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Reponse du maître à la lettre 9 : anthropomorphisme & théomorphisme, défense du prophète, défense de l’islam

Publication en ligne : dimanche 9 mai 2004, par Maître Simozrag

Ouagadougou, le 13 Octobre 1997

Cher Ami Yves,

Suite à votre lettre du 9 Juin 1997, j’ai le plaisir de vous faire part des observations et remarques suivantes : l’expression : « Dieu a créé l’homme à son image, selon Sa ressemblance » n’est pas à prendre dans un sens morphologique. Il s’agit d’une ressemblance intellectuelle et fonctionnelle. Dieu a doté l’homme d’une portion d’intelligence semblable à la sienne et lui a conféré un certain pouvoir -notamment celui de commander, d’inventer et de produire- semblable au sien. L’homme tient de Dieu ces deux caractéristiques qui le distinguent des autres créatures. Il y a là une simple erreur d’interprétation.

Selon le Coran, Dieu est Incomparable :

« Il n’y a rien qui lui ressemble. » 42.11

« Les regards ne peuvent l’atteindre, cependant qu’Il saisit tous les regards. » 6.103

S’il est vrai que Dieu est Incomparable, Il n’est pas pour autant Inconnaissable.

Outre Ses multiples signes dans l’Univers et dans les créatures, Dieu s’est fait connaître aux hommes par l’intermédiaire de Ses Messagers qui ont communiqué Sa Parole.

Par conséquent, il est insoutenable d’affirmer que les musulmans connaissent très mal Dieu parce qu’ils connaissent très mal Jésus. Les musulmans connaissent parfaitement Jésus, mais simplement en tant que serviteur et Messager de Dieu. Ils ne le connaissent pas sous le titre de « fils de Dieu ». Connaître Dieu à travers le prisme de Jésus ou de la passion, c’est Le réduire à la dimension humaine. Sans doute, une telle vision, déformée par le pseudo lien de paternité, ne saurait rendre compte de la réalité divine, d’où les conceptions erronées des doctrines chrétiennes. Quant aux musulmans, s’ils connaissent mal Dieu, c’est probablement à cause du fait qu’ils connaissent mal Ses messages et Ses enseignements.

Dieu nous invite à L’appeler par l’un de Ses plus beaux noms, qui sont au nombre de 99 et où le mot « Père » ne figure pas. Notre père est Adam et Adam n’est pas le fils de Dieu. Il est sa créature, son serviteur et son adorateur. Je ne pense pas que l’on puisse se servir du hadith concernant la bienveillance et la tendresse de Dieu à l’égard de Ses serviteurs pour Le comparer à une mère et par conséquent justifier sa comparabilité. Le hadith établit la comparaison entre l’amour de Dieu et l’amour d’une mère envers ses enfants. En effet, ce hadith dit :

« Dieu est plus tendre et plus bienveillant qu’une mère envers son fils bien-aimé ». Il est bien évident que la comparaison concerne la qualité et non la personne. Affirmer que Dieu est Un, n’est pas en contradiction avec l’expression : « Il n’est pas quantifiable par les nombres. »

En effet, l’unité est un attribut, un caractère désignant celui qui est unique, qui n’a pas de parties, qui ne peut être divisé. Elle n’exprime pas un nombre ou une quantité, elle s’y oppose même. L’unité de Dieu ne désigne pas, non plus, une entité corporelle, car le corps est un ensemble de parties ou d’éléments et une telle composition ne peut concorder avec l’Essence divine. Dieu n’est pas Un au sens numéral où l’on peut ajouter un second de même nature. Son unité est telle que si on Lui supposait un second, il ne saurait être que Lui-même.

Ainsi, par exemple la lumière ajoutée à la lumière demeure lumière. Cela ne change rien à l’Essence. L’expression : « Dieu est Un » ne signifie pas seulement qu’il n’y a pas un second dieu, mais beaucoup plus que cela ; elle signifie qu’il est impossible de supposer l’existence d’un second dieu. C’est dans ce sens qu’il faut prendre le terme « Inquantifiable ».

Concernant le Coran, il parle de la « Face de Dieu » ou « Direction de Dieu » et non du Visage (2.115) Certes, le mot arabe « Ouajh » a plusieurs significations y compris celle de visage. Mais dans ce contexte, il désigne la face, la direction, l’orientation.

D’autre part, dans le verset (2.255), il n’est pas fait mention de repose-pied comme vous dites. Ce verset parle du Trône (Koursi) qui « déborde les cieux et la terre. »

Pour ce qui est du qualificatif « le Contraignant » désignant Dieu, ce terme n’est pas synonyme de tyran car le tyran est un dictateur ou un despote qui usurpe le pouvoir et l’exerce de manière absolue, injuste et cruelle. Alors que Dieu est Bon, Juste, Tolérant, Bienveillant, Indulgent, Paisible, Clément, Miséricordieux, etc. Cependant, Sa Justice implique une certaine autorité qui ne saurait s’exercer sans contrainte. C’est ainsi qu’il contraignit le Pharaon à la noyade en le poussant à emprunter la mer qui allait se refermer sur lui. Sa contrainte s’exerce également sur les êtres et les choses, en assignant à chacun un rôle déterminé. La terre est contrainte à accomplir tant de rotations, le soleil à se mouvoir et à fournir tant d’énergie ou de lumière, la lune à tourner autour de la terre, le coeur à battre, les espèces à se reproduire, etc. La mort est l’expression même de la contrainte. Les instincts, les aptitudes et les penchants naturels ne sont pas moins le résultat d’une contrainte. Les miracles, en tant que faits extraordinaires bravant les lois de la nature, ne peuvent se produire sans contrainte. Si l’Ordre de Dieu s’impose par la contrainte, le contrordre traduit une surcontrainte.

« C’est Lui qui réduit les princes au néant. » Es.40.23 Dieu fait ce qu’Il veut. Il se peut qu’Il supprime l’effet d’une contrainte, l’accroît, le réduit ou le modifie. Ainsi, fut l’ordre donné au feu de Nemrod de devenir fraîcheur pour Abraham. Il en résulte que Dieu n’est pas seulement Contraignant, Il est aussi Surcontraignant.

Il convient d’observer toutefois que cet attribut n’est pas en contradiction avec le verset 2.256 : « Pas de contrainte en religion » et ce pour la simple raison que cette Parole s’adresse aux hommes. Est-ce qu’il faut comprendre par là que Dieu exige des hommes « ce qu’Il n’exige pas d’abord de Lui-Même » ? La réponse est Non.

A ma connaissance, Dieu n’a jamais exercé de contrainte en matière de religion. Dieu propose comme religion la soumission à Sa volonté, c’est-à-dire l’islam, mais Il laisse les gens choisir et agir à leur guise. Pour ce faire, Il leur donne la pleine liberté. D’où la diversité des religions, des croyances et des cultures. Contrairement aux anges qui Lui sont soumis par contrainte, les hommes sont entièrement libres. En Sa qualité de Créateur, Il aurait pu les fondre dans le même moule, leur imposer telle ou telle religion, faire de tout le monde des croyants ou des athées. Il n’en est rien. C’est pourquoi, il y a des juifs, des musulmans, des chrétiens, des bouddhistes, des hindouistes, des animistes, des athées, des idolâtres, des agnostiques et j’en passe.

A ce propos, Allah a dit :

« Si Dieu l’avait voulu, Il aurait fait de vous une seule communauté. Mais Il a voulu vous éprouver par le don qu’Il vous a fait. Cherchez à vous surpasser les uns les autres dans les bonnes actions. Votre retour, à tous, se fera vers Allah. Il vous éclairera, alors, au sujet de vos différends. » Coran 5.48 ; 11.118 ;16.93 ; 42.8

« Et si Allah l’avait voulu, Il les aurait mis tous sur le droit chemin. » Coran 6.35

« Si ton Seigneur l’avait voulu, tous ceux qui sont sur la terre auraient cru. Est-ce à toi de contraindre les gens à devenir croyants ? » Coran 10.99

« Dis : « Croyez-y ou n’y croyez pas. Ceux qui ont déjà reçu la Science tombent prosternés sur leurs faces lorsqu’on leur lit le Coran. » Coran 17.107

« Et dis : « La vérité émane de votre Seigneur ». Croira qui voudra et niera qui voudra. » Coran 18.29

« Eh bien, rappelle ! ton rôle consiste à rappeler. Et tu n’as pas de domination sur eux. » Coran 88.21-22

C’est dire que sur le plan de la pensée, Dieu est extrêmement Tolérant et Libéral. La preuve est que Satan en est le premier bénéficiaire. Il est le principal opposant à l’ordre et à la volonté de Dieu. Plus qu’un rebelle, c’est un fauteur de désordre et en dépit de cela, Dieu le laisse faire. Il ressort de là que Dieu reconnaît et tolère l’opposition à son pouvoir, alors que celle-ci n’a pas droit de cité dans certains pays musulmans où l’on gouverne en Son Nom.

L’homme qui a été créé libre ne peut conserver cette liberté que s’il est pleinement soumis à son Créateur. Etre l’esclave de Dieu ne fait pas perdre à l’homme sa liberté. Bien au contraire, c’est dans la mesure où l’homme accepte d’être pleinement soumis à Dieu, qu’il arrive à se sentir pleinement libre et cesser d’être l’esclave des êtres ou des choses. Il ne faut pas oublier que l’homme, sans se rendre compte, peut être l’esclave de soi-même, de sa passion, de l’argent ou de Satan. Il n’y a pas d’autre alternative ; s’il n’est pas l’esclave de Dieu, l’homme est inévitablement esclave de quelqu’un ou de quelque chose.

Dans ce cas, il n’est pas libre même s’il croit l’être. Or, le salut est dans la soumission à Dieu qui implique la foi et l’obéissance à Lui, à Ses Livres et à Ses Messagers. Que Dieu bénisse Saint Clément d’Alexandrie (m.en 220) pour avoir clairement exprimé cette vérité en affirmant : « la foi qui est la même pour tous les hommes est le salut de l’humanité ». L’Amour de Dieu envers ses créatures, ne s’est pas manifesté uniquement en Jésus. En effet, bon nombre de messagers ont exprimé cet amour, d’une manière plus ou moins explicite.

Le fait que Dieu ait envoyé à chaque époque et à chaque communauté un Messager, prouve qu’Il veut nous sauver. De ce fait, il n’est nullement besoin d’un sacrifice expiatoire. Lorsque Dieu a pardonné à Adam son péché, Il n’a pas attendu pour ce faire le sacrifice de Jésus. Quand Il pardonna aux frères de Joseph, à Moïse, à David, à Jonas, a-t-Il eu besoin d’un quelconque sacrifice ? Si les musulmans ne lisent pas la Bible, c’est à cause de ces aberrations et de ces extravagances qui rendent complexes et inintelligibles les messages de Dieu. Sur la foi de St Paul, vous expliquez de manière étrange la notion de Justice divine.

Selon vous « la Bible révèle que la mort de Jésus sur la croix de Golgotha est nécessaire, possible, et suffisante : nécessaire parce que Dieu est Juste ; possible, parce que Dieu est Miséricordieux ; suffisante, parce que ‘‘par une seule offrande, Jésus a amené à la perfection pour toujours ceux qui sont sanctifiés.’’ » (Hébreux 10.14)

De toute évidence, ces déclarations, dont rien ne dissimule l’incohérence, sont vaines, insensées et contradictoires. Pourquoi la mort de Jésus serait nécessaire ? Est-ce que cela explique la Justice de Dieu ? Quel rapport y a-t-il entre la Justice de Dieu et la prétendue mort de Jésus ? Au contraire, Dieu aurait été Injuste s’Il avait livré son innocent Messager à la crucifixion. Si l’on tient compte de la Miséricorde de Dieu, on comprendrait que la mort de Jésus serait impossible. Car la Miséricorde de Dieu ne permet pas les atrocités de la croix.

Est-ce que c’est l’offrande qui a amené les gens à la perfection. D’ailleurs, je me demande quels sont ceux qui ont été amenés à la perfection ? Cela laisse entendre que ni Dieu ni Jésus n’étaient capables d’amener les gens à la perfection sans la mascarade de la croix. Fort heureusement, la Bible ne se limite pas à la Parole de St Paul. Elle contient des passages affirmant sans ambages que le Christ n’a pas été livré à ses ennemis (cf. ma lettre du 27.2.97). Ce que confirme le Coran : « Or, ils ne l’ont ni tué ni crucifié. » 4.157

Sachez que St Paul n’est pas un Prophète pour que sa parole puisse à ce point faire autorité. De plus, de nombreux savants l’accusent d’avoir déformé le vrai Message de Jésus. Aussi, est-il étonnant de constater que ses déclarations fantaisistes soient à vos yeux plus crédibles que la Parole divine du Coran ? Il y a là une question fondamentale à laquelle je vous convie à vouloir bien réfléchir.

Vous attribuez à Jésus les titres et les qualités de Dieu.

« La lumière du Monde ». C’est Allah et non Jésus. Coran 24.35 / Ps 36.10 ; Mi 7.8

« Le Premier et le Dernier ». C’est Allah et non Jésus. Coran 57.3 / Esaïe 44.6

« Le Saint et le Juste ». C’est Allah et non Jésus. Coran 59.23 ; 62.1 ; 6.115 / Ex 9.27 ; 2Ch 12.6 ; Jr 11.20 ; Lm 1.18 ; So 3.5

« Nul n’est saint comme l’Eternel » 1S 2.2

« A qui voulez-vous comparer Dieu ? Et quelle image ferez-vous son égale ?... A qui me comparerez-vous pour que je lui ressemble ? Dit le Saint » Es.40.18-25

« Ils criaient l’un à l’autre et disaient : Saint, saint, saint est l’Eternel des armées » Es.6.3

Celui dont les Prophètes, y compris Jésus, rendent témoignage est bel et bien le Prophète Mohammed. C’est de lui qu’ils ont parlé et c’est son Message (le Coran) qui accomplit, abroge et remplace tous les messages qui le précèdent.

La lumière diffusée par les Prophètes (comparables à des lampadaires) représente les Messages de Dieu. Par conséquent, on ne peut pas considérer Jésus comme étant la lumière diffusée par tous les Prophètes, et ce pour la simple raison que Jésus lui-même a diffusé une lumière (l’Evangile) qui émane de Dieu.

Etant donné que l’Evangile n’est pas l’oeuvre de Jésus mais celle de Dieu. La lumière diffusée par Moïse s’appelle la Torah et non Jésus ; celle diffusée par David s’appelle le Psaume (Zabour), la lumière diffusée par Mohammed s’appelle le Coran. On fait dire à Jésus ce qu’il n’a pas dit. Saul de Tarse -qui devint St Paul pour les besoins de la cause- a forgé des théories absurdes diamétralement opposées au Message de Jésus. Celui-ci n’est qu’un Prophète envoyé aux juifs, une fois tombés dans les excès, pour les exhorter à la vertu, à la foi en un Dieu Unique et annoncer la venue d’un Messager après lui.

« Le Messie, fils de Marie, n’était qu’un Messager. Des Messagers sont passés avant lui. Et sa mère était une véridique. Et tous deux consommaient de la nourriture. » Coran 5.75

« Il (Jésus) n’était qu’un Serviteur que Nous avions comblé de bienfaits et que Nous avions désigné en exemple aux Enfants d’Israël. » Coran 43.59

« Et quand Jésus fils de Marie dit : « Ô Enfants d’Israël, je suis, en vérité, le Messager d’Allah, envoyé à vous, pour confirmer ce qui existe de la Torah avant moi et annoncer la venue d’un Messager après moi, nommé ‘‘Ahmad’’ » Coran 61.6

« Alors que le Messie a dit : « Ô Enfants d’Israël, adorez Allah, mon Seigneur et votre Seigneur ». Quiconque associe à Allah (d’autres divinités) Allah lui interdit le Paradis ; et son refuge sera le feu. Et pour les injustes, pas de secoureurs ! » Coran 5.72

Voilà résumé le Message de Jésus. Il n’a certainement pas dit qu’il serait « la lumière du monde. » Si vous persistez dans vos opinions, je vous demanderai tout simplement de me produire l’Evangile original de Jésus. Notre dialogue doit être basé sur des documents originaux et authentiques.

Vous n’êtes pas sans savoir qu’auprès des administrations, une copie n’est jamais admise comme pièce justificative. Aucune juridiction au monde, n’accepte des copies comme preuve justifiant un fait, une qualité ou une situation, à plus forte raison dans des conflits aussi délicats. L’appel lancé par Jésus à l’endroit des juifs afin qu’ils le suivent, est le credo de tous les Prophètes et l’objectif même de leurs messages. C’est dans ce sens qu’il aurait dit : « Je suis le chemin ». La mission d’un prophète consiste à prêcher la vérité du Message, à en convaincre les gens. C’est ce que Noé, Abraham, Moïse, Jésus, Mohammed et beaucoup d’autres ont fait.

Chaque prophète a dit à sa communauté : « Nul ne vient à Dieu que par moi. » En effet, le Prophète est à la fois un chemin menant à Dieu et un témoin contre les mécréants de son temps.

« Nous avons envoyé dans chaque communauté un Messager, (pour leur dire) : « Adorez Allah et écartez-vous du taghût. » Coran 16.36

« Ensuite, Nous envoyâmes successivement Nos Messagers. Chaque fois qu’un Messager se présentait à sa communauté, ils le traitaient de menteur. » Coran 23.44

« Nous t’avons envoyé avec la Vérité en tant qu’annonciateur et avertisseur. Il n’est pas une nation qui n’ait déjà eu un avertisseur. » Coran 35.24

« Comment seront-ils quand nous ferons venir de chaque communauté un témoin, et que Nous te (Mohammed) ferons venir comme témoin contre ces gens-ci. » Coran 4.41

Je dois sincèrement vous mettre en garde contre le danger de l’associationnisme, de l’idolâtrie. Dieu pardonne tous les péchés, à l’exception du péché du ‘Chirk’ qui consiste à Lui donner des associés... (Coran 4.48,116)

Le Paradis est interdit aux associateurs. (5.72)

Le ‘Chirk’ est une grande injustice. (31.13)

Les associateurs se verront privés de tout secours, de toute protection et de toute intercession. Ils auront pour refuge le Feu et nul ne pourra les sauver. Dieu considère les associateurs comme une impureté. (9.28) L’associateur est comparable à quelqu’un qui tombe du haut du ciel et que les rapaces le happent ou le vent le précipite dans un abîme très profond.(22.31) Sans la crainte de vous ennuyer, je mentionnerais, avec quelques commentaires, les nombreux versets relatifs au tragique destin des associateurs.

Il est inexact de dire que nos ennemis soient nécessairement les ennemis de Dieu. On peut avoir des ennemis qui nous envient la richesse, le savoir, une fonction ou un rang social sans qu’ils soient pour autant les ennemis de Dieu. Vous pouvez avoir comme ennemis des gens qui ne partagent pas votre conviction politique ou religieuse.

Ainsi, en est-il des sunnites et des chi’îtes chez les musulmans, ou parmi les chrétiens, les catholiques, les protestants et les orthodoxes. Selon votre raisonnement, chaque communauté ou chaque clan doit considérer l’autre comme son ennemi et l’ennemi de Dieu. Non ! Il est des cas où nos ennemis ne sont pas forcément les ennemis de Dieu. C’est dans ce sens que doit être comprise la parole de Jésus : « Aimez vos ennemis ».

Jésus n’a pas dit : Aimez les ennemis de Dieu, car parmi ceux-là figure Satan. Si les ennemis de Dieu deviennent demain Ses plus chers amis, tant mieux, je n’ai pas à préjuger de leur avenir ; j’aurais agi conformément à la Volonté de Dieu .En tout cas, c’est une hypothèse d’école, car il est improbable que les ennemis de Dieu deviennent Ses plus chers amis. Dieu n’est pas versatile.

Il ne guide pas Ses ennemis. Prier pour ceux qui nous maltraitent et nous persécutent est une bonne chose ; cela ne contredit pas mes propos dans la mesure où l’on peut être l’objet de persécutions par des hommes qui ne soient pas les ennemis de Dieu...

En tout état de cause, l’amour que vous préconisez me parait une utopie. Cela n’est pas possible tant que Satan existe parmi les hommes. La preuve en est que des frères issus d’un même couple, des cousins, des voisins, des collègues ne s’aiment pas, comment voulez-vous que cet amour puisse se concrétiser entre des hommes en proie à des conflits permanents et des antagonismes de toutes sortes. A moins d’abandonner les choses de ce monde au profit d’une vie d’ascèse, ce qui n’est pas tout à fait conforme à la nature de l’homme, compte tenu du fait que celui-ci a des responsabilités et des devoirs envers soi-même, ses proches et envers la société, devoirs qu’il ne peut pas accomplir dans des conditions d’ascèse.

Le renoncement à soi-même équivaut à l’anéantissement et partant, au suicide. Dieu nous a créés pour L’adorer, certes, mais aussi pour nous éprouver. Or, le fait de renoncer à soi-même et au monde me parait en contradiction avec le principe de l’épreuve ; bien plus, c’est la fuite en avant, une manière de se dérober à ses responsabilités, dans la mesure où il incombe à l’homme d’oeuvrer dans le sens de la perfection, de la justice, pour un monde meilleur, bref de promouvoir le bien et de combattre le mal.

« ...et la vie monastique qu’ils ont inventée- Nous ne la leur avions pas prescrite- uniquement poussés par la recherche de la satisfaction de Dieu. Mais ils ne l’ont pas observée comme il se devait. » Coran 57.27

C’est pourquoi l’Islam, plus réaliste que le Christianisme, prône le juste milieu et la modération dans toute chose. Il tente de rétablir l’équilibre entre l’esprit et la matière, entre les besoins du corps et ceux de l’âme, entre les exigences de la vie ici-bas et celles de la vie future, les intérêts de l’individu et ceux de la collectivité, etc.

Jésus a enseigné l’amour dans le but de ramener les juifs à cette vertu au moment où ils étaient noyés dans le culte de la matière, du dieu argent. Il devait remédier à un grave déséquilibre crée par une totale décadence morale et spirituelle, en insistant particulièrement sur les notions de spiritualité et d’amour.

Or, l’interprétation abusive de son message a fait basculer les gens d’un extrême à l’autre. Du matérialisme excessif au spiritualisme excessif, du tout matériel au tout spirituel. L’islam est donc venu redresser la barre et tracer la ligne médiane qu’il faut suivre.

« Et c’est ainsi que Nous avons fait de vous une communauté de juste milieu, pour que vous soyez témoins contre les gens, et le Messager, témoin contre vous. » Coran 2.143

« Et combattez pour Dieu avec tout l’effort qu’Il mérite. C’est Lui qui vous a élus ; et Il ne vous a imposé aucune gêne dans la religion, celle de votre père Abraham, lequel vous a déjà nommés ‘‘Musulmans’’ autrefois déjà, et ici même, afin que le Prophète soit témoin contre vous et que vous soyez témoins contre les hommes. » Coran 22.78

Quand vous dites que les chrétiens rendent le bien pour le mal aux musulmans, l’histoire et la réalité de nos jours prouvent le contraire. Je n’en veux pour preuve que les événements de la Bosnie Herzégovine où les chrétiens ont massacré des centaines de milliers de musulmans. Ce sont plutôt les musulmans qui rendent le bien pour le mal aux chrétiens. Il suffit d’interroger les minorités chrétiennes en Egypte, en Irak, en Syrie, en Jordanie, en Palestine, en Iran, en Tunisie, au Maroc... Ils vous diront comment ils sont traités par les musulmans.

Les conversions se font de part et d’autre, de l’Islam au Christianisme et du Christianisme à l’Islam. Il y a lieu de souligner, toutefois, que la plupart des musulmans qui se convertissent au Christianisme le font par ignorance et par intérêt.

D’une part, ils ignorent leur religion et d’autre part, ils sont attirés par les oeuvres de charité que les missions chrétiennes développent à cette fin. En fait, ce sont des conversions de circonstance ayant un caractère superficiel et éphémère. En revanche, les chrétiens qui se convertissent à l’Islam, s’agissant d’intellectuels pour la plupart, le font par conviction et en toute connaissance de cause. Une conversion commandée et éclairée par la raison vaut mieux que cent conversions de nature émotionnelle, dictées par les sentiments.

L’évaluation de la personnalité de Mohammed mentionnée en annexe, n’a rien d’objectif. Le document en question fait référence à des versets dont on a mal saisi le sens. J’en donnerai des explications plus loin. L’auteur n’apporte rien de nouveau ni de rationnel.

Il ne fait qu’exprimer des idées reçues. Inspiré par la haine, il met en relief des événements isolés qu’il tente désespérément d’expliquer en dehors de leur contexte. L’Islam ne s’est pas propagé par l’épée. Les batailles qu’il a menées dans le passé n’étaient pas des guerres de conquêtes ; c’était des batailles d’ouverture et de délivrance « Foutouhât » ; elles avaient pour seul objectif de libérer les peuples des dominations perse et romaine.

Si l’Islam voulait s’imposer par la contrainte, il n’y aurait pas de juifs ni de chrétiens arabes dans le monde musulman, notamment en Egypte et au Moyen-Orient. La présence au fil des siècles d’Arabes juifs, d’Arabes chrétiens, d’Arabes polythéistes et d’Arabes athées dans le monde musulman, ne fait que confirmer la tolérance de l’Islam. A ce sujet, il existe heureusement des témoignages suffisants et dignes de foi. Je préfère m’abstenir de toute polémique là-dessus.

« Plusieurs des légendes que vous avez rapportées ne sont que des plagiats des paroles du Christ. » Il n’est pas besoin d’être érudit pour y déceler l’énorme bévue. Cela revient à dire que les paroles de Jésus ne sont que des légendes. D’après vous, Jésus : d’où lui viennent ses enseignements ? A-t-il plagié Moïse et les Prophètes avant lui ? Et Moïse, comment était-il si savant ? A-t-il eu un précepteur au palais du Pharaon ? Ou bien, fut-il formé par le Prophète de Madian dont il aurait diffusé les enseignements ? Selon votre logique, les prophètes s’étaient plagiés les uns les autres. Ainsi, Dieu se trouve totalement évacué de votre raisonnement, comme s’Il avait pris congé ou cessé d’exister depuis l’ascension de Jésus. Si les messages en partie se ressemblent, c’est tout simplement parce qu’ils proviennent de la même source divine.

Jésus a dit : « Mon enseignement ne vient pas de moi, mais de celui qui m’a envoyé. » Jean7.16

« Car je n’ai point parlé de moi-même ; mais le Père, qui m’a envoyé, m’a prescrit lui-même ce que je dois dire et annoncer. » Jean 12.49

Dieu a fait des révélations à Mohammed de même qu’Il les a faites à Moïse, à Jésus, à Abraham et à d’autres Prophètes. Mohammed ne parlait pas de son propre chef « ce n’est rien d’autre qu’une révélation inspirée. » Coran 53.3,4

Lors du troisième Congrès Anglican tenu à Toronto, Canada, en Août 1963, Canon Max Warren Membre du Congrès, déclara à propos de la révélation faite au Prophète Mohammed à la caverne de Hira : « Dieu avait révélé lui-même de diverses manières. Nous devons être si hardi à insister que Dieu était le Parleur dans cette caverne-là, dans les collines en dehors de la Mecque. »

Le Docteur Migiel Ernandoth, dans une étude sous le titre : ‘‘Les Racines Sociales et Politiques de la Fausse Image Composée par le Christianisme à propos du Prophète Mohammed’’ présentée au cours de la Deuxième Conférence pour le dialogue Islamo-Chrétien, tenue à Cordoue (Espagne) en 1977, affirme :

« Au fil de l’histoire, il n’y avait pas de maître d’appel qui était exposé, injustement, à des injures et des critiques piquantes comme le Prophète Mohammed. Les pensées autour de l’Islam, les musulmans et leur Prophète, Mohammed, continuaient d’être gouvernées par des mythes jusqu’à la fin du douzième siècle. La confrontation entre les deux sectes n’inhibait pas la propagation des mythes. J’ai, déjà, assuré dans une occasion précédente, l’impossibilité, historiquement et psychologiquement, d’accepter l’idée du faux prophète attachée à Mohammed, sans refuser la prophétie d’Abraham, Moïse et les autres hébreux qui étaient considérés comme prophètes. Et en ce qui concerne le peuple juif, le monde de la prophétie est encore ouvert, tant qu’il ne cesse pas d’attendre le sauveur Messie. Et quant au Christianisme, il n’y a pas d’affirmation stricte que le monde de la prophétie fût fermé. »

Au cours de cette Seconde Conférence pour le Dialogue Islamo-Chrétien, le Cardinal Trancon Archevêque d’Espagne, et Président de la conférence, déclara : « Comme un cardinal, je voudrai conseiller les chrétiens d’oublier le passé, et aussi, comme le Concile papal leur demande d’exprimer leur respect au Prophète de l’Islam. Les applications spirituelles et théologiques qui marquent cette conférence ont pour objet de discuter, honnêtement, les preuves qui incitent les chrétiens à apprécier positivement Mohammed, le prophète de l’Islam.

Je n’essayerai pas de compter, ici, les principales valeurs religieuses et humanitaires du prophète de l’Islam, car ce n’est pas ma fonction. Les spécialistes et les théologiens chrétiens vous en parleront. Mais, je voudrai montrer deux aspects positifs -parmi plusieurs autres aspects- ce sont : sa croyance en un Dieu Unique, et sa préoccupation de la justice.

Quant à sa croyance en un Dieu Unique : c’est le signe de son message et de sa vie, et c’est le dogme le plus important qu’il avait laissé à sa communauté. Et quant à son appel à la justice : c’est une chose bien reconnue. Mais, je voudrai mentionner, particulièrement, son appel à l’égalité de tout le monde, hommes et femmes, et sa réalisation de la justice parmi eux. »

Si le prophète Mohammed s’était inspiré de la Bible pour fonder la religion musulmane, comment peut-on expliquer l’énorme différence entre l’Islam et les religions judéo-chrétiennes ? Comment se fait-il que l’Islam ait ses propres croyances, ses propres rites, ses propres lois, ses propres doctrines, son propre culte ?

Il est important de savoir que Mohammed a dispensé des enseignements que nul autre prophète n’a donnés. De qui tient-il ces enseignements ? Le plus grand Evangile est celui de Matthieu ; il contient 28 chapitres totalisant 1071 versets.

Sans compter les 6232 versets du Coran, il existe plus de soixante mille Hadiths authentiques et fiables (Sahih et Hassan). Ce nombre est de loin supérieur à l’Evangile et à l’ensemble des livres des Prophètes bibliques réunis. Encore une fois, vous vous servezduCorande manière tendancieuse et dans le seul but de nuireàl’Islam et à son Prophète. Il est impossible de comprendre le véritable sens d’un verset sans tenir compte de son contexte et des circonstances de sa révélation.

Avant d’aborder la question des « multiples péchés » du Prophète Mohammed « pour lesquels le Coran lui demande de réclamer le pardon de Dieu », j’aimerais vous inviter comme d’habitude à réfléchir sur l’origine du Coran. Si ce Livre était l’oeuvre de Mohammed comme vous le prétendez, est-ce qu’il oserait s’accuser lui-même de pécheur ? Logiquement, vous devez reconnaître, à travers ces versets et plusieurs autres d’ailleurs, que le Coran n’est autre que la Parole de Dieu.

En ce qui concerne les péchés du Prophète, Il convient d’observer que ce qui est pour nous quelque chose de normal voire positif, peut être considéré comme une faute pour ce dernier. Aussi, la moindre mégarde, la moindre imprudence lui est comptée de sorte que Dieu ne lui accorde aucun répit dans l’accomplissement de sa mission.

Le fait de négliger une priorité dans la communication des messages, de faire montre d’impatience ou de désespérer, s’agissant d’un prophète, peut être considéré comme un péché. Dieu fit des reproches à Mohammed du simple fait de s’être détourné de l’aveugle (Ibn Ummi Maktûm) quand il est venu le questionner alors que le Prophète s’entretenait avec des notables de la Mecque, sur une question de religion (80.1-3).

Il a été réprimandé pour le simple fait d’avoir prié pour les hypocrites (9.80 ; 9.113) Dieu reprocha également au Prophète ses réticences à exécuter l’ordre du mariage avec Zaynab bint Jahch et sa tentative de réconcilier les époux afin de leur éviter le divorce (33.37). Il lui reprocha son intention de s’incliner ou de vouloir faire des concessions aux polythéistes de la Mecque (17.74)

Malgré la futilité de ces faits -dont certains nous semblent corrects d’ailleurs- Dieu le corrige pour l’amener à la perfection et lui apprendre notamment, ainsi qu’à la communauté à travers lui, l’humilité qui doit se manifester dans l’incessant recours à la demande du pardon. La plupart de ces griefs est formulée dans un but éducatif du fait que le Prophète doit servir de modèle pour la communauté. C’est aussi une manière de rappeler à un Prophète son humanité et de l’éloigner des sentiments d’infaillibilité, source d’orgueil et d’amour-propre.

« Tout être humain est pécheur et les meilleurs pécheurs sont ceux qui se repentent » Hadith.

« ...car il n’y a point d’homme qui ne pèche » 1 Rois 8.46

Dieu préfère celui qui reconnaît ses fautes et Lui en demande pardon, à celui qui prétend être parfait et dispensé du pardon. Nul n’est parfait et nul ne peut se suffire à lui-même et se passer de la demande du pardon. C’est ce que Dieu entend nous enseigner à travers l’exemple des prophètes. Le ministère du prophète Mohammed était d’autant plus long que difficile.

En effet, nul ne pouvait accomplir une aussi grande mission dans un milieu aussi réfractaire que celui des Bédouins d’Arabie sans commettre des erreurs. En vérité, aucun Prophète n’a pu échapper à l’erreur et à la correction divine. Jésus, malgré la courte durée de son Ministère (environ trois ans), n’en serait pas exempt. Néanmoins, l’absence de l’Evangile original ne nous permet pas de connaître les critiques que Dieu lui aurait adressées lors de l’exercice de sa mission.

Tout ce que nous avons de l’Evangile se limite à des récits rapportés par des narrateurs qui n’étaient pas les témoins oculaires des événements. Il n’y a aucune raison de croire que Jésus soit infaillible à tel point qu’il échappe à toute espèce de reproche à l’instar du commun des prophètes.

Compte tenu du fait que notre conception de l’infaillibilité ne saurait se comparer à celle du Créateur. Quelles que puissent être les qualités des créatures, elles demeurent néanmoins relatives. Seul le Créateur possède les qualités absolument parfaites.

Concernant la filiation de Jésus, vous tentez vainement de la rattacher à la lignée de David en forçant le sens de la parole de Jésus dans Matthieu 22.41-45.

En effet, s’il faut admettre que Jésus est le Messie, il faut également admettre qu’il n’est pas le fils de David. Cette hypothèse est la plus vraisemblable car en fait Jésus n’est pas un descendant de David, comme il le dit lui-même dans ledit verset. La filiation de Jésus doit être recherchée à travers Marie à l’exclusion de toute autre personne, étant donné sa naissance sans père.

Or, Marie était une descendante de Aaron, frère de Moïse. L’aberration provient donc du fait que les Evangélistes ont commis une erreur dans la généalogie de Jésus. Au lieu de l’inclure dans la lignée de Marie, ils l’ont rattaché à celle de Joseph le charpentier alors que celui-ci n’était pas le père de Jésus. C’est là-dessus que j’ai voulu attirer votre attention dans ma lettre du 17 mai dernier. Vous essayez cependant de donner des explications sans fondement. Contrairement à vos allégations, Jésus n’est pas le fils de David « par son incarnation ». Et il n’est pas « fils de Dieu » quelle que soit l’acception de cette locution. Il est l’esprit de Dieu certes, Sa Parole qu’Il envoya à Marie, c’est vrai, mais il n’empêche qu’il demeure son Serviteur et son Messager.

« Les nouvelles pages » que les extrémistes sont en train d’écrire ne peuvent altérer le caractère pacifique et humanitaire de l’Islam. Leurs agissements n’ont pas plus d’effet que celui d’une goutte d’eau dans un fleuve. En réalité, toute religion a ses fanatiques et ses exaltés ; c’est pourquoi, il serait erronée d’en juger à l’aune de ce phénomène. De plus, il est injuste d’imputer à l’Islam tous les méfaits de ceux qui s’en réclament.

Une telle méthode d’amalgame, contraire à l’esprit d’analyse scientifique, ne permet guère une appréciation exacte et objective des faits.

A ce propos, il y a lieu de rappeler les massacres et les génocides perpétrés au nom du Christianisme. De nos jours, des dizaines de milliers de femmes et d’enfants ont été massacrés à coups de hache par l’Armée de Résistance du Seigneur en Ouganda. Les crimes des milices chrétiennes au Liban, tel le massacre de Sabra et Chatila, ne sont pas moins odieux. Pas plus que les vendettas corses jadis, les vêpres siciliennes ou le massacre de la Saint Barthélemy.

La guerre d’Afghanistan est une guerre déclenchée et alimentée par l’Occident quels qu’en soient les prétextes et les motivations.

- Les Talibans, comme leur nom l’indique, sont des étudiants, c’est-à-dire des apprentis ou des novices sans connaissances suffisantes en matière d’Islam. Leur zèle ressemble à celui des néophytes du Christianisme. On peut aussi les comparer à des étudiants en médecine qui se mettent à pratiquer le métier avant de terminer leurs études. Faut-il imputer leurs bavures, à la profession ? La réponse est naturellement Non. L’Islam n’est pas responsable de leurs fautes.

En effet, certaines puissances occidentales exploitent leur naïveté et leur ignorance dans leurs conflits d’intérêts et surtout pour vendre leurs armes. D’autre part, il y a tout lieu de croire que ceux qui les soutiennent financièrement et politiquement le font aussi dans le dessein de ternir l’image de l’Islam.

- Les Hizbollah sont des libanais qui luttent pour libérer leur pays (le sud Liban) de l’occupation sioniste. A cet égard, ils mènent un combat légitime conformément aux chartes, aux conventions de l’ONU et des Instances Internationales. La résistance au colonialisme est l’un des principes fondamentaux des droits de l’homme. Les peuples sont légalement fondés à lutter pour l’obtention de leur indépendance.

- Le mouvement du Hamas poursuit les mêmes objectifs anticolonialistes, étant donné qu’Israël poursuit l’implantation des colonies dans les territoires en violation des accords d’Oslo et du droit international. A mon avis, il n’y a rien d’anormal dans les déclarations d’Al-Husseini, Gamal Abdel Nasser et Yasser Arafat.

Toutefois, il aurait été plus compréhensible et plus significatif de mentionner les déclarations des palestiniens chrétiens comme Hanan Ashraoui, George Habache ou le Patriarche de Jérusalem, qui abondent dans le même sens. De même qu’il aurait été plus juste et plus impartial de citer, ne serait-ce que pour la comparaison, les déclarations de Ben Gourion, Golda Meïr ou Moshé Dayan. Une telle attitude de la part d’un disciple de Jésus est pour le moins inexplicable. Sans doute, prendre fait et cause pour l’oppresseur ne plairait pas à Jésus.

Les palestiniens ont été injustement chassés de leur patrie. Qu’ils soient musulmans ou non, ils sont en droit de se défendre. Mais en tant que musulmans, leur défense s’impose à plus d’un titre, du fait que l’Islam n’accepte pas l’injustice. A ce titre, ils sont doublement motivés. Cela s’explique par le fait que l’Islam recommande à ses adeptes de combattre l’injustice partout où elle se trouve. Or, si les musulmans doivent combattre l’injustice ailleurs, comment peuvent-ils l’accepter chez eux ? S’il est loisible au Christianisme de tourner le dos à l’oppression et à la tyrannie, l’Islam par contre doit y faire face, sinon la terre serait corrompue et la vie impossible.

La paix étant l’idéal recherché, mais il faut tout de même reconnaître que cet idéal ne peut être atteint qu’à condition de faire cesser toutes formes d’injustice ; celle-ci étant essentiellement la cause des tensions et des conflits entre les peuples. Cela ne veut pas dire que l’Islam incite à la révolte et à l’anarchie, loin s’en faut. Bien au contraire, il entend les anéantir en y substituant la justice, l’ordre, la sécurité, et la paix. Pour ce faire, il recommande d’abord l’utilisation des moyens pacifiques telles l’exhortation et la persuasion, avant de recourir à la force. Il est à observer que ce rôle incombe à l’ autorité légitime et non aux individus. Ces derniers ont un devoir uniquement revendicatif et contestataire.

- Le FIS est un mouvement politique qui traduit la réalité sociale, l’identité et les aspirations d’un peuple. Soutenu par la majorité des algériens, il s’est élevé de manière légitime et pacifique contre la corruption et la dictature. Il projetait de mettre fin au désordre, à l’oppression et au pillage grâce à un retour aux valeurs morales et civilisationnelles de l’Islam.

Il entendait restituer au peuple algérien son indépendance, sa liberté et ses richesses. Il a remporté les élections à plusieurs reprises. Dans les premiers temps, ses moyens de résistance étaient le jeûne et la prière. Ensuite, il fut obligé de déclencher la grève politique pour faire aboutir ses revendications contre les exactions du pouvoir. Son succès au premier tour des élections législatives a suscité une levée de boucliers de la part des laïcs qui a entraîné l’arrêt du processus électoral par un coup d’Etat militaire.

Cet événement a marqué le début de la violence dans le pays. Une véritable guerre a été déclenchée contre le FIS, ses militants et ses cadres dont on a rempli les prisons et les camps de concentration en plein désert.

« Les partisans du FIS durent subir une avalanche de qualificatifs injurieux, comme au bon vieux temps de la période coloniale où le dictionnaire français était mis à contribution pour dénigrer les combattants de la libération. Boudiaf, tel Pharaon, ordonna aux forces de l’ordre de se déchaîner contre les élus du peuple. 800 maires, 150 députés, tous légalement élus, furent envoyés au Bagne ; 4000 conseillers municipaux et de wilaya furent arrachés à leur charge élective et transférés qui à Reggane, qui à Aïn Salah, qui à Ouargla. » [1]

La torture et les exécutions sommaires étaient devenues des pratiques courantes. La terreur qui s’est installée dans le pays a poussé de nombreux islamistes à prendre les armes contre le régime. De toute façon, ils n’avaient pas le choix parce qu’ils étaient recherchés et leur vie menacée.

Auparavant, des groupes fondamentalistes, d’appellations et de tendances diverses, reprochaient au FIS sa politique laxiste envers le régime et surtout ses méthodes électoralistes et démocratiques de participation au pouvoir. Ces groupes, qui estiment que les événements leur ont donné raison, étaient totalement indépendants du FIS et hors de son contrôle. Entre les opérations militaires menées par les éléments du FIS et celles menées par ces groupes, les cibles n’étaient pas les mêmes.

Tandis que les premiers visaient des infrastructures militaires, les seconds s’attaquent à des cibles différentes, notamment aux policiers et aux civils soupçonnés de collaborateurs ou de soutiens. J’avoue que ces derniers ont commis des actes abominables. Je suis profondément choqué par les assassinats d’innocents. Les attaques dirigées contre les étrangers et les nationaux qui ne participent pas au combat, ont suscité mon indignation et heurté ma conscience en tant que musulman. Ces actions sont d’autant plus déplorables que rien ne peut justifier ni islamiquement ni moralement ni humainement.

J’ai été maintes fois scandalisé par l’horreur de ces tueries dont je n’ai trouvé aucune explication. J’ai essayé d’en rechercher les causes, mais le manque d’informations et de données ne m’a pas permis d’aboutir à des résultats concluants. Est-ce une réaction à la violence du régime ? Pourquoi se venger des innocents ? Surtout que l’Islam interdit tout esprit de vengeance.

A vrai dire, je ne suis pas entièrement convaincu que ces folies meurtrières soient le fait de musulmans, même si les auteurs prétendent l’être.

Dans l’introduction du rapport d’Amnesty International de Novembre 1996, on peut lire ceci : « Il est de plus en plus difficile d’établir l’identité et les motivations des responsables de tueries et d’enlèvements, les forces de sécurité et les groupes armés d’opposition adoptent fréquemment le même type de comportement. Les membres de l’armée et des forces de sécurité opèrent souvent en civil, ils utilisent des véhicules banalisés, ne déclinent pas leur qualité et ne présentent pas de mandats d’arrêt. Les membres des groupes armés d’opposition sont parfois en uniforme et se font passer pour des membres des forces de sécurité. Les milices récemment créées, armées par le gouvernement et qui se définissent comme des ‘‘groupes d’auto-défense’’ ou des ‘‘patriotes’’, participent de plus en plus aux opérations anti-insurrectionnelles ; elles utilisent les uniformes et le matériel de l’armée et des forces de sécurité. »

Laissons de côté cette question et examinons ce qui se passe au niveau du pouvoir. Ce dernier mène la guerre non seulement contre les islamistes mais contre le peuple tout entier. Sous prétexte d’éradiquer l’opposition islamiste, ses exactions n’ont épargné personne. La répression et la terreur ont eu des incidences sur la vie de tous les algériens.

Il a commis des atrocités sans précédent dans l’histoire de ce pays ; il n’a pas hésité à utiliser des méthodes barbares tels le dynamitage des maisons d’habitation, les enlèvements nocturnes suivis d’assassinats ou de disparition, les exécutions de personnes en présence de leurs enfants ou de leurs familles, parfois toute la famille quand elle a un parent au maquis, l’emploi du Napalm et des gaz toxiques, les incendies de forêts, le bombardement de villages entiers, soupçonnés de ravitailler ou d’héberger des ‘‘rebelles’’, etc.

Des centaines de prisonniers politiques étaient massacrés dans les prisons, des centaines ont trouvé la mort sous la torture, des centaines de familles avec des enfants et des bébés ont péri écrasées sous les bombes ou les obus de l’artillerie lourde. Pour avoir une idée sur les méthodes de torture cruelles et inhumaines, veuillez vous référer aux différents rapports d’Amnesty International, (ci-joint le rapport de Novembre 1996).

Je peux citer, à titre d’exemple, les procédés de torture par suffocation au moyen d’un chiffon imbibé de détergent, les bastonnades à l’aide de barres de fer, l’arrachage d’ongles et de dents, les tortures à l’électricité (gégène), la sodomisation au moyen de manches à balais, les tortures au feu : cigarettes, briquets, chalumeau, plaque chauffante, fer à repasser, la privation de sommeil pendant plusieurs jours et plusieurs nuits, la pendaison, la perceuse électrique, les viols et les mutilations sexuelles, etc. Je me permets de vous raconter quelques cas de tortures infligées à mes ex-mandants :

Al-Kolli Mohammed Seghir, gendarme au groupement de gendarmerie de Chéraga (Banlieue d’Alger). Après avoir été déshabillé, ligoté et roué de coups, ils lui ont brûlé le sexe après l’avoir aspergé d’essence.

Hassan Mohammed, après l’avoir mis à quatre pattes, ils ont introduit un morceau de bois dans son anus, puis ils l’ont retiré violemment de sorte que des débris en étaient restés à l’intérieur. Ce qui a provoqué une hémorragie et une infection rectales ayant occasionné des souffrances mortelles.

Maâdadi Farid ancien gendarme, a été sodomisé par quatre de ses collègues.

Noureddine Bouamama rapporte : « Ils m’ont attaché la tête avec un fil de fer sur un banc. Avec des tenailles, ils m’ont arraché la chair et m’ont cassé l’os du nez. avec des tournevis, ils m’ont arraché cinq dents. Mon visage et mon corps étaient tellement enflés et tuméfiés que même mes bourreaux étaient incapables de me regarder et que l’un d’eux est allé chercher de vieux journaux pour me couvrir le corps et le visage et éviter ainsi le spectacle. »

Othman Mohammed Baldi, torturé à la Centrale d’Alger, raconte : « Ils ont ruiné mon oreille qui a éclaté, et dont s’est écoulé du sang, et ils m’ont aveuglé. Ils m’ont frappé jusqu’à ce que je sente la mort me monter de toute part. »

Abdelkader Benaouda, incarcéré à la prison militaire de Blida, déclare : « ils m’ont arraché la barbe avec les pinces tout en criant et en insultant Dieu Tout-Puissant et le Prophète (s). Puis ils m’ont attaché les mains et les pieds au fer du sommier et l’un d’eux a commencé à tailler ma chair au couteau ».

Mustapha Slimani témoigne : « J’ai été atteint par quatre coups de couteau ; l’un sur la joue et une partie de ma langue, l’autre sur mon épaule droite, un autre sur ma jambe droite et le dernier sur mon côté gauche. »

Benredjal Slimane, torturé au groupement de gendarmerie de Reghaïa, affirme : « ils ont ramené une boîte en forme de tiroir, ils m’ont mis le sexe dedans, après quoi ils ont refermé violemment le tiroir. J’ai hurlé de douleur, et j’ai perdu connaissance. »

Omar khider a subi le même supplice ; ils ont attaché un fil de fer à son sexe et un tortionnaire a commencé à tirer de toutes ses forces. Il a perdu connaissance.

Aït-Bellouk Mohammed, torturé à l’école de police de Châteauneuf, déclare avoir subi « le matraquage des points sensibles du corps à l’aide d’un instrument électrique, utilisé particulièrement sur le sexe. Le tortionnaire usant de cette technique s’est tellement acharné sur moi que mes organes génitaux se sont tuméfiés, entraînant une impotence totale et définitive. »

« Que des autorités utilisent la torture comme moyen de gestion politique, exécutent des citoyens pour essayer de terroriser la population, moi, je trouve ça indécent. [...] Il s’agit maintenant d’une véritable guerre entre, d’une part, un peuple opprimé, et d’autre part, un pouvoir dictatorial oppresseur. » Salah Eddine Sidhoum, Chirurgien, Alger.

« Nous sommes dans un Etat de non-droit [...] La torture, quand elle est un acte politique, comme c’est le cas de l’Algérie, c’est la domination de l’homme par l’homme.[...] Nous avons le droit et le devoir de demander à la Communauté internationale de faire pression sur ceux qui sont au pouvoir en Algérie pour arrêter leur massacre. » Maître Ali-Yahia Abdennour Président de la Ligue Algérienne pour la Défense des Droits de l’Homme.

« Nous constatons que la pratique de la torture tend à être systématisée. Il y a des exécutions extrajudiciaires, que les détentions semblent se prolonger au-delà des délais prescrits par la loi. Nous tirons donc la sonnette d’alarme. » Pierre Sané, Secrétaire général d’Amnesty International.

« Nous attendons des semaines avant de pouvoir voir les personnes arrêtées. Lorsqu’elles sont enfin présentées à la justice, pour un grand nombre d’entre eux, nous voyons encore les effets de la torture sur leurs corps. » Maître Mostefa Bouchachi, Avocat au barreau d’Alger.

« Il y a trente ans, je dénonçais la pratique de la torture par la police et une partie de l’Armée française en Algérie. Si on m’avait dit, alors, que la torture serait à nouveau utilisée contre les Algériens et par ceux qui se prétendent les héritiers de la révolution, quoique sans illusions sur les hommes, je ne l’aurais pas cru. Sans doute ai-je été naïf. [...] La torture est revenue, elle s’étend, elle prospère, elle s’institutionnalise. Nous n’avons plus le droit de garder le silence. » Jacques Vergès, avocat [2]Dans son rapport déjà cité, l’organisation humanitaire (Amnesty) affirme :

« La méthode de torture la plus fréquemment utilisée est celle du « chiffon » : la victime est attachée à un banc, un morceau de tissu enfoncé dans sa bouche, puis on lui pince le nez et on verse à travers le tissu une grande quantité d’eau sale mélangée à des produits chimiques, ce qui entraîne une suffocation et un gonflement de l’estomac. Parmi les autres méthodes figurent « le chalumeau », utilisé pour brûler le visage ou d’autres parties du corps, les décharges électriques sur les oreilles, les parties génitales, l’anus et les autres parties sensibles du corps, les sévices consistant à attacher autour du pénis et/ou des testicules un fil que l’on resserre ou à coincer violemment le pénis dans un tiroir, les coups sur les parties sensibles du corps. Citons encore les brûlures de cigarettes, l’introduction de bouteilles, de bâtons, d’autres objets notamment des armes à feu, voire de colle, dans l’anus, et la suspension dans des positions contorsionnées. »

En plus des forces de l’ordre : Armée, Gendarmerie, Police dont les effectifs étaient déjà en surnombre, le pouvoir a mis en place différentes milices. Les unes opèrent en zones urbaines, telle l’organisation des jeunes algériens libres (OJAL). Les autres, beaucoup plus nombreuses, opèrent en zones rurales. Il s’agit des groupes d’autodéfense, appelés aussi : groupes de légitime défense (GLD). Les gardes communaux et les « patriotes » constituent des corps à part. Ces milices, armées jusqu’aux dents, utilisant le matériel et les locaux des forces de l’ordre, agissent en toute liberté et sans aucun contrôle.

La création de ces milices et surtout leur armement a plongé le pays dans une terrible guerre civile. Les règlements de comptes et les représailles entre familles de milices et familles d’islamistes se multiplient de jour en jour. Tel clan se trouve confronté à tel autre ; les habitants de tel village menacent les habitants de tel autre, et ainsi on a dressé les algériens les uns contre les autres. Les criminels de droit commun ont profité du pourrissement de la situation pour constituer, eux aussi, des bandes organisées agissant -selon la nature et les circonstances de l’opération- tantôt au nom des milices, tantôt au nom des islamistes (tant ça ne coûte rien de laisser pousser une barbe), tantôt comme tels. Ils se livrent à des actes de criminalité et de banditisme divers : vol, enlèvement, viol, racket, extorsion de fonds, etc.

Pour ce faire, il arrive souvent qu’ils commettent des meurtres que les médias attribuent aux islamistes. Car l’information passe facilement quand elle met en cause ces derniers. Une autre catégorie est venue gonfler l’effectif des escadrons de la mort. Il s’agit des militaires déserteurs. En effet, plusieurs centaines d’officiers et de sous-officiers ont quitté leurs casernes soit pour rejoindre les groupes islamistes, soit pour se réfugier au maquis ou constituer des groupes indépendants. La presse n’a pas fait état de ces désertions par crainte de représailles.

Par ailleurs, l’information est très sélective et les journaux indépendants sont sévèrement contrôlés. Les informations à caractère « sécuritaire » sont strictement censurées ; elles ne peuvent être diffusées que sur autorisation expresse. Quant aux médias officiels, il est hors de question qu’ils disent la vérité sur les événements. Ces médias sont l’objet de manipulations incroyables. Si bien que les grands cinéastes d’Hollywood sont incapables de faire des montages pareils. Telles photos d’archives pour tel événement ; tel commentaire et tel faux témoignage pour tel scénario.

En un mot, tout est mis en oeuvre pour déformer la vérité et tromper l’opinion. On entend parler de tueries par centaines, mais on ne nous présente jamais les témoins ni les victimes ni les blessés parmi les rescapés. Ce qui laisse supposer que les victimes sont des islamistes surtout quand on sait que ces tueries ont lieu dans les fiefs du FIS et à proximité des casernes ou des brigades de gendarmerie. De même que les règlements de comptes entre les policiers et les militaires des deux camps, celui du Président Zaroual et le Camp de Lamari chef d’état-major, sont rarement signalés.

Il est des cas où un agent de la sécurité militaire pose une bombe, commet un attentat contre un responsable ou assassine un policier de l’autre camp, que les médias attribuent aux islamistes. Il est indéniable que les islamistes sont partie prenante dans cette guerre mais on ne peut pas les accuser de tous les crimes notamment ceux visant les femmes et les enfants. En supposant que les villages où s’est déroulé le carnage, soient les seuls lieux de ravitaillement des groupes armés et qu’il est difficile à ces groupes, exténués par la faim et la soif, de maîtriser leur colère quand on leur coupe les accès à l’eau et à la nourriture, même dans ce cas d’extrême gravité, un musulman ne doit pas perdre le contrôle au point de tuer des femmes et des enfants. Quand on sait que la plupart des derniers massacres sont perpétrés dans l’algérois où foisonnent les forces de l’ordre et que ces dernières n’interviennent pas, on ne peut que s’interroger sur les auteurs de ces crimes, étant donné que les maquis n’abritent pas que des islamistes. De surcroît, le défaut de présentation d’images concrètes à la télévision, le quadrillage des lieux du crime et l’interdiction d’accès aux journalistes ne peut que confirmer la complicité du pouvoir dans ces scènes d’horreur.

Il ne fait pas de doute que la lutte des clans au sein du régime soit à l’origine de ces massacres. Telles sont les conséquences d’un simple préjugé anti-islamique qui a poussé les militaires à passer outre le choix du peuple et le verdict des urnes. Il ne faut pas croire que je défends le FIS parce que j’étais son avocat. Loin de là. Je peux vous confesser que je suis prêt à dénoncer ses forfaits. S’il avait pris le pouvoir et commis des injustices, j’aurais été l’un des premiers opposants. Ce qui m’intéresse, c’est la vérité à travers laquelle, je cherche la satisfaction de Dieu. Ce n’est certainement pas le FIS qui va me défendre quand je serai appelé à comparaître seul devant Le Seigneur.

Qu’Allah nous préserve de l’hypocrisie et du faux témoignage ! Je ne cesse pas de prier Dieu de m’indiquer la vérité et de me diriger sur sa voie ; de m’indiquer l’erreur et de m’en éloigner. C’est dans l’armée qu’il faut rechercher les origines et les causes de tous les maux qu’a connus et connaît encore l’Algérie. Le drame de ce pays, la guerre civile qui y sévit, les tragédies, la dictature, le pillage, bref le chaos, tout cela est dû au mal militaire.

Sur ce, je clos ma lettre qui aura, je l’espère, la faveur de votre aimable compréhension.

Ahmed Simozrag

Pièces jointes : Rapport d’Amnesty International (Novembre 1996


Notes

[1] Abderrahmane Adjrid, Avocat et Président du Parti Social Démocrate, Dans son livre Hogra, page 131

[2] ‘‘Lettre ouverte à des amis algériens devenus tortionnaires’’, Albin Michel,1993, page 11.

9 Messages de forum

  • Les protagonistes ne connaissent de Jésus que ce qu’ils doivent croire, chacun selon leur religion. Ils ne le connaissent donc pas, pas plus que son enseignement qui remonte à la nuit des temps. Ils ne recherchent pas la vérité ensemble, ils s’opposent comme deux boxeurs qui se donnent en spectacle devant leurs fans. Dans leur cas « ouverture d’esprit » signifie « apostasie ».

    Rien ne peut être expliqué s’il y a confusion dès le départ entre : « Unité - Un » & « Unicité - Unique ». ─ Rien n’existe sans Dieu car « sans Dieu » n’existe pas ; rien n’existe hors de lui ca « hors de lui » n’existe pas. Dieu englobe tout, et rien ne l’englobe. Dieu forme un tout dont la diversité constitue un ensemble INDIVISIBLE. Il est Un. ─ Dieu est Unique, il n’y en a pas d’autre que lui. ─ Dieu n’est pas compréhensible au sens de nos possibilités intellectuelles.

    Au départ, il y a Dieu et rien d’autre. En lui coexistent l’Esprit (son Essence) et l’Energie.

    Les premiers êtres sont immatériels : Ils sont conscients, possèdent intelligence et volonté, et utilisent l’énergie à leur gré. Ce sont les dieux de l’Ancien Testament (Ps 82, 6) et du Nouveau Testament (Jn 10, 34), ceux des panthéons grec et romain, les anges des religions. Ce sont de purs esprits, union d’esprit et d’énergie, issus de Dieu. Quel fut le catalyseur en Dieu... ???

    Laissons aux croyants leurs conceptions sur l’apparition de notre univers. Le fait est que nous sommes là, surgissant de cette matière imprégnée d’une partie de l’Esprit, de l’Essence divine. Notre évolution est programmée : les photons (quantons spécifiques de la lumière) se transmettent des informations à des vitesses supraluminiques par un système binaire de spin et ½ spin.

    Evolution, apparition de la conscience ; l’intelligence se développe grâce au progrès collectif de la conscience individuelle. Résultat : Un esprit intelligent dans un corps matériel. Après la mort matérielle, l’esprit, qui par son intelligence a finalement compris le processus, peut accéder à la Vie éternelle.

    Pourquoi vouloir conserver mordicus à Dieu ce personnage d’enchanteur de contes pour enfants.

    Guy ROGER

  • Bonjour,

    Comment pouvez vous avancer que Marie, est la descendance de Aaron ? Sur quelles preuves ? La généralogie de Mathieu concerne bien Marie et celle de LUC concerne Joseph !!

  • As-salamû alaykum

    Merci maitre pour l’information relative à Matthieu 28:19. Il parait évident, en tout état de cause, que Jésus n’a jamais prononcé une telle parole car selon la Bible, les disciples baptisaient au nom de Jésus, sans jamais utiliser la célèbre formule Trinitaire.

    Pierre leur dit : Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus Christ, pour le pardon de vos péchés ; et vous recevrez le don du Saint Esprit. (Actes, 2 :38)

    Car il n’était encore descendu sur aucun d’eux ; ils avaient seulement été baptisés au nom du Seigneur Jésus. (Actes, 8 :16)

    Et il ordonna qu’ils fussent baptisés au nom du Seigneur. Sur quoi ils le prièrent de rester quelques jours auprès d’eux. (Actes, 10 :48)

    • De Natan Qoriq : il convient de se souvenir que les EVANGILES NE SONT ABSOLUMENT PAS DES TEXTES HISTORIQUES MAIS DES PARABOLES ISSUES D’UN SYNCRETISME RELIGIEUX AYANT REUNI DES ELEMENTS TRES DISPARATES DE DIVERSES ORIGINES (BOUDDHISME, HINDOUISME) DE PLUS DES TEXTES RETRAVAILLES ET REDIGES POUR LA PLUPART PLUSIEURS SIECLES APRES LA DISPARITION DE JESUS LEQUEL NE MOURUT PAS SUR LA CROIX MAIS SE REFUGIA DANS LE SUD DE LA FRANCE, SECRET QUE LE VATICAN TENTA DE CACHER AVEC SES CROISADES CONTRE LES ALBIGEOIS ! CES ALBIGEOIS ETAIENT DES CATHARES C’EST A DIRE DES ESSENIENS PUISQUE LE JESUS HISTORIQUE DUQUEL ILS DESCENDAIENT ETAIT UN JUIF EGYPTIEN D’HELIOPOLIS/ON ESSENIEN QUI TENTA AVEC SES 4000 DISCIPLES DE SE REVOLTER CONTRE LE POUVOIR ROMAIN EN PALESTINE ! HELAS IL ECHOUA ET DISPARUT DANS LE DESERT EN L’AN 60 AVANT DE FUIR DANS LE SUD DE LA FRANCE AVEC SA COMPAGNE UNE ANCIENNE PROSTITUEE DU NOM DE MYRIAM DE MAGDALA ! DE CETTE UNION NAQUIT DES ENFANTS QUI DONNERENT PAR LA SUITE LA DYNASTIE DES COMTES D’ALBI LES ATON TRENCAVEL ! CE SONT EUX QUI DETIENNENT LE SECRET DU GRAAL, LE SECRET DE LA COUPE DE JESUS REMPLIE DE SON SANG, C’EST A DIRE LE SECRET DYNASTIQUE DE JESUS CHEZ WOLFRAM VON ESCHENBACH, LE DETENTEUR DU SECRET DU GRAAL SE NOMME PERCEVAL SOIT "PERCE-BIEN" CE QUI DESIGNE INCONTESTABLEMENT LA FAMILLE ALBIGEOISE DES TRENCAVEL, SOIT "TRANCHE-BIEN" ! ON NE PEUT EN AUCUN CAS SE FIER AUX EVANGILES COMME SOURCES HISTORIQUES ! CES TEXTES ONT ETE TRUQUES TRANSFORMES ET DIFFUSES PAR L’ENNEMI MEME DE JESUS : A SAVOIR L’EMPIRE ROMAIN ! CES TEXTES NE PEUVENT DONC EN AUCUN CAS ETRE PRIS COMME REFERENCE POUR STATUER SUR LA VIE DE JESUS ! CES TEXTES NE SONT QUE DES CONTES A DORMIR DEBOUT EMPREINTS DE PAGANISME ET D’ABERRATION ! PEU IMPORTE QUI FUT CRUCIFIE A LA PLACE DE JESUS ! IL NE FUT PAS CRUCIFIE ET AUCUNE SPIRITUALITE A CHERCHER DANS LA CRUCIFIXION, LA CROIX ET LA CRUCIFIXION NE SONT PAS DES SYMBOLES MONOTHEISTES ! TOUS CES FANTASMES DE RESURRECTION ET DE CRUCIFIXION REDEMPTRICE A PROPOS DE JESUS SONT UN BLASPHEME PAR RAPPORT A LA THEOLOGIE MONOTHEISTE ! IL NE FAUT DONC PAS RENTRER EN DISCUSSION AVEC CETTE DOGMATIQUE SECTAIRE POLYTHEISTE ET PAIENNE MAIS L’IGNORER ! RIEN DE BON LA DEDANS QUE DES ABERRATIONS DES STUPIDITES ET DES ANERIES D’UN AUTRE AGE ! DE PLUS DANS TOUS LES VRAIS TEXTES HISTORIQUES DE CETTE EPOQUE L’ON NE TROUVE AUCUNE TRACE D’UN JESUS FILS DE DIEU FAISEUR DE MIRACLES ! JESUS NE FUT PROCLAME DIEU ET FILS DE DIEU QU’A PARTIR DU FAMEUX VOTE DU CONCILE DE NICEE 1 EN 325 DE NOTRE ERE PLUSIEURS SIECLES APRES LA MORT DE JESUS ! LE VATICAN ET LES ORTHODOXES NOUS MENTENT DEPUIS DES SIECLES ET NE VEULENT PAS QUE LA VERITE SOIT DECOUVERTE ! LE CHRISTIANISME EST UNE ESCROQUERIE, UNE IMPOSTURE PETRIE DE MENSONGES ET DOGMES ABERRANTS, UNE RELIGION IDOLATRE ! LA VERITABLE ORTHODOXIE DU CHRISTIANISME C’EST L’ESSENISME JUIF ET LE RETABLISSEMENT DE CETTE ORTHODOXIE C’EST L’ISLAM ! LE CHRISTIANISME N’EST QU’ERREUR ET PERFIDIE POLYTHEISTE ! VOYONS ENFIN LA VERITE EN FACE !

  • Natan Qoriq a raison. Le Christianisme paulinien ( dogmatisé par Paul-Saul de Tarse) est une imposture qui n’a rien a voir avec les enseignements du Christ-que la paix de Dieu soit sur lui. Celui qui rejette tout dogmatisme inutile et qui epure son esprit de toute fausse subjectivité rejette immédiatement cette religion insensée, qui trahit et pervertit à la fois Jésus et son Seigneur.

    Celui qui cherche la Vérité à propos du Christ peut à ce titre lire le livre "La véritable histoire de Jésus" de l’éminent spécialiste et archéologue américain James Tabo, il en apprendra énormement sur la véritable vie du Christ, sur ses passions, ses faiblesses, sa force spirituelle,son engagement a réformer la societé juive de l’époque...

    Il faut savoir qu’après la disparition de Jésus, 2 écoles etaient en concurence concernant l’héritage spirituel du Maitre : Paul de Tarse -qui n’a jamais rencontré Jésus de toute sa vie- d’un coté ,Jacques et les premiers Judéo-Chrétiens de l’autre, d’où les contradictions aberrantes même enre les quatres Evangiles canoniques. Jacques était le frère de Jésus, ce dernier lui ayant remis la charge de l’organisation de la première communauté. Il a d’ailleurs fustigé Paul et "les faux docteurs" qui travestissaient les enseignements de son frère dans ses " Epitres de Jacques",rendant par là-même bien compte de l’humanité du véritable Jésus,qui adorait Dieu Seul et Unique, n’en déplaisent aux stupides faux "chrétiens " dogmatiques et bornés d’aujourd’hui.

    Dire que Jésus est Dieu, où que Dieu,exalté soit-Il, s’est fait hommme- avec tout ce que cela implique en matière de souillures charnelles- est une abomination qui n’a d’égale que la perversité de ceux qui l’ont inventé.

    La Sainte Eglise Paienne de Rome est l’institution la plus hypocrite que la terre ait connu.Elle connait son passé, son histoire, son imposture, ses crimes contre les juifs, les protestants et les permiers ésprits libres européens, ses horribles croisades, et elle continue de tromper le monde, et ce païen de Pape qui se permet de critiquer l’Islam, la seule religion véritablement monothéiste et qui rends toute Sa gloire au Dieu Un et Immateriel !!!!

    Parfois je crois rêver !!!!!!!!!

    Puisse l’Unique nous présever !!!

    LOtus0POurpre