Accueil du site > Debat Islam-Christianisme > DEBATS > Reponse du maître à la lettre 8 : Dieu dans la Bible, divinisation de Jesus, (...)
      

Reponse du maître à la lettre 8 : Dieu dans la Bible, divinisation de Jesus, Attributs de Dieu dans le Coran,Amour de Dieu, amour du prochain , morale du Coran,Qualités de Jesus dans le Coran

Publication en ligne : dimanche 9 mai 2004, par Maître Simozrag

Samedi 17 Mai 1997

Cher Ami Yves,

Votre lettre du 20 Avril m’est parvenue 14 jours après. Dans cette lettre vous soulevez une question particulièrement importante concernant la notion d’Amour : l’Amour du prochain et l’Amour de Dieu envers nous. Dans mon exposé : ‘‘la Foi : ses implications et ses exigences’’ , j’ai mentionné, non sans exception, l’obligation pour un croyant d’aimer son prochain. Avant de vous répondre, il convient de s’entendre sur la notion de Dieu, car la Bible comporte des erreurs tendant à favoriser l’anthropomorphisme.

Qui est Dieu ?

En effet, les scribes de la Bible font un dangereux amalgame entre l’homme et Dieu de sorte que Dieu, qui aurait créé l’homme à son image et dont il serait le père, prenne plaisir à associer son fils à Ses attributs et à Son Pouvoir. Ces aberrations apparaissent dans de nombreux endroits de l’Ancien et du Nouveau Testaments, notamment là où Jésus Christ (psl) se voit attribué, tantôt la qualité de fils de Dieu, ayant le pouvoir de juger (Jean 5.21-23,29) et qu’il serait « l’image du Dieu invisible » Col 1.15, ou encore « Dieu, dans ces derniers temps, nous a parlé par le Fils, qu’il a établi héritier de toutes choses » (Hébreux 1-2), tantôt la qualité de Dieu grand Sauveur (Tite 2.13).

Paul utilise deux termes pour diviniser Jésus :

1 : ‘‘Morphé’’ mot grec qui signifie : forme. Selon lui, Jésus « possède intérieurement et manifeste extérieurement la nature même de Dieu. »

2 : ‘‘Isos’’ qui signifie : égal, isométrique, dont les dimensions sont égales. Paul emploie ce mot ‘Isos’ « pour indiquer que Jésus est l’égal de Dieu... Toutes les créatures intelligentes de l’Univers doivent confesser sa Seigneurie... ‘‘Jésus est Seigneur, ce qui signifie : Jésus est Dieu’’. » [1]« Ayez en vous les sentiments qui étaient en Jésus-Christ, lequel, existant en forme de Dieu... » (Ph 2.5-6)

« Car en lui habite corporellement toute la plénitude de la divinité. » (Col 2.9-10)

Le savant Paul Clarence professeur de biophysique affirme : « Les Ecritures saintes, l’Ancien et le Nouveau Testaments utilisent les mêmes termes pour décrire Dieu, que ceux qu’ils emploient à propos de l’homme. Sans doute, cela résulte-t-il d’un vide linguistique. Parce que le concept de Dieu est un concept spirituel, et l’homme dont la pensée est limitée par le cadre matériel, n’a pas accès à la connaissance de l’Essence divine. » [2]

Nombreux sont les penseurs chrétiens qui, tels le cardinal Joseph Ratzinger et Vittorio Messori, ont perçu la gravité de cette dérive doctrinale tendant à réduire la vraie théologie ‘‘à une simple Christologie’’.

Il est indéniable que les doctrines chrétiennes tendent à placer Jésus Christ au centre des dogmes et des croyances, faisant de lui un Dieu, objet de culte, d’Amour et d’Espérance. C’est de lui que dépend le Salut ou la perdition, la Rédemption des péchés, le jugement, bref, la vie et la mort. A côté de Jésus, Le Vrai Dieu s’efface, Il n’a pas un grand rôle à jouer sinon celui d’aimer Ses créatures, toutes sans exceptions, même ses ennemis parmi les incroyants et les idolâtres.

Cette croyance s’inscrit dans la logique même des fausses conceptions faisant de Dieu, un père, donc affectueux et compatissant à l’égard de ses enfants, un Dieu d’Amour et de tendresse qui traite sa postérité de la même façon, qu’il s’agisse des justes ou des méchants. Selon cette théorie, même Satan, en tant que créature divine, pourrait prétendre à l’amour de Dieu et à notre amour également, pourquoi pas, puisque nous devons aimer nos ennemis. Dans ce cas, il y a lieu de s’interroger sur le sens de la notion de Justice divine et comment devra-t-elle se concrétiser ?

Aussi, doit-on se demander pourquoi alors respecter les interdits et se priver de certaines bonnes choses ici-bas si le Paradis était d’office promis à tout le monde ? Est-il juste que les vertueux qui souffrent durant toute leur vie pour l’amour de Dieu soient considérés et récompensés comme les criminels qui oppriment, exploitent et tuent leurs semblables ?

Ce sont ces erreurs que le Coran s’est appliqué justement à rectifier. Car il s’agit d’une question décisive, qui va déterminer le sort et le destin final de l’humanité. Après la mort, prendront fin les épreuves, la foi et les oeuvres et il ne reste plus que le jugement dont il résulte -et pour l’éternité- châtiment ou récompense. Dieu ne rendra pas l’âme à ceux qui ont fait le mal pour réparer ni à ceux qui ont fait le bien pour accomplir. Seul sera pris en compte ce qui a été acquis. ‘‘Aujourd’hui, c’est un jour d’action sans bilan et demain un jour de bilan sans action’’.

Le mystère de l’épreuve prendra fin au moment même de la mort ; avant que l’âme ne quitte le corps, tout individu (mourant) prendra connaissance de son destin, de ce qui l’attend à la tombe, au Paradis ou à l’Enfer et il visionnera, comme dans un film, les Djinns, les Anges, le monde des mystères et tous les secrets auxquels il n’avait pas accès de son vivant. La tombe, selon un Hadith du Prophète (psl), est un jardin du Paradis ou un trou d’Enfer. Dans la vie, on peut certes rater un diplôme, une affaire, une carrière, mais rater une chose pareille, c’est-à-dire tout un destin, une éternité, c’est un échec inqualifiable, une catastrophe éternellement irrémédiable.

D’après le Coran, Dieu est Un, Transcendant, Indescriptible, Indivisible, Incomparable, Le Créateur, l’Eternel, Le Sublime, Le Saint, Le Pur, Le Parfait, l’Absolu. Il n’a pas été engendré et Il n’a pas engendré. Nul ne Lui est égal. Il est Le premier et le Dernier, l’Apparent et le Caché, le Commencement et la Fin, Il connaît parfaitement toute chose ; Il est la‘‘Cause sans cause de toutes les causes’’, Il subsiste par Lui-même, Il se suffit à Lui-même, Il ne mange pas, ne boit pas et ne dort pas. Il est Immatériel et Intemporel, Il n’a ni corps ni forme, Il est Impénétrable, Imperceptible, Infatigable et Immortel. Il dirige l’Univers et tout ce qu’il contient, Il maintient l’équilibre de l’Existence.

Pascal disait : « Dieu est une sphère infinie dont le centre est partout, la circonférence nulle part ».

Le célèbre Newton disait aussi : « Dieu n’est pas l’éternité, il n’est pas l’infini, mais Il est Eternel et Infini. Il n’est ni la durée ni l’espace, mais Il a existé de tout temps et sa présence est partout ».

L’Imâm Ali ibn Abi Talib, dans Nahj al Balagha (Voie de l’éloquence), Sermon n°181, dit : « Celui qui Le compare (à d’autres êtres) n’a pas saisi sa réalité. Il est incomparable. Celui qui Le désigne et L’imagine ne Le vise point. Tout ce qui se connaît à travers soi-même a été créé et toute chose qui existe en vertu d’autres choses est l’effet d’une cause. Il agit mais non avec l’aide d’instruments. Il fixe des mesures mais sans activité mentale. Il est Riche mais non par acquisition. Le temps ne Lui tient pas compagnie, et les instruments ne viennent pas à son aide. Son Etre précède le temps, et Son Existence précède le néant. Son éternité précède le commencement. Du fait même qu’Il a créé les sens, on comprend qu’Il n’a pas de sens. Et de l’existence des contraires on déduit qu’Il n’a pas de contraire ; et de l’existence de similarité entre les choses, on déduit qu’il n’est rien qui Lui soit semblable, Il a fait de la lumière le contraire de l’obscurité, et du chaud celui du froid. Il suscite l’affection entre les choses rivales, réunit les choses de nature différente, rapproche les choses éloignées, et sépare les choses unies. Il ne connaît pas de limite, et n’est pas quantifiable par les nombres. » [3]

« Allah ! II n’y a de Dieu que Lui ; Le Vivant, Celui qui subsiste par Lui-même ‘al-Qayyûm’. Ni l’assoupissement ni le sommeil n’ont de prise sur Lui. A Lui appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la terre... Qui peut intercéder auprès de Lui sans sa permission ? Il connaît leur passé et leur futur. Et, de sa science, ils n’embrassent que ce qu’Il veut. Son Trône déborde les cieux et la terre, dont la garde ne Lui est pas une charge. Il est le Très-Haut, le Très-Grand. » 2.255

« Dis : Il est Allah, Unique. Allah, l’Absolu. Il n’a jamais engendré, n’a pas été engendré non plus. Et nul n’est égal à Lui. » S 112

« C’est Lui Allah. Nulle divinité autre que Lui. Il est celui qui connaît ce qui est caché et ce qui est apparent. C’est Lui le Clément, le Miséricordieux. C’est Lui Allah. Nulle divinité autre que Lui. Le Souverain, Le Saint, l’Apaisant, Le Rassurant, le Prédominant, Le Tout-Puissant, Le Contraignant, l’Orgueilleux. Gloire à Allah ! Il transcende ce qu’ils Lui associent. C’est Lui Allah, le Créateur, Celui qui donne un commencement à toute chose, le Façonneur. Les Noms les plus beaux lui appartiennent. Tout ce qui est dans les cieux et la terre Le glorifie. Et c’est Lui le Puissant, le Sage. » 59.22-24

« A Lui appartient ce qui est dans les cieux et sur la terre. Allah est Le seul qui se suffit à Lui-même et qui est le Digne de louange. » 22.64

« Il possède les clefs (des trésors) des cieux et de la terre. Il attribue Ses dons avec largesse, ou les restreint à qui Il veut. Certes, Il est Omniscient. » 42.12

En effet, il est superflu de citer tous les versets du Coran où Dieu fait connaître son Etre et Ses attributs.

Il fait savoir qu’Il a créé l’Univers en six jours, sans éprouver la moindre fatigue. Coran 50.38 Tout ce qui existe dans les cieux et sur la terre célèbre Ses louanges mais nous ne comprenons pas leur façon de Le glorifier. C’est Lui qui donne la vie et la Mort et vers Lui le retour et la destinée des créatures. Il est Omniprésent, Il sait tout, Il veille sur tout ce qui existe et Il est Capable de tout faire ; Sa Capacité étant absolue et Sa Toute-Puissance sans limites. C’est Lui et Lui seul qui détient le pouvoir de juger, d’absoudre, de condamner, de récompenser ou de châtier... C’est Lui qui détient la Grâce et c’est à Lui que revient l’ordre tout entier et que s’acheminent toutes les choses.

« Le jugement n’appartient qu’à Allah. » Coran 12.40-66 ; 6.57-62 ; 40.12-78

« Et Il n’associe personne à Son jugement. » Coran 18.26

« Allah jugera entre vous au Jour de la Résurrection. » Coran4.141 ; 22.17, 56.69 ; 39.3

« C’est Allah qui juge et personne ne peut s’opposer à Son jugement, et Il est prompt à régler les comptes. » Coran.13.41

« Le Livre sera posé en évidence. Les Prophètes et les témoins viendront. La sentence sera prononcée sur tous. Personne ne sera lésée. Chaque homme recevra le prix exact de ce qu’il aura fait. » Coran 39. 69-70

« Ce jour-là, aucune âme ne pourra rien en faveur d’une autre âme. Ce jour-là, la Décision appartiendra à Allah. » Coran 82.19

« La Souveraineté ce jour-là appartiendra à Allah qui jugera parmi eux. » Coran 22.56

« A Lui appartient le jugement et vers Lui vous serez ramenés. » Coran 28.70,88

« Ton Seigneur décidera entre eux par Son jugement ; et Il est le Tout Puissant, le Sage. » Coran 27.78

« Cela afin que les gens du Livre sachent qu’ils ne peuvent en rien disposer de la Grâce d’Allah et que la Grâce est dans la main d’Allah. Il la donne à qui Il veut et Allah est le Détenteur de la grâce immense. » Coran 57.29

« Alors qu’Allah réserve à qui Il veut Sa Miséricorde. Et c’est Allah le Détenteur de l’abondante grâce. » Coran 2.105

« En vérité, la grâce est en la main d’Allah. Il la donne à qui Il veut. La grâce d’Allah est immense et Il est Omniscient. Il réserve à qui Il veut sa Miséricorde. Et Allah est Détenteur d’une grâce immense. » Coran 3.73-74

« Il fait entrer qui Il veut dans Sa Miséricorde. Et quant aux injustes, Il leur a préparé un châtiment douloureux. » Coran 76.31

Allah réagit vigoureusement contre les propos blasphématoires de ceux qui Lui attribuent un fils. Cette parole est, sans doute, une atteinte extrêmement grave à la Sainteté, à la Gloire et à la Pureté de Dieu. Cela ne peut provenir que de gens ignorants. Ceux qui ne connaissent pas Dieu, qui ne L’apprécient pas à Sa Juste Valeur et comme Il le mérite. Cette vision, initialement imputable aux altérations de l’Ecriture, a été et demeure entretenue par une sorte d’orgueil, de sectarisme et de mépris du message, de la culture et de la religion de l’autre.

Allah n’est pas considéré comme Le Seul Vrai Dieu pour la seule raison qu’Il est invoqué et adoré par l’autre. Il en résulte un blocage systématique de la pensée qui entrave l’accès au dernier message (le Coran) pour la connaissance du Vrai Dieu. Telles peuvent être les conséquences d’une petite dose d’orgueil, d’un simple sentiment de supériorité. Cette question nous semble à priori négligeable, cependant elle peut conduire à la négation et, partant, à la ruine, comme elle a, jadis, causé la déchéance de Satan. Comment attribuer un fils au Créateur, Qui a tout créé et devant Lequel se prosterne tout ce qui existe dans l’univers ?

« Ils n’ont pas estimé Allah comme Il devrait l’être alors qu’au jour de la Résurrection, Il fera de la terre entière une poignée, et les cieux seront pliés dans Sa main droite. Gloire à Lui ! Il est au-dessus de ce qu’ils Lui associent. » Coran 39.67

D’après le Coran, un tel blasphème est de nature à ébranler l’univers.

« Peu s’en faut que les cieux ne s’entrouvrent à ces mots, que la terre ne se fende et que les montagnes ne s’écroulent, du fait qu’ils ont attribué un enfant au Miséricordieux, alors qu’il ne convient nullement au Tout Miséricordieux d’avoir un enfant. Tous ceux qui sont dans les cieux et sur la terre se rendront auprès du Tout Miséricordieux, en simples serviteurs. Il les a certes dénombrés et bien comptés. Tous viendront à Lui, un par un, le Jour de la Résurrection. » Coran 19.90-95

« Allah ne s’est pas attribué d’enfant et il n’existe point de divinité avec Lui ; sinon, chaque divinité s’en irait avec ce qu’elle a créé, et certaines seraient supérieures aux autres. Gloire et Pureté à Allah ! Il est Supérieur à tout ce qu’ils décrivent. » Coran 23.91

« Et ils ont dit : ‘‘Allah s’est donné un fils’’ ! Gloire à Lui ! Non ! Mais c’est à Lui qu’appartient ce qui est dans les cieux et la terre et c’est à Lui que tous obéissent. Il est le Créateur des cieux et de la terre à partir du néant. Lorsqu’Il décide une chose, Il dit seulement : ‘‘Sois’’, et elle est aussitôt. » Coran 2.116-117

« Ils disent : ‘‘Allah s’est donné un enfant’’ Gloire et Pureté à Lui ! Il est Le Riche par excellence. A Lui appartient tout ce qui est aux cieux et sur la terre ; vous n’avez pour cela aucune preuve. Allez-vous dire contre Allah ce que vous ne savez pas. » Coran 10.68

« ...et pour avertir ceux qui disent : « Allah s’est attribué un enfant ». Ni eux ni leurs ancêtres n’en savent rien. Quelle monstrueuse parole que celle qui sort de leurs bouches ! Ce qu’ils disent n’est qu’un mensonge. » Coran 18.4,5

« Et dis : « Louange à Allah qui ne S’est jamais attribué d’enfant, qui n’a point d’associé en la royauté. Il n’a pas besoin de protecteur pour le défendre contre l’humiliation ». Et proclame hautement Sa grandeur. » Coran 17.111

« Ô Gens du Livre, n’exagérez pas dans votre religion, et ne dites d’Allah que la vérité. Le Messie Jésus, fils de Marie, n’est qu’un Messager d’Allah, Sa parole qu’Il envoya à Marie, et un Souffle (de vie) venant de Lui. Croyez donc en Allah et en Ses Messagers. Et ne dites pas ‘‘Trois’’. Cessez ! Ce sera meilleur pour vous. Allah est un Dieu Unique. Il est trop Glorieux pour avoir un fils. C’est à Lui qu’appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la terre et Allah suffit comme Protecteur. Jamais le Messie ne trouve indigne d’être un serviteur d’Allah, ni les Anges rapprochés. Et ceux qui trouvent indigne de L’adorer et s’enflent d’orgueil... Il les rassemblera tous vers Lui. » Coran 4.171-172

Il ressort clairement de ces versets et de beaucoup d’autres que Dieu n’a pas d’associé ni dans Sa Divinité (Ulûhya) ni dans Sa Seigneurie (Rubûbyya) ni dans Sa Royauté ni dans Sa Souveraineté ni dans Sa Sainteté ni dans Ses attributs ni dans Sa qualité de Créateur ni dans Sa Grâce ni dans Son jugement.

Il exerce Ses Pouvoirs sans partage, dans la plénitude de Sa Puissance absolue et sans limites . Ces attributs sont mentionnés dans de nombreux passages de la Bible où Dieu proclame son unicité dans la Création, le jugement ainsi que dans le don de la Grâce, du Salut et de toute chose.

« Sachez donc que c’est Moi qui suis Dieu, et qu’il n’y a point de dieu près de Moi ; je fais vivre et je fais mourir, je blesse et je guéris, et personne ne délivre de Ma Main. » Dt 32.39

« Je suis le Premier et Je suis le dernier, et hors Moi il n’y a point de Dieu. » Esaïe 44.6

« Car Je suis Dieu et il n’y a point d’autre, Je suis Dieu et nul n’est semblable à Moi. » Esaïe 46.9

« C’est Moi, Moi qui suis l’Eternel, Et hors Moi il n’y a point de sauveur. C’est Moi qui ai annoncé, sauvé, prédit... » Esaïe 43.11,12

« Il n’y a point d’autre dieu que Moi, je suis le Seul Dieu Juste et qui sauve. Tournez-vous vers Moi, et vous serez sauvés. » Esaïe 45.21-22

« C’est celui qui a péché contre Moi (Dieu) que j’effacerai de Mon livre. » Exode 32.33-34

« Comment pourriez-vous croire, vous qui tenez votre gloire les uns des autres et qui ne cherchez pas la gloire qui vient de Dieu seul. » Jean 5.44

Un des scribes s’approcha et lui demanda : « quel est le premier de tous les commandements ? Jésus répondit : Voici le premier : Ecoute, Israël, le Seigneur, notre Dieu, est l’Unique Seigneur ; et : Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme, de toute ta pensée, et de toute ta force. Voici le second : tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n’y a pas d’autre commandement plus grand que ceux-là. » Jn 12.28-32 ; Matthieu 22.36-40 ; Luc 10.25-28

« Un chef interrogea Jésus, et dit : bon Maître, que dois-je faire pour hériter la vie éternelle ? Jésus lui répondit : Pourquoi m’appelles-tu bon ? Il n’y a de bon que Dieu seul. » Luc 18.18-20

La notion d’Amour :

Pour revenir à la notion d’Amour, il faut reconnaître que cette idée, par trop abstraite, n’a rien à voir avec la réalité. Aussi, on ne peut l’accepter sans réserve du fait qu’elle parait difficilement conciliable avec la vraie nature humaine. C’est pourquoi le Coran, plus réaliste et plus conforme à la nature de l’homme, entreprit de fixer les limites de cet Amour.

Mais il n’empêche qu’il recommande la solidarité, la bonté et la bienveillance envers tout le monde, musulmans et non-musulmans, ce qui est beaucoup plus concret et plus efficace qu’un amour théorique et abstrait. Quant à Dieu, je dois vous rappeler que c’est à Lui qu’appartiennent les plus beaux noms et les qualités les plus parfaites. Parmi Ses noms et Ses qualités, figurent Le Clément, Le Miséricordieux que l’on trouve au début de chaque Sourate du Coran, à l’exception de la Sourate 9. Il nous fait savoir dans le Coran qu’Il est plein de Bonté, de Générosité, de Bienveillance, de Mansuétude, de Douceur, d’Amour, d’Indulgence, Le Compatissant, Le Pardonneur, L’Absoluteur.

Selon un hadith du Prophète Mohammed (psl) « Dieu est plus tendre et plus bienveillant qu’une mère envers son fils bien-aimé ».

Cependant Dieu est également Juste et sa Justice implique que les méchants et les pécheurs doivent avoir leur part du châtiment et les vertueux leur part de récompense. S’attendre à un traitement égal reviendrait à nier toute responsabilité de l’homme dans ce monde et, par voie de conséquence, l’inciter au péché.

Outre le fait que cette manière de faire n’est pas conforme à la justice, elle peut générer des situations graves où prévaudrait l’indifférence totale sinon la confusion du bien et du mal.

« Traiterons-Nous ceux qui croient et accomplissent les bonnes oeuvres comme ceux qui sèment le désordre sur la terre ? Ou traiterons-Nous les pieux comme les pervers ? » Coran 38.28

« Est-ce que ceux qui font le mal pensent que Nous les traiterons comme ceux qui croient et accomplissent les bonnes oeuvres dans leur vie et dans leur mort ? Comme ils jugent mal ! » Coran 45.21

« Les jardins de Délice pour ceux qui Le craignent. Traiterons-Nous ceux qui sont soumis à Dieu de la même manière que les criminels ? Qu’avez-vous ? Comment jugez-vous ? » Coran 68.34-36

Si la Miséricorde de Dieu peut être générale et inconditionnelle, Son Amour, en revanche, est particulièrement soumis à des conditions. L’Amour n’est pas un vain mot que la langue s’empresse d’articuler sans résultat.

L’Amour est lié à un sentiment profond qui doit être prouvé par les actes. l’Amour de Dieu est avant tout subordonné à notre amour à Son égard et celui-ci doit être prouvé par la Foi, le respect et l’observance de Ses Lois : « Car l’amour de Dieu consiste à garder Ses commandements » 1Ep.Jean 5.3

Il s’ensuit que Dieu aime certains et n’aime pas d’autres ; Il aime ceux qui se purifient, ceux qui Le craignent, ceux qui sont patients, ceux qui jugent avec équité, ceux qui reviennent sans cesse vers Lui ; Il aime les pieux, ceux qui Lui font confiance, les bienfaisants, ceux qui combattent dans Son chemin ‘‘en rangs serrés.’’

Il aime ceux qui sont généreux et qui viennent en aide à ceux qui sont dans le besoin ou éprouvés, en particulier les pauvres, les veuves, les orphelins, les vieillards, les étrangers, les prisonniers, les malades, les faibles, les opprimés et tous ceux qui sont en détresse, humiliés, exploités et écrasés sur la terre. Là, il n’y a absolument pas de distinction entre les musulmans et les non-musulmans :

« Annonce la bonne nouvelle aux humbles dont les coeurs frémissent lorsque le nom de Dieu est prononcé ; à ceux qui endurent patiemment ce qui les atteint ; à ceux qui s’acquittent de la prière ; à ceux qui donnent en aumônes une partie des biens que Nous leur avons accordés. » Coran 22.35

« Ils tenaient fidèlement leurs promesses, ils redoutaient un jour dont le mal sera universel. Ils nourrissaient le pauvre, l’orphelin et le prisonnier, disant que c’est pour l’amour de Dieu que nous vous nourrissons, nous n’attendons de vous ni récompense ni gratitude. » Coran 76.7-9

« Ils étaient auparavant parmi ceux qui faisaient le bien : ils dormaient peu la nuit ; ils imploraient, dès l’aube, le pardon de Dieu. Et dans leurs biens, il y avait un droit au mendiant et au déshérité. » Coran 51.16-19

« Hâtez-vous vers le pardon de votre Seigneur et vers un jardin large comme les cieux et la terre, préparé pour les pieux, qui font l’aumône, dans l’aisance ou dans la gène, pour ceux qui maîtrisent leur colère, pour ceux qui pardonnent, pour ceux qui, après avoir accompli une action mauvaise et s’être fait tort à eux-mêmes, se souviennent de Dieu et Lui demandent pardon pour leur péché. Quel est celui qui pardonne, si ce n’est Dieu ? Et qui ne persistent pas sciemment dans le mal qu’ils ont fait. » Coran 3.133-135

« La piété ne consiste pas à tourner votre face vers l’Orient ou vers l’Occident. L’homme pieux est celui qui croit en Allah, au Jour dernier, aux Anges, au Livre et aux Prophètes, donne de son bien, malgré l’amour qu’il en a, aux proches, aux orphelins, aux pauvres, à l’enfant du chemin (ibn essabil) [4] , aux mendiants et pour le rachat des captifs. Celui qui s’acquitte de la prière, celui qui donne l’aumône (Zakât). Ceux qui remplissent leurs engagements. Ceux qui patientent dans la misère, la détresse et au moment du malheur : voilà ceux qui sont justes ! Voilà ceux qui craignent Dieu. » Coran 2.177

« Qu’est-ce donc que la Voie ascendante ? C’est libérer un captif ; c’est nourrir, un jour de famine, un proche parent orphelin ou un pauvre dans le dénuement. C’est être au nombre de ceux qui croient, de ceux qui s’encouragent mutuellement à la patience, de ceux qui s’encouragent mutuellement à la mansuétude. » Coran 90.12-17

« Dieu commande l’équité, la bienfaisance et l’assistance aux proches. Et Il interdit la turpitude, l’acte répréhensible et la rébellion. » Coran 16.90

« Quant à l’orphelin, ne le maltraite pas. Quant au mendiant, ne le repousse pas. » Coran 93.9-10

Dieu encourage la concurrence dans les bonnes oeuvres. Coran 2.148 ; 5.48 ; 3.114 ; 21.90 ; 23.61 Par contre, Dieu n’aime pas les incrédules, les pécheurs, les transgresseurs, les injustes, les traîtres, les corrupteurs, les orgueilleux ; Il n’aime pas les outranciers ; Il n’aime pas qu’on profère des paroles méchantes sauf quand on a été injustement agressé.

« Adorez Dieu ! Ne Lui associez rien ! Vous devez user de bonté envers vos parents, vos proches, les orphelins, les pauvres, le proche voisin, le voisin lointain, le collègue, l’enfant du chemin et vos esclaves. Dieu n’aime pas celui qui est insolent et plein d’orgueil, ceux qui sont avares et ordonnent l’avarice aux autres, ceux qui dissimulent ce que Dieu leur a donné de Sa grâce ; -Nous avons préparé un châtiment ignominieux pour les incrédules- ceux qui dépensent leur biens en aumônes pour être vus des hommes et qui ne croient pas en Dieu et au Jour dernier. » Coran 4.36-38,107,148

Dieu n’aime pas l’égoïsme et la cupidité.

« Mais non ! C’est vous plutôt qui n’êtes pas généreux envers les orphelins ; qui ne vous incitez pas mutuellement à nourrir le pauvre, qui dévorez l’héritage avec une avidité vorace, et aimez les richesses d’un amour sans bornes. » Coran 89.17-20

« Vois-tu celui qui traite de mensonge la Rétribution ? C’est bien lui qui repousse l’orphelin, et qui n’encourage point à nourrir le pauvre. » Coran 107.1-3

L’Amour de Dieu peut également se mériter par le fait de suivre le Prophète Mohammed (psl) ainsi que chacun des Prophètes en son temps et durant la validité de son Message. Ceux qui prétendent aimer Dieu tout en voulant, sous quelque prétexte que ce soit, contourner le Prophète Mohammed, la réponse leur est adressée dans ce verset du Coran :

« Dis : Suivez-moi, si vous aimez Dieu ; Dieu vous aimera et vous pardonnera vos péchés. Dieu est Celui qui pardonne, Il est Miséricordieux. » Coran 3.31

Le Coran est le dernier Message qui confirme, rectifie et parachève les messages antérieurs. Depuis sa révélation, tous les hommes doivent s’y conformer et suivre ses enseignements. Allah ne reconnaît pas d’autres religions en dehors de l’Islam qui signifie soumission à Sa Volonté.

Tous les prophètes depuis Noé étaient soumis à la volonté de Dieu et donc musulmans. La validité de chaque Message prend fin avec l’avènement du Message suivant et ainsi de suite jusqu’au dernier Message, le Coran. On ne peut suivre un Message abrogé et remplacé ni un Messager dont la mission fut terminée comme Abraham, Moïse, David ou Jésus. Tous ces Messages, le Coran les accomplit, les résume et les remplace.

Les Prophètes ont prêché la même parole et enseigné le même credo, savoir : La soumission à la volonté de Dieu, c’est-à-dire l’Islam. Quel est le Prophète qui n’aurait pas enseigné l’Unicité de Dieu ? Quel est le Prophète qui n’aurait pas obéi et ordonné l’obéissance à Dieu ? Quel est le Prophète qui n’aurait pas recommandé à son peuple l’adoration du Dieu Unique ? Aucun. C’est pourquoi, le Coran lance d’innombrables appels aux hommes, aux gens, au peuple du livre, aux croyants, aux mécréants. Il ne contient pas un seul appel aux arabes ni aux musulmans ni aux blancs ni aux noirs. Cela signifie qu’il n’est l’apanage ni des uns ni des autres, il est universel et il s’adresse au genre humain, à tous les hommes quelles que soient leurs confessions, leurs origines ou leurs couleurs.

Auprès de Dieu, il n’y a qu’une seule religion, l’Islam « Certes, la religion auprès d’Allah est l’Islam. » Coran 3.19

« Et quiconque désire une religion autre que l’Islam ne sera point agréée, et il sera, dans l’Au-delà, parmi les perdants. » Coran 3.85

« Désirent-ils une autre religion que celle d’Allah, alors que se soumet à Lui, bon gré, mal gré, tout ce qui existe dans les cieux et sur la terre, et que c’est vers Lui qu’ils seront ramenés. » Coran 3.83

« Qui donc profère une meilleure parole que celui qui invoque Dieu et qui accomplit une oeuvre bonne en disant : ‘‘Oui, je suis du nombre des musulmans !’’. » Coran 41.33

La Religion est comparable à une route droite et les prophètes à des lampadaires en bordure de cette route. Chaque Message a éclairé un tronçon de cette route pendant un laps de temps. La lumière de Jésus a servi pendant six siècles ; elle s’est éteinte avec la descente d’une autre lumière. Actuellement l’éclairage est assuré par la lumière du Coran. Or, prétendre suivre Moïse ou Bouddha ou Jésus, c’est s’arrêter à mi-chemin de la Religion et pire encore dans un espace (le tronçon) non éclairé, sa lampe étant éteinte.

C’est pourquoi, Allah multiplie les mises en garde dans le Coran afin d’avertir que ce Message est le dernier, qu’Il en est l’Auteur incontestable, qu’il est une preuve contre vous, qu’au Jour du jugement, vous ne pourrez pas dire : ‘‘Nous n’avons pas reçu d’avertisseur ou nous n’avons pas été informés’’, que l’Heure est proche et qu’il n’y aura pas un autre Prophète ni un autre Message après ce Coran, qu’il conditionne le succès ou l’échec de toutes les générations concernées, qu’il ne faut mourir qu’en étant musulman, etc.

Certains, comme mon honorable correspondant, pensent à tort -je dis bien à tort parce qu’ils n’ont pas bien compris le Coran- que l’Islam ne garantit pas le salut et que le Dieu de cette religion est un Dieu sévère et cruel, « exigeant d’être pleinement obéi. »

Il est vrai que le Coran profère des menaces contre les incrédules et les associateurs. Car le Coran dit la vérité, et la vérité est amère. Quand on réfléchit sur cette question, on finit par admettre que des vraies menaces sont de loin préférables à des fausses promesses. La menace est souvent un avertissement qui permet à l’individu de se corriger ou d’assumer ses responsabilités. Elle a au moins le mérite d’exclure l’erreur et de dissiper l’illusion.. Il y a un proverbe algérien qui dit « Il faut écouter celui qui te fait pleurer, n’écoute pas celui qui te fait rire. »

Mais force est de reconnaître que le Coran contient d’innombrables promesses de Salut, de Grâce, de Miséricorde, de Pardon.

Ceux qui croient et font le bien, Allah leur promet le pardon de leurs péchés dans trente-six versets, le Paradis des délices dans plus de cent versets, Sa Miséricorde dans douze versets, un salaire énorme dans cinquante huit versets, une issue heureuse dans deux versets ; et Il leur annonce la bonne nouvelle dans vingt sept versets. Il apparaît ainsi que le Coran annonce non pas une bonne nouvelle mais une multitude de bonnes nouvelles.

En outre, il y a d’innombrables hadiths du Prophète qui annoncent la bonne nouvelle sous des formes multiples :

Le Salut, la félicité éternelle, la rémission des péchés, les merveilles du Paradis, etc. Et le Prophète ne parle pas de son propre chef, il prononce la Parole de Dieu ; que veut-on de plus ?

« Et Ma Miséricorde embrasse toute chose. Je la prescrirai à ceux qui Me craignent, acquittent la Zakât et ont foi en nos signes. Ceux qui suivent le Messager, le Prophète illettré qu’ils trouvent mentionné chez eux dans la Torah et l’Evangile. Il leur ordonne le convenable, leur défend le blâmable, leur rend licites les bonnes choses, leur interdit les mauvaises, et leur ôte le fardeau et les jougs qui étaient sur eux. Ceux qui croiront en lui, le soutiendront, lui porteront secours et suivront la lumière descendue avec lui ; ceux-là seront les gagnants. » Coran 7.156-157

Tout au long de sa vie, le prophète Mohammed (psl) n’a pas cessé d’enseigner la bonté, l’indulgence et la mansuétude envers toutes les créatures, tous les êtres vivants, y compris les végétaux et les insectes. Il disait qu’il ne sera pas pardonné à celui qui ne pardonne pas. « Fais miséricorde à ceux qui sont sur la terre, Celui qui est dans le ciel te fera miséricorde. »

Abou Dhar a rapporté le hadith suivant : « Je demandai à l’Envoyé de Dieu -Sur lui la Grâce et la Paix- quelle était la meilleure des oeuvres ? Il me répondit : ‘‘La foi en Dieu et le combat pour la cause de Dieu’’. Je lui demandai encore : Quel est le meilleur des esclaves à affranchir ? Il me répondit : ‘‘le plus coûteux et le plus précieux aux yeux de ses propriétaires.’’ Je poursuivis : Et si je ne suis pas en mesure de faire cela ? ‘‘Aide quelqu’un à accomplir son travail ou bien travaille pour le compte de quelqu’un qui est dans l’incapacité de le faire’’ me dit-il. Je demandai encore : Et si je suis moi-même incapable d’accomplir certains travaux ? Il conclut en disant : ‘‘Evite de causer du tort à autrui, ce sera une aumône que tu feras à toi-même’’. » Cité par Boukhari et Mouslim.

Abou Hourayra rapporte un Hadith où le Prophète raconta le récit d’un homme qui a mérité le Paradis pour avoir abreuvé un chien assoiffé. Et quand les compagnons lui demandèrent : « serons-nous récompensés pour avoir été compatissants envers des animaux ? » Il répondit : « Vous serez récompensés pour avoir bien traité tout être vivant (littéralement : tout foie humide). » Cité par Boukhari et Mouslim.

Le même compagnon rapporte que le Prophète (psl) a dit : « Il n’y a pas de pire repas qu’un repas de noce où l’on convie les riches tout en se gardant d’y inviter les pauvres. » Cité par Boukhari et Mouslim.

Abou Shourayh Khouaylid ben Amr al-Khouzaï rapporte ces propos de l’Envoyé de Dieu : « Mon Dieu, je mets sévèrement en garde ceux qui s’en prennent aux droits des faibles : la femme et l’orphelin. » Cité par Annassa’i

Ibn Umar et Aïcha ont rapporté ces propos du Prophète (psl) : « Gabriel ne cessa de me faire des recommandations au sujet des rapports de voisinage si bien que je finis par croire qu’il allait faire du voisin un héritier. » Cité par Boukhari et Mouslim.

« Par Dieu il n’est pas croyant ! Par Dieu il n’est pas croyant ! Par Dieu il n’est pas croyant ! ‘‘Qui donc, Envoyé de Dieu ? Demandâmes-nous’’. Celui qui n’épargne pas ses méfaits à son voisin, nous répondit-il. » Rapporté par Abou Hourayra et cité par Boukhari et Mouslim.

Anas rapporte ces paroles du Messager de Dieu (psl) : « Il n’est pas un jeune homme qui n’honore un vieillard à cause de son âge auquel Dieu ne destine, sur ses vieux jours, quelqu’un qui l’honorera pour la même raison. » Cité par at-Tarmidhi.

« Celui qui rend visite à un malade ou à l’un de ses frères en Dieu ( tout être humain) est interpellé par un héraut en ces termes : « Tu es un homme heureux (tibta), la visite que tu vas rendre est un signe de délicatesse, tu as acquis une place au Paradis. » Rapporté par Abou Hourayra et cité par at-Tarmidhi.

Le même compagnon rapporte ces propos du Prophète Mohammed (psl) : « Dieu -Exalté soit-Il- dira au Jour du jugement : ‘‘O fils d’Adam, J’étais malade et tu ne M’as pas visité !’’ L’homme répondra : ‘‘Comment aurais-je pu Te visiter alors que Tu es Le Maître des Mondes ?’’ ‘‘Ne savais-tu pas que Mon serviteur un tel était malade et pourtant tu ne l’as pas visité ; si tu l’avais visité tu M’aurais trouvé auprès de lui’’. ‘‘O fils d’Adam, Je t’ai demandé de me nourrir et tu ne l’as pas fait !’’ ‘‘Seigneur, comment aurais-je pu Te nourrir alors que Tu es Le Maître des Mondes ?’’ ‘‘Ignorais-tu que Mon serviteur un tel t’a demandé de le nourrir et tu ne l’as pas fait. Si tu l’avais nourri tu aurais trouvé (la récompense de ton acte) auprès de Moi. O fils d’Adam, Je t’ai demandé à boire et tu ne m’as pas désaltéré.’’ ‘‘Comment aurais-je pu Te donner à boire alors que Tu es Le Maître des Mondes ?’’ ‘‘Mon serviteur un tel t’a demandé à boire et tu ne l’as pas abreuvé. Ignorais-tu que si tu l’avais abreuvé tu aurais trouvé la récompense de ton acte auprès de Moi’’. » Cité par Mouslim

Abou Moussa al-Asha’ri rapporte cette parole du Prophète Mohammed (psl) : « Visitez les malades, nourrissez l’affamé et rendez la liberté aux prisonniers. » Cité par Boukhari

Abdullah ibn Sallâm dit : « la première parole que j’ai entendue de la bouche de Mohammed après ma conversion à l’Islam était la suivante : ‘‘Faites le salut, donnez à manger, faites la prière pendant que les gens dorment, vous entrerez au Paradis en paix’’. »

Abdullah ibn Amr ibn al’As rapporte qu’un homme demanda au Prophète (psl) : « Quel est le plus bel aspect de l’Islam ? Il répondit : ‘‘Offre à manger aux gens, et donne le salut à ceux que tu connais comme à ceux que tu ne connais pas’’. »

Abou al-Abbas Sahl ibn Saâd al-Sa’ïdi rapporte : « Un homme vient trouver le Prophète et lui dit : ‘‘O Envoyé de Dieu, indique-moi une oeuvre qui, si je l’accomplis me fera aimer de Dieu et des hommes.’’ Le prophète répondit : ‘‘Renonce à ce Monde et Dieu t’aimera, ne convoite pas ce que possèdent les hommes, et les hommes t’aimeront’’. » Cité par Mouslim

Iyâs ibn tha’laba al-Ansâri rapporte que des compagnons de l’envoyé de Dieu (psl), mentionnèrent ce monde en sa présence. Le prophète leur enjoignit alors : « Ecoutez donc ! écoutez donc ! Le mépris de ce monde est un aspect de la foi ! Le mépris de ce monde est un aspect de la foi ! (il entendait par là l’ascèse) » Cité par Abou Dawud

« Deux loups affamés, lâchés dans un troupeau ne sont pas plus nuisibles que l’amour de l’argent et de la gloire ne le sont pour la religion d’un homme. » Hadith rapporté par Ka’b ibn Mâlik et cité par at-Tarmidhi

Ibn Mâs’oud rapporte ces paroles de l’Envoyé de Dieu (psl) : « Vous indiquerai-je qui sera préservé du feu ? sera préservé du feu tout être aimable, doux, de tempérament facile. » Cité par at-Tarmidhi

Adi ibn Hâtim rapporte, quant à lui, ce Hadith : « Craignez le feu, ne serait-ce qu’en faisant l’aumône d’une demi-datte ou pour celui qui n’a rien (à donner), en prononçant une parole agréable. » Cité par Boukhari et Mouslim.

« Celui qui veut se préserver du feu et être introduit en Paradis, se doit de mourir en ayant foi en Dieu et au jour du jugement et de traiter les gens comme il aime être traité. » Hadith rapporté par Abdullah ibn Amr et cité par Mouslim.

« Le croyant n’est pas calomniateur, il ne se répand pas en malédiction, il n’est ni grossier ni obscène. » Hadith rapporté par Ibn Mâs’oud et cité par at-Tarmidhi

Le même compagnon (Ibn Mâs’oud) rapporte : « Nous étions en voyage avec l’Envoyé de Dieu... Il vit une fourmilière que nous avions fait brûler. Il demanda : ‘‘Qui donc l’a brûlée ?’’ Nous, lui fut-il répondu. Il nous dit alors : ‘‘seul le Seigneur du feu est en mesure de châtier par le feu’’. » Cité par Abou Dawud.

Hichâm ibn Hizâm ibn Hakim rapporte qu’il passa un jour à Damas devant un groupe de paysans non-arabes qui étaient exposés au soleil et sur la tête desquels on avait versé de l’huile. Il demanda : Que signifie ceci ? On lui répondit : « ‘‘Ils sont suppliciés pour n’avoir pas versé l’impôt foncier.’’ Et dans une autre version : ‘‘Ils sont retenus prisonniers pour n’avoir pas payé l’impôt imposé aux non-musulmans (Jizya).’’ Hichâm leur dit alors : ‘‘J’atteste avoir entendu ces propos de l’Envoyé de Dieu -Sur lui la Grâce et la Paix- : ‘Dieu châtiera ceux qui supplicient les hommes en ce monde’.’’ » Puis il se rendit chez le Gouverneur et lui fit part de ce hadith. Ce dernier ordonna alors qu’on les relâche. » Cité par Mouslim .

« L’aîné des fils d’Adam porte une part de responsabilité pour tout sang versé injustement, car c’est lui qui institua le meurtre. » Hadith rapporté par Ibn Mas’oud et cité par boukhari et Mouslim ;

Contrairement aux critiques de ses détracteurs, le prophète Mohammed était d’un caractère excellent. Il était un modèle vivant de bonté, d’indulgence, de mansuétude, de courtoisie, de douceur. Ses hautes qualités morales furent reconnues même par ses adversaires parmi les Mecquois qui le surnommèrent : ‘‘Al Amine’’ le digne de confiance. Quand il était à Médine, un juif avait coutume de déposer les ordures juste devant sa maison et le Prophète s’était résigné à les enlever chaque matin sans mot dire. Un jour, le juif tomba malade, le Prophète lui rendit visite malgré tout et lui fit part de son pardon. Lorsqu’il décida de sortir de la Mecque pour se réfugier à Taïf, les Mecquois excitèrent contre lui les esclaves et les garçons des rues afin de jeter sur lui des pierres ; il reçut des coups et des blessures pénibles dont il eut beaucoup souffert. Mais cela ne l’a pas empêché de leur pardonner et de prier pour eux en disant : « Mon Seigneur, Je Te prie de leur pardonner. Ce sont des gens qui ne savent pas. » Lors de son entrée triomphale à la Mecque, pour ne pas terrifier ses persécuteurs d’hier, il chargea des hérauts de proclamer la paix et la sécurité ; durant tout le trajet, il se prosternait sur le dos même de sa chamelle en signe d’humilité et de remerciement à Dieu. Dans la cour de la Ka’ba, après la prière, il se tourna vers ses ennemis et anciens compatriotes et leur demanda : « ‘‘Qu’attendez-vous maintenant de moi ?’’ Ceux-ci baissaient la tête de honte et répondirent : ‘‘Tu es un noble, fils d’un père noble’’ Il leur répondit : ‘‘Aucun reproche ne vous sera fait aujourd’hui ; allez-vous-en, vous êtes libres’’. » Excusez-moi de vous avoir embarrassé avec des longues citations qui dépassent peut-être le cadre de notre propos ; sachez néanmoins que pour décrire l’humanisme de l’Islam, contrairement à ce qu’on vous a toujours fait croire, il faudrait des volumes. Cela dit, il convient d’apporter une précision sur l’amour du prochain. Vous avez invoqué la parole de Jésus, selon laquelle nous devons aimer nos ennemis. (Matthieu 5.43-45).

Dans l’Islam, l’Amour de Dieu est le seul critère d’amitié et d’inimitié envers le prochain. En effet, la réalité de l’amour consiste à aimer le bien-aimé et ce qu’ il aime, et réprouver ce qu’il réprouve. Or, si nous aimions vraiment Dieu, nous devrions logiquement aimer ce qu’Il aime et détester ce qu’Il déteste. Si nous faisions l’amalgame entre les uns et les autres, de sorte que nous aimions les ennemis de Dieu au même titre que ses amis dont les Prophètes, les Saints et les Vertueux, c’est qu’il y a quelque chose qui cloche ; c’est la preuve que cet amour est défectueux. Si l’amour que nous avons pour Dieu était parfait, nous n’aimerions pas Ses ennemis car ces derniers sont les amis du Mal, de Satan dont il faut justement se démarquer afin de prouver notre amour pour Dieu. Certes, nous devons pardonner à nos ennemis, nous devons prier pour eux, mais seulement quand il s’agit de nos propres ennemis à nous, de ceux qui nous maltraitent et nous agressent dans le quotidien de nos relations mondaines. Il est donc anormal et hors de question d’aimer les ennemis de Dieu ou de prier pour eux. On ne peut pas aimer Dieu et en même temps Ses ennemis. « Allah n’a pas placé à l’homme deux coeurs dans sa poitrine. » Coran 33.4. Jésus Christ n’a pas dit cela, il a dit : ‘‘Aimez vos ennemis’’. II n’a pas dit : ‘‘Aimez les ennemis de Dieu’’.

Par ailleurs, cette parole : « vous avez appris qu’il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. Mais moi, je vous dis : Aimez vos ennemis » (Mt 5.43) est en pleine contradiction avec le verset du Lévitique 19.18 où il est dit : « Tu ne te vengeras pas et tu ne garderas pas de rancune. » D’où les critiques entre autres d’un fidèle de l’Eglise catholique : « Donc, Jésus pratique une adjonction injustifiée, injuste, trompeuse à l’Ancien Testament ; falsification devant laquelle les commentateurs trébuchent et balbutient. Ainsi, dans l’édition 1975, non modifiée, du Nouveau Testament traduit par l’école biblique de Jérusalem, la note que voici : ‘‘Ces derniers mots sont absents du Lev.’’ Loyauté suivie de cette recommandation pitoyable : ‘‘Il faut comprendre : ‘‘Tu n’as pas à aimer ton ennemi.’’ Pourquoi ‘‘faut-il’’ ? Vaine contorsion. Rien à faire. Une de ces rencontres, dans les évangiles, qui vous laissent dérouté, malheureux.’’ Nietzsche disait que le Nouveau Testament est un ‘‘livre très difficile’’ » [5]

Dieu dit à propos d’Abraham lorsqu’il pria pour son père : « Abraham ne demanda pardon pour son père qu’en vertu d’une promesse qu’il lui avait faite. Mais quand il vit clairement que son père était un ennemi de Dieu, il le désavoua. Abraham était plein de sollicitude et indulgent. » Coran 9.114.

C’est pourquoi, j’ai pris soin de mentionner dans mon exposé sur La Foi, en 6° exigence concernant l’amour du prochain, « Excepté les ennemis déclarés de Dieu. » Il en résulte que l’Amour de Dieu implique que l’on doit être prêt à se sacrifier pour Lui, à lui faire le don de soi, est-ce qu’on doit faire la même chose, se sacrifier pour Ses ennemis, pour Satan ?

Quoi qu’il en soit, Jésus Christ (psl) a fait une noble déclaration en disant « Aimez vos ennemis. » Mais, est-ce que les chrétiens ont mis en pratique ce commandement ? La réponse est négative. Il est déplorable de constater que les chrétiens détestent même les amis de Jésus. Cette réalité est incontestablement prouvée par leur attitude malveillante vis-à-vis de Mohammed, de l’Islam et des musulmans.

Il est indéniable que les musulmans -tout comme Mohammed d’ailleurs- ont toujours témoigné leur amour pour Jésus. Pourquoi donc les chrétiens haïssent Mohammed au point de l’accabler d’injures et de basses calomnies pendant des siècles ? Est-ce de cette façon que l’on doit se comporter avec les amis de Jésus ? Même dans l’hypothèse où il serait leur ennemi, ne devraient-ils pas l’aimer pour se conformer au commandement de leur Maître ? Vous pouvez donc vérifier vous-même l’énorme contradiction entre les enseignements de Jésus et la réalité de ses disciples.

*** Revenons maintenant à la partie de votre lettre où vous mettez l’accent sur les qualités exceptionnelles de Jésus. Tout d’abord, permettez-moi de vous poser cette question : Si, d’après vous, le Coran n’est pas la Parole de Dieu, pourquoi invoquez-vous ses versets à l’appui de votre discours ? Cette manière de faire est pour le moins déloyale, en êtes-vous conscient ? Quant à moi, si je cite des versets de l’Ecriture comme arguments, c’est parce que j’y crois. Je crois fermement à la Torah, à l’Evangile et aux Livres des Prophètes bibliques. Tandis que vous, vous ne croyez pas au Coran comme étant la parole de Dieu. De ce fait, il est absurde et illogique de s’en servir uniquement pour démontrer la justesse de votre théorie. D’une part vous attaquez le Coran et d’autre part vous utilisez ses versets pour défendre vos thèses, ô combien paradoxale est cette attitude !

Les qualités de Jésus :

Allah précise que Jésus n’était qu’un Messager comme d’autres Messagers et sa mère était une vertueuse ; ils mangeaient tous deux la nourriture. Coran 5.75 Si Allah a donné cette précision en ce sens qu’ils consommaient la nourriture, c’est pour nous montrer qu’ils étaient des humains,des créatures et non des dieux. « Jamais le Messie ne trouve indigne d’être un serviteur d’Allah, ni les Anges rapprochés. Et ceux qui trouvent indigne de L’adorer (Allah) et s’enflent d’orgueil... Il les rassemblera tous vers Lui. » 4.172 Allah n’admet pas que Jésus soit déifié et Il considère comme mécréants ceux qui le divinisent. Il affirme que s’il voulait faire périr Jésus ainsi que sa mère, nul ne peut les sauver. « Certes, sont mécréants ceux qui disent : « Allah, c’est le Messie, fils de Marie » Coran 5.17-72 « Ils ont pris leurs rabbins et leurs moines, ainsi que le Christ fils de Marie, comme Seigneurs en dehors d’Allah, alors qu’il ne leur a été commandé que d’adorer un Dieu unique. Pas de divinité à part Lui ! Gloire à Lui ! Il est au-dessus de ce qu’ils Lui associent. » Coran 9.31 « Ce sont certes des mécréants, ceux qui disent : ‘‘Allah est le troisième de trois.’’ Alors qu’il n’y a de divinité qu’Une Divinité Unique ! Et s’ils ne cessent de le dire, certes, un châtiment douloureux touchera les mécréants d’entre eux. » Coran.5.73
- Le mot Messie est synonyme de Christ ‘Oint de Dieu’, en arabe Mâsih du verbe ‘Mâsaha’ oindre. Dans l’Evangile selon Matthieu 22.41-45, le Grand Messie n’est pas un fils de David « Si donc David l’appelle Seigneur, comment est-il son fils ? » Or, cette déclaration de Jésus nous suggère deux hypothèses dont l’une serait à exclure :

1- Si le grand Messie est Jésus, alors celui-ci ne serait pas le fils de David et les versets de l’Ancien et du Nouveau Testaments faisant de Jésus un descendant de David sont faux, tels par exemple : Matthieu 1.6-17 ; Luc 1.31-32, 3.32 ; Jean 7.42, etc.

2- Si Jésus est le fils de David comme il est mentionné dans lesdits versets, le Messie (Christ) ne serait pas Jésus mais un autre qui n’est pas descendant de David.

a)-Le qualificatif de « fils pur » mentionné dans le verset 19.19 du Coran peut s’appliquer à tout homme innocent.

Moïse dit à l’ homme de Dieu (al-Khadar) qui tua un garçon : « Vas-tu tuer un individu pur -sans qu’il ait commis un meurtre- Tu as commis certes, une chose affreuse » Coran 18.74 Certes, Jésus est un fils pur, mais c’est Allah qui lui a donné cette pureté et ce n’est pas pour autant qu’il soit élevé au rang de la divinité.

« N’as-tu pas vu ceux-là qui se déclarent purs ? Mais c’est Allah qui purifie qui Il veut. » Coran 4.49 ; 24.21

b)-Le qualificatif de « miséricorde de la part de Dieu » mentionné dans le verset 19.21 n’est pas spécifique à Jésus. Le Prophète Mohammed est une miséricorde pour l’humanité. « Et Nous ne t’avons envoyé que comme une Miséricorde pour les Mondes. » 21.107

c)- A propos de son rang d’illustre « ici-bas comme dans l’Au-delà et l’un des rapprochés d’Allah. » Coran 3.45 Sans doute, Jésus fait partie des Prophètes qu’Allah a favorisés, mais il n’est pas le seul à avoir ce privilège. D’autres Messagers se sont vus attribuer les mêmes qualités. Ainsi, Moïse était illustre auprès d’ Allah et Il lui a parlé de vive voix. Coran 33.69 ; 4.164

« Et Allah avait pris Abraham pour ami privilégié. » Coran 4.125

« Nous l’avons choisi en ce monde ; et, dans l’Au-delà, il est certes du nombre des vertueux. » Coran 2.130 ; 16.122 ; 29.27

Jean Baptiste était « Un Maître, un chaste, un Prophète et du nombre des vertueux. » Coran 3.39

« De même Zacharie, Jean Baptiste, Jésus et Elie, tous étaient du nombre des vertueux. De même Ismaël, Elisée, Jonas, et Lot. Chacun d’eux Nous l’avons favorisé par dessus le reste du monde. De même une partie de leurs ancêtres, de leurs descendants et de leurs frères et Nous les avons choisis et guidés vers un chemin droit. » Coran 6.85-87

Au sujet de Mohammed, Allah dit : « N’avons-Nous pas exalté ta renommée. » Coran 94.4

« Nous t’avons certes, accordé l’Abondance (Al-Qawthar) » Coran 108.1 (Certains exégètes disent que l’Abondance est un fleuve dans les hauts lieux du Paradis, coulant sur un lit de perles, d’autres estiment que ce mot désigne la grâce, la miséricorde, les délices, etc.). « Et tu es certes d’un caractère éminent » Coran 68.4

« Ton Seigneur t’accordera certes (Ses faveurs), et alors tu seras satisfait » Coran 93.5

« Certes, Allah et Ses Anges, prient sur le Prophète ; ô vous qui croyez ! priez sur lui et adressez (lui) vos salutations. » Coran 33.56 (La prière émanant d’Allah est Miséricorde, celle des Anges et des hommes est invocation des bénédictions d’Allah.)

d) Jésus est l’un des rapprochés d’Allah ; mais, il n’est pas le seul à avoir cette faveur. La plupart des Prophètes, sinon tous, comptent parmi les rapprochés d’Allah même si le Coran ne le mentionne pas. A partir du moment où des simples croyants bénéficient de cette faveur, il est très probable que tous les Prophètes sont des rapprochés d’Allah. Le Coran emploie ce terme à deux reprises au sujet des croyants :

« Les premiers (à suivre les ordres d’Allah sur la terre) ce sont eux qui seront les premiers (dans l’au-delà).Ce sont ceux-là les plus rapprochés d’Allah. » 56.10-11

« Si celui-ci est du nombre des rapprochés d’Allah, alors (il aura) du repos, de la grâce et un jardin des délices. » 56.88-89

e) « Il sera un signe au sujet de l’Heure » 43.61

Jésus reviendra sur la terre peu avant l’Heure, la fin des temps. Le but et la particularité de son retour consistent d’une part, à corriger les fausses conceptions à son égard, à savoir qu’il n’est ni Dieu ni fils de Dieu, et d’autre part, à déclarer que le Coran est la vérité et que Mohammed était vraiment le Messager d’Allah dont il avait annoncé la venue. C’est pour ces raisons essentiellement que Jésus (psl) va revenir et il ne reconnaîtra certainement pas ceux qui le divinisent, de même qu’il va les désavouer au jour du jugement :

« Ceux qui me disent : Seigneur ! Seigneur ! n’entreront pas tous dans le Royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux. Plusieurs me diront en ce jour-là : Seigneur ! Seigneur ! n’avons-nous pas prophétisé par ton nom ? N’avons-nous pas chassé des démons par ton nom ? et n’avons-nous pas fait beaucoup de miracles par ton nom ? Alors je leur dirai ouvertement:je ne vous ai jamais connu, retirez-vous de moi, vous qui commettez l’iniquité. » Matthieu 7.21-23

Certains exégètes du Nouveau Testament s’ingénient à expliquer l’iniquité par des formules simplistes, en rapport avec le péché envers autrui. Alors qu’il s’agit bel et bien du péché d’associationnisme, celui d’associer Jésus à Dieu.

Ce jour-là, les chrétiens apprendront beaucoup de choses tant sur Dieu que sur Jésus et son Message. Ils sauront que Jésus n’est pas celui qu’ils ont divinisé, qu’il n’a été ni tué ni crucifié ; que l’Evangile n’est pas le même que les quatre évangiles injustement attribués aux Apôtres, que certaines théories (de Paul notamment) ne reposent sur aucun fondement véridique, que les dogmes de la trinité, de la Rédemption, de l’incarnation, ne sont que des tentations et des pièges sataniques, que Dieu n’est pas celui qu’ils s’imaginaient :

« Et il leur apparaîtra, de la part d’Allah, ce qu’ils n’avaient jamais imaginé. » Coran. 39.47

f) Jésus= Parole et Esprit de Dieu : « ô gens du livre, n’exagérez pas dans votre religion, et ne dites d’Allah que la vérité. Le Messie Jésus, fils de Marie, n’est qu’un Messager d’Allah, Sa Parole qu’Il envoya à Marie et un Esprit (un souffle de vie) venant de Lui. » 4.171

La Parole d’Allah qui fut placée en Marie est tout simplement le commandement ou l’ordre de Dieu qui fut à l’origine de la création de Jésus. C’est avec le même commandement que Dieu créa et crée toute chose. Ce commandement se traduit par l’impératif du verbe être : sois !

« Quand Il veut une chose, Il lui dit : ‘‘Sois’’ et elle est. » Coran 2.117 ; 3.47 ; 3.59 ; 16.40 ; 19.35 ; 36.82 ; 40.68

Les exégètes musulmans affirment que Jésus fut créé avec la parole de Dieu. Ce n’est pas la Parole qui devient Jésus, mais la Parole a créé Jésus.

« Pour Allah, Jésus est comme Adam qu’Il créa de poussière, puis Il lui dit : « Sois » : et il fut » Coran 3.59

La création d’Adam est beaucoup plus complexe que celle de Jésus. Si celui-ci a été conçu dans le ventre de sa mère, Adam a été créé du néant et pourtant, il n’a pas été sanctifié outre mesure ni, encore moins, divinisé.

« Il (Jésus) n’était qu’un serviteur que Nous avions comblé de bienfaits et que Nous avions désigné en exemple aux Enfants d’Israël. » Coran 43.59

Dans le berceau, il déclara être « Abdullah », c’est-à-dire l’esclave, le serviteur d’Allah : « Il dit : ‘‘Je suis vraiment le serviteur d’Allah. Il m’a donné le Livre et m’a désigné Prophète. Il m’a rendu béni où que je sois. Il m’a recommandé la prière et la Zakât -tant que je vivrai- et la bonté envers ma mère. Il ne m’a fait ni tyran ni malheureux. Et que la paix soit sur moi le jour où je naquis, le jour où je mourrai, et le jour où je serai ressuscité vivant. » Coran 19.30-33 Le mot Esprit, en arabe ‘‘Rouh’’ signifie souffle de vie. Allah dit : Nous lui insufflâmes de Notre Esprit. Dans son commentaire du Coran, Ibn Qathir explique qu’il s’agit du « souffle fécondateur de l’Ange Gabriel dans la manche de la robe de Marie dont elle devint enceinte. » Adam eut la vie et devint animé grâce au même souffle, le Coran dit :

« Puis Il lui donna sa forme parfaite et lui insuffla de Son Esprit » 32.9

« Et dès que Je l’aurai harmonieusement formé et lui aurai insufflé de Mon Esprit, jetez-vous alors prosternés devant lui » 15.29 ; 38.72

Saint Athanase (mort en 372) dit : « Le Père crée toutes choses par le verbe dans l’Esprit, puisque là où est le Verbe, là aussi est l’Esprit, et les choses créées par l’intermédiaire du Verbe tiennent de l’Esprit, par le Verbe, la force d’être. » [6]De ce point de vue, la création de Jésus ressemble à celle d’Adam. Il est inconcevable qu’il soit le fils de Dieu au sens génétique -corporel ou spirituel- du terme.

Le terme « fils de Dieu » :

C’est par pure métaphore qu’on applique ce mot à Jésus. Aussi, dois-je vous rappeler que Jésus s’est donné plus d’une fois le titre de fils de l’homme et celui de fils de David.

Il y a lieu de noter que le titre ‘fils de Dieu’ se donnait à tout homme vertueux. On lit dans Matthieu (5.9, 44) : « Ceux qui font oeuvre de paix : ils seront appelés fils de Dieu. »

« Le centenier, qui était en face de Jésus, voyant qu’il avait expiré de la sorte, dit : Assurément cet homme était fils de Dieu. » Marc 15.39

« Mais à tous ceux qui l’ont reçue, à ceux qui croient en son nom, elle a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu. » Jean 1.12

« Car l’amour est de Dieu, et quiconque aime est né de Dieu et connaît Dieu. » (1Ep.Jean 4.7)

« Car tous ceux qui sont conduits par l’Esprit de Dieu sont fils de Dieu » (Rm.8.14)

« Faites toutes choses sans murmures ni hésitations, afin que vous soyez irréprochables et purs, des enfants de Dieu... » Ph.2.14-15

« Car tous, vous êtes par la foi, fils de Dieu » Galates 3.26

« Mais aimez vos ennemis, faites du bien, et prêter sans rien espérer. Et votre récompense sera grande, et vous serez fils du Très Haut » Luc.6.35

Dans l’Ancien Testament, le titre de fils de Dieu est également attribué à Salomon (1Ch.28.6), à Israël (Ex.4.22), aux enfants d’Israël (Dt 14.1 ; Esaïe 43.3-7 )

De même que les incroyants sont appelés fils du Diable « Celui qui pèche est du Diable... Quiconque est né de Dieu ne pratique pas le péché, parce que la semence de Dieu demeure en lui ; et il ne peut pécher, parce qu’il est né de Dieu. C’est par là que se font reconnaître les enfants de Dieu et les enfants du Diable. » 1Jn 3.8-10

J’estime que ces exemples suffisent à dissiper tout soupçon à propos du véritable sens de l’expression « fils de Dieu. »

Cela relève tout simplement du langage figuré et métaphorique qui était très familier aux auteurs de l’Ancien et du Nouveau Testaments.

La naissance de Jésus sans père ne peut en aucun cas signifier qu’il est le fils de Dieu car Dieu est Le Créateur de toute chose et Ses créatures Lui appartiennent comme sujets ou serviteurs. De la même façon, Il a créé Adam, Eve, les Anges et d’autres créatures que nous ne connaissons pas. La nature des créatures est sans doute différente de celle du Créateur, sinon Dieu aurait des associés ou des semblables ; cela est impossible car contraire à l’Attribut de l’Unicité.

Les Miracles de Jésus :

Il est certain que Jésus a accompli beaucoup de miracles, mais il ne faut pas oublier qu’il tenait ce pouvoir de Dieu et de Dieu Seul. Jésus ne pouvait rien faire de lui-même et il l’a dit à maintes reprises :

« En vérité, en vérité, je vous le dis, le Fils ne peut rien faire de lui-même, il ne fait que ce qu’il voit faire au père ; et tout ce que le père fait, le Fils aussi le fait pareillement. » (Jean 5.19)

« Mon enseignement ne vient pas de moi, mais de Celui qui m’a envoyé... Si quelqu’un veut faire la volonté de Dieu, il saura si cet enseignement vient de Dieu ou si je parle de moi-même. Celui qui parle de lui-même cherche sa propre gloire ; seul celui qui cherche la gloire de celui qui l’a envoyé est véridique et il n’y a pas en lui d’imposture. » Jean 7.16-18

Quand il fit ressusciter Lazare des morts, Jésus remercia Dieu qui lui accorda ce pouvoir : « Alors, Jésus leva les yeux et dit : ‘‘Père, je te rends grâce de ce que tu m’as exaucé’’ » (Jean 11.41)

« Israélites, écoutez mes paroles ! Jésus de Nazareth, cet homme à qui Dieu a rendu témoignage devant vous par les miracles, les prodiges et les signes qu’il a opérés par lui au milieu de vous, comme vous le savez vous-mêmes. » (Actes 2.22 )

Il ressort de ces versets que Jésus faisait les miracles grâce à Dieu. Certains prophètes ont accompli des miracles beaucoup plus importants. Ainsi par exemple Moïse qui, d’un coup de bâton, fraya le passage aux Israélites dans la Mer rouge (Ex.14.21-22) ; il fit jaillir douze sources du rocher pour les douze tribus Israelites dans le désert du Sinaï (Ex.17.6 ; Dt 8.15)

Le Prophète Elisée a rendu la vie à l’enfant de la femme Sunamite (2R 4.35), Il a guéri un lépreux (2R.5.14).

Ezechiel a ressuscité des centaines, voire des milliers de morts (Ez.37.1-10)

Dans ma lettre du 25 Avril dernier, j’ai mentionné quelques-uns des miracles accomplis par le prophète Mohammed (psl) ; il est donc inutile d’y revenir. Il faut noter, cependant, que le Coran est un miracle permanent, qui a mis en défi les hommes et les Djinns. Cela dit, les miracles sont l’oeuvre de Dieu même s’ils sont accomplis par les hommes. Lorsque Dieu sauva Abraham du feu de Nemroud ou Noé du Déluge ou lorsqu’il conféra à Salomon le pouvoir sur les Démons, est-ce une raison de les diviniser ? Non ! Certes, Dieu a favorisé certains Prophètes par rapport à d’autres, mais il ne nous appartient pas de nous servir de ce prétexte pour faire la distinction entre eux. Nous devons leur témoigner le même respect et la même considération sans discrimination aucune.

En ce qui concerne l’oeuvre actuelle de Jésus, je doute fort de la réalité de vos assertions. Nous pouvons longuement débattre cette question, sans aboutir à des résultats concluants ; vous ne pouvez jamais établir avec certitude l’existence d’un quelconque pouvoir miraculeux au niveau de l’Eglise.

Par ailleurs, si l’on se réfère à certaines prédictions de Jésus, on ne peut que s’étonner de l’absence de tout résultat confirmatif. Selon Marc (11.23 et 16.17-18) et Jean (14.12), ceux qui ont la foi en Jésus peuvent faire des miracles : chasser les Démons, parler des nouvelles langues, saisir des serpents, guérir les malades, boire du poison sans subir aucun mal, déplacer les montagnes...

Vous, en tant que croyant et disciple de Jésus, êtes-vous capable d’accomplir ces miracles ? Qui sont les chrétiens qui ont déjà accompli et qui peuvent aujourd’hui accomplir pareils miracles ?

Comment se fait-il que Jésus prophétise des événements qui ne se produisent pas ?

« Puis, ayant appelé ses douze disciples, il leur donna le pouvoir de chasser les esprits impurs, et de guérir toute maladie et toute infirmité...

Ces douze, Jésus les envoya en mission avec les instructions suivantes : ‘‘N’allez pas vers les païens, et n’entrez pas dans les villes des Samaritains ; allez plutôt vers les brebis perdues de la Maison d’Israël... Quand on vous pourchassera dans telle ville, fuyez dans telle autre... Je vous le dis en vérité, vous n’aurez pas achevé de parcourir les villes d’Israël, que le fils de l’homme sera venu. » (Matthieu 10.1-23)

Cela signifie que le retour de Jésus devait avoir lieu quelques mois après le commencement de la mission de ses douze disciples.

« Car le Fils de l’homme doit venir dans la gloire de son Père, avec ses Anges ; et alors il rendra à chacun selon ses oeuvres. Je vous le dis en vérité, quelques-uns de ceux qui sont ici ne mourront point, qu’ils n’aient vu le Fils de l’homme venir dans son règne. » (Matthieu 16.27-28)

Jésus était assis sur la montagne des oliviers, quand les disciples lui posèrent cette question :

« Dis-nous, quand cela arrivera-t-il, et quel sera le signe de ton avènement et de la fin du monde ? Jésus leur répondit :.. Je vous le dis en vérité, cette génération ne passera point, que tout cela n’arrive » (Mat.24.3,34)

En réalité, cette fausse croyance est imputable à Paul qui pensait assister, de son vivant, au retour de Jésus : « Voici, en effet, ce que nous vous déclarons, d’après la parole du Seigneur : nous, les vivants, restés pour l’avènement du Seigneur, nous ne devancerons pas ceux qui sont morts. Car le Seigneur lui-même à un signal donné, à la voix d’un archange, et au son de la trompette de Dieu, descendra du ciel, et les morts en Christ ressusciteront premièrement. Ensuite, nous les vivants, qui serons restés, nous serons tous ensemble enlevés avec eux sur des nuées, à la rencontre du Seigneur dans les airs, et ainsi nous serons toujours avec le Seigneur. » (1Th 4.15-17)

« Cette Epître de Paul aux Thessaloniciens était sa première Epître, écrite aux environs de l’année 50 de notre ère, et c’est ainsi qu’elle est considérée comme la plus ancienne Ecriture chrétienne. Elle précédait le plus ancien Evangile, c’est-à-dire celui de Marc, d’environ dix-huit ans. C’est pourquoi cette théorie paulienne de l’imminente venue du Christ avait son effet profond sur les évangélistes : Matthieu 10.23 ; 16.28 ; 24.34), Marc (13.30), et Luc (21.32). L’Evangile selon Jean a échappé à cette théorie paulienne parce qu’il était écrit plus tard, vers l’année 100-125 de notre ère, où les événements effectifs du premier siècle prouvaient son erreur. »  [7]Dans Matthieu (19.28), Jésus aurait prédit que les douze Apôtresseront sauvés et siégeront eux aussi sur douze trônes pour juger les douze tribus d’Israël. Cette prophétie, attribuée à Jésus, est fausse du fait qu’elle inclut Judas Iscariot qui a trahi le Christ. Après sa traîtrise, il prit le nom de : ‘fils de perdition’ et était excommunié. C’est pour cette raison que Luc ne mentionne pas le nombre ‘douze’ au regard du mot (trônes) dans son Evangile, ayant sans doute pensé à Judas le traître. (Luc.22.29-30)

Je pense qu’il y a dans ces remarques matière à réflexion .

Dans l’attente de votre réponse, je vous prie d’agréer l’expression de mes sincères salutations

Ahmed Simozrag


Notes

[1] James Montgomery Boice : ‘Le Dieu qui libère’, p.98.

[2] Démonstration de l’existence de Dieu, cité par Seyyid Mojtaba Moussavi Lari, Dieu et Ses Attributs, p.173

[3] Cité par Sayyid MOJTABA, ouvrage cité p.169,170

[4] Le terme ibn essabil est cité huit fois dans le Coran. II signifie littéralement : enfant du chemin, de la voie ou de la route. Il me semble que sa traduction par le mot voyageur n’est pas tout à fait appropriée, d’autant plus qu’ il est rare de trouver des voyageurs dans le besoin. A mon avis, il s’agit des sans abri, des vagabonds et des enfants de la rue dont le nombre ne cesse de croître à travers le monde. Encore une fois, cette prédiction fait partie des miracles du Coran. En effet, cette catégorie de pauvres est caractéristique de notre époque. Elle n’existait pas au temps de la révélation du Coran.

[5] Henri Guillemin, dans ‘‘Malheureuse Eglise’’, Seuil 1992, p.155

[6] Henri Guillemin, ouvrage cité, p. 141

[7] Ahmad abdel-wahab : ‘‘Dialogue Transtextuel entre le Christianisme et l’Islam’’ éd.Centre Abaâd, Paris 1987, p.102)

11 Messages de forum

  • Cher Maitre,

    permettez d’intervenir une fois encore* sur votre analyse pour discutez avec vous d’une petite anomalie que je trouve dans un des hadith que vous avez cité ci-dessus.

    « L’aîné des fils d’Adam porte une part de responsabilité pour tout sang versé injustement, car c’est lui qui institua le meurtre. » Hadith rapporté par Ibn Mas’oud et cité par boukhari et Mouslim ;

    Ce hadith me semble un peu bizzare du fait que lors d’une de vos precedente lettre vous avez parler du peché originel d’Adam, et qui serait injuste qu’un homme soit responsable du peche des autres. sauf a mon avis a celui qui a incité au meurtre ou tout autre oeuvre qui deplaise a dieu.

    j’aimerais avoir votre avis la dessus,

    salam alaykom,

    * ma premiere intervention etait sur Cyrus dans votre reponse a la 3 eme lettre du pasteur

    • Cher Lotfi,

      Le hadith en question a été rapporté par Abdullah ibn Messaoud et authentifié par les deux Cheikhs : Bukhari et Muslim. Il est aussi appuyé par un autre hadith qui dit : " Celui qui initie une bonne action aura sa récompense et la récompense de celui qui l’imite (en fait usage) jusqu’au Jour de la résurrection, et celui qui initie une mauvaise action aura son châtiment et le châtiment de celui qui l’imite jusqu’au Jour de la résurrection". Le Hadith est authentique, il est certes en contradiction avec d’autres hadiths et d’autres versets du Coran sur le pardon et la Miséricorde d’Allah, mais néanmoins, l’exécution du hadith ne relève que d’Allah (SWT). Je ne pense pas qu’il faille mettre en doute le hadith, car il se peut qu’il ait un but dissuasif, le Jour du Jugement, tout le monde aura besoin de la Miséricorde d’Allah. Il y a aussi un point important à prendre en compte : c’est la foi du tueur ou du pécheur ! S’il est mécréant et en plus il fait du mal, comment voulez-vous qu’il puisse être dispensé du châtiment ?

  • Bonjour,

    Permettez à un autre chrétien (en désaccord, soit dit en passant, avec de nombreuses positions des évangélistes), de réagir sur le passages suivant :

    "Pour revenir à la notion d’amour, il faut reconnaître que cette idée, par trop abstraite, n’a rien à voir avec la réalité. Aussi, on ne peut l’accepter sans réserve du fait qu’elle parait difficilement conciliable avec la vraie nature humaine. C’est pourquoi le Coran, plus réaliste et plus conforme à la nature de l’homme, entreprit de fixer les limites de cet Amour"

    Je lis ceci à la lumière de ce que vous partagez de votre histoire personnelle -de vos souffrances- dans cette correspondance. Vous ne connaissez que trop bien la face sombre de l’humanité.

    Mais une telle affirmation... Je ne peux que protester, témoignant ainsi de la foi qui m’anime : "Qui n’aime pas n’a pas découvert Dieu, puisque Dieu est amour" (1Jn4:8). Pour un chrétien, l’amour a à voir avec Celui qui est la Réalité même.

    Cet infini est-il si "difficilement conciliable avec la vraie nature humaine" ? Oui, si l’homme ne se fie qu’à lui-même. Mais "l’amour vient de Dieu, et quiconque aime est né de Dieu et parvient à la connaissance de Dieu (...) Si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous, et son amour, en nous, est accompli" (1Jn4:7.12).

    C’est Celui qui nous dépasse qui permet la réalisation de ce qui, sans Lui, ne serait en effet qu’une utopie. Il nous appelle vers cet infini, et nous ne progressons que pas à pas, pèlerins recherchant la Face du Seigneur (Ps27:8/Coran6:52).

    Vous écriviez, plus bas, que "les pécheurs doivent avoir leur part du châtiment " ? Mais si nous refusons d’avancer, durcissant notre coeur, la sanction arrive dès la vie présente : "Qui n’aime pas demeure dans la mort" (1Jn3:14). Aimer, c’est vivre ; ne pas aimer, être déjà mort. Voilà pourquoi Jésus dit que le "blasphème contre l’Esprit" ne peut être pardonné (déclaration attestée par Matthieu12:31, Marc3:29, Luc12:10 ...et même l’évangile apocryphe de "Thomas").

    Remettons en contexte : Jésus guéris des "possédés" ; ses adversaires l’accusent de le faire grâce au pouvoir du chef des démons. On pourrait dire, avec le Coran, que "ce qu’ils ont accompli couvre leurs coeurs" (83:14) : malgré l’évidence d’une guérison, ils restent aveugles à l’esprit d’amour qui anime Jésus ; pleins de leurs certitudes, ils condamnent.

    Et ils se condamnent. Car notre Créateur nous a voulu libre : "C’est la vie et la mort que j’ai mises devant vous, c’est la bénédiction et la malédiction. Tu choisiras la vie..." (Dt30:19). Tuer la voix de l’amour dans son coeur, c’est mourir. Devenir incapable de voir la main tendue de Dieu, de voir Son amour, de voir Son pardon.

    Quand vous écrivez que "l’amour de Dieu est avant tout subordonné à notre amour à Son égard", je ne peux que redire cette phrase : "Nous, nous aimons, parce que Lui, le premier, nous a aimés" (1Jn19). En tant que chrétien, je dois redire que l’amour de Dieu ne se "mérite" pas : il nous est offert. Ce qui est tellement étranger à notre égoïsme que nous n’arrivons pas à l’admettre, projetant sur Lui nos propres limitations.

    Dieu nous aime. Tous. Et ce qu’Il déteste, c’est ce qui au fond nous détruit : ces idôlatries dont nous sommes esclaves. La tradition musulmane (Bukhari) ne dit-elle pas qu’il faut assister notre frère lorsqu’il se comporte en oppresseur en l’empêchant de faire du tort à autrui ? On peut aimer quelqu’un sans pour autant aimer la maladie qui le ronge. Nous pouvons ainsi aimer ceux que vous appelez "les ennemis de Dieu" sans pour autant accepter leurs choix.

    Sans l’amour, on passe à côté du Nouveau Testament. Comme mes frères musulmans, je crois que la faculté de discerner vient de Dieu (Coran8:29). C’est vers Lui qu’il faut se tourner, tant pour nous que pour les autres. "Et voici ma prière : que votre amour abonde encore, et de plus en plus, en clairvoyance et pleine intelligence, pour discerner ce qui convient le mieux..." (Philippiens1:9).

    C’est l’amour qui doit guider nos actes. Certes, "on n’ira pas voir la Face du SEIGNEUR les mains vides" (Dt16:16), aussi je ne peux que me réjouir de retrouver ceci dans le Coran : "Donne donc au proche parent son dû, ainsi qu’au pauvre, et au voyageur en détresse. Cela est meilleur pour ceux qui recherchent la Face d’Allah" (30:38)

    Mais, en tant que chrétien, il me faut proclamer que ce n’est pas l’acte en lui-même qui compte. C’est l’amour que nous mettons dans cet acte qui lui donne sa valeur :

    "Quand j’aurais le don de prophétie, la science de tous les mystères et de toute la connaissance, quand j’aurais la foi la plus totale, celle qui transporte les montagnes, s’il me manque l’amour, je ne suis rien. Quand je distribuerais tous mes biens aux affamés, quand je livrerais mon corps aux flammes, s’il me manque l’amour, je n’y gagne rien" (1Corinth13:2-3)

    • Bonjour Monsieur,

      Je réponds brièvement à votre article concernant cette délicate notion d’amour sur laquelle on a beaucoup épilogué sans résultats concluants. Nul ne peut nier les mérites de cette croyance en rapport avec (ou constituant) l’une des plus nobles et des plus parfaites qualités morales. Cependant, le problème réside dans sa concrétisation sur le plan pratique. Vous dites : "Pour un chrétien, l’amour a à voir avec Celui qui est la Réalité même." Ce point de vue est sans cesse démenti par la réalité. Les exactions qui sont le fait des chrétiens au fil des siècles jusqu’à aujoud’hui en Irak, en Afghanistan et ailleurs n’ont rien à voir avec l’amour que vous prônez. A moins que vous déniez la qualité de chrétiens aux Américains et leurs alliés Européens. L’amour est une bonne chose, un noble caractère mais il faut réellement le démontrer, y compris envers "vos ennemis". Quand vous dites : "On peut aimer quelqu’un sans pour autant aimer la maladie qui le ronge. Nous pouvons ainsi aimer ceux que vous appelez "les ennemis de Dieu" sans pour autant accepter leurs choix." Je suis bien d’accord avec vous, mais comment est-ce possible ? Etant donné que beaucoup de gens se confondent avec leur maladie à telle enseigne qu’ils deviennent l’incarnation du mal et ils refusent toute opération de délivrance. Ils se plaisent dans le mal, ils déclarent accepter volontiers cette situation. A mon avis, l’amour demeure une espérance, un but que l’on doit chercher à atteindre. Il faut beaucoup d’efforts pour y parvenir et comme je l’ai déjà souligné à mon ami Yves, la présence de Satan demeure l’obstacle majeur à la réalisation de cet objectif qu’est l’amour du prochein. Le terme Satan s’entend au sens large, bien sûr, englobant cupidité, égoïsme, ignorance, jalousie, haine, racisme, etc D’aucuns ont envie d’aimer mais ils ne perviennent pas à le faire. Si on réussit à refouler la haine d’autrui, à ne pas détester son prochain, on aurait déjà franchi la moitié du chemin.

      • Bonjour,

        Tout d’abord, merci d’avoir pris le temps de me répondre. Vous souhaitez rattacher le souci de l’amour du prochain à la réalité concrète. Je ne peux qu’acquiescer, ce souci étant le mien auquotidien, tout comme pour de nombreuses personnes que je côtoie. Je ne parle d’ailleurs pas que de chrétiens : il y a aussi bon nombre d’athées (je vous écrit de France) et des musulmans...

        Vous évoquez -à juste titre- les exactions qui ont marqué l’histoire du christianisme ; je regrette cependant de vous voir y rattacher l’Irak et l’Afghanistan. C’est jouer le jeu de monsieur Bush et des partisans du "choc des civilisations", et masquer des réalités purement économiques (gaz, pétrole) derrière des enjeux faussement religieux.

        Le cas des Etats-Unis est en outre bien différent de celui des états européens (même si certains d’entre eux ont du mal à se démarquer du christianisme, le récent débat autour de la pseudo-Constitution Européenne l’a prouvé). La France, en particulier, se détache du catholicisme qui l’a si fortement marqué, et ce depuis plus de deux siècles. J’en suis témoin : être chrétien en France, c’est appartenir à une minorité religieuse (la deuxième étant l’islam). Je ne regrette pas se "détachement", car les pires égarements du christianisme, à mon sens, viennent du rapport entre institutions chrétiennes et pouvoir (un militant d’extrême droite, au XIXème siècle, remerciait l’église catholique d’avoir maintenu le latin que seules les élites pouvaient comprendre...).

        L’amour n’est pas une espérance : n’importe qui peut le recevoir de Dieu, et y puiser la force d’agir dans le sens voulu par notre Créateur. Y demeurer demande cependant un effort constant, puisqu’orgueil, égoïsme et jalousie cherchent toujours à en éteindre la flamme. C’est une société guidée par l’amour qui relève de l’espérance : espérance messianique, espérance de la fin des temps. Mais le Christ n’est pas venu poser les bases d’une société ! Il s’adresse à chaque individu, et c’est dans des réalisations individuelles qu’il faut chercher les "résultats concluants". Et il y en a ! Beaucoup ! Mais discrets, car nous voyons plus facilement le mal que le bien.

        Quelques soient les conceptions intellectuelles de nos esprits étroits, laissons l’amour nous ouvrir à l’infini de Dieu.

        • Bonjour,

          - Après nos échanges sur votre page "La Femme en Islam : Deuxième Partie", je reprends donc là où avait eu lieu ma première intervention. J’ai en effet le sentiment que notre évocation de la guidée de l’Esprit me ramène à ce "blasphème contre l’Esprit" que j’évoquais dans mon premier message. Ces personnes, qui -pour reprendre mes propres termes- « restent aveugles à l’esprit d’amour qui anime Jésus », sont pour le chrétien d’aujourd’hui un avertissement : de la même manière qu’elles dénigraient l’amour qu’elles voyaient pourtant à l’oeuvre, nous pouvons à notre tour rester insensible, voire hostile, à une action pourtant inspirée par l’Esprit. "Le vent (l’Esprit) souffle où il veut, et tu entends sa voix, mais tu ne sais ni d’où il vient ni où il va..." (Jean III, 8)

          Au passage, toutes les controverses entre Jésus et les gens de son époque sont évidemment un avertissement plein d’actualité. Car les comportements très humains d’alors n’ont en rien changé dans l’homme d’aujourd’hui. Les « traditions juives tendant à déformer la religion en la réduisant à des pratiques ostentatoires, empreintes d’hypocrisie et sans aucun rapport avec la foi et la pureté intérieure que cela implique » sont aussi nos traditions d’aujourd’hui, qui naissent des mêmes attitudes bien humaines.

          J’en ai un bon exemple avec certains de mes élèves -je suis professeur de musique en collège- lorsqu’il s’agit du jeûne du mois de Ramadan : pour beaucoup d’adolescents, cette pratique se mue en une sorte de démonstration de virilité, et objectif de "piété" (Coran II, 183) est oublié. Chrétiens et musulmans peuvent cependant se retrouver, vous le savez sûrement, sur une définition très proche :

          "La bonté pieuse ne consiste pas à tourner vos visages vers le Levant ou le Couchant. Mais la bonté pieuse est de croire en Allah, au Jour dernier, aux Anges, au Livre et aux prophètes, de donner de son bien, quelqu’amour qu’on en ait, aux proches, aux orphelins, aux nécessiteux, aux voyageurs indigents et à ceux qui demandent l’aide et pour délier les jougs, d’accomplir la Salâ et d’acquitter la Zakâ. Et ceux qui remplissent leurs engagements lorsqu’ils se sont engagés, ceux qui sont endurants dans la misère, la maladie et quand les combats font rage, les voilà les véridiques et les voilà les vrais pieux !" (Coran II, 177)

          "Le jeûne que Je préfère, n’est-ce pas ceci : dénouer les liens provenant de la méchanceté, détacher les courroies du joug, renvoyer libres ceux qui ployaient, bref que vous mettiez en pièces tous les jougs ! N’est-ce pas partager ton pain avec l’affamé ? Et encore : les pauvres sans abri, tu les hébergeras, si tu vois quelqu’un nu, tu le couvriras : devant celui qui est ta propre chair, tu ne te déroberas pas" (Esaïe LVIII, 6-7)

          C’est bien pourquoi je citais l’avertissement de l’apôtre Jacques, qui ne pointait pas seulement le goût des richesses matérielles, mais surtout l’ensemble des instincts qui nous dominent : "D’où viennent les guerres, d’où viennent les conflits entre vous ? N’est-ce pas justement de tous ces instincts qui guerroient dans vos membres ?" (Jc IV, 1-3)

          En d’autres termes : "...Juge donc en toute équité parmi les gens et ne suis pas la passion : sinon elle t’égarera du sentier de Dieu..." (Coran XXXVIII, 26)

          Je rejoins ainsi ce que vous m’objectiez : « vous semblez vous exprimer avec assurance qu’il s’agit vraiment de l’Esprit. C’est possible, mais c’est risqué aussi, étant donné que Satan peut également agir en tant qu’Esprit ». Les apôtres en avaient pleinement conscience, il suffit pour s’en apercevoir de relire cette mise en garde de l’apôtre Pierre : "Comportez-vous en hommes libres, sans utiliser la liberté comme un voile pour votre méchanceté, mais agissez en serviteurs de Dieu" (2 Pierre II, 16)

          Le sujet de Satan n’avait pas encore été évoqué dans notre échange. Peut-être est-il temps de porter notre réflexion sur ce sujet ? Laissez-moi alors vous faire part de ce que me dit le récit biblique -pour moi mythique- de la Genèse : "Le SEIGNEUR Dieu planta un jardin en Eden, à l’orient, et il y plaça l’homme qu’il avait formé. Le SEIGNEUR Dieu fit germer du sol tout arbre d’aspect attrayant et bon à manger, l’arbre de vie au milieu du jardin et l’arbre de la connaissance de ce qui est bon ou mauvais" (Gn II, 8-9)

          Le décor est planté, l’homme placé à l’Est, l’arbre de vie au milieu, l’arbre de la connaissance évoqué (mais pas localisé). Poursuivons la lecture : "Or le serpent était la plus astucieuse de toutes les bêtes des champs que le SEIGNEUR Dieu avait faites. Il dit à la femme : "Vraiment ! Dieu vous a dit : Vous ne mangerez pas de tout arbre du jardin..." La femme répondit au serpent : "Nous pouvons manger du fruit des arbres du jardin, mais du fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : Vous n’en mangerez pas et vous n’y toucherez pas afin de ne pas mourir" (Gn III, 1-3)

          Voici donc qu’est entré en scène un nouveau protagoniste : "...L’antique serpent, celui qu’on nomme Diable et Satan, le séducteur du monde entier..." (Apocalypse XII, 9). L’auteur du récit à déjà introduit un glissement dans le texte, ce n’est plus l’arbre de vie qui est au centre du jardin, mais celui de la connaissance. Satan n’a plus qu’à introduire le soupçon dans la relation de confiance qui existait entre Dieu et ses créatures : "Le serpent dit à la femme : "Non, vous ne mourrez pas, mais Dieu sait que le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront et vous serez comme des dieux possédant la connaissance de ce qui est bon ou mauvais" La femme vit que l’arbre était bon à manger, séduisant à regarder..." (Gn III, 4-6)

          L’intervention du serpent à donc fait naître deux fruits qui ont pour nom "soupçon" et "convoitise" ; les événements suivent alors leur cours : "Le SEIGNEUR Dieu appela l’homme et lui dit : "Où es-tu ?" Il répondit : "J’ai entendu Ta voix dans le jardin, j’ai pris peur car j’étais nu, et je me suis caché" "Qui t’a révélé, dit-Il, que tu étais nu ? Est-ce que tu as mangé de l’arbre dont Je t’avais prescrit de ne pas manger ?" L’homme répondit : "La femme que Tu as mise auprès de moi, c’est elle"... (Gn III, 9-12)

          Le fruit nommé "soupçon" n’a cessé de croître, puisque l’homme se cache à l’appel de Dieu, et celui qui a pour nom "mauvaise foi" apparaît à son tour : quand Dieu lui demande "Est-ce que tu as mangé ?", l’homme fuit sa responsabilité (rien ne l’obligeait à manger ce que sa femme lui donnait), pointe du doigt celle qu’il avait pourtant appelé "l’os de mes os et la chair de ma chair" (Gn II, 23), et accuse même son Créateur : "La femme que Tu as mise auprès de moi". Quant au fruit nommé "convoitise", ses conséquences ne cessent de croître : "...Ton désir te poussera vers ton homme et lui te dominera" (Gn III, 16)

          Voici rompue l’harmonie originelle. Alors qu’auparavant « l’innocence intérieure comme pureté du coeur rendait impossible que l’on soit réduit par l’autre au niveau de simple objet. Ils étaient unis par la conscience du don » (Jean-Paul II). "Convoitise", "soupçon", tout s’enchaîne en un cycle infernal. Et l’homme, en choisissant de refuser la main tendue de Dieu, devient incapable d’agir en bien : "Car je sais qu’en moi -je veux dire dans ma chair- le bien n’habite pas : vouloir le bien est à ma portée, mais non pas l’accomplir, puisque le bien que je veux, je ne le fais pas et le mal que je ne veux pas, je le fais" (Rm VII, 18-19)

          Comment, donc, ne pas sombrer dans l’erreur et, pour reprendre votre expression, « compter avec le pouvoir trompeur de Satan » ? "Gardez-vous des faux prophètes, qui viennent à vous vêtus en brebis, mais qui au-dedans sont des loups rapaces. C’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez" (Matthieu VII, 15)

          J’ai déjà commencé à nommer les fruits de Satan, tels que je les lis dans le récit des origines. Pour évoquer également ceux de l’Esprit, tournons-nous vers Paul : "On les connaît, les oeuvres de la chair : libertinage, impureté, débauche, idolâtrie, magie, haines, discorde, jalousie, emportements, rivalités, dissensions, factions, envie, beuveries, ripailles et autres choses semblables ; leurs auteurs, je vous en préviens, comme je l’ai déjà dit, n’hériteront pas du Royaume de Dieu. Mais voici le fruit de l’Esprit : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, foi, douceur, maîtrise de soi ; contre de telles choses, il n’y a pas de loi" (Galates V, 19-23)

          Ainsi, quand vous évoquez les pratiques surérogatoires en disant : « Je le fais de moi-même dans ma recherche de l’amour et du rapprochement de Dieu », comment puis-je faire autrement qu’y voir le souffle de l’Esprit ? La tradition musulmane (Bukhari) ne dit-elle pas que "les actes ne valent que selon les intentions" ? Lorsque cette intention est absente, nous nous retrouvons à accomplir des rites sans signification : "Ils ont beau faire figure de sagesse : religion personnelle, dévotion, ascèse, ils sont dénués de toute valeur et ne servent qu’à contenter la chair" (Colossiens II, 23) "...Et lorsqu’ils se lèvent pour la Prière, ils se lèvent avec paresse et par ostentation envers les gens. A peine invoquent-ils Allah" (Coran IV, 142)

          - Je reviens enfin sur votre affirmation selon laquelle « Face à ce dilemme très embarrassant [c’est-à-dire le refus de la crucifixion dans le Coran et son affirmation dans la Bible], les chrétiens, pour se conforter dans leurs croyances, n’ont trouvé d’autre issue que de dénier au Coran son origine divine » : je commencerai par vous dire qu’il y a mille et une choses, grandes et petites, qui m’amènent à ne pas adhérer au Coran, et que la crucifixion n’est que la plus fondamentale de toutes. Le Coran reconnaît que certains chrétiens se caractérisent par une attitude intérieure bien spécifique : "Nous les avons fait suivre de Jésus fils de Marie et lui avons apporté l’Evangile, et mis dans les coeurs de ceux qui le suivirent douceur et mansuétude..." (Coran LVII, 27)

          Mais -à mon sens- il est passé à côté de ce qui est au centre de cette attitude : la leçon de la croix (thème qu’il me faudra sans doute essayer de développer ; auriez-vous une page de votre site dont vous me conseilleriez une lecture préalable à ce sujet ?)

  • salam

    j’aimerais si possible avoir votre avis sur un hadith du recueil d’Abû Daoud, je ne sais pas si il est authentique ou pas mais il m’a un peu choqué

    Sunan Abu-Dawud Book 38, Number 4349 Raconté par Ali ibn Abu Talib : Une Juive avait l’habitude d’injurier le Prophète (la paix soit sur lui) et de le dénigrer. Un homme l’étrangla jusqu’à ce qu’elle meure. L’Apôtre d’Allah (la paix soit sur lui) déclara qu’aucune compensation n’était payable pour son sang.

    d’ordinaire, le Prophète (Paix sur lui) ne prennait pas de revanche pour lui même. Comment expliquer cette attitude alors ? à première vue, c’est contradictoire avec la figure de Mohammed, la miséricorde des mondes. Ce Hadîth est il sahih ?

    merci

    • Salam,

      Ce Hadith est authentique. La femme juive prit l’habitude d’injurier sans cesse le Prophète. Aucun musulman n’avait commandité son meurtre et le Prophète (Paix et Salut sur lui) n’aurait certainement pas donné son accord si le meurtrier le lui avait demandé. Il y a de nombreux cas où le Prophète s’opposa à des actes de vengeance. Vous dites que "d’ordinaire, le Prophète (Paix sur lui) ne prennait pas de revanche pour lui même."

      C’est vrai, jamais le prophète ne s’est vengé pour lui-même. Mais est-ce qu’on peut parler de revanche dans le cas de l’espèce ? A mon avis non, le prophète a été mis devant le fait accompli, car le meurtre étant consommé et quoi qu’il en soit la compensation ne saurait restituer la vie à la victime. Il importe toutefois de comprendre les motifs de la décision du Prophète (Paix et Bénédictions sur lui).

      1° On lit dans le Coran que les injures proférés contre Allah et Son Prophète sont une cause de mécréance, de malédiction et de châtiment cruel contre leurs auteurs : "Ceux qui offensent Allah et Son Messager, Allah les maudit ici-bas comme dans l’au-delà et leur prépare un châtiment avilissant" s33 v57

      "Est-ce d’Allah, de Ses versets et de Son Messager que vous vous moquiez ? " s9 v65

      2° Les musulmans étaient en guerre contre les juifs. Cette femme, en dénigrant sans cesse le prophète, nourrissait la haine contre lui et incitait les siens à le combattre. Ce faisant, elle prenait part à la guerre et en tant que guerrière, elle n’a pas droit à la compensation.

      C’est comme si elle avait reçu une balle ou une flèche dans un combat, mais le prophète, encore une fois, n’aurait jamais accepté qu’elle fût tuée même dans le combat réel. Cependant, lui accorder une compensation reviendrait à enfreindre la loi de la guerre.

      Cela est mon humble avis, et Allah sait mieux.

  • Salam Alaikum Maitre,

    Pourquoi cite t’on l’orgueilleux dans les attributs d’Allah ? Cet attribut n’est il pas pejoratif, voir un defaut ?

    • wa alaikum assalam,

      L’orgueil est une qualité, une perfection par rapport à Allah le Créateur et un défaut par rapport à l’homme en tant que créature.

      L’orgueilleux est l’un des noms et des attributs de Dieu qui traduit Sa grandeur, Sa perfection, Sa puissance, Son autorité, Sa beauté, Sa Royauté.

      Cela signifie qu’Allah est Satisfait de Lui-même, fier de Sa bonté, de Sa supériorité sur Ses créatures, de Sa justice, Son autosuffisance, n’ayant besoin ni de femme ni d’enfant ni d’associé. Il est au-dessus du mal, de l’injustice, du besoin, de l’imperfection, des contingences et de tout défaut.

      Il est le Créateur unique et absolu, le Dispensateur de toutes grâces et de toutes choses, le Tout-puissant, le Riche par excellence, ce qui fait que l’orgueil soit une qualité pour Lui et un défaut pour l’homme.