la Zakât

Publication en ligne : dimanche 17 juin 2007, par Maître Simozrag

La Zakât est le troisième pilier de l’islam, elle occupe une place centrale dans le système économique islamique. Le mot Zakât signifie prospérité, croissance, purification, justification.

L’importance de la Zakât est plusieurs fois mentionnée dans le Coran.

« Prends de leurs richesses une aumône par laquelle, tu les purifies et les bénis » s9 v103

La Zakât est un bienfait multiple

C’est un moyen de purification de la richesse et aussi de l’âme humaine.

C’est un remède contre la cupidité, l’égoïsme, l’avidité, l’attachement excessif à l’argent.

C’est un moyen de croissance et de justification des richesses : elle les justifie et les fait croître.

« Ceux qui dépensent leurs biens pour la cause de Dieu ressemblent à un grain qui produit sept épis contenant chacun cent grains. C’est ainsi que Dieu multiplie sa récompense car Dieu est omniprésent et omniscient ». s2 v261.

Elle est une aide aux nécessiteux et à ce titre un moyen de se rapprocher de Dieu.

Elle est un instrument de solidarité et de justice sociale dans la mesure où elle tend à réduire les inégalités.

Elle empêche que les richesses soient accumulées par une minorité.

La Zakât est un moyen de redistribution des richesses.

Elle permet à l’argent de circuler. L’argent est pour la société ce qu’est le sang pour le corps. S’il ne circule pas, c’est la paralysie et la mort.

La Zakât n’est pas une aumône facultative c’est un impôt légal, obligatoire qui incombe à tout musulman dont l’économie ou la valeur des biens atteint un certain seuil, un certain montant appelé « Niçab ».

La Zakât est un droit du pauvre, un droit de la société et un droit de Dieu.

1-Un droit du pauvre

C’est Dieu lui-même qui a défini ce droit et qui l’a imposé aux riches.

La communauté est comparable à un corps, chaque membre de ce corps est en droit de recevoir sa part de nutrition, faute de quoi il se produit un dysfonctionnement, plus tard une paralysie.

La société est une famille dont les membres se soutiennent les uns les autres.

Les gens pieux sont ceux qui, entre autres bonnes œuvres, dit le coran :

« réservaient sur leurs biens une part aux mendiants et aux déshérités » 51.19

« Qui prélèvent sur leurs biens la part due au mendiant et au pauvre démuni » s70 v24

Il ressort de ces nobles versets que le pauvre a un droit sur les biens du riche. Et s’agissant d’un droit il doit être honoré obligatoirement, même par contrainte.

Le Prophète (Paix et Salut sur lui) a dit : « Dieu a imposé aux riches une quote-part destinée aux pauvres. Les souffrances des pauvres sont dues aux manquements des riches à leurs obligations envers les pauvres. Dieu leur demandera sévèrement des comptes et leur infligera un châtiment douloureux »

2-Un droit de la société

La société a plus ou moins contribué à la réalisation de la richesse du riche soit directement ou indirectement.

En fait, c’est la société qui a permis au riche de s’enrichir. C’est elle qui, en amont, lui fournit le produit, la matière et la main- d’œuvre et c’est elle qui, en aval, lui apporte la clientèle.

De par son existence même, la société contribue à la création des conditions de réussite de l’affaire du riche. C’est pour cette raison qu’une part de la richesse du riche revient de droit à la société, laquelle doit la répercuter sur les pauvres.

Les pauvres, les mendiants, les déshérités sont des membres de cette société qui a permis au riche d’être riche ; par conséquent, le riche doit aider la société à subvenir aux besoins de ses membres qui n’ont pas eu cette chance de s’enrichir pour des raisons de santé, d’accident ou autre.

Car la société, en tant que famille ou communauté humaine, souffre de la présence en son sein de cette catégorie de démunis si bien que seule la générosité des riches peut atténuer ses souffrances. Si les riches ne donnent pas, s’ils n’accomplissent pas leurs devoirs envers les démunis, envers la société dont ils sont membres, la vie sera gâchée, l’équilibre se perd et l’insécurité s’installe.

3-Un droit de Dieu

Les richesses que nous détenons appartiennent en réalité à Dieu. Nous n’en sommes que des gestionnaires ou des dépositaires. En tant que tels, nous devons obéir aux ordres de Dieu qui est le vrai propriétaire des richesses.

A cet effet, Allah nous ordonne de dépenser une partie des biens dont Il nous a confié la gestion :

« Donnez en aumône une partie des biens dont Il a fait de vous les dépositaires » s57 v7

La preuve que ces biens ne nous appartiennent pas est le fait que nous ne les emportons pas avec nous après la mort.

Ce qui nous appartient vraiment, c’est ce que nous donnons en aumônes et en dons pour la cause de Dieu ; c’est seulement cette part que nous trouverons devant nous auprès de Dieu.

Le Jour de la résurrection, nous allons regretter ce que nous aurions laissé derrière nous.

Si quelqu’un pense qu’il a acquis la richesse grâce à son savoir ou à sa force, il suffit de lui rappeler deux exemples cités dans le Coran (Sourate 18).

Nombreux sont les gens qui, ayant pensé la même chose, ont vu leurs richesses disparaître sous leurs yeux.

- L’exemple de Karoun (Coré) qui possédait des trésors dont les clés exigeaient beaucoup d’animaux pour les porter.

Des gens de son peuple lui dirent : « Ne te réjouis pas trop ! Dieu n’aime pas les arrogants. Emploie plutôt les richesses que Dieu t’a accordées pour gagner l’ultime demeure, sans pour autant renoncer à ta part de bonheur dans ce monde. Sois bon envers les autres comme Dieu l’a été envers toi ! Ne sème pas la corruption sur la terre car Dieu n’aime pas les corrupteurs. » Mais Karoun répondit : « ce que j’ai, je le dois uniquement à la science que je possède » (s18 v76-78)

Dieu a fait engloutir par la terre Karoun et son palais. Sa fortune l’a-t-elle sauvé ? Non.

- Le 2ème exemple est celui de l’homme aux deux jardins superbes plantés de vignes et de palmiers, avec des champs cultivés, irrigués par une rivière :

« Il entra dans son jardin coupable envers lui-même, il dit : je ne pense pas que ceci puisse jamais périr. Et je ne pense pas que l’heure viendra. Et si je dois retourner à mon seigneur, j’aurai certainement un sort bien meilleur » s18 v75.

Son compagnon qui conversait avec lui répliqua : « Aurais-tu renié celui qui t’a créé de poussière, puis d’une goutte de sperme et qui, ensuite, t’a donné ta forme humaine... ?

Que ne dis-tu, en entrant dans ton jardin : ce que Dieu veut s’accomplira. Il n’y a de force que par Dieu. Si tu me vois moins pourvu que toi en biens et en enfants. Il se peut que Mon Seigneur me donne quelque chose de meilleur que ton jardin et qu’il envoie sur ce dernier une calamité du ciel qui le réduise en terrain stérile, ou que l’eau qui l’arrose tarisse sans que tu puisses jamais la retrouver ».

Or sa récolte fut détruite et il ne lui restait plus qu’à se tordre les mains de regret, en pensant à toutes les dépenses qu’il avait effectuées et en se lamentant sur ses treilles complètement ravagées et il disait : « Plût à Dieu que je n’eusse jamais donné d’associés à mon seigneur » 18-37-43.

Les richesses que nous possédons, c’est grâce à Dieu que nous les avons acquises.

C’est Dieu qui nous a donné les moyens, entre autres, les idées, la force physique, la terre, l’oxygène, la pluie, le phénomène de germination et de reproduction.

Allah (Gloire a lui) a dit :

« Voyez-vous ce que vous labourez ? Est-ce vous qui y faites germer les semences ou est-ce nous qui les faisons pousser ? Si nous le voulions, nous les ferions sécher sur pied : vous en serez réduits au désespoir, à crier à la ruine et à la misère !

« Voyez-vous l’eau que vous buvez ? Est-ce vous qui l’avez fait descendre des nuages ou bien nous ? Et si nous le voulions, nous l’aurions rendu saumâtre. Pourquoi n’êtes-vous donc pas reconnaissants ?

« Voyez-vous le feu que vous allumez ? Est-ce vous qui créez l’arbre qui l’alimente ou en sommes-nous le créateur ? » s56 v63-73

« C’est lui qui a créé les jardins treillagés et non treillagés, les palmiers et les cultures, au goût si varié, l’olivier et le grenadier de même espèce ou d’espèces différentes. Mangez de leurs fruits quand ils ont atteint leur maturité et acquittez-en les droits » s6 v141

La thésaurisation est un pêché exécrable et pour l’économie un danger réel.

« Annonce un châtiment douloureux à ceux qui thésaurisent or et argent et n’en dépensent point pour la cause de Dieu. Le jour où ces métaux seront portés à l’incandescence dans le Feu de la Géhenne et appliqués sur leurs fronts, leurs flancs et leurs dos : Voici, leur sera-t-il dit, ce que vous avez amassé pour vous-mêmes, goûtez ce que vous avez amassé » s9 v33-35

Le Prophète a dit : « Il n’y a pas de richesse dont le propriétaire ne paye pas la Zakât qui ne soit pas transformée en plaques chauffantes qui seront appliquées sur ses flancs et son front jusqu’à ce que Allah juge entre ses serviteurs en un jour équivalent à 50 000 ans, puis il sera décidé de son sort, soit au Paradis, soit à l’Enfer ».

Thawbane a rapporté ce hadith selon lequel le prophète disait : « celui qui laisse après lui un trésor, celui-ci sera transformé en gros serpent qui le poursuivra le Jour de la résurrection. L’homme dira au serpent : qui est-tu ? Je suis ton trésor que tu as laissé, lui répliqua-t-il ; il commence par avaler sa main, puis ses membres avant de l’avaler en entier » (cité par Ibn Kathir dans son commentaire du verset 9.33-35)

Sur quels biens doit-on payer la Zakât ?

La Zakât est payable sur l’or, l’argent (métal et billet de banque) les marchandises, le bétail, les produits agricoles, l’exploitation minière, les titres et les valeurs boursières, les actions et les obligations, les salaires et les rentes ayant atteint le Niçab (quantité ou montant imposable).

Si un bien est acheté dans le but d’en tirer un bénéfice après la vente, la Zakât est payable sur la valeur actuelle de ce bien.

Les bâtiments et les locaux abritant le commerce ne sont pas concernés par la Zakât. De même le mobilier de bureaux, les installations et les véhicules de fonction.

En revanche, les fonds de roulement et tous les profits qui ont été épargnés plus d’un an seront soumis à la Zakât.

Les bénéficiaires de la Zakât

La Zakât est payée aux huit catégories de bénéficiaires mentionnées dans le verset suivant du Coran :

« Les aumônes reviennent de droit aux pauvres, aux nécessiteux, à ceux qui sont chargés de les recueillir, à ceux dont les cœurs sont à gagner, au rachat des captifs, aux surendettés, dans la voie de Dieu et à l’enfant de la route ». 9.60

Les trois premières catégories concernant les pauvres, les nécessiteux et ceux chargés de les recueillir sont suffisamment claires, n’ayant pas besoin de commentaires.

Les autres catégories méritent qu’on s’y arrête un peu pour les préciser.

• Ceux dont les cœurs sont à gagner :

Ce verset doit être interprété en fonction des besoins de la Da’wa (l’appel à l’islam). Il ne suffit pas de dire que ce verset se limite aux nouveaux convertis.

En effet, le sens de ce verset va plus loin. Il implique l’idée d’institution et de projet, en rapport avec le vaste domaine de la Da’wa.

• Le rachat des captifs :

Ce verset vise aussi bien les esclaves que les captifs de guerre.

L’affranchissement des esclaves s’inscrit dans la perspective de l’abolition de l’esclavage initiée par l’Islam. De nos jours, il existe de nouvelles formes d’esclavages que l’islam doit combattre. De nombreux détenus croupissent injustement dans les prisons à travers le monde. Leur défense par des avocats, les frais de leurs procès et de leur libération peuvent être financés par les fonds de la Zakât.

• Les surendettés :

D’après les juristes, il existe 3 catégories.

1. Les endettés qui ont contracté des prêts pour leur propre intérêt, ceux-ci n’ont pas le droit sauf s’ils remplissent certaines conditions, notamment :

a) être musulman

b) ne pas appartenir à la famille du Prophète

c) l’école malékite exige que l’endetté soit passible d’une peine d’emprisonnement en cas de non remboursement

d) la dette ne doit pas être entachée par un motif illicite

e) que la dette soit exigible, c’est-à-dire que son terme soit échu. Dans le cas d’une dette à terme, il existe trois avis : permis, interdit et enfin que le terme ne dépasse pas un an.

f) L’endetté n’a pas les moyens nécessaires de rembourser sa dette.

2. Ceux qui s’endettent pour réconciliation entre des parties en conflit.

3.L’endettement pour cause de cautionnement

D’une manière générale, certains savants exigent un but pieux pour le remboursement de la dette à partir des fonds de la Zakât.

Il y a aussi les personnes qui décèdent après avoir contracté une dette et dont les biens laissés en héritage ne suffisent pas pour la rembourser.

• Pour la cause de Dieu

Cette catégorie recouvre toute action relative soit à la défense ou à la diffusion de l’islam, soit à l’amélioration des conditions de vie des musulmans, par exemple la satisfaction de leurs besoins en matière d’infrastructure, de santé, d’éducation, etc.

• L’enfant de la route

Ce verset est clair. Il s’agit manifestement des voyageurs en détresse, des sans-abri (SDF) et des enfants de la rue.

Le phénomène des enfants de la rue est en passe de prendre des proportions inquiétantes dans le monde musulman.

Des hordes d’adolescents, livrés à eux-mêmes sillonnent les rues des capitales du monde musulman.

Toxicomanie et délinquance sont leur lot quotidien.

Cela, s’ils ont la chance d’échapper aux griffes des Négriers modernes et des Seigneurs de guerre en quête de chair à Canon.

Les Musulmans peuvent et doivent juguler ce fléau au moyen des fonds de la Zakât.

Le Niçab

L’argent épargné pendant une année. Le seuil minimum imposable est déterminé sur la base de la valeur de 84 grammes d’or.

Au Burkina Faso, par exemple, le montant imposable est à peu près 600 000 fcfa, soit 910 euros environ, épargnés pendant une année. On doit donner au titre de la Zakât 2,5 % dudit montant, soit 15000 f.

L’or est soumis à la Zakât à partir de 84 grammes environ. Il en sera prélevé 2,5 % de la valeur s’il est gardé pendant un an.

L’argent est soumis à la Zakât à partir de 150 grammes et après une année de possession également. Il en sera prélevé 2,5 %

Les marchandises sont soumises à la zakât à raison de 2,5 %. Si la valeur de la marchandise n’atteint pas le montant imposable (le niçab), elle doit être ajoutée à l’argent, même si le montant de celui-ci est inférieur au niçab, pourvu que la valeur de la marchandise additionnée à celle de l’argent atteigne le montant imposable (le niçab), le tout après une année de possession.

Les dettes recouvrables sont soumises à la zakât.

Les céréales à partir de 500 kg sont soumises à la Zakât à raison du dixième (10%) si l’irrigation est effectuée gratuitement par la pluie ou autre moyen, et la moitié du dixième (5%) si l’irrigation est faite par des moyens mécaniques ou autres, c’est-à-dire payante.

Les fruits et légumes sont soumis à la Zakât dans les mêmes conditions. Leur Zakât ainsi que celle des céréales est donnée à chaque récolte ; l’annualité n’est pas requise.

Le bétail est soumis à la Zakât à partir d’un certain nombre de têtes :

Les ovins : de 40 à 120 têtes, on doit donner une brebis d’un an révolu. De 121 à 200 têtes, deux brebis. De 201 à 300 têtes, trois brebis. De 301 à 400 têtes, quatre brebis.

Il faut ajouter une brebis pour chaque troupeau de 100 têtes. Les chèvres sont soumises au même barème.

Les bovins : de 30 à 39 inclus, on donne un veau âgé d’un an révolu.

De 40 à 59 inclus, on donne une génisse âgée de 2 ans révolus. On applique cette fourchette à partir de 59. Soit chaque 30 têtes, on donne un veau d’un an, soit chaque 40 têtes, on donne une vache de 2 ans.

Les chameaux : de 5 à 9 têtes, on donne une brebis âgée d’un an. De 10 à 14 têtes, on donne 2 brebis d’une année chacune. De 15 à 19 têtes, on donne trois brebis d’une année chacune. De 20 à 24 têtes, on donne quatre brebis d’une année chacune. De 25 à 35, on donne une chamelle d’une année révolue. De 36 à 45 têtes, on donne une chamelle âgée de deux ans révolus. (Pour la suite, voir Tableau in Minhaj Elmouslim de Aboubaker Djaber Eldjazaïri)

La pauvreté en Afrique

Les problèmes en Afrique sont des problèmes de nourriture, d’eau, de santé, d’éducation, d’emploi, de logement, etc.

A L’origine d’une bonne partie de ces problèmes, on trouve notamment l’absence de solidarité entre les riches et les pauvres, le non payement de la Zakât, l’insensibilité des nantis aux souffrances des pauvres, leur indifférence quant aux œuvres sociales, l’égoïsme, c’est-à-dire la mentalité du chacun pour soi qui semble gagner les esprits.

Cette situation s’est aggravée par le peu d’interventionnisme de l’Etat par suite de la disparition de l’Etat providence.

La politique sociale se fait de plus en plus rare, ce qui a contribué à l’accroissement de la pauvreté et de ses fléaux.

Les mécanismes de solidarité fonctionnent mal ou ne fonctionnent pas du tout, ni entre les Etats ni entre les individus.

L’absence de solidarité entre les Etats riches et les Etats pauvres, peut s’expliquer par la complexité des enjeux et des alliances ; l’action humanitaire au profit des peuples déshérités n’est pas sans arrière-pensée prosélytique. L’aide au développement est un échec ; elle ne profite qu’aux donateurs et aux dirigeants des pays bénéficiaires.

Enfin, là n’est pas notre propos, il est donc inutile de s’y étendre.

Par contre, il est pertinent de poser cette question : Pourquoi les riches musulmans sont pour la plupart indifférents à ces problèmes ? Pourquoi négligent-ils leurs devoirs envers les pauvres ? Cette réalité est attestée par le fait que les Musulmans sont les plus touchés par les fléaux de la pauvreté.

Si nous prenons l’exemple du Burkina Faso, nous constaterons que la plupart des enfants non scolarisés sont des Musulmans.

Ceux qui sont scolarisés et qui abandonnent l’école à un âge précoce sont pour la plupart des Musulmans.

Les enfants de la rue sont en majorité, sinon tous, des Musulmans

La mortalité juvénile, la malnutrition, la mortalité maternelle, ces fléaux sont certes partagés mais le nombre des victimes parmi les musulmans est plus élevé.

Il n’y a pas de dispensaires ni de centres de soins initiés par les Musulmans.

Il n’y a pas de repas servis par des Musulmans ni dans les prisons ni dans les écoles.

Il y a lieu de s’interroger sur les causes des défaillances des Musulmans.

Nous avons vu que l’Islam regorge d’enseignements, d’exhortations et d’appels à la générosité des riches afin qu’ils viennent en aide aux pauvres et qu’ils consacrent une partie de leurs richesses aux œuvres sociales.

L’islam allait jusqu’à proférer des menaces contre ceux qui pratiquent la rétention, le blocage de l’argent sans s’acquitter de leurs devoirs envers les pauvres et les nécessiteux.

A propos de ces gens-là, le Coran affirme que leur destin est Saqar (nom de la Géhenne). On leur posera cette question : « Qu’est-ce qui vous a précipité dans Saqar ?

Ils diront : « ...et nous ne nourrissions pas les pauvres » s74 v42

Le Coran s’en prend sévèrement à ceux qui accumulent des richesses sans se soucier des droits des pauvres :

« Eh bien non ! C’est plutôt vous qui n’êtes pas généreux avec l’orphelin,

C’est plutôt vous qui n’encouragez pas à nourrir le pauvre,

C’est plutôt vous qui spoliez les héritiers de leurs biens.

« Et qui aimez les richesses d’un amour sans bornes. Prenez garde ! Lorsque la terre sera réduite en poussière, lorsque ton Seigneur se manifestera, que les Anges se présentent en rangs et que la Géhenne se montrera ; l’homme, ce jour-là, se souviendra. Mais à quoi lui servira de se souvenir ?s89 v17-22

Compte tenu de ce qui précède, nous ne pouvons donc imputer à l’islam une quelconque insuffisance dans ce domaine.

La défaillance est imputable aux Musulmans ; les raisons de cette défaillance sont en partie dues à l’ignorance et au manque d’organisation.

Le paradoxe est que l’islam se trouve à l’opposé de l’ignorance et du manque d’organisation !

L’islam offre à ses fidèles les occasions d’organisation et les méthodes d’action. Il en est ainsi de la prière en assemblée, du jeûne, du pèlerinage qui sont autant de pratiques basées sur l’organisation et qui enseignent l’organisation.

La pauvreté exige pour son éradication une mobilisation et un engagement sincères de la part des musulmans.

La Zakât est un moyen efficace de lutte contre la pauvreté.

Il suffit de prendre conscience de ce devoir fondamental et de s’en acquitter.

Allah a dit :

« La piété ne consiste pas à tourner vos visages vers l’orient ou vers l’occident, la piété, c’est croire en Dieu, au Jugement dernier, aux anges, aux livres et aux prophètes ; la piété c’est de donner de son bien -malgré l’attachement qu’on lui porte- aux proches, aux orphelins, aux pauvres, aux voyageurs, aux mendiants et au rachat des captifs » s2 v177

« Rivalisez donc dans les bonnes œuvres » s2 v128

« Et tout ce que vous faites de bien, Dieu en est parfaitement informé » s2 v215

« Entraidez-vous dans la charité et la piété » s5 v2

« Et tout ce que vous avancez de bien pour vous-mêmes, vous le retrouverez auprès d’Allah, car Allah voit parfaitement ce que vous faites » s2 v110

« Vous n’atteindrez la piété que si vous faites don d’une part des biens que vous aimez. » s3 v92

« Oeuvrez et Dieu verra vos œuvres ainsi que son messager et les croyants et vous serez ramenés vers celui qui connaît bien le visible et l’invisible, alors, il vous informera de ce que vous faisiez » 9.104.


1 Message

  • la Zakât 25 décembre 2009 05:36

    NATAN QORIQ : en effet MAITRE SIMOZRAG il est primordial d’insister sur ce pilier de l’Islam, la "ZAKAT", réserver une part au pauvre des bienfaits que nous prodigue Allah est un remède contre les coeurs endurcis ! Encore dans ce cas là l’Occident Laïc, matérialiste, vain, cupide superficiel et égoïste devrait s’inspirer de l’Islam ! Vos enseignements sont plein de sagesse et de compassion ! Votre sagesse se révèle comme une guide, un rempart pour les égarés pour tous ceux (musulmans ou pas ) qui se posent des questions ! Vous bénéficiez d’une vision du Monde pleine de sagesse et d’Humanité pour tous les problémes que l’on peut rencontrer ! Beaucoup d’occidentaux feraient bien de s’inspirer de votre enseignement et de votre sagesse ! Qu’Allah veille sur vous !