiper son chagrin que Dieu lui envoya ce message : « Par la clarté du jour ! Par la nuit quand elle s’étend ! Ton Seigneur ne t’a ni abandonné, ni détesté. Oui, la vie future est meilleure pour toi que celle-ci. Ton Seigneur t’accordera bientôt ses dons et tu seras satisfait... » 93.1-5

Un jour, il entendit une voix venant du ciel et quand il regarda, il vit l’ange assis dans une chaise emplissant l’espace entre le ciel et la terre. Il rentra tremblant chez lui et s’écria : Couvrez-moi ! Couvrez-moi ! Cet événement étant mentionné dans les premiers versets des Sourates 73 et 74.

Après cela, la révélation s’est poursuivie régulièrement. Elle se faisait de différentes manières. Parfois l’ange Gabriel prend la forme d’un homme, qui parle au prophète normalement, parfois il se présente sous l’aspect d’un être particulier avec des ailes, etc.

Quelquefois la révélation arrive directement dans la mémoire du prophète, accompagné d’un bruit sonore qui retentit dans ses oreilles ; cette épreuve est la plus dure ; selon les dires des compagnons qui l’ont vu dans cet état, le prophète se mettait à transpirer même en un jour très froid, il pesait très lourd à ce moment de sorte que s’il se trouvait sur sa chamelle, elle ne pouvait plus le porter : souvent elle s’agenouillait, sinon ses jambes se courbaient comme si elles allaient se briser.

Il y eut beaucoup de témoins parmi les compagnons qui ont observé ces événements pendant les 23 ans de la mission.

Abû Aroui Ad-douçi déclare avoir vu « la révélation descendre sur le prophète pendant qu’il était sur sa chamelle : elle commençait à écumer et ses bras s’entrelaçaient de telle sorte que j’ai pensé qu’ils se fracassent. La chamelle restait dans cet état jusqu’à ce que la lourdeur de la révélation eût été écartée du prophète dont la sueur tombait comme des perles. »

Al-Hareth ibn Hichâm interrogea le prophète sur la manière dont la révélation lui était faite, il répondit : « Quelquefois, elle me vient comme le retentissement d’une sonnerie : celle-là m’est la plus dure. Après m’avoir quitté, je retiens ce qu’elle m’a dit. Et quelquefois l’ange Gabriel se présente à moi sous l’aspect d’un homme parfait : il me parle et je comprends ce qu’il me dit ».

Au moment de la révélation, le prophète frémit intérieurement mais il restait calme et endurant, malgré le malaise qu’il ressentait ; parfois il s’allonge mais le plus souvent il restait assis, silencieux et immobile pendant la durée de l’épreuve, puis dès qu’il revient à l’état normal, le prophète récitait et faisait écrire par l’un de ses scribes la révélation qu’il venait de recevoir.

Obada ibn Essamet dit : « Quand la révélation descendait sur le prophète, il endurait la douleur et son visage se transfigurait. »

Zaïd ibn Thabet, un des scribes du prophète précise : « un jour je me trouvais auprès du messager de Dieu, posant sa cuisse sur la mienne, à cause de l’affluence dans la salle. Tout à coup l’état de révélation le saisit, et je sentais un poids écrasant qui devait briser mon fémur. Par Dieu, s’il ne s’était pas agi du messager de Dieu, j’aurais poussé des cris de douleur et retiré ma jambe. »

Une fois, alors que les fidèles étaient réunis dans la mosquée de Médine en compagnie du prophète, l’ange Gabriel leur apparut subitement sous l’aspect d’un homme inconnu. De cet événement, la tradition a retenu le récit de Umar ibn al-Khattab, ci-après :

« Un jour que nous étions assis en compagnie de l’Envoyé de Dieu - sur lui la Grâce et la Paix - un homme à la chevelure très noire, portant des vêtements d’un blanc éclatant, apparut. On ne distinguait sur lui aucune trace de voyage mais aucun de nous ne le connaissait. Il vint s’asseoir en face du prophète, genoux contre genoux et posa la paume de ses mains sur les cuisses du prophète. Puis il lui demanda : ‘‘O Mohammed ! Informe-moi au sujet de l’Islam’’ L’Envoyé de Dieu -sur lui la Grâce et la Paix- répondit : ‘‘L’Islam consiste à attester qu’il n’y a pas de divinité en dehors de Dieu et que Mohammed est l’Envoyé de Dieu ; à accomplir la prière, à s’acquitter de l’aumône légale ; à jeûner le mois de Ramadan et à accomplir le pèlerinage à la maison sacrée si tu en as la possibilité. Tu as dit vrai !’’ dit l’homme. Umar poursuivit : ‘‘Nous nous étonnâmes que, questionnant le prophète, il put l’approuver’’ L’homme reprit : ‘‘Informe-moi au sujet de la foi’’. ‘‘La foi consiste à croire en Dieu, en Ses anges, en Ses Livres, en Ses messagers, au Jour dernier, et à croire au Décret prédestinant le bien comme le mal’’ L’homme répéta : ‘‘Tu as dit vrai !’’ Il demanda encore : ‘‘Informe-moi au sujet de la perfection (Ihsân)’’. ‘‘Elle consiste à adorer Dieu comme si tu Le voyais, car si tu ne Le vois pas, Lui assurément te voit’’ Il demanda à nouveau : ‘‘Informe-moi au sujet de l’Heure’’. Le prophète répondit : ‘‘Celui qui est interrogé sur ce point n’est pas plus savant que celui qui l’interroge !’’ L’homme demanda alors : ‘‘Et quels en sont les signes précurseurs ?’’ ‘‘C’est, dit-il, quand la servante enfantera sa maîtresse et que tu verras des va-nu-pieds, mal vêtus, miséreux, pasteurs de moutons, rivaliser dans la construction de demeures élevées’’. Le personnage disparut et je demeurai perplexe. Alors le prophète me demanda : ‘‘O Umar ! Sais-tu qui me questionnait ?’’ Je répondis : ‘‘Dieu et Son Envoyé sont plus savants !’’ Il ajouta : ‘‘C’était Gabriel qui venait vous enseigner votre religion’’ Rapporté par Muslim.

Ainsi, l’examen des différents moyens par lesquels Dieu s’est adressé aux hommes, nous permet de constater que la révélation du Coran s’inscrit dans la tradition des anciennes révélations.

A l’exception cependant de ce fait particulier que le Coran exclut l’usage du rêve. A la différence de certains messages bibliques, il n’y a aucun verset du Coran qui eût été révélé par la voie du rêve. Dieu a-t-Il agi ainsi pour mettre Son dernier message à l’abri de tout soupçon ? Dieu sait mieux...

Il est certain que Satan peut tenter un prophète, comme ce fut le cas de Jésus (Lc 4.13 ; Mt 4.7), mais il ne peut pas parler par sa bouche. Les prophètes sont immunisés contre ce mal, compte tenu de leur position, de leur pureté et de leur dévouement. Quand on sait que le privilège d’immunité peut être accordé à des simples serviteurs, en raison de leur piété, l’on ne doit pas s’étonner que les prophètes, qui sont les agents de Dieu par excellence, fassent partie de la catégorie des protégés. Il incombe à Dieu de les mettre à l’abri de toutes agressions que ce soit de nature humaine ou satanique, surtout pendant l’exercice de leurs ministères. Les diables n’ont de pouvoir que sur ceux qui les suivent :

« Tu n’as aucun pouvoir sur mes serviteurs à l’exception de celui qui te suivra, parmi les dévoyés. » (Coran 15.42 ; 17.65 ; 34.21)

« Il n’a aucun pouvoir sur ceux qui croient et qui placent leur confiance en leur Seigneur. Il n’a de pouvoir que sur ceux qui le prennent pour maître et qui deviennent des associateurs à cause de lui » (Coran 16.99-100)

« Vous apprendrai-je sur qui descendent les diables ? Ils descendent sur tout calomniateur, pécheur. » (Coran 26.221-222)

« ...je leur enjoliverai le mal sur la terre et les égarerai tous, à l’exception de ceux de Tes serviteurs qui sont sincères. » 15.39-40

Il ressort de ces versets que Dieu a délimité le champ d’action de Satan. Ce dernier reconnaît lui-même son incapacité d’influencer les hommes de Dieu. Les deux dernières Sourates du Coran (113 et 114) sont des formules de protection ou d’exorcisme (selon le terme de l’Eglise) contre les maux provenant des mauvais esprits et des pratiques occultes, à savoir : l’envie, la sorcellerie, la tentation du Démon, le mauvais oeil. Dieu, par Sa Grâce et Sa miséricorde, nous a montré comment guérir ce mal, comment chasser les démons et comment se prémunir contre leurs tentations.

C’est pour cette raison que l’on doit prononcer la formule de protection antisatanique avant de lire le Coran : « Lorsque tu lis le Coran, demande la protection d’Allah contre le Démon banni. » (16.98)

Le prophète était infaillible pendant la transmission du message, le diable ne pouvait pas l’induire en erreur. Dieu a pris l’engagement de protéger Son message ; Il ne laisse pas le diable s’y immiscer (15.9 ; 41.42).

Quant au verset (7.199-200), il s’agit d’un précepte enseigné à la communauté des croyants par l’intermédiaire du prophète. D’après certains exégètes, citant Abdurrahmâne ibn Zaïd, lorsqu’il a été commandé au prophète d’accepter le pardon, d’ordonner le bien et de s’éloigner des ignorants (7.199), il dit : « Seigneur ! Et la colère », c’est alors que Dieu révèle ce verset, lui disant : « Et si jamais une tentation du diable te tente, cherche refuge auprès de Dieu. Car il entend, et sait tout » (7.200).

Dans son commentaire du Coran, Fakhr Eddine al-Râzi écrit : « il ressort de ce verset que Dieu le Très Haut lui dit : ‘‘il arrive que le diable fasse une ingérence dans ton coeur’’, de la même façon que lorsque il lui a dit : ‘‘Si tu donnes des associés à Allah, ton oeuvre sera certes vaine ; et tu seras très certainement du nombre des perdants’’ (39.65). Cela ne signifie pas qu’il a donné des associés à Allah. Et Il a dit : ‘‘S’il y avait dans le ciel et la terre des divinités autres qu’Allah, tous deux seraient certes dans le désordre’’(21.22) ; cela ne veut pas dire non plus qu’il y a des divinités autres que Dieu. A supposer que le diable aurait tenté le prophète (psl), la tentation ne met pas en cause son infaillibilité. Si le prophète avait cédé à la tentation, cela aurait pu entamer son infaillibilité. Le prophète (psl) a dit : ‘‘Tout être humain a un compagnon démoniaque’’. On l’interrogea : ‘‘Et toi, ô messager de Dieu ?’’. II dit : ‘‘Moi aussi, mais il s’est soumis grâce à Dieu’’.(dans une autre version : il ne me suggère que du bien). Ce discours, même s’il s’adresse au prophète, il constitue, néanmoins, une règle générale à tout homme responsable, car la formule du refuge auprès de Dieu, telle que nous l’avons citée, est un excellent antidote contre l’influence des tentations sataniques, c’est pour cela que le Très Haut a dit : Lorsque tu lis le Coran, demande la protection d’Allah contre le démon banni ».

Ainsi, à la différence de la tentation qui est une simple invite soudaine et passagère, l’emprise ou la possession démoniaque engendre des troubles psychiques semblables à ceux que l’on qualifie de névrose, d’hystérie ou de paranoïa.

Il s’agit de maladies mentales caractérisées par la brutalité des sujets atteints, souvent accompagnée de délires et de gestes incongrus. Les possédés sont des aliénés mentaux qui parlent et agissent inconsciemment. Au contraire des prophètes qui disent la vérité, les aliénés expriment des idées fausses, en totale opposition avec la réalité. Or, assimiler un prophète à un malade mental ou le saint Coran à un délire démentiel, c’est manquer de discernement.

L’oeuvre de Dieu est fondamentalement différente de celle de Satan.

En effet, le Coran est parfait et il s’identifie parfaitement à l’oeuvre de Dieu que nous connaissons à travers la création et les messages ; il est à l’opposé de tout ce qui peut s’apparenter à une oeuvre satanique. Il ne saurait être confondu avec la parole du diable, cela équivaudrait à confondre le bien et le mal, les ténèbres et la lumière, le jour et la nuit. Dieu assure que cette parole n’est pas celle d’un diable (81.25) et qu’elle n’a pas été descendue par les diables, cela leur est pratiquement impossible ( 26.210).

Par conséquent, vous pouvez avoir la certitude -je jure par Allah le Tout-Puissant- qu’il est la Parole de Dieu révélée à son messager par l’intermédiaire de l’ange Gabriel. Il est un extrait conforme de l’original céleste conservé sur la Table gardée (85.22). Il confirme la révélation antérieure contenue dans la Torah et l’Evangile et en constitue le parachèvement. Dieu a voulu sceller sa révélation par ce Livre inaltérable. Il y a une parfaite concordance entre le contenu du Coran et les enseignements de Jésus et des Prophètes bibliques. D’où les reproches faits aux gens du Livre, notamment aux chrétiens, de s’être détournés d’un message qui les concerne au premier chef.

4- Le Coran mène le combat contre Satan

Le Coran dénonce Satan de manière on ne peut plus virulente, le qualifiant d’ennemi juré de l’humanité. Il met à nu ses méfaits et exhorte les hommes à le combattre. Il contient 88 versets où Satan est mis à l’index, maudit, honni, condamné, considéré comme la plus abjecte des créatures.

Il est inconcevable que Satan puisse s’attaquer lui-même ou tenir des propos à son propre détriment, incitant les gens à le combattre, à le prendre pour ennemi, à ne pas le suivre, à se méfier de ses pièges, etc. Le Coran nous informe en termes explicites que Satan a toujours été et demeure la cause de notre perdition. Il ne cesse d’employer tous les moyens dont il dispose afin de nous éloigner de notre Créateur, de nous diviser, de nous dresser les uns contre les autres, de falsifier la Vérité, de nous barrer le chemin du Paradis et du succès éternel, et enfin de nous précipiter au Feu.

Or, dans le but de nous sauver, comme il l’a fait depuis toujours à travers les prophètes et les messages - qui du reste n’ont pas échappé aux artifices sataniques - Dieu nous fait don de Sa miséricorde à travers le Coran, considéré comme l’ultime moyen de sauvetage. Il suffit de méditer sur n’importe quel verset pour se convaincre de l’absolue impossibilité que Satan en soit l’auteur. A cet égard, voici quelques exemples de la position du Coran :

« Et (Allah) dit : « Sors d’ici ! Tu es banni ! Et malédiction sur toi jusqu’au jour du jugement ! » (Coran 15.34-35 ; 38.77)

« Combattez donc les alliés du diable, car la ruse du diable est vraiment faible. » (Coran 4.76)

« Le diable est pour vous un ennemi. Prenez-le donc pour ennemi. » (35.6 ; 18.50 ; 43.62 ; 12.5 ; 7.22)

« Et dis à Mes serviteurs d’exprimer les meilleures paroles, car le diable sème la discorde parmi eux. Le diable est certes, pour l’homme, un ennemi déclaré. » (17.53)

« ...et ne suivez point les pas du diable, il est votre ennemi déclaré. » 2.168, 208 ; 6.142 ; 24.21

« Et quiconque prend le diable pour allié au lieu de Dieu subit une perte évidente. » 4.119

« le diable vous fait craindre la pauvreté ; il vous ordonne des turpitudes ; tandis qu’Allah vous promet un pardon et une grâce. » 2.268

« Celui qui a le diable pour compagnon n’a qu’un détestable compagnon ! » 4.38

« Le diable veut susciter parmi vous l’hostilité et la haine au moyen du vin et du jeu de hasard. Il veut ainsi vous détourner de l’invocation de Dieu et de la prière. » 5.91

« Ô fils d’Adam ! Que le diable ne vous tente pas, comme il a fait sortir du Paradis vos père et mère, leur arrachant leur vêtement pour leur rendre visibles leurs nudités. » 7.27

« Le diable les a dominés et leur a fait oublier le rappel d’Allah. Ceux-là sont le parti du diable et c’est le parti du diable qui sont assurément les perdants. » 58.19

« Le diable veut les jeter dans un profond égarement. » 4.60

« Et le diable ne leur fait que des promesses trompeuses. » 4.120 ; 17.64

« Et si jamais le diable t’incite à faire le mal, cherche refuge auprès d’Allah. Car Il entend, et sait tout. » (41.36)

5- Le Coran ordonne le bien et Satan incite au mal

Dieu aime le bien et ordonne le bien, tandis que Satan incarne le mal et incite au mal. Le péché sous toutes ses formes est d’origine satanique. Ainsi le meurtre, le suicide, la méchanceté, la jalousie, la haine, la perfidie, l’hypocrisie, la trahison, l’égoïsme, l’avarice, la malhonnêteté, l’orgueil, le racisme, le mensonge, la division, les perversions sexuelles, le vol, la fraude, le gaspillage, l’agressivité et les injustices de toutes sortes, l’alcoolisme, la drogue, les jeux de hasard, l’amour de l’argent et du pouvoir, l’athéisme, l’incrédulité, l’idolâtrie, le polythéisme, l’animisme, l’associationnisme, etc.tous ces maux, et bien d’autres encore, sont par essence le domaine de Satan. Ce sont ses armes de combat dans ce bas monde. Son rôle consiste à masquer la vérité et à plonger les hommes dans le péché. Car Satan est un être déchu et il veut entraîner les hommes dans sa chute. Si ce dernier devait écrire ou inspirer un livre, c’est sur ces thèmes qu’il devrait centrer son discours.

Il ne peut pas enseigner autre chose que le mal. Le Coran, en revanche, exhorte les hommes à faire le bien, davantage de bien et à éviter le mal :

« Cherchez à vous surpasser les uns les autres dans les bonnes oeuvres » (2.148 ; 5.48 ; 3.114,133 ; 23.61)

« Ô vous qui croyez ! Inclinez-vous, prosternez-vous, adorez votre Seigneur et faites le bien afin que vous réussissiez. » (22.77)

« Ceux qui ont cru en Dieu et au jour dernier, ceux qui font le bien : voilà ceux qui trouveront leur récompense auprès de leur Seigneur. ils n’éprouveront plus alors aucune crainte, ils ne seront pas affligés. » (2.62 ; 2.25,82 ; 2.277 ; 3.57 ; 4.57,122-124 ; 4.173 ; 5.9 ; 5.69 ; 7.42 ; 10.4,9 ; 11.11,23 ; 14.23 ; 16.97 ; 17.9 ; 18.2,30,107 ; 18.88 ; 19.60,96 ; 20.75,82,112 ; 21.94 ; 22.14,23,50,56 ; 29.7-9,58 ; 30.15,45 ; 31.8 ; 32.19 ; 34.4,37 ; 35.7 ; 38.28 ; 40.40 ; 41.8 ; 42.22-26 ; 45.21,30 ; 47.2,12 ; 48.29 ; 64.9 ; 65.11 ; 84.25 ; 85.11 ; 95.6 ; 98.7 ; 103.3)

Il revient souvent sur l’expression : « Adorez Dieu et ne Lui donnez aucun associé », considérée comme le principe de la religion et le credo de tous les prophètes. De là et sous ce seul rapport, on peut s’assurer qu’il émane de Dieu, car c’est Dieu qui aime les hommes et leur veut du bien ; Satan n’a rien à voir avec un discours contraire à sa propre stratégie ; un discours qui met en échec ses complots et qui dresse l’humanité contre lui. Le Coran cherche à rassembler autour du Créateur sinon tous les hommes, au moins tous les croyants pour faire barrage à Satan. D’où ses multiples appels à la fraternité, à l’unité, à la paix, à la foi, au respect du pacte, à la crainte et à l’adoration du Dieu unique sur la base d’une religion unique. Il déclare que tous les hommes sont égaux et qu’il n’y a pas de races ni de catégories supérieures à d’autres. Le seul critère de préférence aux yeux de Dieu est la sincérité de la foi, matérialisée dans la parole et dans l’action :

« Ô hommes ! Nous vous avons crées d’un mâle et d’une femelle, et Nous avons fait de vous des peuples et des tribus, afin que vous vous entre-connaissiez. Le plus noble d’entre vous, auprès d’Allah, est le plus pieux. » 49.13

« Ô hommes ! Craignez votre Seigneur qui vous a créés d’un seul être, puis, de celui-ci, il a créé son épouse et Il a fait naître de ce couple un grand nombre d’hommes et de femmes... » 4.1 ; 22.1 ; 31.33

« Ô hommes ! Le messager vous a apporté la vérité de la part de votre Seigneur. Croyez donc ; c’est un bien pour vous. » 4.170

« Ô hommes ! Certes une preuve évidente vous est venue de la part de votre Seigneur. Et Nous avons fait descendre sur vous une lumière éclatante. » 4.174 ; 10.108

« Ô hommes ! Une exhortation vous est venue, de votre Seigneur, une guérison pour les coeurs malades, un guide et une miséricorde pour les croyants. » 10.57

L’unicité de la religion est évoquée dans plusieurs versets, notamment ceux-ci :

« Ô vous qui croyez !Craignez Dieu de la crainte qu’Il mérite. Ne mourez qu’étant soumis à Lui. Attachez-vous tous, fortement, au pacte (corde) de Dieu ; ne vous divisez pas. » 3.102-103

« Il vous a légiféré en matière de religion, ce qu’il avait prescrit à Noé, ce que Nous t’avons révélé et ce que Nous avions prescrit à Abraham, à Moïse et à Jésus : « Etablissez la religion et n’en faites pas un sujet de divisions. » 42.13

« Et voilà mon chemin dans toute sa droiture, suivez-le donc ! Et ne suivez pas les chemins qui vous éloignent de Sa voie. » Voilà ce qu’Il vous enjoint. Ainsi atteindrez-vous la piété. » (6.153)

Il indique aux hommes le chemin du succès dans ce monde et dans la vie future. Il enseigne la décence, la retenue, l’abstinence, la sobriété, la modération dans toute chose. Il recommande avec insistance l’honnêteté, l’impartialité et la droiture :

« Craignez Allah et parlez avec droiture. » 33.70 ; 4.9

L’obligation de respecter l’engagement et de rendre les dépôts à leurs ayants-droit est mentionnée plusieurs fois dans le Coran :

Restituez les dépôts à leurs ayants-droit (4.58 ; 2.283 ; 8.27) ;

respectez l’engagement (16.91 ; 17.34),

respectez les pactes (5.1) ;

soyez avec ceux qui sont sincères (9.119).

D’après le Coran, la piété consiste entre autres vertus à respecter l’engagement (2.177) ;

Ceux qui honorent leurs engagements et qui prennent soin des dépôts qui leur sont confiés, font partie des bienheureux (23.8)

Dieu a préparé un pardon et une énorme récompense pour ceux et celles qui Lui sont soumis, qui sont croyants, pieux, sincères, patients, qui craignent Dieu, qui L’invoquent, qui font l’aumône, qui jeûnent, qui sont chastes... (33.35) ;

L’humilité est considérée comme l’une des caractéristiques des serviteurs de Dieu :

« Les serviteurs du Tout Miséricordieux sont ceux qui marchent humblement sur la terre et qui disent « Paix » aux ignorants qui s’adressent à eux. »(25.63)

« Cette Demeure dernière, Nous la réservons à ceux qui ne recherchent, ni à s’élever sur terre, ni à y semer la corruption. Cependant l’heureuse fin appartient aux pieux. » (28.83)

« Et ne foule pas la terre avec orgueil : tu ne sauras jamais fendre la terre et tu ne pourras jamais atteindre la hauteur des montagnes ! » (17.37 ;31.18)

« Allah n’aime pas le prétentieux, l’arrogant. » (4.36)

Il enseigne la bonté, la générosité, la courtoisie, le respect d’autrui, la bienfaisance, l’assistance et l’aide aux proches, aux mendiants, aux pauvres, aux malades, aux veuves aux orphelins, aux prisonniers, etc. Il exalte les mérites de ceux qui repoussent le mal par le bien (13.22) et ordonne de faire de même :

« La bonne action et la mauvaise ne sont pas pareilles. Repousse (le mal) par ce qui est meilleur... » (41.34 ; 23.96)

« Et sois bienfaisant comme Allah a été bienfaisant envers toi. » 28.77 ;3.172 ; 5.93

« Et faites le bien. Car Allah aime les bienfaisants. » (2.195)

« A ceux qui agissent en bien est réservée la meilleure (récompense) et même davantage. » 10.26 ; 16.30 ;39.10 ;53.31

Le Coran loue ceux qui font l’aumône dans l’aisance et dans la gêne, ceux qui pardonnent aux hommes et ceux qui maîtrisent leur colère : ils auront en échange « le pardon de leur Seigneur et un Jardin large comme les cieux et la terre. » (3.133-134)

Les règles de la politesse mentionnées dans le Coran s’étendent aux différentes manières de parler, de marcher, de se comporter envers les gens, etc :

« Usez de bonnes paroles envers les gens » (2.83)

« Et discute avec eux de la meilleure façon » (16.125)

« Et ne discutez que de la meilleure façon avec les gens du Livre. » (29.46)

« Allah n’aime pas que l’on profère des paroles méchantes... » (4.148)

« Ô vous qui croyez ! N’entrez pas dans des maisons autres que les vôtres sans demander la permission et sans saluer ses habitants. » (24.27-29 ; 24.61)

« La piété ne consiste pas à pénétrer dans vos maisons par derrière...Entrez dans les maisons par leurs portes. » (2.189)

« Si on vous fait une salutation, saluez d’une façon meilleure ; ou bien rendez-la (simplement). » (4.86)

« Sois modeste dans ta démarche, et baisse ta voix, car la plus désagréable des voix, c’est bien la voix des ânes. » (31.19)

L’homme bon, indique le Coran, est celui qui donne la nourriture pour l’amour de Dieu au pauvre, à l’orphelin, au captif (76.8).

L’aumône est imposée non seulement à titre de charité, mais comme un droit aux pauvres légalement exigible des riches (51.19 ; 9.103).

« Celui qui, pour l’amour de Dieu, donne de son bien à ses proches, aux orphelins, aux pauvres, à l’enfant du chemin (ibn essabil), aux mendiants, et pour le rachat des captifs. » (2.177)

« Il vous rendra tout ce que vous avez dépensé (dans le bien) et c’est Lui le Meilleur des donateurs. » (34.39 ; 2.3 ; 2.195 ; 2.254 ; 2.262,265,272,273,274 ; 3.134 ; 8.3 ;8.60 ; 14.31 ; 22.35 ; 28.54 ; 32.16 ; 42.38 ; 57.7,10 ; 63.10 ; 64.16)

« Vous n’atteindrez la (vraie) piété que si vous donnez en aumône de ce que vous aimez » (3.92).

« Ceux qui dépensent leurs biens dans le chemin de Dieu sont semblables à un grain qui produit sept épis ; et chaque épis contient cent grains. Et Dieu multiplie la récompense à qui Il veut, la Grâce de Dieu est immense, et Il est Omniscient. » (2.261)

Autant, il fait l’éloge des bienfaisants, de ceux qui se privent pour donner aux autres (59.9 ; 64.16), autant il condamne l’avarice, l’égoïsme, la cupidité :

« Que ceux qui gardent avec avarice ce que Dieu leur donne par Sa Grâce, ne comptent point cela comme bon pour eux. Au contraire, c’est mauvais pour eux : au jour de la résurrection, on leur attachera autour du cou ce qu’ils ont gardé avec avarice. » (3.180)

« Celui qui est avare, est avare à son propre détriment » (47.38 ; 4.37 ; 9.34,76 ; 104.1-3 ; 89.19- 20)

Le gaspillage est placé sur le même rang que l’avarice et pareillement condamné ; le Coran prône la modération dans les dépenses :

« Et donne au proche parent ce qui lui est dû ainsi qu’au pauvre et à l’enfant du chemin (ibn essabil). Et ne gaspille pas indûment. Car les gaspilleurs sont les frères des diables ; et le diable est très ingrat envers son Seigneur. » (17.26-27 ;6.141 ;7.31 ;26.151)

« Ne porte pas ta main enchaînée à ton cou (par avarice), et ne l’étend pas non plus trop largement, sinon tu te retrouverais honni et misérable. » (17.29 ;25.67)

Le Coran prescrit la miséricorde envers toutes les créatures et incite les musulmans à affranchir les esclaves (90.13-17 ; 4.92 ; 5.89 ; 58.3)

Il recommande la patience, l’endurance dans les épreuves. Le mot patience y est cité 104 fois. Il précise que le croyant est investie d’une mission difficile ; la voie droite qu’il emprunte est parsemée d’embûches. La vie elle-même est un champ d’épreuves, un terrain de combat. Or, seule l’endurance permet au croyant d’affronter les rudes épreuves, tout en gardant le moral sans faire de concessions au sujet de sa foi et sans désespérer. L’adoration de Dieu exige de la patience ; la résistance aux interdits et aux tentations exige de la patience ; préserver sa foi dans un monde corrompu et rebelle exige de la patience ; les difficultés de la vie, les provocations des gens sont autant de choses qui exigent de la patience :

« Ô vous qui croyez ! Soyez patients ! Encouragez-vous mutuellement à la patience ! Luttez constamment et craignez Allah afin que vous réussissiez » (3.200)

« Ô vous qui croyez ! Prenez aide dans la patience et dans la prière ! Dieu est avec les patients » (2.45,153)

« et s’encouragent mutuellement à la patience, et s’encouragent mutuellement à la mansuétude. » (90.17

« Les patients recevront leur incommensurable récompense. » (39.10)

« Ceux qui sont patients dans l’adversité, le malheur et au moment du danger : voilà ceux qui sont justes ! Voilà ceux qui sont pieux ! » (2.177)

« Et soyez patients, car Dieu est avec les patients. » (8.46,66 ;3.146)

« Et si vous patientez, cela est meilleur pour les patients. » (16.126 ;4.25)

« Quiconque craint et patiente... Et très certainement, Allah ne fait pas perdre la récompense des bienfaisants. » (12.90)

« Et sois patient. Car Allah ne fait pas perdre la récompense des bienfaisants. » (11.115 ; 16.127 ; 18.28 ; 20.130)

« et qui endurent dans la recherche de l’agrément d’Allah, accomplissent la salât et dépensent (dans le bien), en secret et en public, de ce que Nous leur avons attribué, et repoussent le mal par le bien. A ceux-là, la bonne demeure finale. » (13.22)

« Oui, Nous donnerons leur récompense à ceux qui ont été patients, en fonction de leurs meilleures actions. » (16.96,42 ; 25.75 ; 28.54 ; 29.59 ; 76.12)

Les patients, ceux qui résistent aux épreuves, aux agressions, qui pardonnent au lieu de se venger, c’est-à-dire qui, s’abandonnant à la Justice de Dieu, ne font pas justice à eux-mêmes, sont également comblés d’éloges dans le Coran :

« Pratique le pardon ; ordonne le bien ; écarte-toi des ignorants. » (7.199)

« Pardonnez et oubliez jusqu’à ce que Dieu vienne avec Son Jugement. » (2.109)

« Pardonne-leur donc et oublie (leurs fautes). Car Dieu aime, certes, les bienfaisants. » (5.13)

« Et celui qui patiente et pardonne fait montre des meilleures résolutions. » 42.43 ; 31.17 ; 3.186

« Qu’ils pardonnent et oublient. N’aimez-vous pas que Dieu vous pardonne ? Et Allah est Pardonneur et Miséricordieux ! » (24.22 ; 4.149)

« Mais quiconque pardonne et réforme, son salaire incombe à Allah. Il n’aime point les injustes. » 42.40

Il interdit le sarcasme, la médisance, le doute, la suspicion, l’espionnage, voire les conversations secrètes en présence d’autres personnes 58.8-10 ; 49.11-12

Il interdit la calomnie 33.58 ; 24.15-17,

le mensonge 22.30 ; 25.72 ; 40.28,

le vol (60.12 ; 5.38),

la fornication, l’homosexualité et l’adultère 17.32 ; 25.68 ; 26.165-66 ; 7.81 ; 27.55.

La continence, affirme le Coran, est l’une des qualités des serviteurs de Dieu.

Il fait de la bonté envers le père et la mère un devoir sacré, d’où l’obligation pour l’homme de porter assistance à ses parents et de les traiter avec respect même s’ils professent une religion différente de la sienne :

« Ton Seigneur a décrété que vous n’adoriez que Lui. Il a prescrit la bonté à l’égard de vos père et mère. Si l’un d’entre eux ou bien tous les deux ont atteint la vieillesse près de toi, ne leur dis pas : « Fi ! », ne les repousse pas, adresse-leur des paroles respectueuses. Incline vers eux, avec miséricorde, l’aile de l’humilité et dis : « Mon Seigneur ! Sois Miséricordieux envers eux, comme ils l’ont été envers moi, lorsqu’ils m’ont élevé quand j’étais un enfant. » (17.23-24 ; 2.83 ; 4.36 ; 6.151 ; 31.14 ; 46.15)

Il recommande la coopération et l’entraide dans la piété et l’accomplissement des bonnes oeuvres, et non pas dans le péché et la transgression (5.2).

Il interdit l’usure, la fraude et ordonne de donner le poids et la mesure exacts :

« Malheur aux fraudeurs qui, lorsqu’ils achètent quelque chose exigent la pleine mesure ; mais lorsqu’ils mesurent ou qu’ils pèsent pour les autres, ils trichent. » (83.1-4)

« Donnez le poids et la mesure exacts...Lorsque vous parlez, soyez équitables même s’il s’agit d’un proche parent. Soyez fidèles au pacte de Dieu. » (6.152 ; 11.85 ; 17.35 ; 26.182 ; 55.9)

« Ô vous qui croyez ! Ne pratiquez pas l’usure produisant plusieurs fois le double. Et craignez Allah afin que vous réussissiez ! » (3.130)

« Alors qu’Allah a rendu licite le commerce, et illicite l’intérêt. » (2.275-278)

Dans le but de préserver la foi, la santé et l’économie, il interdit les impuretés alimentaires, porteuses de germes infectieux, comme le sang, la viande de porc, la bête morte (5.3 ; 16.115) l’alcool, les pratiques divinatoires et le jeu de hasard :

« Ô vous qui croyez ! Le vin, le jeu de hasard, les pierres dressées et les flèches divinatoires sont une abomination et une oeuvre du diable. Evitez-les, afin que vous réussissiez »(5.90-91)

Il fait interdiction aux croyants de s’approprier injustement les biens des autres, au moyen du dol, de la ruse, du mensonge, de l’escroquerie, de la corruption ou tout autre moyen illicite (2.188 ; 4.29).

Le Coran s’élève violemment contre le désordre et la corruption, désignés par le terme ‘fassâd’. Ce terme implique l’idée de guerre, de destruction de l’environnement et de tout ce qui touche à la vie des êtres, c’est-à-dire la faune et la flore. Ceux qui sèment le désordre sur la terre sont vilipendés, honnis, qualifiés de criminels par le Coran :

« Il en est parmi les hommes dont la parole concernant le vie de ce monde te plaît. Il prend Dieu à témoin du contenu de son coeur ; mais c’est un querelleur acharné. Dès qu’il te tourne le dos, il s’efforce de semer le désordre sur la terre et saccager culture et bétail. Et Allah n’aime pas le désordre. » (2.204-205)

Il informe que les peuples de ‘Aad, de Thamûd, les Pharaons et d’autres, étaient des fauteurs de désordre, ils furent durement châtiés à cause de cela (89. 6-14 ; 28.4).

Il abhorre la guerre, l’injustice et l’agression : N’agressez pas, Dieu n’aime pas les agresseurs (2.190 ; 5.87 ; 7.55).

« Chaque fois qu’ils allument un feu pour la guerre, Dieu l’éteint. Et ils s’efforcent de semer le désordre sur la terre, alors que Dieu n’aime pas les semeurs de désordre. » (5.64)

« Malheur aux injustes ! A cause du châtiment d’un jour douloureux » (43.65)

« Ne pense pas que Dieu est inattentif aux actions des injustes. Il leur accorde un délai jusqu’au jour où leurs regards se figeront. » (14.42)

« Ne vous appuyez pas sur les injustes : sinon le Feu vous atteindrait -vous n’avez pas de défenseur autre que Dieu- et vous ne seriez pas secourus. » (11.113 ; 2.270)

« Et les visages s’humilieront devant le Vivant, Qui subsiste par Lui-même, et malheureux sera celui qui se présentera, chargé d’une injustice. » (20.111 ; 3.151,192 ;5.29,72 ;7.41,44 ; 14.22 ; 18.29 ; 21.29 ; 25.27,37 ; 30.57 ; 34.31,42 ; 40.52 ; 42.8,21,44 ; 39.47 ; 43.65 ; 51.59 ; 76.31)

« Nous avons fait périr avant vous des générations (Cités) lorsqu’elles se montrèrent injustes. » (10.13 ; 2.59 ; 7.126,165 ; 11.67, 94,102 ; 18.59 ; 21.11 ; 22.45, 48 ; 23.27 ; 25.19 ; 27.52, 85 ;29.14 ; 39.51 ; 52.47)

« Les injustes ne réussissent pas » (6.21, 47, 93, 135 ; 12.23 ; 28.37 ;)

« Dieu n’aime pas les injustes » (3.57, 140)

« Le recours n’est possible que contre ceux qui sont injustes envers les hommes et commettent des abus, contrairement au droit, sur la terre : ceux-là auront un châtiment douloureux. » (42.42)

S’adressant aux croyants, le Coran leur demande de se réconcilier et de concilier les gens, d’établir la concorde entre les hommes (4.129 ; 8.1 ;49.9-10), de rechercher la paix, d’entrer massivement en paix :

« Ô vous qui croyez ! Entrez tous dans la paix ; ne suivez pas les pas du Démon : il est votre ennemi déclaré. » 2.208

« La plupart de leurs entretiens ne comportent rien de bon, sauf la parole de celui qui ordonne une charité, un bien notoire ou une conciliation entre les gens. Nous donnerons bientôt une récompense sans limites à celui qui agit ainsi avec le désir de plaire à Dieu. » (4.114)

« Et n’usez pas du nom d’Allah, dans vos serments, pour vous dispenser de faire le bien, d’être pieux et de réconcilier les gens. Et Allah est Audient et Omniscient » (2.224).

La notion de justice occupe une place centrale dans le Coran. C’était le principal motif de l’envoi des messagers (2.213 ; 57.25).

Le Coran insiste beaucoup sur l’obligation de pratiquer la justice dans tous les domaines de la vie et envers tout le monde, y compris envers ou contre soi-même. La justice étant l’acte le plus proche de la piété.

Le Coran exhorte les hommes à faire régner cette vertu fondamentale qui conditionne la paix, la concorde et le bien-être. Elle doit prévaloir dans les faits et dans la parole, en cas de témoignage, de jugement, d’arbitrage, de partage des richesses, voire dans les conversations courantes. Etre juste envers soi-même, c’est éviter de nuire à son corps et à son esprit, d’être la cause de sa propre destruction, de sa propre ruine, que ce soit dans la vie présente ou dans la vie future.

Appliquer la justice contre soi-même, c’est reconnaître ses torts tant envers le Créateur qu’envers les créatures et, dans la mesure du possible, les réparer. Dieu nous a créés pour L’adorer (51.56). Or, refuser de Le reconnaître, de L’adorer ou Lui associer une autre divinité est une injustice envers soi-même susceptible d’entraîner le châtiment (31.13). Le suicide est un acte d’injustice contre soi-même car la vie ne nous appartient pas. Nous appartenons, corps et âme, à Dieu (2.156), même si certains ne veulent pas reconnaître cette réalité. La vie étant un dépôt que Dieu a confié à l’homme pendant un laps de temps pour en faire le meilleur usage.

L’homme a seulement l’usus de sa personne (son corps et son âme), il n’en a pas l’abusus, c’est-à-dire il ne peut pas en disposer. Ce qui implique aussi que l’homme ne doit pas se ruiner par la consommation de produits toxiques comme la drogue ou les boissons alcoolisées. La justice envers les tiers suppose que l’on soit correct et sincère dans nos relations avec les gens, de ne pas porter atteinte aux droits et aux libertés des autres, de s’abstenir de toute agression, que ce soit par les actes ou par la parole.

Au cours de nos activités quotidiennes, publiques ou privées, nos témoignages, nos jugements, nos décisions et toutes nos actions doivent être justifiées, sincères et impartiales. On ne doit pas se laisser influencer par des pressions ou des considérations d’ordre politique, religieux, personnel ou autres. Nos actes ne doivent pas être dictés par des sentiments de haine ou de discrimination pour des motifs de race, de couleur, de langue, de religion, d’origine ethnique, de fortune, ou autres motifs.

C’est dans ce sens que le Coran conçoit l’idée de justice. Une justice sublime, noble et parfaite ; une justice digne de son nom, qui ne fait point de distinction entre les êtres humains. C’est bien cette justice que le Coran entend établir quand il déclare que la haine, l’animosité ou l’aversion pour un peuple ne doivent pas servir de motifs de vengeance, de déni de droit ou de justice :

« Ô vous qui croyez ! Tenez-vous fermes et équitables comme témoins devant Dieu, en pratiquant la justice. Que la haine envers un peuple ne vous incite pas à commettre des injustices. Soyez justes ! La justice est proche de la piété ! Craignez Dieu ! Dieu est parfaitement informé de ce que vous faites. » (5.8)

« Ô vous qui croyez ! Pratiquez avec constance la justice et soyez fidèlement témoins comme Dieu l’ordonne, fût-ce contre vous-mêmes, contre vos père et mère ou proches parents. Qu’il s’agisse d’un riche ou d’un pauvre, Dieu a la priorité sur eux deux. Ne suivez pas les passions au détriment de la justice. Si vous portez un faux témoignage ou si vous le refusez, sachez que Dieu est bien informé de ce que vous faites. » (4.135)

« Dieu vous ordonne de restituer les dépôts et de juger selon la justice, lorsque vous jugez entre les hommes. » (4.58)

« Et quand vous parlez, soyez équitables même s’il s’agit d’un proche parent. Et remplissez votre engagement envers Dieu. » (6.152)

« Oui, Dieu ordonne l’équité, la bienfaisance et l’assistance aux proches. Et Il interdit la turpitude, l’acte répréhensible et la rébellion. Il vous exhorte afin que vous vous souveniez. » (16.90)

« Et si tu juges, alors juge entre eux avec équité. Car Dieu aime ceux qui jugent équitablement. » (5.42)

« Soyez équitables ! Dieu aime ceux qui sont équitables !. » (49.9 ; 60.8 ; )

« Dis : « Mon Seigneur a commandé l’équité. Que votre prosternation soit exclusivement pour Lui » (7.29)

Le Coran pose le principe du respect de la vie humaine. Le meurtre et le suicide sont l’objet d’une interdiction absolue. Il considère celui qui tue une âme, comme s’il avait tué tout le monde, et celui qui la sauve comme s’il avait sauvé tout le monde (5.32).

Il précise que la vie est sacrée et que personne n’a le droit d’y attenter, sauf pour une raison légitime, c’est-à-dire dans le cadre d’une peine légale, prononcée conformément à la loi du talion, et même dans ce cas, le pardon est préférable à la sanction (5.45 ; 42.40).

« Et ne vous tuez pas vous-mêmes. Allah est Miséricordieux envers vous. » (4.29)

« Ne tuez pas vos enfants pour cause de pauvreté... Ne tuez pas injustement la vie que Dieu a rendu sacrée... » (6.151 ; 17.31-33 ; 4.93).

Les serviteurs du Miséricordieux sont ceux qui ne commettent pas le meurtre que Dieu a interdit (25.68).

Dans ce contexte, il me paraît important de citer quelques passages du discours d’adieu, prononcé par le prophète sur le mont d’Arafat lors de son dernier pèlerinage. En effet, c’est au prophète qu’incombe au premier chef la mission d’interprétation du Coran (16.44,64 ; 59.7) :

« Louange à Dieu : nous Le louons, nous Lui demandons secours, nous implorons Son pardon, et nous rentrons vers Lui ; et nous cherchons protection auprès de Dieu contre les vices de nos âmes et contre les maux de nos actions ; Quiconque est guidé par Dieu, nul ne l’égare ; et quiconque Il égare, nul ne peut le guider. J’atteste qu’il n’y a point de divinité en dehors de Dieu, Lui seul qui n’a aucun associé ; et j’atteste que Mohammed est Son esclave et Son messager.

Je vous prescris, ô serviteurs de Dieu, la crainte de Dieu, et je vous invite à Son obéissance. Je cherche ainsi à commencer par ce qui est le mieux. O peuple, écoutez que je vous explique, car je ne sais pas si je pourrai encore vous rencontrer ici, après cette année. O peuple, en vérité votre sangs, vos biens et vos honneurs sont inviolables jusqu’à la rencontre de votre Seigneur, aussi inviolable que ce jour-ci, en ce mois-ci, dans ce lieu-ci ; -Ai-je donc fait parvenir (le message) ? O Dieu, témoigne-le.

Or, quiconque reçoit un dépôt, qu’il le rende à celui qui le lui avait confié. Et l’intérêt (usure) du temps de l’Ignorance est aboli, mais vous avez le droit sur vos capitaux : ne soyez ni oppresseurs ni opprimés. Dieu a décrété qu’il n’y a pas d’intérêt. Et le premier intérêt, par lequel je commence, c’est l’intérêt de mon oncle Abbâs ibn ‘Abd al-Muttalib. Et les sangs (meurtres) du temps de l’Ignorance sont supprimés ; et le premier sang par lequel je commence, c’est le sang de (mon neveu) ‘Amir ibn Rabi‘ah ibn al-Harith ibn ‘Abd al-Muttalib (dont un fils a été assassiné). Et les dignités du temps de l’Ignorance sont abolies, sauf la garde (de la Ka‘bah) et la charge d’abreuver (les pèlerins).

Et le meurtre intentionnel sera puni par le talion ; et le meurtre quasi-intentionnel, où l’on tue par un bâton ou par une pierre, cela coûtera cent chameaux (comme prix du sang). Quiconque exigerait davantage, serait des gens du temps de l’Ignorance. Ai-je donc fait parvenir (le message) ? O Dieu, témoigne-le. Ô peuple, Satan a, en vérité, désespéré d’être adoré dans votre terre ; mais il sera heureux d’être obéi dans des choses autres que celle-là : dans ceux de vos actes que vous considérez comme sans valeur. Prenez donc garde à lui pour votre religion...

Craignez Dieu en ce qui concerne les femmes, et assurez-leur le meilleur traitement. Ai-je donc fait parvenir (le message) ? O Dieu, témoigne-le ? Ô peuple, en vérité, les Croyants sont des frères. Et les biens d’un frère sont inviolables sauf de son bon gré. Ai-je donc fait parvenir (le message) ? O Dieu, témoigne-le. Ne redevenez donc pas mécréants après moi, les uns frappant les cous des autres. Et en vérité, j’ai laissé auprès de vous de quoi empêcher l’égarement : le Livre de Dieu et la Tradition de Son prophète. Ai-je donc fait parvenir (le message) ? O Dieu, témoigne-le.

Ô peuple, en vérité, votre Seigneur est un, et votre ancêtre est un : vous descendez tous d’Adam, et Adam était (créé) de terre. Le plus digne d’entre vous auprès de Dieu est celui qui Le craint le plus. Et aucun arabe n’a une supériorité sur un non-Arabe, sauf par la piété. Ai-je donc fait parvenir (le message) ? O Dieu, témoigne-le. Sur quoi la foule répondit : ‘‘Oui’’. Et lui d’ajouter : o vous tous présents, faîtes parvenir (ce message) aux absents. Ô peuple, en vérité, Dieu a fixé pour chaque héritier sa portion d’héritage : il n’est donc pas permis de faire un testament en faveur d’un héritier (en plus de sa portion fixe). Et le testament en faveur d’un étranger ne doit pas dépasser le tiers (de la totalité de l’héritage). »

Ce discours a été prononcé du haut du Mont de la Miséricorde à Arafat, le vendredi 9 Dhu’l-Hijjah, en l’an 10 H. Le même jour, il reçut la dernière révélation annonçant la fin de sa mission :

« Aujourd’hui, J’ai parachevé pour vous votre religion et accompli sur vous Mon bienfait. Et J’agrée l’Islam comme religion pour vous. » (5.3)

Le prophète rentra ensuite à Médine où il mourut quelques mois après.

6 - Argumentation

Ce ne sont là que quelques exemples des beaux enseignements du Coran. Il n’y a pas dans ce Saint Livre autre chose que l’appel à l’adoration de Dieu, à l’accomplissement des bonnes oeuvres, à la justice, à la fraternité, à l’union, à la réconciliation, à l’entraide, à la paix, à la piété, à la clémence, à l’humilité, au désintéressement, à la modération, bref à tout ce qui peut conduire l’homme, tous les hommes, au succès, au bonheur et au salut tant dans la vie présente que dans la vie future. Ce message étant le couronnement des différents messages que Dieu nous a envoyés comme preuve de Son amour pour nous et, à mon avis, il ne saurait y avoir de preuve plus forte que celle concrétisée dans ces enseignements.

Maintenant, c’est à nous de démontrer que nous sommes dignes de cet amour, que nous l’avons mérité. Ce n’est malheureusement pas le cas pour la majorité d’entre nous.

En ce qui concerne le prophète Mohammed, il est bien évident qu’il n’est pas un innovateur parmi les prophètes (46.9). Il se situe dans la droite ligne des grands messagers, ceux qui ont posé les fondements de la vraie religion et appelé à l’adoration du Dieu Unique. Il n’a fait que confirmer et parachever les messages antérieurs. Jésus l’avait annoncé clairement quand il a dit : « J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais vous ne pouvez pas les porter maintenant.

Quand le consolateur sera venu, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans toute la vérité ; car il ne parlera pas de lui-même, mais il dira tout ce qu’il aura entendu, et il vous annoncera les choses à venir. Il me glorifiera, parce qu’il prendra de ce qui est à moi, et vous l’annoncera » (Jn 16.12-15). Cette prophétie est claire comme l’eau de roche ; il n’est même pas besoin d’y réfléchir pour comprendre qu’elle s’applique au Coran et à Mohammed.

Cela signifie que la période des messages était en cours, que d’autres commandements allaient suivre, que l’activité prophétique n’avait pas pris fin, qu’ils allaient être conduits dans toute la vérité par celui qui glorifie Jésus et qui ne parlera pas de lui-même : la vérité sur l’histoire des prophètes et des peuples anciens, la vérité sur les messages depuis Noé, sur la foi et le culte, la vérité sur la mort et les tourments de la tombe, sur la fin du monde, sur le Paradis et l’Enfer, sur le jugement dernier, sur l’univers et les mystères de la Création, sur Satan et les Djinns, sur Dieu et Ses attributs, la vérité sur Jésus, sa naissance, son message, sa non-crucifixion, son retour sur la terre, etc.

« Et quand il sera venu, il confondra le monde en matière de péché, de justice et de jugement. » (Jn 16.8-10)

Dans les versets qui suivent, Jésus explique pourquoi le consolateur confondra le monde. Si on veut savoir comment le Coran a confondu le monde en matière de péché, de justice et de jugement, il suffit de le lire attentivement. Jésus ne voit pas en Mohammed un rival ou un concurrent, il le considérait comme son continuateur, son successeur, son soutien, un membre de la famille prophétique. C’est pour cette raison qu’il a précisé : ‘‘il rendra témoignage de moi’’... ‘‘il me glorifiera’’.

Et c’est vrai qu’il a rendu témoignage de lui et l’a glorifié dans une multitude de versets et de Hadiths. Les prophètes ont une conception de la vie différente de la nôtre ; ils ne pensent pas comme nous. Aux yeux de Jésus, les prophètes sont considérés sur un pied d’égalité, qu’il s’agisse de Moïse, d’Esaïe, de Jean Baptiste ou de Mohammed, ils sont tous des frères, membres de la même famille. Il n’a de préférence pour aucun d’entre eux. En parlant ainsi, Jésus savait pertinemment que la Torah (le pentateuque) et l’Evangile ne contenaient pas toute la vérité.

En plus du fait qu’ils étaient incomplets, il savait qu’ils étaient ou qu’ils allaient être en partie altérés. Il était parfaitement conscient du fait que ceux qui osaient assassiner les prophètes, ne reculaient devant rien ; ils étaient capables de tout, même la falsification des Ecritures, et c’est la moindre des choses. Sinon quelle est cette vérité que Jésus a voulu surseoir à la venue du Consolateur si ce n’est le Coran ?

Lorsque Jean Baptiste proclamait dans le désert : « Convertissez-vous : le Royaume des cieux s’est approché » (Mt 3.2), c’est à la descente du Coran, Loi de Dieu par excellence, qu’il faisait allusion. On ne peut pas interpréter le règne ou le royaume de Dieu autrement que par Son message, Sa loi. Cette prophétie ne saurait s’appliquer à Jésus parce queJésus lui-même l’avait prêchée, une fois Jean Baptiste livré. (Mt 4.17, 23)

Il est superflu de revenir sur la prophétie du Deutéronome, cette question a été suffisamment débattue au cours de nos échanges, toutefois il me paraît opportun de rappeler à l’occasion quelques prophéties d’Esaïe.

Comme vous le savez, Esaïe est un grand prophète dont les oracles et les prédictions ont touché plusieurs domaines. Il est connu pour son franc-parler et sa fermeté dans la défense de la vérité et de la justice. Il a dénoncé sans ambages l’oppression, l’arrogance, l’avidité des richesses (Es 5.8), la luxure, l’orgueil, les boissons enivrantes (Es 3.16-24 ; 5.11-12,22), la corruption des juges (Es 5.23 ; 10.1-2), les injustices commises au détriment des plus faibles (Es 3.12-15 ; 10.2), etc.

De même qu’il a prophétisé sur Jésus, Esaïe a fait des prophéties en parfaite concordance avec le message de l’Islam et le prophète Mohammed. A titre d’exemple, je me contente de vous en citer quelques-unes :

« Voici mon serviteur, que je soutiendrai, Mon élu, en qui mon âme prend plaisir. J’ai mis mon esprit sur lui ; Il annoncera la justice aux nations... Il annoncera la justice selon la vérité Il ne se découragera point et ne se relâchera point, jusqu’à ce qu’il ait établi le justice sur la terre, et que les îles espèrent en sa loi » (Es 42.1-5)

L’Esprit de Dieu est Sa Parole. Dans cette prédiction, le mot ‘esprit’ désigne le Coran, comme cela est clairement défini dans ce verset : « Et c’est ainsi que Nous t’avons révélé un esprit (le Coran) provenant de notre ordre. » (Coran 42.52)

Cette prophétie ne peut s’appliquer à Jésus pour la simple raison qu’elle parle d’un serviteur de Dieu et non du fils ni de l’Esprit de Dieu. Mohammed est maintes fois désigné sous le titre de serviteur de Dieu dans le Coran.

« Iles et habitants des îles ! Que le désert et ses villes élèvent la voix ! Que les villages occupés par Kédar élèvent la voix ! Que les habitants des rochers tressaillent d’allégresse ! » (Es 42.11)

Les îles et leurs habitants sont les peuples de la péninsule arabique. Ce qui confirme précisément le lieu où va naître le prophète attendu, c’est la mention du mot désert. Or, l’Arabie est une presqu’île désertique. De surcroît, ajoute la prophétie, le pays du prophète attendu est le pays de Kédar. Celui-ci est le fils d’Ismaël qui habitait en Arabie avec ses frères (Gn 25.13-16).

« Que du sommet des montagnes retentissent des cris de joie ! Qu’on rende gloire à l’Eternel, Et que dans les îles on publie ses louanges. » (Es 42.11-12)

L’expression « et que dans les îles on publie ses louanges », montre qu’il s’agit bel et bien de la Mecque où le Nom de Dieu est invoqué en permanence par des millions de pèlerins qui s’y rendent continuellement pour le petit et le grand pèlerinage.

« ils reculeront, ils seront confus, ceux qui se confient aux idoles taillées, ceux qui disent aux idoles de fonte : vous êtes nos dieux ! » (Es 42.17)

Les ennemis du prophète attendu étaient des idolâtres et des polythéistes. Tout le monde sait que la Mecque était la capitale des idoles. Le prophète Mohammed avait purifié ce lieu saint, vaincu les idolâtres et détruit les idoles.

« L’Eternel s’avance comme un héros, Il excite son ardeur comme un homme de guerre ; Il élève la voix, Il jette des cris, Il manifeste sa force contre ses ennemis. » (Es 42.13)

Il est clair que la prophétie évoque les grandes batailles de l’Islam. Menées au nom de Dieu et sur son ordre, ces batailles avaient pour but de repousser la violence des incroyants :

« Combats dans le sentier d’Allah, tu n’es responsable que de toi-même, et incite les croyants (au combat). Allah arrêtera certes la violence des incroyants. Allah est plus redoutable en force et plus sévère en punition. » (Coran 4.84)

Effectivement, c’était Dieu qui conduisait le combat et qui ‘‘s’avance comme un héros’’. Le Coran dit : « Ce n’est pas vous qui les avez tués : mais c’est Dieu qui les a tués. Ce n’est pas toi qui lançais les traits quand tu les lançais, mais c’est Dieu qui lançait. » (8.17)

« Le désert et le pays aride se réjouiront ; La solitude s’égaiera, et fleurira comme un narcisse... ils verront la gloire de l’Eternel... Alors s’ouvriront les yeux des aveugles, S’ouvriront les oreilles des sourds... Car des eaux jailliront dans le désert, Et des ruisseaux dans la solitude ; Le mirage se changera en étang, Et la terre desséchée en sources d’eaux... Il y aura là un chemin frayé, une route, Qu’on appellera la voie sainte ; Nul impur n’y passera ; elle sera pour eux seuls ; Ceux qui la suivront, même les insensés, ne pourront s’égarer. » (Es 35.1-9)

« Je ferai marcher les aveugles sur un chemin qu’ils ne connaissent pas, je les conduirai par des sentiers qu’ils ignorent ; je changerai devant eux les ténèbres en lumière, et les endroits tortueux en plaine : voilà ce que je ferai, et je ne les abandonnerai point » (Es 42.16)

Ces prophéties sont si bien parlantes qu’elles se passent de commentaires. Les aveugles, les sourds et les insensés dont il est question étaient les Arabes qui habitaient le désert. Ils étaient tellement plongés dans la barbarie et l’ignorance qu’ils fussent comparés à des insensés, des aveugles et des sourds-muets. Ils sont appelés ainsi dans plusieurs passages de la Bible, exemple : « Ils ont excité ma jalousie par ce qui n’est point Dieu, ils m’ont irrité par leurs vaines idoles ; Et moi, j’exciterai leur jalousie par ce qui n’est point un peuple, Je les irriterai par une nation insensée. » (Dt 32.21)

Ce passage fait clairement allusion à la nation arabe au sein de laquelle Dieu a prévu de placer Son règne, c’est-à-dire : Son message, Sa loi. Depuis l’avènement de l’Islam, ils ont recouvré la raison, l’ouïe et la vue. Le désert n’est plus un désert, il est fabuleusement transformé en champs de culture, en prairies verdoyantes. Le mirage s’est effectivement changé en étang, et la terre desséchée en sources d’eaux. L’eau y devient abondante. De grands forages y ont été réalisés en plus des usines de dessalement qui ont permis l’exploitation des eaux de mer à des fins domestiques et agricoles. Le désert est en passe de disparaître dans les pays du Golfe et surtout en Arabie Saoudite. La route ou la voie sainte est incontestablement la route de la Mecque. C’est la route qui mène à la Mosquée sainte, située dans la cité sainte. Cette cité est interdite aux idolâtres, considérés comme impurs par le Coran. Esaïe dit : « Nul impur n’y passera ; elle sera pour eux seuls ». Le Coran corrobore les dires de ce prophète en affirmant : « ô vous qui croyez ! Les idolâtres ne sont qu’impureté : qu’ils ne s’approcheront donc plus de la Mosquée sacrée, après cette année-ci. » (Coran 9.28)

« Car la loi sortira de moi, Et j’établirai ma loi pour être la lumière des peuples, Ma justice est proche, mon salut va paraître, Et mes bras jugeront les peuples ; Les îles espéreront en moi, Elles se confieront en mon bras. » (Es 51.4-6)

La nouvelle loi susmentionnée est le Coran. Elle ne sera pas limitée au peuple d’Israël comme la loi de Moïse, mais une lumière pour tous les peuples du monde. Elle prend appui sur le pouvoir islamique qui symbolise le pouvoir de Dieu ou ‘les bras de l’Eternel’.

Il est vrai que le prophète Esaïe a prédit beaucoup de choses sur Jésus ainsi que sur Jérusalem ; il est hors sujet d’en parler ici. Mais concernant les prédictions ci-dessus, il ne fait aucun doute qu’elles se rapportent toutes à l’Islam et au prophète Mohammed. La preuve en est que les mots tels que les îles, Qédar, le désert, le changement du désert en sources jaillissantes, les idoles, la guerre, les aveugles, la voie sainte interdite aux impurs, la loi nouvelle qui sera une lumière pour tous les peuples, le disent assez explicitement.

Tous ces termes désignent la Mecque, le désert d’Arabie, le prophète Mohammed (descendant de Qédar), le Coran comme lumière et loi nouvelles et enfin l’Islam d’une manière générale. D’autant plus que le Coran -c’est-à-dire la Loi de Dieu ou le règne de Dieu dont parlent ces différentes prophéties- est déjà appliqué dans de nombreux pays. Son application s’étendra sans doute à une grande partie sinon à l’ensemble de l’humanité dès le retour de Jésus. Qu’il soit présentement bien ou mal appliqué, c’est en tout cas un autre problème.

*** Lors de votre conférence le 31 Mai dernier à Ouaga -que j’ai beaucoup appréciée- je me suis réjoui de vous entendre mentionner au passage le Schilo. J’attendais avec impatience le développement de la question mais en vain. En effet, d’après certains auteurs musulmans, cette prophétie ne s’applique pas à Jésus.

Dans Genèse 49.10, on peut lire ceci : « Le sceptre ne s’éloignera pas de Juda, ni le bâton souverain d’entre ses pieds, jusqu’à ce que vienne le repos, et que les peuples lui obéissent. »

Il faut noter que la traduction de certains termes de la prophétie diffère d’une édition à l’autre, de sorte que dans certaines Bibles, le mot Schilo a été traduit par repos, le bâton (de commandement) par le sceptre, l’insigne du législateur par le bâton souverain.

Le sceptre étant le pouvoir, le règne ou l’autorité. La prophétie affirme que le pouvoir ou le règne demeure dans Juda jusqu’à ce que vienne le Schilo. Après sa venue, le pouvoir ou le règne lui sera transféré et les peuples lui obéissent.

Les auteurs en question estiment que ces deux données, c’est-à-dire l’obéissance des peuples et le transfert du règne de Juda à ce personnage, ne s’appliquent pas à Jésus. Non seulement, Jésus n’a pas été obéi, mais aussi le pouvoir n’a pas quitté Juda en son temps.

« En revanche, ces données s’appliquent parfaitement au Prophète Mohammad... Quand nous examinons les interprétations données par les savants au terme ‘‘Schilo’’ nous constatons qu’elles s’appliquent parfaitement au Prophète Mohammad. Dans une note réservée à ce terme, dans la nouvelle version Segond, édition ‘‘Alliance biblique universelle’’, Paris 1978 p.54 il est écrit : ‘‘Chilo’’ : ‘‘le sens de ce mot reste mystérieux, comme on peut en juger par les versions et les interprétations modernes :‘‘Celui à qui appartient’’le bâton de commandement ; ‘‘Celui qui doit être envoyé’’ ; le pacifique ; le dominateur ; un cadeau pour lui ; ou encore, toute la phrase étant lue : jusqu’à ce que le tribut lui soit apporté. On considère en général que cette prédiction a un sens messianique. » Selon ces critères, il est peu probable que cette prophétie concerne Jésus, à moins qu’elle ne vise la deuxième période de sa carrière, après son retour. Dans ce cas, on peut en discuter.

Pour revenir à l’objet de notre propos, je dois vous rappeler que Satan mène un combat acharné contre le Coran et c’est de bonne guerre, étant donné le perpétuel conflit entre le vrai et le faux. Ce qui est regrettable est le fait que des hommes soient engagés avec lui. Satan a bien distribué les rôles à ses alliés en fonction de leurs capacités et de leurs faiblesses. Il a mis l’homme qu’il faut à la place qu’il faut et à chaque proie, un piège approprié, compte tenu des sensibilités, des conditions et des tempéraments respectifs.

Aux uns, il enseigne l’athéisme, aux autres l’idolâtrie et le polythéisme, à d’autres le péché, le crime et l’effusion de sang ; à d’autres encore, il fait croire qu’il est le Dieu Créateur ; au sein des communautés religieuses, il sème la division en suscitant les querelles doctrinales pour les faire éclater en sectes ; il trouve le moyen de dissuader les chercheurs de la vérité, de les en détourner en leur susurrant que le Coran est faux.

Pour ce faire, il fait appel à des intellectuels dont il connaît les aptitudes et les penchants favorables à l’accomplissement de cette tâche. Il les assiste et les encourage en leur insinuant les idées adéquates. Ces derniers, croyant obéir à leur conscience, voire à la raison, se trouvent engagés dans un combat pour la cause de Satan et dont ils ne tirent aucun profit. Ces malheureux esclaves ne savent pas que leur maître à penser leur apprend des choses, des idées et des croyances auxquelles lui-même ne croit pas.

Ils ne savent pas que Satan est un grand croyant. Au jour du jugement, il se moquera d’eux avant de les rembarrer : c’est de votre faute, leur dira-t-il, je n’ai pas employé la force contre vous, j’ai seulement lancé un appel et vous m’avez répondu (14.22 ; 59.16 ; 50.21-27).

Ainsi, par agents interposés, il est allègrement parvenu à discréditer la vérité et accréditer le mensonge, ce qui a entraîné des conséquences désastreuses. Le discrédit du Coran est la suite logique d’un ancien complot non sans rapport avec les manoeuvres de falsification des Ecritures et dont les chrétiens sont les premières victimes.

En tout cas, il est certain que parmi les gens du Livre, les chrétiens ont subi le plus de dégâts, comme s’ils étaient particulièrement visés. Dans le dessein de les faire dévier, on a déformé l’essentiel de la mission de Jésus et ils furent induits en erreur. Pour commencer, on a fait disparaître l’Evangile authentique, puis on a déclaré apocryphes et détruit pas mal d’Evangiles fiables ; et nous connaissons la suite...

Les juifs, au contraire, ont atteint leur objectif. Ils sont étroitement associés à ces manoeuvres demeurées, somme toute, sans impact réel sur la religion musulmane. Les musulmans ont toujours fait preuve d’une foi inébranlable en leur Livre sacré. D’ailleurs, le succès que représente l’évolution de l’Islam malgré les attaques dont il est la cible, ne fait que renforcer leur conviction de l’existence d’un soutien de la part de Dieu. Sinon comment expliquer qu’une religion puisse se développer ainsi dans des circonstances loin de lui être favorables ? C’est grâce à l’appui de Dieu, bien sûr ! En réalité, les atteintes à l’intégrité des messages de Dieu sont légion.

Ils remontent loin dans le temps. Mais Dieu, par Sa Grâce, Sa Miséricorde et Son Amour envers nous, n’a pas cessé d’intervenir pour nous remettre sur le droit chemin. Les prophètes et les messages successifs avaient pour seul objectif de déblayer et de retracer le chemin de Dieu, obstrué par les flots d’ordures, de fautes humaines. Après maintes opérations d’entretien et de nettoyage par les prophètes, Dieu décida de s’en occuper Lui-même. Dans les derniers temps, Il a procédé au déblayage définitif du chemin ; puis Il a placé sur les bas-côtés des barrières de protection de manière à rendre impossible toute tentative de destruction, d’obstruction ou de déviation. Cet ouvrage des derniers temps s’appelle le Coran, il est inaltérable. Quel est le rôle de Jésus dans cette gigantesque entreprise ? Il a accompli, entre autres missions, une mission extraordinaire qu’il devra confirmer dès son retour. Son avènement a marqué un grand tournant dans l’histoire de l’humanité.

Jésus a opéré un changement spectaculaire dont on n’a pas encore évalué l’ampleur. Il était à la fois un symbole de rupture et de continuité du message. Une mission aussi délicate ne pouvait certainement pas être confiée à n’importe quel messager. Jésus a, d’une part, marqué la rupture du message - la fin de la Loi- avec les fils d’Israël et, d’autre part, annoncé sa continuité mais par un autre canal. Il est comparable à un pont qui enjambe un fleuve séparant deux continents. Un pont qui relie deux routes : l’ancienne, celle des messages bibliques et la nouvelle, celle du Coran. Jésus est un relais entre deux étapes différentes, deux nations différentes, deux histoires différentes, deux religions différentes dont il a opéré la jonction et la fusion, les rapprochant ainsi des origines abrahamiques.

Il a commencé l’oeuvre d’unification de la religion et des hommes en vue d’un retour aux sources, oeuvre qu’il devra parachever à son retour, selon la volonté de Dieu. Il a notifié aux enfants d’Israël le Décret mettant fin à leurs fonctions de chargés de mission. Il n’a pas manqué d’indiquer les motifs de cette décision. Loin d’être arbitraire, la décision était motivée, légitime et fondée. C’est pour cette raison notamment que les juifs l’ont combattu. S’ils pouvaient lui faire tomber le ciel sur la tête, ils le feraient.

Dès lors qu’il leur a signalé la perte d’un privilège qui était le leur depuis des siècles, ils le prirent en horreur au point de réclamer sa tête. Pourtant, Jésus leur a dit la vérité en affirmant : « C’est pourquoi, je vous le dis, le royaume de Dieu vous sera enlevé, et sera donné à une nation qui en rendra les fruits. » (Mt 21.43).

Il s’agit du dessaisissement des juifs et du transfert du message aux arabes. Ce n’est pas le lieu de discuter les raisons de ce transfert et je crois que vous êtes parfaitement au courant de cela. En un mot, les juifs n’ont pas rempli convenablement leur mission. Ils se mirent à violer les commandements de Dieu, à assassiner Ses prophètes, à entraver la diffusion de Ses messages, à agir contrairement à Sa volonté, plus grave encore ils ont privatisé, fermé Ses voies d’accès.

A ce sujet, la parabole de la vigne est éminemment significative :

« Un homme planta une vigne. Il l’entoura d’une haie, creusa un pressoir, et bâtit une tour ; puis il l’afferma à des vignerons, et quitta le pays. Au temps de la récolte, il envoya un serviteur vers les vignerons, pour recevoir d’eux une part du produit de la vigne. S’étant saisis de lui, ils le battirent, et le renvoyèrent à vide. Il envoya de nouveau vers eux un autre serviteur ; ils le frappèrent à la tête, et l’outragèrent. Il en envoya un troisième, qu’ils tuèrent. Il avait encore un fils bien-aimé ; il l’envoya vers eux le dernier, en disant : ils auront du respect pour mon fils. Mais ces vignerons dirent entre eux : Voici l’héritier ; venez, tuons-le, et l’héritage sera à nous. Et ils se saisirent de lui, le tuèrent, et le jetèrent hors de la vigne. Maintenant, que fera le maître de la vigne ? Il viendra, fera périr les vignerons, et il donnera la vigne à d’autres.

N’avez-vous pas lu cette parole de l’Ecriture : La pierre qu’ont rejetée ceux qui bâtissaient est devenue la principale de l’angle ; c’est par la volonté du Seigneur qu’elle l’est devenue, et c’est un prodige à nos yeux ?... Quiconque tombera sur cette pierre s’y brisera, et celui sur qui elle tombera sera écrasé » (Mc 12.1-12 ; Lc 20.9-18 ; Mt 21.33-42)

Voilà résumé le comportement des vignerons (les juifs) vis-à-vis du propriétaire (Dieu) et de ses serviteurs (les messagers). Dans cette parabole, la vigne symbolise le règne ou le royaume de Dieu, c’est-à-dire Sa loi, Son message, qui devaient être diffusés et appliqués, c’est le sens de l’expression ‘‘Rendre les fruits’’.

Or, les juifs l’ont détournée à leur profit, n’ayant pas rendu les fruits conformément aux conditions du fermage. Il y a, dans ce cas, au moins deux infractions graves : violation de contrat et abus de confiance. Par ces motifs, Dieu était fondé à résilier le Contrat, expulser les anciens fermiers et installer d’autres qui en rendraient les fruits.

En d’autres termes : le canal israélite s’est avéré grippé, inefficace ; Dieu a donc choisi un autre canal, sans pour autant sortir du cadre de la promesse qu’Il avait faite à Abraham, puisque la mutation s’est opérée à l’intérieur de sa maison et au profit de l’un de ses enfants, en l’occurrence Ismaël. Etant donné que Dieu a promis de bénir Ismaël, de le rendre fécond, de le multiplier à l’infini et de faire de lui une grande nation. (Gn 17.20 ; 21.19)

Or, ce transfert n’est rien de plus que l’accomplissement de la promesse divine. De la sorte, Dieu a partagé le temps et la mission entre les deux fils d’Abraham : Isaac et Ismaël.

Le signal de ce transfert a été donné par Jésus. Les juifs n’ont pas supporté l’acte de leur dessaisissement, surtout au profit de leurs frères ennemis. Ils n’ont pas admis que la nation arabe, celle des Gentils, des ‘‘Goyaïms’’ soit élevée à cette gloire qui était jadis la leur.

D’où leur révolte d’abord contre Jésus et l’Evangile, ensuite contre le Coran et Mohammed. Bien entendu, ce fut une sacrée aubaine pour le Prince des Démons lequel, n’ayant pas l’habitude de chômer, a sauté sur l’occasion. Il fallait donc tout mettre en oeuvre pour décrier le Coran, calomnier Mohammed, combattre l’Islam, etc.

C’est là l’origine du conflit et le noeud du problème. A première vue, on peut penser à une simple querelle de famille, alors qu’il s’agit d’un conflit entre le vrai et le faux, entre Dieu et Satan. C’est ainsi que Dieu nous éprouve et sur tous les plans. Les chrétiens n’ont guère compris.

La plupart d’entre eux s’est écartée des vrais enseignements de Jésus pour rejoindre les juifs dans ce combat injuste. Pourtant, les déclarations de Jésus étaient formelles : Je suis venu, leur a-t-il dit, accomplir la Torah et annoncer la venue d’un Messager nommé Ahmad (Coran 61.6).

« Tel est Issa (Jésus), fils de Marie : parole de vérité dont ils doutent. » (19.34)

Certains Evangiles n’ont été détruits qu’à cause de cette formule que Jésus a maintes fois répétée et commentée à ses disciples.

Mais comme la Vérité doit triompher, Dieu a fait en sorte qu’une trace de cette annonce subsiste malgré tout dans l’Evangile de St Jean. Cependant, compte tenu des enjeux du conflit, on a tenté et on tente toujours de la faire disparaître, ne serait-ce que par les fausses interprétations. Dieu, Lui qui a envoyé Jésus, nous donne cette information.

Il a rappelé dans le Coran la parole de Jésus et les événements qu’il a vécus. Les chrétiens persistent malheureusement dans leur refus. Dieu va donc intervenir de nouveau, non seulement pour faire triompher la vérité mais aussi pour sauver les chrétiens. Sachant que Jésus étant le seul capable de leur faire entendre raison, Il va leur envoyer Jésus une deuxième fois pour confirmer la nouvelle qu’il avait lui-même annoncée. C’est lui qui avait annoncé le Paraclet (Mohammed), la vérité (le Coran), le royaume de Dieu (le pouvoir, la loi), c’est lui-même qui viendra s’expliquer et les confirmer.

Le retour de Jésus s’explique également par le fait que parmi les prophètes vivants, il est le mieux informé et aussi le plus proche et le plus représentatif de Dieu. La porte de la prophétie étant fermée depuis le prophète Mohammed (33.40), il serait inconséquent d’envoyer un nouveau prophète, qui d’ailleurs serait peu crédible, voire traité d’imposteur.

En revanche, le retour de Jésus n’est pas en contradiction avec ladite affirmation coranique. Dieu agit ainsi par compassion et par amour, en particulier pour les chrétiens, considérant qu’on a abusé de leur bonne foi. Cela prouve encore une fois que Dieu nous aime et qu’Il veut nous sauver coûte que coûte. Le retour de Jésus est l’un des plus grands événements de l’histoire de l’humanité. Il tuera l’AntéChrist et fera régner la justice conformément à la Loi de Dieu.

Il lèvera l’étendard de l’Islam auquel il convertira une grande partie des populations de la terre. Son retour est imminent. L’AntéChrist n’est pas une idée abstraite comme certains semblent le croire. C’est un personnage réel qui vit actuellement parmi nous, sauf qu’il ne s’est pas encore manifesté. Il n’a pas encore terminé les préparatifs de sa révolution et Dieu ne lui a pas donné l’ordre de sortir.

Enfin, je ne dois pas m’attarder sur cette question de crainte que je ne tombe dans la prolixité et l’incohérence. Sachez que le but de ma réplique n’est autre que le désir de plaire à Dieu le Très-Haut, en défendant la Vérité. Je peux me tromper, bien sûr. Mais là, je suis convaincu qu’il n’y a pas d’erreur parce que je n’ai rien inventé, je n’ai fait que reproduire et expliquer des versets du Coran et de la Bible. Chaque fois, et avant de vous écrire, je prie Dieu de faire en sorte que je dise la vérité et que j’évite l’erreur.

Avant de vous quitter, je vous promets de faire des prières pour vous ; faites-en autant pour moi s’il vous plaît. En attendant le plaisir de vous lire, je vous laisse méditer ces versets, en votre qualité de « croyant... doué d’intelligence » : « Voilà un message pour les gens afin qu’ils soient avertis, qu’ils sachent qu’Il n’est qu’un Dieu unique et que réfléchissent ceux qui sont doués d’intelligence » (14.52) « Ce n’est point là un discours fabriqué. C’est au contraire la confirmation de ce qui existait déjà avant lui, un exposé détaillé de toute chose, un guide et une miséricorde pour des gens qui croient. » (12.111 ; 10.37) « Ô gens du Livre ! Notre messager est venu à vous. Il vous explique une grande partie du Livre que vous cachiez, et passant sur bien d’autres choses ! Une lumière et un Livre clair vous sont venus de Dieu. Par ceci (le Coran), Allah guide aux chemins du salut ceux qui cherchent à Lui plaire. Il les fait sortir des ténèbres vers la lumière par Sa grâce, Et Il les dirige sur un chemin droit. » (5. 15-16) « N’ont-ils pas médité sur le royaume des cieux et de la terre, et toute chose qu’Allah a créée, et que leur terme est sans doute déjà proche ? A quel discours croiront-ils après cela ? » (7.185 ; 45.6 ; 77.50)

Cordialement vôtre, Pièce jointe : Conférence du 14 mai 1998 : Islam et Modernité

Ahmed Simozrag


12 Messages de forum

  • > Reponse du maître à la lettre 11 22 octobre 2006 04:50

    Maître,

    J’ai pris connaissance de l’ensemble du débat, je vous remercie ainsi que le Pasteur.

    Mais, mes plus sincères remerciements vont vers vous, je suis musulmane croyante et pratiquante, mon père était illétré il était un bon croyant et a essayé de m’inculquer l’Islam tel qui le connaissait,

    Aujourd’hui, grâce à Dieu, en lisant vos lettres j’ai trouvé les réponses à beaucoup de mes questions, parfois j’ai pleuré d’émotions Merci Maître, que Dieu nous guide tous sur le droit chemin et gloire à l’Islam

    Dieu vous garde et vous protège

    100000 infinis MERCI Ibtissam

  • Salam

    En traduisant les premiers versets de la sourate Al Alaq’, vous avez utilisé comme beucoup l’expression "caillot de sang" pour le terme Alaq, pensez vous que ce soit la traduction appropriée ? Maurice Bucaille et le chrétien William Campbell ont dit que c’était scientifiquement faux, qu’un homme ne passe jamais par ce stade........

    Ne serait t’il pas plus judicieux de traduire par "quelque chose qui s’acroche" comme l’a proposé Bucaille ? ainsi, il n’ y aurait pas d’erreur anatomique.

    Merci

    • > Reponse du maître à la lettre 11 7 juin 2007 23:04, par Maître Simozrag

      Salam,

      Il est vrai que certains termes coraniques ne peuvent se traduire facilement. Aucune traduction ne peut en restituer le sens exact car le Coran est la parole de Dieu alors que la traduction est une action humaine. Or, toute traduction ne peut être qu’approximative, reflétant les caractères et les tempéraments humains. Il est donc difficile de résoudre une telle problèmatique inhérente à la nature humaine. Je peux être d’accord avec vous mais il y aura toujours des gens qui optent pour le mot "caillot de sang".

  • Salam Maleikoum !

    Il est dit que Plusieurs anges ont mangé avec Abraham dans la bible est ce confirmé dans le coran ? Il est dit aussi que certains anges ont eu des compagnes dans la bible, ne font ils ps allusion aux djinns ?

    • > Reponse du maître à la lettre 11 2 avril 2008 14:02, par Maître Simozrag

      wa alaikum assalam wa rahmatullah,

      D’après le Coran, les anges n’ont pas mangé. C’est pourquoi Abraham ressentit de la peur vis-à-vis d’eux, s11 v70 ; s51 v27,28

      Les anges ne peuvent non plus avoir des compagnes.

  • Reponse du maître à la lettre 11 6 juin 2013 09:10, par ALMAMYO

    Bonjour maître. Je suis Almamy et j’aimerais savoir si les chrétiens sont de véritables croyants ? parce que dans votre réponse à la lettre vous les avez appelés ainsi alors que le Coran dit le contraire. Et enfin qui sont exactement les gens du livre ? En ce qui concerne une partie du débat concernant la prophétie de consolateur promis dans la bible précisement dans Jean, je réfléchis et souvent je me demande si elle peut s’appliquer à MOHAMMAD(SAW) parce que la Bible parle du saint esprit comme consolateur. c’est vrai que je peux me tromper car je ne lis pas beaucoup la Bible.

    • Reponse du maître à la lettre 11 6 juin 2013 10:28, par Maître Simozrag

      Bonjour Almamy,

      Il y a beaucoup de chrétiens qu’on peut appeler croyants. Les mécréants sont les trinitaires.

      Par contre, ceux qui reconnaissent l’unicité de Dieu sont normalement des croyants, et le pasteur Yves Goasguen en fait partie à mon avis.

      Je vous rappelle que la trinité n’est apparue qu’au quatrième siècle après JC, aux environs de l’an 325.

      Tous les chrétiens avant cette date étaient des vrais croyants qui professaient la Chahada " Il n’y a de Dieu qu’Allah. Jésus est le messager d’Allah".

      Actuellement, il existe des chrétiens, comme les unitariens qui professent la même croyance, on ne peut pas les considérer comme mécréants.

      Dans ma réponse à la lettre d’un chrétien, pasteur en plus, je devais tenir un langage approprié et affable, sinon le dialogue aurait été interrompu dès la réponse à la première lettre.

      Et c’est le Coran qui me commande cette méthode, d’utiliser la bonne parole et la meilleure exhortation dans le dialogue, et de ne discuter avec les chrétiens que de la meilleure façon (Coran, s16 v125).

      Concernant l’annonce du Prophète Mohammed, ce sont les traducteurs qui ont tout mélangé. Il s’agit bel et bien du Prophète Mohammed (psl) comme c’est mentionné dans l’Évangile de Barnabé et dans d’autres Évangiles indûment déclarés apocryphes.

      Sur ce, je vous demande de bien vouloir me comprendre. Merci pour la remarque.

      • Reponse du maître à la lettre 11 6 juin 2013 10:44, par Maître Simozrag

        En fait, j’ai oublié de préciser que les gens du Livre sont les Juifs et les Chrétiens. Bien que leur livre ne soit pas authentique, il n’empêche qu’ils demeurent les gens du Livre dont parle le saint Coran.

  • Reponse du maître à la lettre 11 10 juin 2013 10:30, par Almamyo

    Bonjour (c’est Almamy). Mais maître moi j’ai écouté le Dr ZAKIR NAÏK(Chirugien International et élève de Ahmed Deedat(ALLAH l’agrée)) qui démontrait que le livre que les hindouistes utilisent contiennent des versets plus claires annonçant la venue de Muhammad(SAW) que la bible. J’ai suivi le débat et paraît il que après il y’a eu beaucoup de convertis car le livre parle du nom de sa mère , de son père, de ses compagnons, sa manière de prier et pleins d’autres choses. Et le débat s’est passé en Inde devient une foule vraiment inestimable. Trop de discours ma question est si cela est vrai ne sont t’ils pas considérés commes des gens du livre ?

    • Reponse du maître à la lettre 11 10 juin 2013 11:16, par Maître Simozrag

      Bonjour,

      Les gens du Livre sont les Juifs et les Chrétiens. Il est certain que d’autres communautés ont reçu des messagers et des livres mais le fait que le Coran n’a pas mentionné leurs livres, on ne peut les considérer comme tels. Les savants s’appuient sur ce verset pour dire que seuls les Juifs et les Chrétiens sont les gens du Livre : "afin que vous ne disiez point :"On n’a fait descendre le livre que sur deux peuples avant nous, et nous avons été inattentifs à les étudier." s6 v156

      Cependant, certains Imams comme Abou Hanifa et Ibn Hazm ont élargi le cercle des gens du livre pour y inclure les mages et d’autres. Mais la majorité des savants n’est pas d’accord sur cette opinion.

  • Reponse du maître à la lettre 11 29 décembre 2013 11:35, par Tynech

    Bonjour,

    J’ai plusieurs questions à vous poser svp : 1° dites moi pourquoi Dieu n’a t’il pas tout simplement mis fin à la vie de satan depuis le péché originel ? Cela aurait évité sans doute tous ces drames que nous vivons ? 2° satan est t’il une créature immortelle vu qu’il existe toujours, pourquoi ce privilège ?

    • Reponse du maître à la lettre 11 30 décembre 2013 02:50, par Maître Simozrag

      Bonjour,

      Ce n’était pas dans le plan de Dieu d’anéantir Satan tout d’un coup. Il suffit que Dieu le chasse du Paradis et qu’Il en informe Adam. De plus, Dieu nous a créés pour nous éprouver et l’épreuve exige la présence de Satan.

      En ce qui concerne l’existence de Satan, Dieu a répondu favorablement à sa demande quand il a sollicité un délai : "Accorde-moi un délai, demanda Satan, jusqu’au jour où ils seront ressuscités" s7 v14/ s15 v36/ s38 v79